- LIVRES août et Septembre 2017 -
 
 


 

On ne sait vraiment rien des animaux

Le livre le plus étrange de la rentrée est celui de Brooke Barker qui nous montre des facettes étonnantes des mœurs étonnantes. Et pour nous intriguer et attirer l’attention sur son bouquin, il l’a intitulé La tortue qui respirait par les fesses. Et bien que ça paraisse loufoque c’est absolument vrai. Cet animal aspire l’eau par le derrière pour ménager ses muscles. Vous pensez que seuls les bébés suçotent leurs pouces ? Les éléphanteaux font de même en suçant leur trompe. Tout comme les suricates adorent grignoter du scorpion, inoculés qu’ils sont contre leur venin. Vous n’en reviendrez pas. On pense à ce que les fabulistes auraient pu écrire en connaissant ces manières de vivre.

La tortue qui respirait par les fesses. Brooke Barker. Flammarion 213p.   


 


 

Radicalisme contre pacifisme

La mouvance djihadiste et la radicalisme qui la sous-tend commence à imprégner la littérature. Ainsi Cyril Dion nous offre Imago. C’est un roman très de notre époque qui met en opposition le bien et le mal. Vous avez un palestinien tout ce qu’il y a de plus pacifiste, qui va monter à Paris à la rencontre de son frère qui est animé de sombres desseins. Et pour y arriver, il entreprendra tout un périple. Ce sont des pages fortes, surtout au chapitre de l’affrontement entre les frangins. Réussira t-il à pacifier le frère haineux ? On vous laisse le soin de le découvrir.

Imago. Cyril Dion. Actes Sud 211p.   www.actes-sud.fr


 


 

Sur les cycles des hommes

Avec son roman Les rêves de quelqu’un d’autre, l’écrivain Louis-François Dallaire aborde un thème inédit, en tout cas, jamais exploité, à savoir les cycles de vie au masculin. Car si on connaît bien ceux des femmes qui en ont beaucoup parlé, notamment la ménopause, que sait-on de l’équivalent chez les mâles ? Pour pénétrer le sujet, on prend prétexte de la vie d’un quinquagénaire prénommé Luc qui va vampiriser en quelque sorte le subconscient d’un autre. Il faut dire que le mec est épuisé. Très de notre temps. Et puis il y aura Mathieu un être tourmenté qui croise de manière singulière son destin. Que va-t-il se passer ?  Ces pages en interpelleront certainement plusieurs qui sont en questionnement à travers certaines étapes de vie. Le romancier est travailleur social et enseigne la médecine familiale. Il en connaît un peu beaucoup sur les méandres de la psyché des hommes.

Les rêves de quelqu’un d’autre. Jean-François Dallaire. Québec Amérique 202p.      www.quebec-amerique.com


 


 

Margaret Atwood et une histoire totalement déjantée

Margaret Atwood prouve par l’exemple que lorsque dans la vie on est acculé au pied du mur tous les moyens sont bons pour survivre. Elle en fait la démonstration dans C’est le cœur qui lâche en dernier. Nous sommes aux États-Unis en pleine débâcle économique. Nous faisons connaissance avec un couple, Stan et Charmaine, désargenté. C’est elle qui amène la pitance avec son salaire et ses pourboires de serveuse. Un jour ils vont s’exiler dans une petite localité, Consilience, où est instauré dans un appartement un système complètement fou pour donner la chance à tous d’avoir un toit. C’est qu’un mois sur deux, vous habitez les lieux, puis après vous cédez la place à d’autres locataires pour la même dure. Entretemps vous allez vous retrouver à la prison, nourri et logé! C’est une totalement dingue, mais la romancière canadienne pouse le bouchon jusque là pour rendre compte des comportements humains dans l’extrême.

C’est le cœur qui lâche en dernier. Margaret Atwood. Robert Laffont 441p.    www.laffont.ca


 


 

Je, me, moi sur plus de 800 pages

Pourquoi être nécessairement être une vedette pour faire parler de soi. Une vie dite ordinaire mérite parfois d’être mise de l’avant et se montrer digne d’intérêt pour la multitude. Voilà en tout cas le pari de Grégoire Bouillier qui se met en scène en deux tomes qui au final avec des suppléments sur un site web, donne au final, tenez-vous bien, 4,5 millions de signes sur son écran d’ordinateur. Le premier tome sort donc Le dossier M. Qui s’ouvre sur la narration du suicide d’un proche prénommé Julien dont il décortique tout le processus mental et matériel qui a permis à ce dernier de mettre fin à ses jours. Puis la fameuse lettre M qui donne son titre au livre est le pseudonyme donné à une stagiaire qui a toute les qualités belle, riche et intelligente et pour qui il en pince. C’est comme un journal en long fleuve continu où tous les sujets y passent. Il faut lire ça à petites doses comme jadis les abbés leur bréviaire. Mais ça ne manque pas d’intérêt, allant de sa considération des femmes à un jeune japonais cannibale. Une jolie curiosité littéraire en cette rentrée, écrite il faut le dire avec une maestria qui fait honneur à notre langue belle.

Le dossier M. Grégoire Buillier.Flammarion873p.  


 


 

Les tribulations de Ned, espion pour Elizabeth 1ère

Le maître incontesté du roman historique Ken Follett débarque avec un pavé impressionnant Une colonne de feu qui traite des guerres de religion au temps du règne naissant de la redoutable Elizabeth 1ère d’Angleterre. Nous sommes en 1558. Sa Majesté qui instaure un « secret service »  enrôle le jeune Ned Willard comme espion. Elle le mandate d’aller en France pour voir ce qui se trame autour de Marie Stuart, la catholique, de la grande famille des de Guise. Sur place, Cupidon va se manifester en décochant une flèche au moment où il fait la connaissance de Sylvie Palot protestante de son état et qui tient une librairie. Nous sommes devant une fresque où le glaive sort à tout instant. L’ouvrage tombe à point nommé à l’heure où les islamistes radicaux s’en prennent à la civilisation chrétienne. On mesurera ce que ça pouvait signifier en pleine Renaissance anglaise. Derrière les lamentations de Dowland au luth, on pouvait percevoir au loin des cris et des bruits d’armes. Telle était la Grande Albion si bien décrite par le grand

Une colonne de feu. Ken Follett. Robert Laffont 922p.  


 


 

Le beau délire de Delecroix

Une parution follement amusante chez Gallimard pour la rentrée, Ascension de Vincent Delecroix. Voyez vous-mêmes. C’est un écrivain infortuné, Chaïm Rosenzweig, qui écrit sous le pseudonyme de…Vincent Delecroix. Il n’a jamais atteint à la notoriété. Puis, par le plus grand des hasards, la NASA va se mettre en contact avec lui pour faire partie de la dernière navette spatiale à rejoindre la station internationale. Vous pouvez imaginer dans quel contexte un type si peu préparé que lui pour ce genre de mission, devra s’astreindre à des séances d’entraînements qui virent parfois au loufoque. C’est foldingue cette histoire qui nous arrache des rires, souvent des sourires. Bravo au comité de lecture de la maison d’édition d’avoir repéré ce trésor.

Ascension. Vincent Delecroix. Gallimard 624p.


 


 

Histoire d’une mère

Il était une fois une femme désaxée, surnommée Calamity Packer, car elle a osé attenter à la vie du gouverneur Packer, candidat à la présidentielle des États-Unis. Le fils de cette femme, professeur à l’Université de Chicago, Samuel, avait de son côté maille à partir avec son éditeur qui lui réclame une somme importante remise en à-valoir pour l’écriture d’un bouquin qui n’est jamais venu. Pour faire bonne mesure, le fils de la femme maudite s’offre à écrire le portrait de sa génitrice. Et le résultat n’est pas reluisant pour l’image de la femme, qui sortira dévastée de sa lecture. Les fantômes du vieux pays est de Nathan Hill est un survol d’une certaine Amérique et de ses démons. Avec tous les squelettes dans le placard qui peuvent se trouver. Une fresque des États-Unis qui fait que le pays ne sort pas grandi. A lire sans faute.

Les fantômes du vieux pays. Nathan Hill. Gallimard 707p.   


 


 

Une introspection sur Adorno et sa vision du septième art

Theodor W. Adorno on le sait prenait de très haut le cinéma qu’il honnissait presque, en qui il voyait un outil pour le sadique bourgeois désireux de formater la société. C’est ce qu’il écrit en toutes lettres à Walter Benjamin dans une correspondance. C’est seulement à la fin de sa vie qu’il consentira à trouver du positif au septième art. Pour connaître le cheminement de cette pensée, voici un essai très brillant de Ludovic Moquin-Beaudry professeur de philosophie au cégep de Saint-Jérôme qui a pour titre Cinéma critique, Adorno, de Francfort à Hollywood. Un chapitre intéressant en est un consacré à la dimension d’évasion lorsque l’on se trouve dans une salle obscure.

Cinéma critique, Adorno, de Francfort à Hollywood. Ludovic Moquin-Beaudry. Nota Bene 206p.       www.groupenotabene.com


 


 

Le clan Subban, PK et les siens

PK Subban même s’il ne porte plus le chandail de la Sainte Flanelle, aura marqué à jamais l’imagination des montréalais et des québécois par extension, par sa personnalité hors norme et sa générosité proverbiale. L’ex défenseur du Canadien demeure de toute façon attaché à Montréal. Pour mieux connaître le fondement de sa personnalité, voici que son père Karl Subban aidé du journaliste torontois Scott Colby raconte sa famille dans L’équipe Subban. Rappelons que celui qui se désigne comme un « hockey dad » a donné trois fils à la Ligue Nationale de Hockey, ce qui en soi est un véritable exploit. Père de cinq enfants, cet enseignant de profession, n’aura de cesse de promouvoir le sport et particulièrement notre sport national. Il se fait fort de mentionner que tout succès dans la vie s’appuie sur l’éducation. Avec émotion il revient en arrière sur son passé d’immigrant venant de Jamaïque et qui trouvera vite à s’intégrer à la vie canadienne. Le livre est si chargé d’humanité, que même si le hockey nous indiffère on sera intéressé par l’ensemble du contenu axé sur les véritables valeurs de vie. On ne pouvait faire plus beau cadeau aux fans de P.K.

L’équipe Subban. Karl Subban en collaboration avec Scott Colby. Flammarion Québec 313p.      www.flammarion.qc.ca


 


 

Le parler ancien et d’aujourd’hui du nord est du Québec

Le linguiste Gaston Bergeron nos amène un ouvrage distrayant en ce sens qu’il rassemble sous forme d’abécédaire des mots et expressions d’aujourd’hui ou surannés des régions du Saguenay, du Lac Saint-Jean et de Charlevoix. Discours simple!, c’est son titre est riche de belles trouvailles. Et qui dont certaines bien connues, comme l’expression faire simple, qui en clair veut dire faire l’idiot. Et puis on s’attriste de voir que de beaux mots ne sont plus dans les usages, car la langue française et sa dérivée québécoise, ne manque pas de mots juteux, évocateurs. Ceux qui voudront approfondir le sujet, sont gratifiés en fin d’ouvrage par une bibliographie appropriée.

Discours simple! Gaston Bergeron. Presses de l’Université Laval 235p.    www.pulaval.com


 


 

Dans les coulisses des banques

Si vous croyez connaître ce que font réellement les banques, vous faites partie d’une minorité de gens, car pour monsieur tout-le-monde, une banque ça prête à des entreprises et des individus. Eh bien dans Que font les banques de notre argent ?, de John Kay on apprend que ça ne représente en fait que 10% des activités bancaires. En Angleterre à peine 3%. Dans les faits, les institutions financières traitent de créances et de transfert de titres à longueur de journée. Chaque jour on compte ainsi 2000 milliards de dollars en transferts. Et les sociétés de gestion de fonds manipulent comme Black Rock, 4000 milliards d’actifs. Et l’auteur sait de quoi il parle, ayant été lui-même banquier avant de se tourner vers l’enseignement dont notamment la London School of Economics et chroniqueur au sérieux Financial Times. Il fait de nous en quelque sorte des initiés d’un monde opaque au vulgum pecus.

Que font les banques de notre argent ? John Kay. deBoeck 379p.   www.deboecksuperieur.com


 






 

Le coin santé physique et psychique (1)

Les deux ouvrages qui suivent sont publiés aux éditions du Dauphin Blanc. Il y a d’abord Patrice Richard qui signe du surnom de Shiva, « L’homme qui se cherchait sans le savoir ». C’est le récit initiatique d’un homme qui bosse dans le secteur informatique au point d’être victime d’un sérieux burn out. Sur prescription de son médecin, il ira s’accorder quelques semaines de repos. Avant de quitter Paris où il réside une voyante lui fait d’étonnantes prédictions. Au final il va se retrouver en Grèce où il fera la rencontre d’individus qui, chacun à leur manière le conduiront sur le chemin de sa vérité. Puis c’est au tour de Stéfanie Grenon qui débarque avec Les 5 rencontres d’Aiyanna. L’auteure qui est imprégnée de culture amérindienne, nous montre son héroïne, qui après avoir multiplié diverses rencontres affectives ou sociales, avait l’impression de toujours recommencer le même manège. Que sa vie tournait en rond. Et elle se mit alors à la rencontre, cinq au total qui vont radicalement changer le cours de son existence.

Puis deux titres, cette fois aux éditions de l’Hôpital pour enfants Sainte-Justine. Il y a la réédition d’un livre marquant de Francine Ferland « Au-delà des besoins particuliers ».  Cette ergothérapeute, s’adresse ici aux parents qui ont des enfants difficiles, troubles d’apprentissages ou déficience. Ce guide qui est devenu un classique, tellement il fait autorité, se divise en deux. Dans la première partie on s’attache à la phase du diagnostic et comment faire pour accompagner l’enfant. Dans la seconde, pour éviter que le couple père et mère éclate devant trop de responsabilités, la spécialiste apprend aux lecteurs parentaux à gérer leurs émotions.
L’économiste britannique Tim Harford n’est jamais à une provocation près. Rappelez-vous un précédent titre qu’il avait intitulé « Échouez si vous voulez réussir ». Cette fois il fait l’apologie du désordre dans Bordélique. Il a un propos iconoclaste, à savoir que de tenir tellement à l’ordre révèle chez certains une fragilité quasi débilitante qui empêche l’innovation. Alors que, exemples à l’appui, l’Histoire fourmille de situations où c’est du désordre qu’ont germé parfois des innovations. Notre homme ne manque pas d’humour et s’en prend énormément et essentiellement au formatage des sociétés. C’est aux éditions deboeck et sa lecture est tonifiante.


 






 

Le coin santé physique et psychique (2)

Gabor Maté qui est médecin, est aujourd’hui professeur adjoint à la faculté de criminologie de l’Université Simon-Fraser en Colombie-Britannique. Disciple d’Hans Selye le grand théoricien du stress, il partage cette idée que c’est le stress qui démolit et il en fait la brillante démonstration dans Quand le corps dit non aux éditions de L’Homme. Et parce que le cancer est exponentiel, il établit directement la corrélation entre stress et cancer et de ce fait contredit notre cher Dr. Richard Béliveau, devenu une véritable vedette qui lui ne voit aucun lien entre les deux. Ce sera intéressant pour quiconque s’intéresse au sujet de confronter les deux théories. Mais nous savons que la seconde ne résiste pas à l’analyse,  notre monde trépident où ne compte que la performance, est un terreau fertile pour l’éclosion de tous les cancers et bien d’autres pathologies.

Eh bien si justement vous voulez devenir zen et ne pas faire en sorte que le stress ne vous tue, dirigez-vous vers deux livres qui n’ont d’autre but que d’élever votre esprit au dessus de votre corps, les deux aux éditions Broquet. Vous avez Les bases du pilates du duo Sally Searle et Cathy Meeus et Les bases du yoga de Jennie Bittleston. Les deux ont en commun de disposer d’une riche iconographie qui reprend chaque mouvement à effectuer avec un court descriptif qui dit en quoi, telle ou telle posture va vous faire du bien. En terme didactique on ne peut faire mieux.

Dans cette quête du bien-être intérieur, si on ne parvient pas par soi-même à atteindre cet état de sérénité désiré, le recours à un coach de vie n’est pas mauvais. Manon Lavoie en est un coach de ce type qui a voulu généreusement partager ses connaissances en la matière en accouchant d’un bel album Créer le meilleur de soi aux éditions Druide. Elle est partante pour dire que l’on peut évacuer plein de choses dans la créativité. Car dans la création c’est souvent le meilleur de soi que l’on projette. Exemple de Michel-Ange qui avait un caractère de chien mais qui à coups de marteaux dans le marbre a pu faire passer ses frustrations, notamment sexuelles et qui nous a donné des chefs-d’œuvre de beauté. Sans être ce génie de la Renaissance italienne, on peut se libérer avec peu de matériel. Pour d’autres personnes ce sera seulement un environnement physique à mettre en place pour retrouver la quiétude propice à l’épanouissement.


 


 

Préoccupations amoureuses en mode ado

Aux éditions Dominique et compagnie nous arrive deux romans de la même signataire Maryse Peyskens destinés à un lectorat à un lectorat adolescent. Et qui ont en commun la dimension de la séduction. En effet, La première fois  qui arrive à point nommé alors qu’un sondage réalisé auprès d’adolescents québécois, donnent la tonalité de ce que sont et à quel rythme se vivent les relations amoureuses. Ici la protagoniste Maïka, vit ses premiers tourments du cœur et ne sait pas trop comment mettre de l’ordre dans ses émotions. Elle a pour chance d’avoir dans son entourage une sexologue attentive. L’auteure a cette qualité de pouvoir vampiriser les sentiments profonds qui peuvent habiter une fille en pareil cas. L’autre Tout pour plaire est dans le prolongement de l’autre avec notre même héroïne. Dans ce cas ci c’est une autre dame d’expérience qui viendra apporter un baume sur ses interrogations métaphysiques douloureuses.


 


 

 Douce France, de beaux itinéraires pour sillonner l’Hexagone

La France figure parmi les premières destinations mondiales du tourisme. On n’a qu’à parcourir Routes de France chez Geo Book pour mesurer le pourquoi de cet engouement qui n’a de cesse. L’équipe de la rédaction a traversé le pays, du nord au sud et d’est en ouest, de même que dans les territoires d’Outre-mer pour dresser un panorama infiniment attrayant. Il faudrait plusieurs vies pour faire toutes les découvertes que ce pays recèle. Et les journalistes affectés à cette « rude » mission ont opté pour des circuits thématiques. Outre les inévitables châteaux de la Loire, vous avez aussi les routes des vignobles ou d’intérêts plus pointus comme les sites des grands champs de bataille. Il y en a vraiment pour tous les goûts, avec plein d’encadrés recelant de conseils pratiques. C’est un guide que tout voyageur voudra conserver près de soi aux fins de référence.


 


 

Une biographie de référence sur Leonard Cohen

En novembre 2017 ça fera un an qu’est disparu Leonard Cohen à l’âge de 82 ans. La nouvelle de sa mort fit rapidement le tour de la planète, et nombreux journaux télévisés ont diffusé des reportages nous rappelant la dimension de ce géant de la chanson folk et de la littérature. Ceux qui voudront profiter de cette commémoration, sont invités à plonger dans la belle biographie que nous présente Sylvie Simmons et qui a pour titre I’m your man. C’est un travail très rigoureux, très ancré dans la tradition anglo-saxonne des biographies où toute la vie du sujet est passé au crible, ce qui suppose une intense recherche. Et ce n’est pas pour rien que cette vie de l’auteur de la célèbre chanson cantique Hallelujah est déjà considérée comme une référence. Tout y est, de son enfance de juif privilégié à Westmount, son premier recueil de poésie en 1957, sa première incursion dans la chanson onze ans plus tard. Il n’est aucunement mystère de sa nature dépressive qu’il était le premier à reconnaître. Ses démêlés juridiques pour les droits de son hit « Suzanne » qui s’éternisèrent des décennies durant, le vol de millions de dollars de ses gains par sa gérante et quoi encore. Rendu à la dernière page, on se sent honoré que cet artiste métaphysique soit un montréalais qui n’a jamais renié ses racines et qui a été enterré dans sa ville natale. Du bel ouvrage.

I’m your man. Sylvie Simmons. Édito 572p.     www.editionsedito.com


 


 

Les hauts faits d’armes du Tricolore

Quand un journaliste sportif rencontre un statisticien rompu à son domaine du hockey et trois livres sur les Canadiens de Montréal que peut-il se passer ? Tout simplement un quatrième titre pour le second. En effet, ce dernier  Pierre Bruneau (à ne pas confondre avec le présentateur des nouvelles de TVA) est un as de la compilation et son association avec Léandre Normand ne pouvait conduire qu’à un autre opus sur les Glorieux. Ça donne 100 moments historiques des Canadiens. Chaque page nous ramène une séquence qui a entériné la légende du club de hockey montréalais. C’est raconté comme si on décrivait la scène en direct. L’image on se la fait dans sa tête. Un beau cadeau à faire à un fan de la Sainte Flanelle.

100 moments historiques des Canadiens. Léandre Normand et Pierre Bruneau. Éditions de L’Homme 263p.      


 


 

L’imagination au pouvoir avec Minecraft

Chez l’éditeur Broquet Kristen Kearney nous emmène dans son monde de créativité totale par le biais de Minecraft dont on présente le tome 2.  Une fois n’est pas coutume, mais on va reproduire ici le libellé de l’éditeur qui décrit très bien la démarche voulue « Minecraft est l'une des plateformes de jeu parmi les plus inventives et souples qui soient, offrant aux joueurs des possibilités innombrables d'explorer et de bâtir des mondes virtuels. Minecraft est désormais beaucoup plus qu'un jeu individuel : les joueurs peuvent maintenant créer leurs propres jeux - dits « Adventure Maps » - dans lesquels on peut entrer et explorer. Ce mode opérationnel permet aux bâtisseurs d'élaborer des territoires à la fois beaux et imaginatifs et qui sont des jeux en soi pour un seul ou plusieurs joueurs, générant ainsi des milliers de possibilités uniques pour la communauté. Avec plus de 30 jeux et scénarios captivants, « Block Adventures » séduira les joueurs de tout niveau d'expertise avec des tutoriels et des guides étape par étape qui montrent comment concevoir et développer vos propres aventures ». Dont acte.

Crée des mondes fabuleux et tes propres jeux Minecraft. Kirsten Kearnez. Broquet 256p.       www.broquet.qc.ca


 


 

Drame agroalimentaire
Nous sommes en Vendée, plus précisément dans ce petit bled très France profonde de Montfort-sur-Sèvres. Le décor est planté dans une boucherie tenue par Romain Vollot appuyé par son frère Camille. Sous la pression des transformations qui s’opèrent dans le monde agroalimentaire, un sérieux différent va opposer les deux hommes. Voilà en résumé la trame de La louve de Paul-Henry Bizon. Et puis pour mettre un zeste de piment dans cette histoire, un prédateur financier. Bien que ce soit identifié comme un roman, on croirait voir une radiographie d’un cas type de ce qui ébranle les petites communes à l’heure où la grande industrie agroalimentaire le dispute aux tenants des produits du terroir. On appréciera le réalisme cru de certains passages qui écorchent des pointures tel un Nicolas Sarkozy.

La louve. Paul-Henry Bizon. Gallimard 239p. 


 


 

Destiné à être heureux en Turquie

Orhan Pamuk a l’insigne privilège d’être l’auteur Turc le plus connu dans le monde. Avec une telle notoriété qui vous précède, viennent les responsabilités, dont la moindre est de demeurer en selle comme écrivain et ne jamais décevoir. En tout cas il cartonne avec Cette chose étrange en moi un magnifique roman sur le thème du bonheur simple, à travers le personnage central de Mevlut qui est un commerçant ambulant qui vend tant bien que mal de la boza, une boisson alcoolique fermentée qui a perdu la cote au profit d’un autre nectar le raki. Mais bien que ses proches lui prodiguent toutes sortes de conseils pour émerger socialement. Lui n’en a cure, ne faisant confiance qu’à sa petite flamme intérieure. Et puis qu’importe s’il ne trouve pas l’amour qu’il cherche, on s’accommodera bien. C’est un bel être qui nous rappelle la fameuse recommandation de Cocteau « Ce qu’on te reproche cultive le car c’est toi ». Ceux qui vivent sous la pression des autres apprécieront cet hymne à la liberté.

Cette chose étrange en moi. Orhan Pamuk. Gallimard 681p.


 


 

Serge Cabana un sonneur d’alerte à entendre
Le bonheur et l’indifférence, voilà plus que jamais les fondements de la société québécoise qui n’a plus de projet collectif, depuis que le sujet de l’indépendance du Québec est jugé ringard. C’en est trop pour Serge Cabana professeur en communication à l’Université de Sherbrooke et qui est exaspéré de cette fausse république du bonheur qu’est devenu le Québec et qui a choisi d’illustrer son pamphlet Le pari québécois par une autruche tête enfoui dans le sable. L’essayiste s’inquiète de ce contentement infructueux et sonne l’alerte. Il a sa solution qui doit passer par un projet collectif centré sur le mouvement citoyen. Car il dit qu’Une fois que le vox populi se sera exprimé, la classe politique suivra. Et que comme collectivité on doit se soucier des enjeux de la mondialisation.

Le pari québécois. Serge Caban. Québec Amérique 195p.    


 


 

Une famille de vingt dans un cinq pièces!

C’est indiqué comme le premier roman de Mari Mariu, un pseudonyme choisi pour son entrée dans le monde des lettres, mais on croirait lire un récit de famille. En effet, Fragments de famille narre la cadette d’une famille de dix-huit enfants et qui déplore ne pas être née homme. Et toute cette smala vit dans un cinq pièces. On peut facilement imaginer à quel quotidien cette famille est confrontée. C’est ce que raconte avec brio et beaucoup d’humour la narratrice qui s’exprime à la première personne. C’est une petite plaquette fort amusante dont on déplore que ce ne soit trop court. En la parcourant on swe disait que ça ferait un merveilleux film pour le grand écran. Avis aux scénaristes en panne sèche qui nous lisent.

Fragments de famille. Mari Mari. Fides 117p.     www.groupefides.com


 


 

Sissi dans l’œil d’une américaine de talent

Que n’a-t-on pas écrit et filmé au sujet de Sissi l’impératrice d’Autriche-Hongrie, qui est montée sur le trône en compagnie de l’empereur François-Joseph, à seize ans seulement et qui périra assassinée âgée de 60 ans. Cette vie hors norme a alimenté bien des écrivains et cinéastes. La source ne semble pas tarie puisque c’est au tour de la fille d’un ex gouverneur de l’État de New York, Allison Patakis d’entrer dans la ronde avec Sissi impératrice malgré elle. C’est un roman historique où l’auteure imagine des dialogues sur fond de réalité. Il y a là des ingrédients qui rejoindront bien des lecteurs fascinés par cette impératrice immortalisée au grand écran par Romy Schneider dont l’emportement romanesque.

Sissi impératrice malgré elle. Allison Pataki. L’Archipel 319p.    www.editionsarchipel.com


 


 

Une villa maudite

Si vous passez par le secteur cossu des Hamptons, évitez le 7 Ocean Drive, car c’est l’adresse d’une maison hantée La villa rouge son surnom du fait qu’elle a été le théâtre de nombreux meurtres irrésolus. Et ça n’est pas fini. On a découvert les corps d’un pontife du cinéma américain et sa maîtresse, toute jeune évidemment. C’est une ancienne inspectrice de New York qui est mandatée pour élucider cette affaire. Et ça se corse que des squelettes qu’elle enfouissait dans son propre placard ressortent. Voici en somme ce qui vous attend dans ce roman de James Patterson écrit avec la collaboration de David Ellis. Vous ne vous ennuierez pas une seconde. Avec 350 millions de livres vendus, Patterson sait comment retenir son lecteur et ça ne se dément pas encore une fois.

La villa rouge. James Patterson. l’Archipel 472p.   www.editionsarchipel.com


 


 

Cours 101 des cuisines du monde pour touts-petits

Outre la confiance en soi, l’autre bel héritage que des parents peuvent inculquer à leurs enfants est l’apprentissage de la cuisine. Car bien se nourrir est un plus dans une existence. Deux auteures, Sally Brown et Kate Morris vont même plus loin avec un album d’initiation aux mets internationaux avec Cuisine du monde pour petits et grands. D’entrée de jeu, vu l’auditoire à qui ce livre de recettes est destiné, on a opté pour des petits plats tout en simplicité et qui ne requièrent pas trop d’ingrédients. Le Canada y figure. Et pour ce qui est de notre pays on a opté pour les crêpes aux bleuets, les fricadelles de saumon et les scones version terre-neuvième. Félicitations à l’éditeur Modus Vivendi pour le soin apporté à la présentation graphique.

Cuisine du monde pour petits et grands. Sally Brown et Kate Morris. Modus Vivendi 143p.         www.groupemodus.com


 


 

 Un dandy se fait ramasser

C’est un petit bijou théâtral de notre patrimoine que déterrent les éditions Alias en publiant Une partie de campagne de Pierre Petitclair. Pour la petite histoire c’est la première pièce de théâtre imprimé au Québec, venant d’un auteur né ici. Son auteur est né à Saint-Augustin de Portneuf. Il travaillera dans des greffes de palais de justice de la province puis s’exilera au Labrador où il mourra en 1860. Cette pièce raconte les tribulations d’un dandy canadien-français anglophile jusqu’au bout des ongles et d’une rare suffisance. Sauf que la sauce ne prend pas dans son village natal et outre ses proches même des anglophones trouvent qu’il en fait trop. Ce snob va prendre une sacrée leçon de modestie. Ce serait une excellente chose que cette pièce qui connut à l’époque un succès, soit programmée sur une de nos scènes. Le texte est accompagné d’un appareil critique et suivi d’une bibliographie.

Une partie de campagne. Pierre Petitclair. Alias 171p.    www.groupenotabene.com


 


 

Kyoto, la ville aux mille six cent temples vue par une québécoise

Il y a des voyageurs qui veulent entreprendre des séjours à l’étranger, mais surtout pas dans le cadre de circuits organisés. Ceux-là veulent donner une dimension humaine à leur périple. Si le Japon vous fascine et que vous voulez connaître son quotidien de l’intérieur, nous vous invitons grandement à vous procurer Ciel de Kyoto le carnet de voyage de Danielle Dubé. En compagnie d’un groupe de femmes, elles vont débarquer dans cette ville qui possède pas moins de mille six cent temples! L’auteure est une observatrice hors pair à qui rien n’échappe à sa curiosité. Un passage amusant est la description d’un fantasme lubrique made in japan. Vous prendrez beaucoup de plaisir à lire ces réflexions qui donnent le goût de plonger à plein dans l’exotisme. Car le Japon est à des années lumières de notre civilisation québécoise. Ça dépayse en diable.

Ciel de Kyoto. Danielle Dubé. Lévesque éditeur 188p.     www.levesqueediteur.com


 


 

Un roman sur le deuil difficile

Le poète François de Malherbe a dit en son temps dans sa « Consolation à M. du Perrier » que la mort a des douleurs à nulle autre pareille ». Et on a beau l’imaginer, lorsque la cruelle faucheuse survient, il n’y a aucun mode d’emploi pour se prémunir de la violence psychique que peut occasionner une disparition. Il y a une part autobiographique dans Le Cri des oies de Joanne Gauthier. Le mari et tendre époux, Marcel est rappelé par le Très-Haut. Sa femme Joanne est dévastée. Elle a un fils Émile. Après de grandes zones de turbulences où la veuve ne parvient pas à faire sa résilience, viendra l’accalmie, grâce au soutien de son fils. C’est l’entrée en littérature pour l’écrivaine qui voulait par cette démarche laisser un témoignage à son fils sur son père décédé il y a quelques années. Elle n’a certainement pas eu l’angoisse de la page blanche, car les mots viennent ici aisément, les sentiments aussi.

Le Cri des oies. Joanne Gauthier. Québec Amérique 166p.   
www.quebec-amerique.com


 


 

La Floride à redécouvrir

La Floride a eu récemment les honneurs d’une actualité dont elle se serait bien passée avec l’arrivée de l’ouragan Irma. Mais comme l’exprimait avec philosophie un habitant de Fort Lauderdale, c’est parfois le prix à payer pour vivre au paradis. Et en effet, si cet état à toujours été dans la mire des québécois, c’était grâce surtout à la garantie de plusieurs jour d’ensoleillement. S’il y a une dans les années quatre-vingt dix une certaine baisse de cote d’amour, l’engouement est revenu avec plusieurs membres de la colonie artistique québécoise qui y ont établi leurs quartiers d’hiver. Claude Morneau nous offre une merveilleuse occasion de redécouvrir la Floride chez Ulysse. Cette péninsule de 152 mille kilomètres carrés recèle des trésors et le chapitre qu’il consacre aux trésors cachés vaut le détour. Mais autant mettre tout de suite en garde le lecteur, car de parcourir ce guide comporte un très grand risque, que vous deveniez à votre tour un snowbird.

Floride. Claude Morneau. Ulysse 366p.     www.guideulysse.com


 


 

Un aphasique qui déteste le formatage social

Serge Horowitz est le genre d’individu que vous n’aimeriez pas fréquenter. D’abord c’est un aphasique, très perturbé et rebelle à toute forme d’engagement. Il a en horreur le formatage social. Comme il faut bien gagner tout de même sa pitance, il va bosser dans un cabinet de consultants. Un boulot qu’il a décroché grâce à son frérot ministre des finances. Et c’est sa sœur qui l’héberge, on pourrait dire presque charitablement. Puis il arrivera qu’au cours d’une négociation avec des clients japonais, il sera frappé d’une importante crise d’aphasie qui va tout foutre en l’air. C’est bien beau, mais on ne lui pardonnera pas cette erreur et il lui faudra réparer les pots cassés. Mais on connaît le dicton, un malheur ne vient jamais seul. Voilà la toile de fond d’Un élément perturbateur d’Olivier Chantraine qui met en contexte un cas de perturbation psychique. Que doit-on faire en pareille situation ? Une belle étude de cas écrite de main de maître.

Un élément perturbateur. Olivier Chantraine. Gallimard 278p.


 


 

Le Darrieussecq nouveau

Marie Darrieussecq fait dans la futurologie avec Notre vie dans les forêts. Au départ c’est une ex psychologue, Viviane, qui vit dans un monde futur en somme où elle vient de quitter une ville de privilégiés, qui possèdent des clones d’eux-mêmes, sortent d’esclaves corvéables dont l’utilité première est de fournir des pièces de rechange en cas de greffe. Elle va se trouver en forêt avec des réfugiés. C’est toute la question de l’ère numérique qui est passée en revue avec des projections de la part de l’écrivaine qui rappelons-le a été psychanalyste. C’est une lecture un peu déconcertante. Mais tous ceux qui se posent des questions existentielles sur le sens de la vie présente ou qui s’interrogent sur nos lendemains, trouveront leur profit.

Notre vie dans les forêts. Marie Darrieussecq. P.O.L. 189p.    
www.pol-editeur.com


 


 

L’attendrissante Lucie qui n’aime pas les poupées

C’est une historiette pour les touts jeunes que nous présente le tandem formé de Françoise de Luca et Josée Bisaillon et intitulée Les poupées. On fait connaissance avec une fillette prénommée Lucie, qui est atteinte un peu de lucidité chronique et qui compose mal avec les habitudes formatées des adultes. En plus qu’elle n’aime pas les poupées. En fin de récit, sa maman met à contribution notre petite rebelle qui se sent enfin respectée comme il se doit en confectionnant un gâteau. Une fin heureuse et sucrée.

Les poupées. Françoise de Luca et Josée Bisaillon. Éditions marchand de feuilles 57p.      www.marchanddefeuilles.com   


 




 

Deux nouveaux opus chez Magnard jeunesse

Chez l’éditeur Magnard qui fait mouche dans le créneau de la littérature pour ados, voici deux nouveaux titres qui viennent enrichir leur catalogue. D’abord Dans l’ombre de Lena de Katarina von Bredow. Qui a pour cadre la gémellité. En effet, ce sont deux sœurs jumelles, Lena l’exubérante et coquette à souhait et Elsa qui est introvertie et qui souffre d’être dans l’ombre de sa sœur. Viendra un moment où fatiguée de jouer les seconds violons, Elsa va prendre son envol. Et vous verrez quel sera le moment déclencheur. L’autre bouquin, Inséparables d’Élie Darco. Cette fois ce ne sont pas deux sœurs mais un frère et une sœur qui sont obligés de migrer au gré des affectations de leurs parents tous deux militaires. Et ils se retrouveront dans un bled perdu où on ne trouve aucune distraction convenable pour des jeunes de leur âge. Pour contrer l’ennui, ils vont alors s’emparer d’une arme de leur père et aller s’amuser à tirer dans les bois. Mais le jeu va virer au drame lorsque le lendemain la police débarque au domicile parental, les informant de la découverte d’une jeune fille morte dans le secteur où les frangins se trouvaient. Comment prouver son innocence. Frère et sœur vont donc mener de leur côté une enquête pour élucider l’affaire. Deux bonnes lectures pour garder les ados captifs et les empêcher d’aller tirer du fusil.


 






 

Le coin santé physique et psychique

Le psychologue et chercheur à l’Université Laval Jimmy Ratté pose la question « Qu’est-ce que la personnalité ? » et en plus de l’interrogation, il nous gratifie de plusieurs réponses dans son essai La personnalité et son développement. D’office il nous dit et on s’en étonnera, que l’enfant à naître est porteur des vestiges de ses ancêtres. Et comme grille d’analyse, il appuie son raisonnement sur deux écoles de pensée, la psychanalyse freudienne et l’humanisme existentialiste. C’est toute la structure humaine qui est décryptée. On appréciera le passage sur la rivalité mère fille et le désir du père chez cette dernière. C’est aux éditions des Presses de l’Université Laval.

Le Dr. Gaétan Brouillard est éminemment respectée pour sa qualité des diagnostics et sa connaissance du monde de la douleur. Sa longue pratique lui a permis de soulager des gens qui se sentaient condamnés à perpète à devoir endurer leur mal.  Ce médecin de famille à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont livre ses connaissances en la matière dans La douleur repensée aux éditions de l’Homme. En sous-titre, une phrase éclairante de sa démarche « Ce n’est pas parce qu’on a mal qu’on doit nécessairement souffrir ». On voit donc une distinction dans les définitions. Son ouvrage regorge de cas d’étude qui nous aide à mieux saisir la complexité de la mécanique humaine et les réactions diverses au mal chronique.

Au même titre que les allergies et l’autisme, la montée en puissance de l’Alzheimer nous donne à croire qu’il y a métamorphose de l’homme, comme si dans ce dernier cas, sa fragilité psychique allait en augmentant. Le Dr. Thierry Bautrant aborde la chose dans Alzheimer.aux éditions Alpen. Et s’il y a possibilité d’éradiquer la pathologie sans recourir à la médication ? L’auteur est psychiatre avec spécialisation en gérontologie. Il livre dans ces pages les dernières avancées dans la connaissance de la maladie. Il donne un aperçu des thérapies non médicamenteuses (dont la musicothérapie). Et les diverses manifestations du mal selon les individus.
En temps normal nous placerions ailleurs que dans cette chronique la recension de Cinq clés du leadership de Jacqueline Cardinal aux Presses de l’Université du Québec. Mais comme le manque de confiance en soi, génère tellement de problématiques dans le développement de la personnalité, que nous avons cru bon de l’installer dans cette section. Car à travers les cinq cas de leadership étudié, le célèbre impresario René Angelil, Ève-Lyne Biron ancienne présidente du Groupe Biron Santé, Glenn Lowry directeur du Musée d’Art Moderne de New York, Katharine Graham éditrice du Washington Post au moment de l’affaire Watergate et Gerard Mortier directeur de l’Opéra de Paris. Ces personnalités ont tous en commun une volonté sans faille et des aptitudes à faire face à l’adversité. Chacun dans leur sphère respective, ils sont de beaux modèles et inspirants. L’auteure est chercheuse associée à la Chaire de leadership Pierre-Péladeau aux HEC nous a donné par le passé des biographies d’autres leaders du monde des affaires. Et des vies semblables ne manquent pas d’anecdotes. Il y en a à la pelle et savoureuses parfois. Son analyse des talents qui ont fait d’Angelil le manager que l’on sait, est d’une grande finesse. Un fait remarquable aussi c’est que par monts et par vaux, ces hommes et ces femmes, même quand ils connurent des passages moins heureux dans leur vie, ont tout fait pour ne pas céder au découragement. Ils incarnent l’adage bien connu qui dit que ce qui ne tue pas rend plus fort.

Aux éditions Cardinal, Émilie Perreault signe Faire œuvre utile. C’est elle qui assume la chronique culturelle à Puisqu’il faut se lever animé par Paul Arcand. Son projet de livre est parti d’une idée géniale et rarement exploitée, comment un artiste ou une ouvre d’art contribue à faire œuvre utile comme le titre l’indique, dans la vie des gens. C’est de notoriété que certaines vedettes ou artistes d’arts nobles ont opéré chez des spectateurs des effets salutaires. Elle a donc récolté des témoignages d’inconnus ou de gens connu sous les projecteurs qui chacun rend compte de ce phénomène de rédemption.


 


 

Créatrice de tendres personnages

Sylvie Nicolas est rompue à l’écriture avec une trentaine d’opus à son actif. Là elle nous arrive avec un recueil de textes, en fait une galerie de petits portraits intitulée Le cri de la sourde. Comment vous dire. Il faudrait tout rapporter de chacun de ces textes pour vous donner la tonalité. En parcourant chaque ligne, il nous est venu à penser à Antonine Maillet qui elle-même est créatrice de beaux personnages. Le livre que nous tenons en ce moment dans nos mains est fait d’esquisses et on pourrait dire que l’écrivaine éprouve beaucoup de tendresse pour ses créatures. En tout cas, ces dernières se rendent attachants. A lire au coin du feu en se berçant, idéalement.

Le cri de la sourde. Sylvie Nicolas. Druide 260p.    www.editionsdruide.com


 


 

Une lecture rigolote à plusieurs degrés

C’est un titre qui volontairement a été conçu pour être lu à plusieurs degrés de lecture. Albertine ou la férocité des orchidées écrit en tandem par un couple d’amoureuses à la ville Julie Boulanger et Amélie Paquet qui mettent en scène une jeune femme dont le cœur bat la chamade…mais pour deux hommes. Et tandis qu’elle jongle pour le meilleur candidat des deux, voici que va débarquer une femme qui va la troubler. Comme quoi l’affection n’a rien de monolithique. Pensez-vous qu’on vous dévoilera ici la conclusion ? Bien sûr que non. Allez découvrir vous-même et prendre plaisir à parcourir ce bouquin qui est un pastiche de pas mal de choses dont le style « chick lit. »  On comprendra que les pages sont saupoudrées de beaucoup d’humour.

Albertine ou la férocité des orchidées. Julie Boulanger et Amélie Paquet. Québec Amérique 237p. www.quebec-amerique.com


 


 

Une biographie de la femme la plus puissante du monde

A quelques jours d’un scrutin qui verra sans doute la victoire annoncée pour un quatrième mandat de la chancelière Angela Merkel paraît chez Edito une biographie de Marion van Renterghem qui est grand reporter pour Vanity Fair après avoir été au journal Le Monde. C’est une femme énigmatique tout de même car elle n’a rien d’ostentatoire. Toujours les mêmes vestes en deux ou trois coloris. La garde-robe n’est visiblement pas sa préoccupation. Elle est ambitieuse mais sans démonstration apparente. Alors comment a-t-elle pu, sans charisme extérieur se hisser à ce poste où elle dirige la plus forte économie d’Europe ? On ne s’est pas soucié d’elle, comme si elle ne représentait aucun danger. Ça été sa force. Pour comprendre cette trajectoire singulière on référera à ces pages où la biographe a fait un bon travail à la manière anglo-saxonne, en allant à la rencontre de témoins de son ascension. Au terme de cette lecture on verra que sous des apparences placides, c’est une femme de fer qui manie bien son stratagème et qui finit par obtenir ce qu’elle veut.

Angela Merkel, un destin. Marion Van Renterghem. Édito 190p.    www.editionsedito.com


 


 

Considérations sur l’hospitalité à l’ère des grandes migrations

Cet essai Qu’est-ce que l’hospitalité ?, de Joan Stavo-Debauge tombe à point nommé au moment où les frontières sont traversées de part en part par des hordes de migrants qui fuient leur pays pour mille raisons, surtout pour insécurité politique. L’auteur est chercheur à l’Université de Lausanne. C’est une réflexion complète d’une rare densité, où il a exploré la notion de recevoir ou du don comme vous voudrez, sous toutes ces facettes, faisant intervenir une cohorte d’intellectuels qui se sont penchés sur la question. Et dire qu’on fait grief au Canada à Justin Trudeau de faire montre de trop d’hospitalité. C’est pourquoi cette démarche nous interpelle au premier degré. C’est à notre avis la première fois qu’un tel thème est traité avec autant de profondeur. Une bibliographie exhaustive complète la recherche. 

Qu’est-ce que l’hospitalité ? Joan Stavo-Debauge. Liber 315p.   


 


 

Le cinéma d’auteur est encore bien vivant

Si des réalisateurs au candidement avoué qu’ils se sont engagés dans cette voie pour draguer des filles, ou d’autres qui ont prostitué leur talent au profit de blockbuster, il y a en a, fort heureusement, des purs, qui se consacrent du 7ème art dans le but d’une mission personnelle. Le cinéma d’auteur est loin d’agoniser. Et c’est en toute jouissance que nous prenons acte de La vraie nature du cinéma de H.-Paul Chevrier qui est en quelque sorte le continuum de son précédent essai « Le langage du cinéma narratif ». Il étoffe son propos par moult exemples avec le goût de revoir bien des classiques du genre. Les titres retenus aux fins d’exemples ont en commun de nous faire comprendre le monde.

La vraie nature du cinéma. H.-Paul Chevrier.  Somme toute 145p.   www.editionssommetoute.com


 


 

Une thérapie choc mais en douce pour gros égos

Ça semble récurrent pour Raphaëlle Giordano qui privilégie des thèmes existentiels dans ses écrits. On se souviendra de son best-seller  « Ta deuxième vie commence quand tu comprendras que tu n’en as qu’une ». On croit qu’elle s’est donnée pour mission de rendre zen l’humanité ou presque. Là elle nous présente Le jour où les lions mangeront de la salade verte. La protagoniste, Romane, anime des ateliers pour traiter la « burnerie » des gens qui sont à bout. C’est le cas d’un cadre de type dominateur, Maximilien Vogue, qui écrase tou7t sur son passage au seul profit de sa carrière. Mais il rencontrera un sacré écueil en cours de route qui l’obligera à se retrouver dans les formations de la jeune femme. Ce n’est pas théoriquement un cas facile, mais la thérapeute sait trouver le Talon d’Achille de chacun. Et elle réussira à le soulager. C’est une belle histoire centrée sur l’humanité intrinsèque des gens, qui se perd dans la folie de notre monde où la performance fait foi de tout au détriment de l’affect.

Le jour où les lions mangeront de la salade verte. Raphaëlle Giordano. Édito 336p.   www.editionsedito.com


 


 

Le coin Miam miam

Pour les gourmets mais qui disposent de peu de temps ou de peu d’argent, voici deux ouvrages chez Mango qui permettent aussi d’explorer la cuisine orientale à peu de frais. Camille Sourbier nous offre La Thaïlande en 4 ingrédients et Laure Kié « Le Japon en4 ingrédients ». Le principe comme l’indique le titre, est de ne recourir qu’à quatre ingrédients. Donc de la sorte on peut très bien se nourrir de façon exotique à peu de frais. Et au passage, y a-t-il cuisine plus naturellement végétarienne que la cuisine asiatique. Elle a été bio bien avant l’heure. Et quel emploi peut-on faire seulement avec les nouilles ? Ces bouquins sont à conserver à portée de main dans votre bibliothèque culinaire. Ils figurent dès lors comme des incontournables.


 


 

Faisons connaissance avec Egon Schiele 

S’il y eu un peintre sulfureux c’est bien le peintre viennois Egon Schiele. (1890-1918). Influencé par Gustav Klimt il est de l’école expressionniste. La mort de son père va assombrir ses pensées et lui donner une vision du monde un peu torturée qui se reflète notamment dans ses personnages physiquement tordus. Pour faire connaissance avec cette pointure autrichienne et par extension du monde, il faut parcourir la monographie de Reinhard Steiner professeur d’histoire de l’art à l’Université de Stuttgart. Alors qu’on le célèbre partout dans le monde, il faut rappeler qu’il fit un court séjour en prison en 1912 pour obscénité. Quel retournement du destin. En compagnie de notre cher professeur, découvrez les œuvres phares et un texte synthétisé de cette vie complexe qui est contemporaine au freudisme naissant.

Schiele. Reinhard Steiner. Taschen 94p. 


 


 

Expliquer ce qu’est être chef d’entreprise aux touts petits

Nous soulignons à grands traits la merveilleuse initiative des éditions Bayard avec cette collection Chef d’entreprise qui a pour but de faire connaître par l’exemple, ce que c’est que de fonder et de diriger une compagnie. Et on a choisi deux beaux exemples au Québec ceux de Cora Tsouflidou la créatrice de la chaîne de petits déjeuners Chez Cora  et Louis Garneau à la tête de Louis Garneau Sports connu pour notamment pour ses articles de cyclisme. Ce sont des monographies qui résument le parcours de chacun, en expliquant sans fards les difficultés que peut rencontrer sur leur chemin ceux qui ont décidé d’être leurs propres patrons. Ces ouvrages devraient obligatoirement faire partie du programme scolaire alors que les élèves s’emmerdent avec des matières dont ils ne se serviront jamais. Tandis que maintenant beaucoup rêvent de se lancer en affaires, comme la moitié des travailleurs québécois qui le sont en mode autonomes.


 


 

Comment réussir la transformation de caisses de bois

Alexandra Lagache est pourrie de talent. Curieux qualificatif d’ailleurs pour désigner quelqu’un d’imaginatif. Bon, bref, la dame a une imagination folle et entre ses mains, transforme de banales caisses de bois en objets utilitaires merveilleux. Dans son livre Caisses de vin récup elle s’éclate totalement. Que ce soit des caisses de vin ou autres, elle peut en faire des boites de rangement colorées, des plateaux repas pour les petits déjeuners au lit et quoi encore. Chaque page nous fait la démonstration qu’il faut y penser à deux fois avant de jeter aux rebuts ce qui nous semble encombrant. Son art de la récupération redonne vie à ces boîtes. Et en même temps ça peut s’offrir très bien en cadeau personnalisé. Saluons l’éditeur qui a mis un soin à la présentation graphique qui donne le goût de s’y mettre sur-le-champ.

Caisses de vin récup. Alexandra Lagache. Les éditions de saxe 96p.   


 


 

Il en a à raconter Franz

Nous mettons au défi quelconque critique à tenter d’aborder Les Histoires de Franz de Martin Winckler vu sous l’angle de l’analyse littéraire. Car nous sommes d’avis que le romancier n’a pas voulu faire œuvre de quel que manière que ce soit mais surtout de nous offrir un livre ami, de proximité, où le narrateur, Franz en l’occurrence, nous prend à témoin de ses observations, d’où les histoires au pluriel dans le titre. Ce serait plutôt de l’ordre du journal si on aime mieux. Il nous met dans ses confidences. La beauté de l’exercice c’est que nous faisons intrinsèquement partie de sa démarche. Il est question de mille et une choses. La grande qualité de ce livre c’est son humanité.

Les Histoires de Franz. Martin Winckler. P.O.L. 524p.    www.pol-editeur.com


 


 

Une salle de bal pour aliénés

La salle de bal d’Anna Hope est sans contredit le livre le plus fou, excusez le jeu de mot facile puisque l’histoire se déroule dans un asile d’aliénés en 1911 à Sharston dans le Yorkshire. Le Times de Londres l’a qualifié d’équivalent anglais à « Vol au-dessus d’un nid de coucou ». Dans ces années-là, ça ne prenait pas grand-chose pour vous mettre hors d’état de nuire de la société. Un simple petit écart de conduite et hop vous risquiez de vous retrouver parmi les simples d’esprits. Et on ne vous parle pas des conditions de vie insalubre. Ici on est dans l’expérimentation avec un docteur avant-gardiste, attiré par les théories eugénistes. Et dans sa méthode de réhabilitation il a imaginé de réunir, eux qui vivent séparés, hommes et femmes, chaque vendredi, dans une salle de bal aménagé dans l’enceinte de l’établissement de santé. Et chic à part ça. Et là, dans ce décor insolite compte tenu du lieu, on voit Ella et John qui s’amourachent. Mais l’idylle est compromise par les visées du médecin des âmes qui concocte d’autres desseins inavouables. C’est toute la vision de la santé mentale en ces temps-là qui réapparait sous nos yeux. Ceux qui sont encore passéistes en parlant du bon vieux temps, sont appelés à revoir leur position après lecture.

La salle de bal. Anna Hope. Gallimard 389p.   


 


 

Réédition du livre bombe sur Lady Di

L’histoire de la monarchie britannique s’en trouva à jamais remuée en raison de la sortie en 1992 de Diana racontée par elle-même d’Andrew Morton. Qui révéla au monde entier à quel point la reine des cœurs était malheureuse. Un véritable déballage qui procura les plus vives réactions de rejet dans l’establishment. On la traita carrément d’hystérique. Mais Lady Diana savait très bien ce qu’elle savait. C’est par l’entremise d’un médecin que l’aristocrate livra la marchandise sur bande sonore. Ainsi elle était très à l’aise de pouvoir dire qu’elle n’avait jamais rencontrée directement le journaliste. Elle mettra sur le compte d’amis rapprochés la divulgation de sa vie réelle, motivés qu’ils étaient à vouloir l’aider. Vingt ans après sa mort on réédite l’ouvrage augmenté de commentaires intimes inédits. Et dans la préface, l’auteur rappelle les circonstances qui ont permis la rédaction de ce livre sulfureux au possible. L’épilogue qui complète, donne un aperçu de l’héritage réel qu’elle aura laissé.

Diana racontée par elle-même. Andrew Morton. L’Archipel 476p.   www.editionsarchipel.com


 


 

Le pape Jean-Paul III introuvable après sa démission

Le Vatican et ses intrigues est un terreau inépuisable pour un auteur, assuré qu’il est de trouver un lectorat qui se délecte de ces histoires en soutane. Mario Giordano donne du bonbon avec Apocalypsis. Avec une histoire rocambolesque au possible, à savoir que le successeur de Jean-Paul II, le pape Jean-Paul III va donner sa démission et qu’ensuite il sera porté disparu! Quelqu’un va se mettre en tête à élucider cette affaire accompagné par une religieuse, Maria de son prénom, dont on dit qu’elle est troublante. Et inévitablement une société secrète d

Apocalypsis. Mario Giordano. L’Archipel 501.   www.editionsarchipel.com


 






 

Le coin santé physique et psychique

Quand on parcourt les pages de La méditation de Marc-Alain Descamps il nous vient immédiatement cette métaphore à l’esprit, comme si nous prenions un ascenseur qui nous menait vers les étages inférieurs de nous-mêmes, puisque le but avoué et unique de sa démarche est d’aller au plus profond de soi. Il s’en écrit chaque année une pléthore de guides sur la méditation, mais celui-là à le mérite de se concentrer sur l’essentiel. C’est aux éditions Accarias.

Chez Broquet un sujet curieusement traité et pourtant dieu sait s’il s’en publie des livres sur la psychologie, c’est sur le fait de chialer. Chritisne Lewicki a investi la chose en profondeur et s’adresse avec J’arrête de chialer!, à ceux qui ont perpétuellement une envie irrépressible de chialer. On connaît les français comme ils sont râleurs. C’est même une marque de commerce nationale. Ici on a hérité un peu de ce travers qui marque beaucoup d’impuissance et qui peut en exaspérer plus d’un. L’auteure avoue qu’elle était elle-même une chialeuse patentée et a entrepris de ne rien dire de négatif durant vingt et un jours. Et on apprend dans ce petit traité qu’un individu chiale entre 15 et 30 fois par jour!

Les froidures s’en viennent et nous en connaissons beaucoup dont le métabolisme résiste mal aux caprices de dame nature. De sorte qu’il y en a qui attrapent tout ce qui passe dans l’air, rhume, grippe et tutti quanti. Deborah Ferey s’est prise d’empathie pour ceux qui ont moins de résistance en leur offrant chez l’éditeur Vigot Passez l’hiver sans être malade. Beaucoup des conseils qui sont présentés sont axés sur l’alimentation en saison froide et la gestion du sommeil.

Vous avez un minou ou un chien et vous voulez lui prodiguer le meilleur en termes de soins de santé. Avant d’aller chez le vétérinaire à la moindre petite inquiétude, ce serait peut-être une bonne chose d’avoir à sa disposition Le manuel complet de la santé du chien et du chat de la vétérinaire homéopathe Jutta Ziegler. Car si on nous a enseigné des thérapies classiques jusqu’à ce jour, on a oublié en cours de route des voies alternatives. Et ça va faire plaisir à plusieurs, qui tout comme en médecine humaine, dénoncent certains diktats. Ce livre bouscule bien des idées reçues. Aux éditions Macro.

Aux éditions du Dauphin Blanc, Sylvie Ouellet paraphrase Shakespeare avec son titre Être ou ne pas être, voilà la Mission! Passionnée des lois universelles, l’auteure essaie de livrer des pistes de compréhension pour ceux qui sont confrontés à des questions aussi fondamentales que le pourquoi de notre présence sur Terre. Et dans cette quête de l’Absolu, beaucoup trébuches et s’occasionnent des douleurs morales. Dans son traité, il est beaucoup de guérison, un thème qui en interpellera plusieurs assurément.

L’autisme n’a jamais fait autant parler de lui, comme si soudainement on prenait acte d’une réalité qui échappait à notre compréhension. S’ensuit une littérature abondante qui tente de cerner tous les aspects de cette disposition psychique qui ne cesse d’interloquer tant elle échappe à la logique courante, tel un individu figé devant une porte qu’il peine à ouvrir mais qui peut vous citer de mémoire tous les dieux de la mythologie grecque! Dans la tête de mon fils autiste c’est un témoignage, celui de Daria Klanac aux éditions La Semaine. Elle a un fils qui est maintenant âgé de 40 ans. Mais durant les trente premières années, ce beau jeune homme grandira avec des comportements qui échapperont à l’analyse. La mère n’aura de cesse de se questionner, jusqu’à ce que trois décennies plus tard le verdict finit par tomber, il est autiste. Elle raconte ce parcours qui aidera plusieurs parents car cet homme maintenant est inclassable aux yeux de la société. Quel avenir lui est-il réservé ?

Aux éditions de l’Homme un manuel qui tombe à point nommé au moment où les parents en arrachent dans la lutte qu’ils mènent pour discipliner leurs enfants accro aux tablettes numériques. Et si ce n’était que ça. En même temps, souvent des parents divorcés, pour se faire pardonner l’échec de leur union, veulent compenser en gâtant de façon éhontée leur progéniture. Toute discipline prend alors le champ. Pour ceux et celles qui désespèrent de ne pas savoir comment s’y prendre avec le rejeton, allez lire Suzanne Vallières qui en collaboration avec Gabrielle Vallières-Lavoie nous présentent Le psy-guide de la discipline destiné aux touts petits dans la tranche allant de la naissance à l’âge de dix ans.

En terminant un nectar dont on ne détaillera jamais assez les bienfaits, le miel. Ils sont trois aux éditions Alpen à en vanter les mérites dans Les remèdes de la ruche, le professeur Roch Domerego, Dr. Gaëlle Imbert et Christian Blanchard. Tout y passe en revue, le miel en premier, la pollinisation, le propolis et la gelée royale. Avec amusement, les auteurs demandent de butiner dans ces pages afin de prendre conscience de la panoplie de soins curatifs que le miel procure et dont les propriétés étaient connues des anciens. Après quoi on réalisera en même temps la question de la protection des abeilles menacées par l’écosystème déficient.


 


 

Préoccupations amoureuses en mode ado

Aux éditions Dominique et compagnie nous arrive deux romans de la même signataire Maryse Peyskens destinés à un lectorat à un lectorat adolescent. Et qui ont en commun la dimension de la séduction. En effet, La première fois  qui arrive à point nommé alors qu’un sondage réalisé auprès d’adolescents québécois, donnent la tonalité de ce que sont et à quel rythme se vivent les relations amoureuses. Ici la protagoniste Maïka, vit ses premiers tourments du cœur et ne sait pas trop comment mettre de l’ordre dans ses émotions. Elle a pour chance d’avoir dans son entourage une sexologue attentive. L’auteure a cette qualité de pouvoir vampiriser les sentiments profonds qui peuvent habiter une fille en pareil cas. L’autre Tout pour plaire est dans le prolongement de l’autre avec notre même héroïne. Dans ce cas ci c’est une autre dame d’expérience qui viendra apporter un baume sur ses interrogations métaphysiques douloureuses.


 


 

Un essai majeur sur le roman dans la famille littéraire

François Dumont est un essayiste de grand talent et coauteur de l’Histoire de la littérature québécoise chez Boréal qui fait autorité. Cette fois il nous gratifie d’une réflexion sur la vérité du roman dans L’ombre du roman. Comme c’est le cas des ouvrages un peu pointu et pour respecter l’intention première de l’auteur nous reproduisons ici la quatrième de couverture. « Le roman est aujourd'hui le seul genre à témoigner d'une certaine présence de la littérature. En général, quand un essai est commenté, c'est en tant que discours idéologique ; si on s'intéresse aux cahiers et carnets, c'est pour mieux connaître leur auteur ; quand la poésie circule au-delà de son cercle restreint, c'est qu'elle est devenue chanson. La nouvelle ou le récit profitent à l'occasion de leur parenté avec le roman, mais la littérature non narrative n'est jamais à l'avant-plan. Or, considérer l'arrière-plan permet de voir autrement la littérature - et le roman lui-même quand il est littéraire. »  Nous apprécierons le cas d’espèce qu’il fait de l’ex critique du Devoir, très contesté, Jean-Pierre Issenhuth. Rare sont les critiques d’ici qui font l’objet d’une analyse.

L’ombre du roman. François Dumont. Nota Bene 264p.    www.groupenotabene.com


 


 

Ceux qui ont réhabilité Sade

D’auteur maudit qu’on a enfermé d’abord à la Bastille puis chez les déments, le marquis de Sade dont les œuvres se sont retrouvées dans les « enfers » des bibliothèques pour cause d’amoralité sexuelle, a trouvé à la fin du XIXème une circulation clandestine de sa littérature, puis d’ardents défenseurs au siècle suivant. Et c’est une sacrée brochette de gens en renom qui ont voulu chacun à leur façon réhabiliter le divin marquis, et pas des moindres allant d’Apollinaire à Georges Bataille. Et pour prendre la mesure de cette reconversion, un bel essai nous arrive, parmi les merveilleuses surprises de cette rentrée du livre  signé Michaël Trahan « La postérité du scandale ».  Ce dernier surtout connu comme poète en est ici avec son premier essai. Ça promet. Il revient sur les années allant de 1909 à 1939. Nous saluerons ce véritable travail de bénédictin pour nous faire connaître ce chapitre méconnu de l’histoire des lettres françaises. Et qui allait ensuite donner libre cours à une floraison d’ouvrages en tout genre sur la vie et l’œuvre de celui dont le patronyme a donné naissance au mot sadisme.

La postérité du scandale. Michaël Trahan. Nota Bene
224p.     www.groupenotabene.com.


 


 

Décryptage de l’ascension fulgurante d’Emmanuel Macron

Ce n’est pas rien. Aussitôt devenu le nouveau locataire de l’Élysée, Emmnauel Macron a tenu à s’identifier comme un président jupitérien, ce qui n’est pas peu dire du niveau d’estime qu’il se porte d’une part et comment il entend régner à son poste. Et déjà son autoritarisme lui a valu une chute vertigineuse dans les récents sondages. Les français reprochaient à Hollande son peu de goût pour le style monarque, mais s’ils en réclamaient un, il ne faut pas qu’il le soit trop quand même. Macron se veut en quelque sorte comme une sorte de dauphin d’un De Gaulle, chargé d’une mission. Mais même s’il brasse la cage, le leader de la France en marche fait secrètement l’admiration de ses ennemis politiques, médusés qu’ils sont par l’ascension fulgurante de cette personnalité dans le paysage politique, lui qui a surfé habilement sur la droite et la gauche, transcendant les clivages habituels et réduisant à néant le deuxième courant politique. Pour mieux prendre en compte cette destinée exceptionnelle, un ouvrage parait, Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire de François-Xavier Bourmaud. Il est grand reporter au service politique du Figaro. Ce n’est pas la première fois qu’il s’intéresse à Macron puisqu’il lui a consacré une biographie l’an dernier « Le banquier qui voulait être roi » chez le même éditeur l’Archipel. Dire qu’il a bien potassé son sujet est un euphémisme.

Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire. François-Xavier Bourmaud.
L’Archipel 274p. www.editionsarchipel.com


 


 

70ème anniversaire du crash de la soucoupe de Roswell
C’est une des grandes énigmes touchant à la question de la présence ou non des extraterrestres. Il s’agit de l’affaire Roswell du nom de cette localité du Nouveau-Mexique où supposément s’écrasa un engin volant non identifié le 8 juillet 1947. Depuis ce temps, cette histoire a enflammé les imaginations les plus diverses. Il y a un ufologue qui a consacré toute sa vie à cette aventure hors de l’ordinaire c’est Gildas Bourdais qui a consacré deux précédent livres sur le sujet. Il lance maintenant son troisième Roswell la vérité qui fait le point sur les derniers faits entourant ce fait. Pour ne pas gâcher votre plaisir on ne vous en donnera pas la conclusion. Mais il y a le témoignage troublant à la toute fin d’un astronaute américain. On ne vous en dit pas plus. Mais pour ceux que ça passionne, vous avez là du pur bonbon.

Roswell la vérité. Gildas Bourdais. Presses du Châtelet 270p.   www.pressesduchatelet.com

  


 


 

De belles variations criminelles

Par le passé Richard Migneault nous a donné « Crimes à la librairie » et « Crimes à la bibliothèque ». Dans les deux cas, le principe de la démarche est la suivante,  savoir de demander à un aréopage de bons auteurs d’imaginer des crimes dans un décor donné. Ce qui nous a valu les ouvrages précités. Ce qui a eu l’heur de trouver un public tant en France qu’ici, puisqu’il récidive en passant commande à dix-huit auteurs de concocter un crime à leur goût cette fois avec pour théâtre un musée. Ça donne donc au final Crimes au musée. Et c’est formidable de voir comment les sollicités ont sauté à pieds joints dans cet exercice de style qui est à la littérature ce que les variations sont à la musique. Difficile de départager les meilleures nouvelles qu’on y trouve. Ils sont tous bons et ce pourrait faire un joli film à sketches comme on en faisait autrefois au cinéma italien notamment. Amateurs de polars vous allez vous délecter. Ça se déguste à la petite cuillère.

Crimes au musée. Collectif sous la direction de Richard Migneault. Druide 340p.    www.editionsdruide.com


 


 

De l’altruisme morbide teinté de cynisme

e, on connaît peu les auteurs de chez nous anglo-saxon. Chez Flammarion Québec on corrige le tir avec un désopilant romancier canadien Trevor Cole dont c’est le premier livre traduit en français « L’Eugénie pratique ». Attention! Qu’on ne s’y méprenne pas. Ce n’est pas une analyse de la championne de tennis Eugénie Bouchard. C’est une histoire déjantée d’une jeune femme qui vit dans un petit bourg nommé Kotemee. Elle aura la douleur de voir sa mère mourir du cancer. Une longue et pénible agonie. Et qui développe chez sa fille survivante, une sorte de remords. Ele aurait souhaitée pouvoir abréger ses souffrances. Le tout virera à l’obsession au point où elle « activera » le départ dans l’Au-delà de ses amies se trouvant dans la même situation de fin de vie. Vous dire comme c’est drôle. Pas étonnant que le romancier à l’humour très british se soit vu décerner le prix Stephen-Leacock pour ce titre. Et quiconque nous fait rire comme lui, est un bienfaiteur de l’humanité. C’est le meilleur tonique contre les vicissitudes de l’existence.

L’Eugénie pratique. Trevor Cole. Flammarion Québec 364p.    www.flammarion.qc.ca


 


 

Pour le grand plaisir de lire

Dans la collection « Écarts » des éditions Druide, le onzième roman de Yolande Villemaire « Le rose des temps ». Normand de Bellefeuille qui dirige la collection et fin lettré, a dû prendre un immense plaisir à lire le manuscrit, non pas pour la trame narratrice, car l’histoire va dans toutes les directions (à prendre dans un sens positif) mais par la manière qu’à l’auteure à s’exprimer sur les choses à travers la protagoniste qui a pour prénom Viviane et qui s’intéresse au rapport avec le temps, tout comme la romancière d’ailleurs. On y aborde la non réincarnation du Dalaï-lama, la civilisation de la Haute-Égypte, des observations de baleine, la vie chez les Aztèques et quoi encore. Difficile à qualifier, mais quel bonheur de parcourir ces pages qui indiquent que l’écrivaine possède une vaste culture générale qu’elle met à contribution. Au sortir de l’ouvrage, le lecteur est plus intelligent que lorsqu’il y est entré. Comme dans un roman initiatique.

Le rose des temps. Yolande Villemaire. Druide 486p.   www.editionsdruide.com

 


 


 

Un thriller dans le monde des affaires

Dans le règne animal on sait tenir son rang. Un petit animal sait d’instinct qu’il ne s’en prendra pas à un grand fauve. Il en va ainsi dans le monde des affaires où c’est la loi du plus fort qui règne en maître et où la seule chose stable c’est le changement. S’il y en a un qui connaît bien les arcanes des hautes directions d’entreprises c’est Éric de Belleval qui est une pointure, lui qui a dirigé entre autres la Fondation du groupe pétrolier français Elf. Ila passé au total deux décennies dans la grande entreprise. Il nous donne à lire Libre-échange titre opportun s’il en est un par les temps qui courent. Avec comme personnage central, un dénommé Alan Schwartz numéro deux d’une multinationale canadienne, la Beta Gold Corporation. Il s’observe entre le départ d’un précédent président et l’arrivée du nouveau. C’est toute la dynamique du pouvoir qui est exposé, véritable théâtre de cruauté. C’est rythmé en diable et ça ne vous donne pas nécessairement le goût d’être si ambitieux que ça. Le principe d’Icare vous connaissez ?

Libre-échange. Éric de Belleval. Les éditions Sémaphore 184p.   www.editionssemaphore.qc.ca


 


 

La dernière aventure du limier Armand Gamache

Si vous ne la connaissez pas encore, l’actualité vous a appris que la romancière Louise Penny née à Toronto et vivant maintenant à Sutton est une amie du couple Bill et Hillary Clinton qu’elle a invité à North Hatley entouré d’un fort battage médiatique. Pour les amants des polars, elle est la créatrice du personnage de l’enquêteur Armand Gamache, son personnage fétiche. Le voici à nouveau dans Un outrage mortel. Il va sortir de sa retraite pour accepter le commandement de l’école de police de la Sûreté du Québec. Et ce ne sera pas une sinécure. Car un professeur de l’institution se retrouvera assassiné. Et sur sa table de chevet, une pièce à conviction embarrassante, une vieille carte géographique centenaire qui avait été remis à Gamache. Des soupçons se porteront vers lui. Comment se sortira t-il de ce guêpier, lui a quelques squelettes dans le placard ? Tous les bons ingrédients sont érunis pour faire un succès assuré de ce qui est déjà rendu en tête du palmarès du New York Times.

Un outrage mortel. Louise Penny. Flammarion Québec 496p.     www.flammarion.qc.ca


 


 

Autour d’enterrées vivantes

Il faut toujours compter sur un romancier allemand pour réussir parfaitement dans le genre macabre. On dirait que le sordide leur convient parfaitement. Et ce n’est pas Enterrées vivantes d’Arno Strobel qui viendra démentir cette légende artistique au roman comme au cinéma. C’est que ceux et celles qui sont hantés par la perspective d’être mise sous terre alors que vous êtes en vie, ont tout intérêt à ne pas lire cet ouvrage à glacer le sang. Qui commence par une jeune femme, Eva, qui vivra cette horreur. Finalement on apprendra que c’est un cauchemar. Mais étrangement elle portera les meurtrissures qui peuvent s’identifier à quelqu’un qui se débat. Ensuite c’est sa demi-sœur qui elle connaîtra réellement cette mort horrible, confinée de force dans un cercueil. Et il y en aura une autre. La police voudra interroger Eva qui s’est évaporée dans la nature après consultatio9n avec son psychiatre. Vous n’allez surtout pas vous ennuyer.

Enterrées vivantes. Arnold Stroble. L’Archipel 299p.   www.editionsarchipel.com


 


 

Superbe tribut à Pierre Théberge

Pierre Théberge conservateur en art visuel, muséologue et historien a été directeur du Musée des beaux-arts de Montréal de 1986 à 1997 et ensuite jusqu’en 2008 directeur du Musées des beaux-arts du Canada. Il a laissé sa marque comme celui qui s’est donné pour mission de démocratiser l’art pictural et sculptural et le mettre à la disposition du grand public. C’est lui qui fit entrer Tintin au Musée des beaux-arts de Montréal, en créant un certain remous dans les milieux conservateurs de l’art. Pierre Théberge est un passionné va sans dire et qui est encore trop méconnu. Voici que Nicolas Mavrikakis lui rend le plus beau tribut qui soit avec non pas un, mais deux ouvrages aux éditions Varia sur l’homme et son accomplissement. Le premier de nature biographique Les aventures de Pierre Théberge et l’autre Écrits et entretiens sur l’art. Ce qui a de bien dans cette démarche c’est, bien sûr de connaître un grand ami des arts, mais aussi pour le néophyte, comment on exerce cette profession au quotidien. Ça peut générer sans doute des vocations. Il y a énormément d’anecdotes à travers ces pages. Bref, saluons la maison d’édition pour cette magnifique reconnaissance.


 


 

Roman autobiographique d’un musicien et écrivain noir

Didier Leclair ce canadien d’origine rwandaise est entré en littérature avec « Toronto, je t’aime » qui fit bonne impression et qui lui valut une distinction, le prix Trillium. C’est un auteur qui se signale par le fait qu’il écrit avec ses tripes. Son dernier opus Le bonheur est un parfum sans nom qui sort en librairie, raconte l’histoire d’un artiste qui porte la double casquette de musicien jazz et d’écrivain. Il vit en reclus après un mariage malheureux. Il n’écrit plus depuis belle lurette. Il a deux enfants et des amis musiciens, son cénacle préféré. Cupidon va lui décocher une flèche en la personne de la dénommée Miss Perfumado, toute une pointure. Qui va disparaître dans la nature. On se mettra en quête de la retrouver. Pendant ce temps là, un de ses potes le convainc d’écrire sa biographie, en dépit que l’artiste n’a pas plus d’ego que ça. Il va quand même s’y mettre et ça donne le livre que voici. C’est vivant en diable avec une observation de ce qui peut passer par la tête d’un individu tout entier consacré au jazz. C’est un livre fort avec des dialogues d’une grande vivacité. A lire sans faute.

Le bonheur est un parfum sans nom. Didier Leclair. Éditions David 250p.    www.editionsdavid.com


 


 

Naissance d’une poétesse

C’est un moment émouvant de lire les premiers poèmes d’une poétesse qui promet, nous avons nommé Claire Lagacé qui débarque avec ce recueil En cale sèche. Si on veut connaître un peu de sa personnalité, nous vous invitons à parcourir ces strophes qui en disent un peu sur les observations qu’elle fait du monde qui l’entoure. Extrait de « Poèmes béton » : « L’histoire dans le béton        surgit souvent dans notre pays de quartiers l’histoire inscrite dans le béton c’est difficilement poétique mais des fois il y a des graffitis poèmes FUCK THE POLICE ». Jolies fulgurances. Et pleins d’autres belles surprises attendent le lecteur. On sait que la chance sourit aux audacieux, soyez-le et procurez-vous cette première incursion poétique. Interpellation garantie.

En cale sèche. Clara Lagacé. Éditions David 58p.   www.editionsdavid.com


 


 

Aux prises avec des enfants radicalisées

On ne peut plus trouver plus d’actualité que le thème du roman Basculer dans l’enfer de Jocelyne Mallet-Parent puisqu’il est question de parents qui découvrent avec désarroi que leurs enfants se sont radicalisées au profit du Djihad. Il y a d’abord Ariane qui apprend que sa fille Élise, jusqu’ici au-dessus de tout soupçon, que l’on inculpe de participation à un attentat terroriste dans le métro. En même temps qu’on se trouve avec une fiction, il y a un modèle maître qui est analysé avec profondeur au plan psychologique pour nous donner des pistes de compréhension devant ce phénomène somme toute tout récent. L’auteure tente de répondre à la question de savoir comment on en arrive à basculer ainsi vers l’extrême ? Ceux que la question intéresse ou par pure prévention si vous avez des enfants, vous avez tout intérêt à vous jeter dans ces pages éclairantes.

Basculer dans l’enfer. Jocelyne Mallet-Parent. Éditions David 256p.    www.editionsdavid.com


 


 

Douze nouvelles par une auteure atteinte de lucidité chronique

A la rédaction nous aimons bien le genre de la nouvelle. Car c’est souvent pour l’auteur un beau kaléidoscope de son talent qui se déploie dans toutes ses couleurs. Et une preuve magnifique nous est offerte avec On n’sait jamais à quoi s’attendre d’Hélène Koscielniak. La couverture du livre à de quoi nous intriguer avec cette femme les yeux bandés de noir devant une énorme ampoule électrique allumée. Assez surréaliste. Mais les histoires elles sont d’un réalisme saisissant puisque ce sont des croquis de la vie quotidienne comme ces mères fanatiques de hockey et qui superposent leurs ambitions sur leurs garçons, ou ce père totalement déjanté qui a trouvé le moyen de patenter un truc pour éloigner les ours. Bref, vous allez prendre du bon temps. Le seul reproche et c’est véniel, c’est que c’est trop court.

On n’sait jamais à quoi s’attendre. Hélène Koscielniak.  Les éditions L’Interligne 175p.      www.interligne.ca


 


 

Variations sur le Tracel de Cap-Rouge

Stéphane Ledien qui entreprend en ce moment un doctorat, a trouvé le temps de nous éblouir avec le petit défi qu’il s’est donné à lui-même de coucher sur papier des variations sous forme de nouvelles, autour d’un thème central le Tracel de Cap-Rouge. Ouvrage magnifique du génie civil, c’est un viaduc qui sert uniquement au passage des convois de chemin de fer. Une structure plus que centenaire qui l’inspire énormément. En fait il répond à cette question de Marcel Duchamp placé en entrée de jeu du recueil qui disait « Faut-il réagir contre la presse des voies ferrées entre deux passages de trains ? ». Et Ledien de réagir par l’écriture qui donne du sens aux choses, à cette énorme chose toute de fer vêtue. Il a réussi au moins une chose. A nous donner le goût d’aller voir de plus près cette structure métallique.

Des trains y passent encore. Stéphane Ledien. Lévesque éditeur 104p.    www.levesqueediteur.com


 


 

Que la véritable Heather Thorne se lève

Andrée A. Michaud ne fait pas dans la facilité.. Pour Routes secondaires elle nous met en présence du personnage d’Heather Thorne. Il y en a une qui est morte, l’autre porte son nom, une troisième nous dit en toute fin de page, Heather Thorne c’est moi. Allez savoir. La romancière est l’auteure de « Bondrée » qui a reçu une pluie de distinctions. Elle a été deux fois lauréate du Prix du Gouverneur général dont une pour ce titre en question. Ici, elle laisse entendre qu’il y a peut-être un peu d’elle dans tout ça. Comme nous disons souvent en pareil cas de thriller psychologique, si vous êtes scénariste et en panne de sujet allez voir de ce côté. Même en terminant sa lecture plane un mystère. On a envie de dire, que la véritable Heather Thorne se lève. Ce bouquin est tout sauf banal.

Routes secondaires. Andrée A. Michaud. Québec Amérique 242p.   
www.quebec-amerique.com


 


 

Du théâtre pour sauver de jeunes élèves autochtones

C’est un roman tout en sensibilité que nous présente l’auteure innue, Naomi Fontaine avec Manikanetish traduisible par Petite Marguerite. Le nom qui donne son titre à l’ouvrage est celui de cette école d’une réserve autochtone de la Côte-Nord. Et où il ya vingt ans, l’enseignante nommée Petite Marguerite, sans enfant elle-même a tout donné aux siens pour les sortir de leur condition. Et le théâtre a été la voie choisi pour que les âmes puissent s’exprimer. C’est une histoire simple et belle écrit à l’encre rouge du cœur.

Manikanetish. Naomi Fontaine. Mémoire d’encrier 139p.    www.memoiredencrier.com


 


 

Sur une égyptienne migrante au Canada

Le sujet des migrations de population est dans l’air du temps. On voit aux actualités télé ces masses qui quittent un pays menaçant pour se réfugier ailleurs, en quête d’un meilleur monde. La littérature suit le mouvement et on commence à avoir des témoignages personnalisés sur ce que ça engage que de tirer un trait sur son environnement culturel d’origine pour en épouser un autre. Nous vous soulignons un témoignage vibrant en ce sens, celui de May Telmissany égyptienne d’origine qui est professeur de cinéma et d’études arabes à l’Université d’Ottawa. Ceci n’est pas un paradis raconte sa confrontation avec ce qu’elle observe chez nous, dans son pays natal où elle revient quelquefois et ailleurs sur la planète. En même temps c’est une radiographie du monde. On se rend compte de ce qu’est en clair, la mondialisation où les frontières ne seront plus désormais étanches comme avant.

Ceci n’est pas un paradis. May Telmissany. Mémoire d’encrier 170p.    www.memoiredencrier.com


 


 

Des solutions concrètes pour nourrir l’humanité

Les statistiques sont alarmantes, la faim est criante dans le monde et encore une fois des millions de gens ne mangent pas suffisamment, avec les graves conséquences que ça entraîne. Par ailleurs, l’industrie chimique tient un autre discours, à savoir que le problème de la faim a diminué grâce aux cultures intensives et qu’on n’a pas le choix de poursuivre. Eh bien Pierre Rabhi et Juliette Duquesne opposent un sérieux démenti. Le premier est le renommé agroécologue et la seconde journaliste d’enquête et concernée par les problèmes environnementaux. Ils signent un pamphlet Pour en finir avec la faim dans le monde qui ne reprend pas la problématique bien connue, mais qui offre des solutions concrètes et vérifiées pour juguler le fléau de la faim et protéger notre bonne vieille terre pour qu’elle renouvelle ses ressources.

Pour en finir avec la faim dans le monde. Pierre Rabhi et Juliette Duquesne. Presses du Châtelet 122p.    www.pressesduchatelet.com

 


 


 

Un roman solide sur l’opposition au franquisme

Un livre signé Isabelle Alonso est d’office chargé de passion, de grandes exaltations des sentiments. Je peux me passer de l’aube est de cette mouture d’autant que ça se déroule en pleine guerre civile espagnole puis les années de gouverne de Franco. La romancière met en scène Angel Alcala Llach alors qu’il n’a que seize ans. Nous sommes en 1939. Le conflit est terminé, mais lui a eu le malheur d’être du mauvais côté. Heureusement pour lui dans une certaine mesure il aura la vie sauve mais n’échappera pas moins à une année de travaux forcés. Il va ensuite entrer dans la clandestinité et lutter contre la dictature en place. C’est tout ce climat que restitue signora Alonso avec une maestria digne d’un réalisateur de cinéma spécialisé dans les grandes épopées. Son héros nous redonne confiance dans certains fondements de la nature humaine.

Je peux me passer de l’aube. Isabelle Alonso. Héloïse d’Ormesson 302p.   www.editions-heloisedormesson.com

 


 


 

Sur la notion de performance artistique québécoise à saveur nationale

Certains esprits se désolent du fait des deux solitudes québécoise où entre autres, les anglophones s’ils sont davantage bilingues, ignorent tout de la culture francophone. En tout cas ce n’est pas le fait d’Erin Hurley qui est professeure de théâtre au Département d’anglais de l’Université McGill et qui possède notre culture sur le bout des doigts. Et elle en donne une parfaite illustration dans une étude majeure De l’Expo 67 à Céline Dion, essai sur la performance nationale. Au Québec la chronique artistique qui fait office de couverture culturelle use énormément du mot événement pour évoquer une représentation de spectacle ou d’art. On tombe vite dans l’enflure. Mais qu’est-ce qui donne un aspect national à une création ? C’est ce qu’explore l’universitaire, consacrant de longues pages à Céline Dion qui doit être flattée de faire l’objet d’une étude de haut niveau, elle qui n’a pas complétée ses études secondaires. Ce qui est renversant c’est de prendre conscience du regard que porte l’essayiste si renseignée sur ce que nous sommes. Elle contribue avec cette démarche à mieux nous connaître nous-mêmes.

De l’Expo 67 à Céline Dion. Nota Bene 316p.      www.groupenotabene.com


 


 

L’émancipation d’une jeune québécoise en 1967

Il était une fois une fille de Gatineau qui en 1967 aspire à plus d’oxygène dans sa vie. Elle a des aspirations à plus de liberté. Nous sommes au moment de la fameuse Exposition universelle de Montréal qui ouvrira tellement d’horizons aux québécois. Cette Nathalie, c’est son prénom, va se trouver une complice qui a les mêmes ambitions qu’elle. A deux on fait beaucoup, c’est connu. Un temps nouveau qui est le vingt-deuxième roman réussi de Micheline Duff nous replonge dans cette époque qui ravivera bien des souvenirs. C’était un peu comme la chanson de Renée Claude « Le début d’un temps nouveau ». Tous les espoirs étaient alors permis.

Un temps nouveau. Micheline Duff. Québec Amérique 296p.   
www.quebec-amerique.com


 




 

Le coin de la BD

Deux titres nous parviennent qui vont contribuer à nous faire oublier les aléas climatiques. Le premier album est le quatrième tome de La vie compliquée de Léa Olivier intitulé « Angoisses » et publié aux éditions Les malins. Leurs auteurs si vous ne les connaissez pas encore, la québécoise Catherine Girard-Audet et les bédéistes belges Alcante et Ludowick Borecki. Notre Léa est la parfaite métaphysicienne en herbe qui s’interroge énormément sur tout. Ses neurones sont loin de refroidir. Ainsi, si le commun des mortels aime s’évader en milieu champêtre, ce n’est pas du tout la tasse de thé de notre héroïne qui y voit au contraire tout un lot de désagréments. Mais en dépit de son fichu caractère elle demeure attachante.

Dans un tout autre registre cette fois, aux éditions Glénat, c’est une plongée en plein cœur de la Renaissance avec le trio Didier Convart, Éric Adam et Thibaud de Rochebrune qui débarque avec Michel Ange dont ce serait le premier tome avec « Le Banquet des Damnés ». C’est un polar de plusieurs siècles avec un dément qui tranche des têtes et qui signe ses forfaits d’une locution latine. Un serial killer avant l’heure. Et attention à Michel-Ange qu8i va interrompre momentanément sa fresque pour se rendre à un étrange rendez-vous. Et il y aura l’équivalent d’un commissaire, le prévôt, pour tenter d’élucider le tout. Dans le genre on en demande.


 


 

Montréal noir en format poche

Nous vous signalons la sortie en format poche de Montréal noir ce collectif d’auteurs qui avait fait paraître ce titre en 2003 aux éditions Les 400 coups. François Barcelo, Marie-Claire Blais, Chrystine Brouillet, Gilles Pellerin, André Marois, Patrick Sénécal et André Truand. Quel terrible actualité avec entre autre la nouvelle de Chrystine Brouillet sur une histoire de bébé abandonn au moment où une gardienne d’enfant junkie a laissé sans surveillance un poupon qui aurait pu périr dans un incendie. Ce petit recueil tout en monde ré mineur en musique, c’est-à-dire sombre, va faire plaisir à ceux qui se délectent de choses glauques. Si, il y en a. Paraitrait-il que ça fait partie de la nature humaine.


 


 

Variations sur des ruptures amoureuses

Une rupture amoureuse ce n’est jamais jojo, ça fait mal, parfois terriblement mal. Certains ne s’en remettent jamais. Surtout s’ils ont des cœurs de porcelaine. Elles sont deux, Maryse Latendresse et Marie Lamarre qui ont eu l’idée de demander à des écrivaines de coucher sur papier ce que leur inspire la rupture. Elle sont donc au total vingt femmes, donc sous un seul angle de vu, qui expriment à leur manière ces brisures affectives. Il y a des pages magnifiques, et les plus intéressantes ne sont pas nécessairement celles où il y a du ressentiment. Le sentiment d’échec touche, que ce soit dans un camp comme dans l’autre. Et dans ce monde où la seule chose stable est le changement, les amours qu’on ne jurait pour l’éternité, connaissent hélas des dates de péremption. Surtout à l’ère, où la touche « supprimer » est souvent mise à contribution.

Larguer les amours. Collectif. Tête première 237p.     www.tetepremiere.com


 


 

Devenez un maître de la sculpture argileuse

En voyant sur notre table des arrivages cette Initiation au modelage d’Anne Pinot-Gaufroy il nous est venu à l’esprit cette pensée qu’à notre époque où on vante tant la préservation de nos ressources terrestres, que l’on ne prône pas en même temps, ce contact avec les nobles matériaux qui composent notre planète. Surtout au chapitre des loisirs. C’est ici un guide pour devenir des Rodin en herbe avec toute la technique de base pour savoir comment potelé cette matière et créer des modèles bien à nous. Et puis en même temps il y a un aspect thérapeutique non négligeable qui permet de dégager nos têtes trop encombrées.

Initiation au modelage. Anne Pinot-Gaufroy. Mango  www.mangoeditions.com
Repères pour illustration :


 






 

Le coin Miam miam

Quatre titres ouvrent la rentrée des ouvrages de cuisine. Ça promet. Caroline Guézille lance le bal avec Le petit traité Rustica des produits séchés. La beauté des aliments séchés c’est qu’ils solutionnent deux problématiques, la date de péremption et la question de l’espace de conservation. Là on travaille le volet déshydratation en même temps qu’on peut apprêter des plats sans devoir réhydrater les aliments. Ça donne des délices comme des soufflés aux fruits de mer et même des smoothies et jujubes maisons.

Chez le même éditeur Le petit traité Rustica de la bière maison de cette même Caroline Guézille véritable fée des fourneaux. Il y a deux aspects à considérer dans ces pages. D’abord la fabrication de sa propre bière, blondes, blanches, brunes ou rousses en reprenant des techniques ancestrales éprouvées. Puis une fois les délicieux nectars conçus, de pouvoir les incorporer à des recettes. Et quiconque a déjà goûté des cuissons qui mettent à contribution la bière, savent en quoi ça rehausse les saveurs. Il y a au total 75 recettes faites de bières.

Chez l’éditeur Mango, un beau voyage dans le Sud-Est asiatique avec Bienvenue en Thaïlande de Julie Schwob qui a une double fonction. De guide de voyage, du moins sur l’aspect des connaissances touchant à cette riche civilisation et en même temps un beau livre de recettes. Comme dans tous ces pays en voie de développement, les recettes sont simples et font appel à un  minimum d’ingrédients à la portée de toutes les bourses. Ce qui donne de la valeur ajoutée aux plats ce sont les épices. Juste à voir les photographies, ça donne faim. Et quoi de plus santé.

Et saluons chez Broquet l’ouvrage de dépannage par excellence d’Andrea Stewart « Recettes éclair » qui va en aider beaucoup qui s’épuisent à chercher quoi faire ou qui trouvent que cuisiner prend trop de temps. C’est un ensemble de 80 recettes faciles à préparer et marquer au sceau de la diversité. Ce peut être des tacos aux bâtonnets de poisson, des médaillons de lotte, des saucisses glacées à la moutarde ou bien du porc aux figues. Le minimum d’ingrédients pour un maximum de saveurs.


 




 

Deux grands photographes à découvrir

On ne dira jamais assez en quoi la maison d »édition Taschen apporte une contribution colossale à la diffusion des arts visuels et architecturaux. Nous avons deux beaux exemples de l’histoire de la photographie avec ces deux monographies consacrées à deux pointures de la lentille, les américains Edward Weston (1886-1956) né près de Chicago et dont les clichés des années vingt et trente sont d’une grande modernité. Il était par essence un généraliste, s’intéressant aux natures mortes, au nu (qui fait penser parfois à Man Ray) et au portrait. Toute l’éclatante majesté des photos en noir et blanc. Son compatriote Paul Outerbridge (1896-1958) presque exact contemporain, était le photographe le mieux payé de son temps et dut s’exiler en Californie, en raison du scandale causé par ses photos érotiques. En voyant le résultat on comprend pourquoi si on se replace à cette époque. Chacun des deux tomes comprend une biographie qui8 résume le parcours. On ne vous en dira pas plus et vous savez pourquoi ? Parce qu’une image vaut mille mots. Vous pouvez imaginez combien de mots ces albums contiennent.


 






 

Heureux qui comme Ulysse…

Les éditions Ulysse nous font la faveur de trois guides qui dans leur genre sont des références incontestables. Le premier concerne l’archipel d’Hawaï dont Mark Twain disait qu’elle était la plus belle flotte d’îles jamais ancrée à la surface des océans. Les snowbirds québécois qui regardent trop souvent en direction de la Floride, devraient changer un peu d’air et apprécier ces beautés naturelles incomparables et ces volcans. Cet état américain à nul autre pareil vaut le détour. Et c’est tout le mérite du guide de nous donner le goût de prendre le premier avion pour s’y rendre. Les premiers explorateurs européens qui s’y rendirent ont eu raison d’évoquer un véritable paradis terrestre.

Pour ceux qui connaissent Hawaï et qui veulent profiter d’autres formes d’ensoleillement, seront peut-être tentés de regarder du côté des Croisières dans les Caraïbes. On qualifiait jadis les paquebots comme des villes flottantes. Avec ce qu’ils sont devenus, à savoir de véritables géants des mers, difficile de trouver un descriptif de remplacement. Poussés par un rêve comme le dit avec justesse l’écrivain Erik Orsenna en parlant de ces beaux navires, ce bouquin détaille sur les compagnies qui sillonnent ces circuits caribéens, les ports d’embarquements de même que les escales qui jalonnent les circuits et ce qu’on peut y faire une fois le pied à terre. Et c’est l’occasion de faire des connaissances diverses sur les ponts, comme dans les salles à manger et à travers moult activités programmés. L’ennui ne fait pas partie du vocabulaire de croisière.

Et puis un incontournable le fameux guide sur New York. Nous on craque énormément sur ce classique de la Grosse Pomme avec les données mis à jour. Et puis ce n’est pas simplement un guide touristique banal. C’est une mine de renseignements. Ainsi on apprend que le mât de l’Empire State Building avait été conçu au départ pour amarrer les dirigeables! Et ce que le visteur appréciera plus que tout, c’est la recherche faite par l’équipe de rédaction pour dénicher des lieux d’hébergements qui ne coûtent pas la peau des fesses.


 


 

Trilogie métaphysique pour Jean-François Beauchemin

Nous portons à votre attention les sorties en format de poche de trois titres aux éditions Nomades, qui forment la trilogie proposée par Jean-François Beauchemin sur fond de regard métaphysique sur l’existence. Avec d’abord Comme enfant je suis cuit, un titre on ne peut plus lucide. On assiste aux questionnements de Jérôme qui se demande si une vie complète et qui a du sens doit passer par l’altérité. Puis Garage Molinari où on retrouve Jérôme et son demi-frère Jules. Ils ont la douleur de perdre leur mère. Pour combler ce vide et se donner un semblant de vie de famille, le premier va former un couple avec Joëlle une voisine d’HLM. Mais ça ne règle pas tout car depuis le décès de leur mère Jules se replie sur lui-même. Enfin, Les Choses terrestre on suit les difficultés que rencontre le même Jules. Pourtant, bien qu’il reçoive tout l’amour des siens il peine à donner un sens à sa vie.


 


 

L’humanité tardive de Carl un prédateur de la mine

Bruno Massé est grandement gagné à la cause environnementale. Il y a plusieurs façons de passer des messages de la sauvegarde de notre bonne vieille planète. Ce peut-être le roman. Et c’est ainsi qu’il nous offre Creuse ton trou une très belle histoire à teneur humaine. Pas au début en tout cas, où un dénommé Carl est envoyé par sa compagnie pour arracher le droit de creuser et par la bande exploiter les gens de la localité. Mais au fur et à mesure des pages, on se rend compte que ce prédateur de la finance va s’humaniser au contact de ce petit bled de Saint-Jude-le-Vaillant. On le verra même confier son désarroi sentimental. C’est loin d’être le même homme qu’au début. Le village sera-t-il sauvé des sinistres intentions initiales ? On vous laisse le soin de le découvrir. Si l’homme c’est bien connu pour l’homme, parfois il peut se muer agneau.

Creuse ton trou. Bruno Massé. Québec-Amérique 236p.   
www.quebec-amerique.com


 


 

La vengeance est un plat qui se mange froid

Ce dicton s’applique très bien à cet homme qui avait promis sur le lit de mort de son père, de venger la mort du frère mort à la mine de Liévin en décembre 1974 lors d’un coup de grisou. Quatre décennies vont passer et ce frère va retourner dans les Houillères pour faire la peau du dernier contremaître. Il n’a rien à perdre puisque personne ne l’attend. Il va donc commettre un crime d’honneur en somme. Voilà l’essentiel de ce qu’on trouve dans ce roman à poigne de Sorj Chalandon. Le vengeur parle tout au long à la première personne. Il décrit ensuite son procès. C’est toute la mécanique d’un crime qui est exposé et qui fera le bonheur des amateurs de psychologie des profondeurs. Le jour d’avant c’est son titre, devrait valoir assurément à son auteur une distinction en cette rentrée littéraire prometteuse.

Le jour d’avant. Sorj Chalandon. Grasset 326p.   


 


 

Un agenda intelligent

Les téléphones intelligents ont tous des applications qui fournissent des agendas, ou du moins par le biais des messageries. L’ennui c’est que c’est le téléphone qui est intelligent et non l’usager qui faute, de se servir judicieusement de ces outils se permettent d’oublier des rendez-vous. Le bon vieil agenda format papier est loin d’être détrôné. Et il y en a qui attirent particulièrement l’attention, comme cet Agenda du français pratique 2018 publié chez Québec Amérique. Il a cette particularité d’être, outre un agenda où vous pouvez consigner vos obligations quotidiennes, est aussi un répertoire téléphonique, mais surtout un petit cours de poche en langue française. En effet, il comporte 258 questions de français. C’est toujours intéressant car la langue française, élaborée dans son histoire pour une aristocratie, contient hélas tellement de pièges. On n’a jamais fini d’apprendre avec elle et on s’en rend bien compte en parcourant ces pages. Pratique en diable et utilitaire.

Agenda du français pratique 2018. Québec Amérique. 
www.quebec-amerique.com


 


 

Le guide de l’auto 2018 est arrivé avec un spécial Corvette

Nous devons remercier les éditions de l’Homme qui ont tellement dépanné d’enfants qui ne savaient quoi offrir à leur père quand venait le temps des Fêtes. En offrant Le guide de l’auto on s’enlevait une épine du pied. Et l’heureux récipiendaire qu’on n’entendait plus ensuite, plongeait avec ravissement à la découverte des nouveaux modèles de voitures à venir, même s’il ne pouvait dans la plupart des cas se les offrir. L’idée était de rêver. Le charme opère depuis 52 ans et l’ouvrage n’a pas pris une ride. Les Denis Duquet, Gabriel Gélinas, Marc Lachapelle et Daniel Melançon et leurs collaborateurs ont encore mis une fois le paquet pour nous présenter un résultat exceptionnel. On trouvera entre autres des tests réalisés sur 11 VUS compacts, un dossier sur la voiture autonome qui intrigue tellement. Mais surtout 48 pages sur la mythique Corvette. Tout ce que vous avez voulu savoir sur ce bolide qui fait rêver et que vous n’osiez demander.

Le guide de l’auto 2018. Collectif. Les éditions de L’Homme 45p. 


 


 

Un nationalisme québécois qui prend l’eau

Si vous désespérez du Parti québécois et que vous prévoyez la mort de tout regain pour l’indépendance, allez lire le brûlot décapant de Christian Saint-Germain qui parait chez Liber Naître colonisé en Amérique. C’est une charge à fond de train contre la dérive du parti fondé par René Lévesque, formation qui prend l’eau de tout côté. Et attendez de lire le portrait qu’il fait de Jean-François Lisée qu’il décrit comme aussi rafraîchissant que Nana Mouskouri, portant chemise monochrome de Chez Ernest et aussi fougueux que Gabriel Loubier du temps de l’Union nationale. Il rive son clou au cercueil en somme. Il parle véritablement d’un suicide collectif. C’est peu dire. Et pour tirer à bout portant il a un sens aigu de la dérision. Notre homme est professeur de philosophie à l’Université du Québec à Montréal. C’est lui dont on disait énormément de bien au sujet de son précédent pamphlet sorti l’an dernier « Le mal du Québec » dont on saluait entre autres, une profonde connaissance des goûts populaires des québécois.

Naître colonisé en Amérique. Christian Saint-Germain Liber 201p.   


 










 

Le coin santé physique et psychique (1)

Un éloge du désordre c’est assez rare, alors qu’on s’évertue à nous vanter les mérites du contraire. C’est pourtant ce que fait Tim Harford avec son livre décapant Bordélique, le pouvoir du désordre pour transformer votre!, qui est édité chez deboeck. A notre époque de performance à tout prix, qui frise parfois la psychorigidité qui est souvent le fruit d’une névrose, le désordre n’est jamais très loin, tel l’exemple qu’il nous donne du GPS qui a parfois des ratés et qui nous mène à des lieux non désirés. Faut-il détester le petit bidule pour autant ? En même temps, cette anarchie proposée est un appel à relaxer. Sa lecture est salutaire.

Rêver en fin de vie  de Jeanne van Bronkhorst chez AdA. C’est une lecture un peu pointue du monde des rêves adaptée aux fins dernières. L’auteure veut nous montrer comment les rêves des mourants peuvent les aider à aborder le grand passage qui va suivre. Et comment trouver des significations aux signaux que les rêves nous envoient.
Ça été le premier lancement de la rentrée et le plus fou qui soit, à l’image du thème choisi Le manuel du parfait écolier tannant coécrit par Marie Catherine Lapointe et Sarah Marcotte Boislard. C’est aux éditions Cardinal. A notre époque de rectitude sociale où tout doit être convenable et ordonné, ce bouquin est à ne pas mettre entre les mains de tous les enfants car c’est un répertoire de tours pendables, mais vraiment. Même on peu parler d’audace, tant il y a de rébellion au système dans ces pages décapantes. Au lancement fou, fou, fou, les enfants auxquels le livre est destiné, s’amusaient énormément. Et on nous prévenait que sur la table il fallait faire attention, des gourmandises tentantes contenaient des produits vraiment indigestes. Juste pour se payer de notre gueule. Pour donner le ton il y a un chapitre qui donne des trucs pour être dégoûtant. C’est peu dire. On rit tellement il y a de suggestions malignes. Vivement l’anarchie, ça défoule.

La question du genre sexuel est récurrent dans l’actualité, comme quoi l’homo sapiens commence à se rendre compte que l’être humain est loin d’être homogène et qu’il reflète bien la définition qu’en donnait André Malraux quand il le définissait comme un tas de petits secrets. Maggie Nelson nous présente son effet qui fut très remarqué aux États-Unis Les argonautes chez Triptyque où son style l’emprunte à l’autobiographie et à l’essai. Les passages les plus intéressants sont consacrés à ses considérations sur ce qu’est la masculinité et la féminité. On trouve de tout dans ces réflexions même sur le sentiment sexuel durant l’allaitement. Décidément sa grille d’analyse est hors norme et fait du bien à travers cette uniformisation sociale source de profond ennui.

Devenir son propre patron semble être le rêve des jeunes de cette génération. Ils ne veulent surtout pas être à la solde d’un patron dont le fantasme ultime est de voir tous les travailleurs au salaire minimum. En tout cas c’est la réalité d’un québécois sur dix selon les dernières statistiques. Mais si dire « bye bye boss » et souhaiter en devenir un est une aspiration légitime, ça ne veut pas dire que c’est une sinécure pour autant. Si vous ne possédez pas les bases requises pour partir en affaires, oubliez-ça, vous courrez la malchance de vivre un véritable cauchemar. C’est pourquoi une lecture est recommandée entre toutes, c’est Éviter les pièges en affaires écrit par Me Sylvie Bougie qui est elle-même entrepreneure en quelque sorte puisqu’elle gère son propre cabinet du droit des affaires. Si elle adore sa vocation de juriste, ça l’oblige à être une perpétuelle étudiante puisque les lois changent continuellement. Et elle nous en donne de merveilleux exemples. A ce jour c’est LE guide de référence pour tout patron en herbe. C’est publié chez Fides. Quand on vous dit que nul n’est censé ignorer la loi, ça n’a jamais été aussi vrai que dans le merveilleux monde du business.

Il ya cinq ans au soir du 12 septembre 2012, toute à sa joie de devenir la première femme premier ministre du Québec, Pauline Marois qui s’adressait à ses supporters et aux téléspectateurs fut soulevé et emporté manu militari par ses gardes du corps. Nous étions au Métropolis et un événement historique se déroulait sous nos yeux. Derrière en coulisse, un dément anti séparatiste enragé, muni d’un arsenal terrifiant, tira à bout portant sur un technicien de scène le tuant d’un coup et en visa un autre, Dave Courage le blessant grièvement. Heureusement son arme s’enraya. On n’ose à peine imaginer la suite et peut-être ce qui aurait pu arriver à la cheffe du Parti québécois. Denis-Daniel Chabot qui était encore reporter à Radio-Canada a été le premier à rencontrer le survivant de l’attentat. Ce dernier se raconte dans Survivre à l’attentat du Métropolis aux éditions La Semaine. Son scribe qui a travaillé précédemment chez le même éditeur aux souvenirs du pianiste Richard Abel, sait mettre en mots les émotions. Courage nous parle de son choc post-traumatique, de sa colère contre la sécurité négligente en pareille circonstance qui lui valut d’aller en Cour pour réclamer une compensation au Groupe Spectra et au gouvernement. L’affaire se conclut finalement par un arrangement hors cours qui semble bien loin du 295 mille dollars réclamé. Puis cette affaire finira par briser sa vie de couple. Le prix à payer a été énorme. Sans compter le choc post-traumatique. Lui n’oubliera jamais ce qu’il a vécu.
Le Dr. Yves Lamontage ex président du Collège des médecins  et créateur de la Fondation des maladies mentales de même que le Centre de recherche Fernand-Séguin accouche d’une plaquette chez Québec Amérique Le guide de survie du patient. Son but, offrir à celui doit consulter un médecin des pistes pour ne pas se perdre dans le dédale du système de santé. Comment reconnaît-on un bon médecin généraliste ? Est-ce une bonne chose que de s’informer de nos bobos sur Internet, etc. On apprend avec effroi que nos salles d’opérations dans nos hôpitaux ne fonctionnent que six heures durant dans une journée puisqu’on ferme boutique à 16h. Pas étonnant qu’on voit des listes d’attente interminables pour se faire opérer. Et on cherche des solutions ?


 




 

Le coin santé physique et psychique (2)

Le yoga physique nous le connaissons bien, avec ses différentes postures, certaines classiques du genre, assis en lotus. Mais il y a aussi le yoga des sens qui s’appuie lui, sur les trois états naturels de l’expérience humaine : la veille, le rêve et le sommeil profond. C’est à ces trois aspects que s’attache Richard Boyer aux éditions Accarias avec le Yoga des sens, du rêve et du sommeil profond. Pour en arriver à puiser dans les rêves que nous faisons, des énergies bienfaisantes.

Demeurons chez le même éditeur avec la Vie quotidienne du pouvoir de Lily Jattiot. A première vue, le mot pouvoir renvoie à la politique. Mais ce n’est pas de ça dont il question. Plutôt des jeux de pouvoirs dans nos interrelations. Car nous sommes, souvent en dépit de nous, en mode d’opposition aux autres. On en connaît qui prennent un malin plaisir à écraser leurs semblables. C’est que leur Soi est fortement carencée pour avoir tant besoin de dominer l’environnement. Disciple d’Arnaud Desjardins, l’auteure est psychanalyste jungienne et conseillère en management.

Aux éditions de l’Éveil la sociologue Tiphaine Besnard-Santini est une spécialiste des théories de la sexualité. Et c’est dans son champ d’expertise qu’elle publie Épanouissement sexuel et psychothérapie. Son regard de professionnelle du comportement humain arrive à point nommé, puisque c’est une réflexion à voix haute sur la notion de genre au moment où à cause de l’information répandue sur les transgenres ont des doutes sur leur identité. L’humain est complexe on le sait et pour elle c’est une source d’émerveillement.

 Chez l’éditeur Sully, faites connaissance avec Shundo Aoyama une nonne nippone et grand maître en spiritualité. Elle nous raconte son parcours dans sa biographie Une vie de nonne zen. On connaît les trajectoires des moines catholiques, mais c’est à un tout autre monde que nous invite cette femme de sagesse. Et elle n’est pas dans un univers totalement éthéré. Au contraire, elle aborde sans fards les questions auxquelles elle a dû faire face comme abbesse du temple de formation à Nagoya. On a beau être religieuse, il faut aussi des sous pour soutenir son apostolat. Mais son message a été bien entendu. Une âme très pure à découvrir.

Un jour Bernard Larin ancien journaliste à Radio-Canada puis communiquant du monde municipal rencontre quelqu’un qui lui a dit que la discipline c’était la liberté. Et ça l’a interloqué, lui qui pratique la quête de sens. Il sait à quel point, surtout à l’ère des médias sociaux, les gens sont à la fois pressés et dépendants. Ils pensent parfois à la vie mais ne la vivent pas. C’est donc pour ces agités qu’il a élaboré ses Courtes méditations pour gens pressés aux éditions du Dauphin Blanc. Le temps de dire à quel point c’est profitable de prendre du temps pour soi et de ne pas attendre que la maladie survienne pour devenir sage.

Les deux prochains titres le sont aux éditions marie claire. Alain Pénichot nous fait découvrir les bienfaits du Yoga du visage. Qui requiert peu de choses, son visage et ses deux mains. Mais on peine à imaginer comment de bonnes manipulations du faciès peuvent procurer une grande sensation de bien-être. Cet automassage dirigé donne des résultats rapides et peut s’effectuer n’importe où. Et surtout bénéfique au bureau quand on a des coups de pompe.

A ceux que la médication classique provoquent des effets secondaires, on préférera se tourner vers l’homéopathie, médecine douce s’il en est. Le pharmacien Alain Robert s’est fendu de son Guide pratique de l’homéopathie qui passe en revue toutes les afflictions physiques possibles et comment les traiter avec les posologies pour chacune. Ce sont des tableaux très compréhensibles. Après quoi vous pouvez commander le traitement recommandé.

Et cédons la parole à Julien Todeschini qui est nutritionniste diététicien et qui s’est spécialisé dans l’alimentation du sportif. Voici son plan de regain de vie avec En forme en 12 semaines aux éditions Vigot. Appuyé sur les récentes études scientifiques, il a limité son programme certes à si peu de temps, mais l’effet se veut durable. A condition de se montrer discipliné. Il nous apprend en même temps sur notre anatomie, notamment sur la répartition des graisses entre les hommes et les femmes.


 


 

De beaux souvenirs d’enfance

Quand on pense à l’importance que joue l’enfance dans le développement futur de l’individu, on peut mieux apprécier les auteurs qui racontent ainsi leurs premiers pas dans le monde. C’est le cas de Jacques Boulerice qui se livre à ce doux exercice, car somme toute il a eu une assez belle jeunesse. Mais Dans ma voiturette d’enfant il ne se contente pas de parler de lui à la première personne. A la façon d’un journal, lui parle de carnets, il évoque avec beaucoup de tendresse ce qu’il voit évoluer autour de lui et même assez récemment. On pourra confronter son sens de l’observation au sien. C’est un livre de paix qu’il fait bon lire pour la récréation des bons esprits.

Dans ma voiturette d’enfant. Jacques Boulerice. Fides 274p.     www.groupefides.com


 


 

La nouvelle politique étrangère des USA n’annonce rien de bon

Si vous êtes pessimiste vous allez adorer les prédictions du docteur en droit Thomas Flichy de la Neuville qui se fend d’un essai réaliste qui a pour titre Le retournement de Trump. Grosso modo, il constate comme nous tous un repli isolationniste au plan des échanges commerciaux. Mais en même temps, Trump opte pour la bonne vieille recette qui consiste à provoquer des conflits, intervenir et réaliser après coup une colonisation financière. Exactement comme cela s’est fait par le passé. Et en conclusion il nous prévient que la violence va ainsi redoublée. En sous-titre, à glacer le sang il écrit que c’est « la fin de notre monde ». Et ceux qui voudraient prolonger leur connaissance du sujet, l’essayiste offre en fin de page, une bibliographie intéressante.

Le retournement Trump. Thomas Flichy de la Neuville. Cerf 118p.  www.editionscerf.fr


 


 

Un premier roman et une première saga

S’il faut en croire la tendance, les québécois en matière de lecture semble donner du côté roman, une nette préférence aux sagas sur fond d’histoire romancée. On pourrait multiplier les exemples de ce qui cartonnent en librairie chez les éditeurs. Fides entre dans la ronde avec une saga du genre, mais confiée à une novice du domaine car William et Eva de Mélanie Côté marque l’entrée de cette dernière dans le monde du roman. Peut-être même en littérature. En tout cas, ça regarde bien. Car nous sommes exactement au début du siècle dernier à Salaberry-de-Valleyfield. Contre son gré elle va devoir s’exiler du milieu rural alors qu’elle doit gagner Montréal et gagner péniblement son croûton dans une filature. A la dure est ici un euphémisme. Seule lumière dans ce sombre tableau existentiel digne de Zola, la rencontre avec William. L’amour adoucit bien des misères. A deux ils affronteront les vicissitudes de l’existence et elles sont ici nombreuses. Le style est emporté. Et ceux qui éprouvent des difficultés de vision apprécieront le recours à une typographie grossie. Vous aurez sans doute très hâte au tome 2.

William et Eva.  Tome 1 A un fil du bonheur. Mélanie Côté. Fides 341p.   www.groupefides.com


 


 

Le Millénium 5, toute une cuvée

Dire que le volet 5 de la saga Mllénium était attendu est en dessous de la vérité. Les fans de cette saga scandinave l’attendent comme d’autres le beaujolais nouveau. Dans les deux cas, la cuvée est particulièrement intéressante. Car le personnage principal de ce tome, Lisbeth Salander, que l’on voit à droite sur la jaquette de couverture avec son dragon tatoué au dos, nous fait penser à la partenaire femme forte de la télésérie culte « Chapeau melon et bottes de cuir » pourfendant les méchants. Elle, c’est l’injustice tout court qui lui donne la nausée. Et en ce qui nous concerne, elle traque des laboratoires à la solde de gouvernements véreux qui manipulent des éléments génétiques. Et pas pour les meilleures intentions. Et l’auteur David Lagercrantz nous livre des éléments de la prime enfance de « l’héroïne » qui expliquent son comportement fougueux en tout temps. Cet opus ne démérite pas la saga bien au contraire. A preuve, en fin de bouquin, la longue liste de remerciements, qui témoigne des nombreuses consultations scientifiques qui ont présidé à l’élaboration de l’histoire. Le romancier nous donne des pages enlevantes. Les femmes à poignent ça pogne.

Millénium 5 La fille qui rendair coup sur coup. David Lagercrantz. Actes Sud 404p.   www.actes-sud.fr


 


 

Le Québec qui fait dur

L’uniformité est né un jour d’ennui dit-on. Et au Québec où la réflexion ne doit pas lever plus haut que le gros orteil, qu’il est tonifiant de lire ce petit brûlot de Dalie Giroux, Le Québec brûle en enfer. La pamphlétaire est professeure agrégée de pensée politique à l’Université d’Ottawa. Elle livre en quelques pages une radiographie décapante d’une province moribonde avec des « gloires » qui ont pour nom Richard Martineau et Ricardo dont les portraits sont de purs délices d’ironie. A lire ces lignes on se rend compte de notre petit côté trèsé provincial. Et pour la question d’un pays à bâtir, allez directement au chapitre consacré à la débâcle du Parti québécois qu’elle qualifie très justement de formation politique correspondant uniquement à une génération donnée et qui n’a pas su transmettre la flamme. Bravo madame.

Le Québec brûle en enfer. Dalie Giroux. M éditeur 130p.    www.editionsm.info


 


 

Une enquête sur les traces de Romain Gary

En fait ce n’est pas tellement dans le spas de Romain Gary que François-Henri Désérable s’est placé, mais dans ceux d’un personnage à qui le grand écrivain avait fait une promesse, Un certain M. Piekielny. Ce dernier habitait à Wilno et avait fait jurer à Gary qui alors enfant et voisin et qui s’appelait encore Romain Kacew, de ne jamais oublier de le mentionner comme étant un grand homme. Et pour la petite histoire l’auteur de « La promesse de l’aube » ne faillira pas à son engagement. Pour le sieur Désérable, voilà un beau sujet. Mais qui était donc ce M. Piekielny ? Si son livre porte la mention de roman, c’est à une véritable enquête identitaire que l’on assiste, où l’écrivain rassemble progressivement les morceaux du puzzle. Avec pour résultat la plus belle surprise littéraire à ce jour de cette rentrée. Par le fond et la forme. Heureusement qu’il y a de tels livres en ce monde pour ne pas désespérer tout à fait.

Un certain M. Piekielny. François-Henri Désérable. Gallimard 259p.  


 


 

Un scénariste veut porter la vie d’Herman Melville au grand écran

Autre belle découverte chez Gallimard Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel qui met en scène un scénariste qui a accouché d’un gros pavé portant sur la vie d’Herman Melville le grand écrivain américain et célébrissime pour une seule œuvre, Moby Dick. Il va connaître les aléas de la tournée des producteurs qui lui opposent un refus catégorique. Alors dans sa tête germe cette folle idée, nettement ambitieuse de le proposer au cinéaste Michael Cimino. La rencontre va se dérouler à New York et le réalisateur se donnera la peine de lire le scénario. Maintenant on dit toujours à propos du merveilleux monde du show-business que les plus belles histoires commencent par un non. Est-ce ce qui va se produire pour le scénariste ? On vous cache bien sûr la conclusion. Mais sachez que peu importe l’issue, on se trouve devant une histoire rondement ficelée qui va vous passionner du début à la fin. C’est plein de belles folies.

Tiens ferme ta couronne. Yannick Haenel. Gallimard 333p.


 


 

La musique qui peut sauver des vies

L’adage bien connu nous a dit que la musique adoucit les mœurs. Elle peut bien plus. S’inspirant de sa propre vie tandis qu’il écrivain son « Cendrillon » Éric Reinhardt raconte cette histoire où Nicolas, compositeur de musique de son état qui a la douleur de voir son épouse Mathilde atteinte du cancer. A ce moment là il est en pleine création d’une symphonie. Il laisserait tout tomber pour s’occuper de sa douce et alléger ses souffrances, mais cette dernière l’enjoint plutôt de poursuivre son travail. Et c’est dans La chambre des époux que le musicien fera entendre au piano l’état de la composition au jour le jour. Sa conjointe lui avait dit que ce serait la belle union de leurs forces conjointe. Un peu comme Mozart qui avait demandé la guérison de sa femme à Dieu en échange de quoi il composerait une ouvre de reconnaissance. Ce fut sa Messe en do. Oui la musique peut de grandes choses. Ce roman nous en donne une énième preuve. En même temps qu’un tribut à la nécessité des arts dans nos vies.

La chambre des époux. Éric Reinhardt. Gallimard 174p.  


 


 

Marc Dugain enquête sur la mort de Robert Kennedy

Le grand Marc Dugain exploite à titre de variation sur le même thème, celle de la psychose. Qui ici dans Ils vont tuer Robert Kennedy est celle d’un professeur de l’Université de Colombie-Britannique qui établit une concordance entre la mort de ses parents et l’assassinat de Robert Kennedy. D’entrée de jeu sa légère paranoïa lui fait craindre qu’une de ses jeunes élèves qui le regarde avec un peu d’intensité est peut-être mandatée par la CIA. Mais ce pourrait être du n’importe quoi ce Ils vont tuer Robert Kennedy. Le grand intérêt est de nous situer le cadre dans lequel Bob Kennedy périra sous les balles. On voit qu’il s’est abondamment documenté et ça nous offre un très beau cours d’histoire américaine contemporaine.

Ils vont tuer Robert Kennedy. Marc Dugain. Gallimard 399p.


 


 

Reine et la mobylette bleue

Régine Desforges nous avait donnée en son temps « La bicyclette bleue ». Voici que Jean-Luc Seigle nous offre lui, Femme à la mobylette. Et on saura qu’elle est de même couleur. Nous voyons vivre péniblement une prolétaire prénommée Reine qui mettra la main sur le deux roues à moteur. Qui va coïncider avec l’obtention d’un emploi pas assez singulier, thanatopractrice. Elle est folle de joie, car elle en avait marre du travail en usine, sans rien à l’horizon. Mais son bonheur sera obscurcit par le fait que les autorités veulent la échoir de la garde de ses enfants. On vous dira pourquoi. Pas de chance pour cette femme que la malheur talonne  jusqu’au tragique. Le romancier fait jouer du violon, mais on est attiré par ces tristes sonorités. Car la vie de Reine ressemble plus souvent à la vraie vie qui comptabilise plus de peines que de joies.

Femme à la mobylette. Jean-Luc Seigle 238p.  


 


 

Un Rock et Belles Oreilles dans la BD

Taratatata! Sachez gentes dames et damoiseaux que le sieur Yves Pelletier oui l’humoriste et membre des célébrissimes Rock et Belles Oreilles qui fait son entrée au noviciat de la BD avec Valentin. Pour sa première incursion dans le neuvième art, il s’est associé à l’illustrateur Pascal Girard. Et le scénario est très de notre temps alors que beaucoup de femmes sans hommes ont jeté tout leur dévolu sur une petite bête qu’elle humanise à outrance. Ici Stéphanie a son mec mais qui lui se sent complètement dépossédé, quasi inexistant, le jour où sa compagne décide de faire entrer un chat dans leur vie et qu’elle surnomme affectueusement « Bébé ». C’en est trop pour ce pauvre monsieur qui voit son capital d’attention dilapidé en plus qu’il est allergique. Madame s’en fout. Cet album va en interpeler sans doute plusieurs et c’est en raison du thème si contemporain, une réussite totale. Chapeau aux duettistes. Et le sieur Pelletier est maintenant totalement adoubé.

Valentin. Yves Pelletier et Pascal Girard. La pastèque 125p.   www.lapasteque.com


 


 

Il pèse lourd l’annuel de l’automobile 2018

C’est à n’en pas douter un réel tour de force que réalise chaque année le quatuor des auteurs B. Charrette, E. Lefrançois, P. Michaud et A. Joubert et leurs collaborateurs de L’annuel de l’automobile qui depuis dix-sept ans nous tient au courant des tendances du côté des rutilantes de la route. L’édition 2018 excusez le jeu de mot facile, tient la route. Un gros pavé qui se signale par l’ajout d’un deuxième avis au premier lu qui vient apporter une sorte de contrepoint. C’est le guide du genre qui présente les fiches techniques les plus complètes. Avec des reportages tel celui sur l’Italie des voitures de rêve. Un dossier, les 70 ans de Tucker et bien entendu la revue de l’année. Qui permet à l’amateur de bagnoles, soit de rêver ou bien de l’aider à le fixer dans son achat du prochain véhicule. Et félicitons les éditions La Presse pour le soin jaloux mis à la présentation graphique, si attrayante qui parvient même à intéresser celui qui n’a même pas de permis de conduire.

L’annuel de l’automobile 2018. Collectif. Les éditions La Presse 704p.    www.editionslapresse.ca


 


 

Chiens et chiots craquants

Le meilleur ami de l’homme tel est le vocable qu’on a attribué au chien pour les inestimables services qu’il rend à l’homo sapiens dont le non moindre est de lui tenir compagnie et alléger souvent sa solitude. Nicola Jane Swinney nous offre un grand album qui répertorie les grandes races de chiens. Nous vous mettons au défi de le feuilleter sans éprouver aucune émotion à la vue de ces photos magnifiques. Car ils sont craquants ces canidés petits et grands. Surtout les chiots. Chaque animal à sa fiche signalétique avec les traits de personnalité qui les caractérisent. Ça donne comme le goût d’en avoir un sur-le-champ.

Le meilleur ami de l’homme. Nicola Jane Swinney. Broquet.   www.broquet.qc.ca


 


 

C’était Madeleine rescapée de l’abandon

C’est une petite plaquette mais si dense. En effet Petite Madeleine de Philippe Lavalette raconte la grand-mère de l’auteur, enfant abandonnée devant une conciergerie et recueillie avec amour par Madeleine Fargeau modèle du peintre Amedeo. C’est le 4 janvier 1909. La suite c’est le vécu de cette enfant qui grandit dans un monde où le mal côtoie le bien, et aussi la descendance de cette dernière. C’est un hommage de l’écrivain à cette battante à qui la vie avait réservé un bien plus triste sort, n’eu été de la bienveillante Madame Fargeau. On ne lit pas ces pages sans se demander si la vie est un réel cadeau.

Petite Madeleine. Philippe Lavalette.  Éditions marchand de feuilles 165p.   www.marchanddefeuilles.com


 


 

Il était une fois un québécois qui se rêvait dans l’Ouest américain

Décidément on sort les souvenirs aux éditions Marchand de feuilles. Eh oui, après Philippe Lavalette qui raconte sa grand-mère dans « Petite Madeline » au tour d’Olivier Dufault de raconter son ancêtre Ernest Dufault un québécois qui fantasmait à l’idée de vivre l’épopée du Far-West et qui décida, aussi jeune qu’à quinze ans, en 1907, de vivre son rêve. Il mena toute sa vie une double vie en prenant le nom d’emprunt de Will James. Et il fit vraiment mille métiers, de cowboy à voleur de grand chemin, cavalier de rodéos, cascadeur pour le cinéma, mais surtout illustrateur et auteur. Et c’est ainsi que des années vingt à quarante il eu une renommée certaine en livrant des récits sur les ranchs. Il écrivait même son autobiographie un peu arrangé va sans dire connaissant le personnage qui aimait s’entourer d’une aura fantastique. Il mourra à 50 ans des suites d’une cirrhose. Le descendant s’attarde sur l’année 1914 alors que l’aïeul doit affronter la justice. Adaptant librement le contexte, l’auteur se base toutefois sur des documents authentiques. Bénédiction c’est le titre, est son premier roman.  Ceux qui aiment le climat entourant la vie dans l’Ouest américain apprécieront hautement.

Bénédiction. Olivier Dufault. Marchand de feuilles 451p.   www.marchanddefeuilles.com


 


 

Une jeune fille transformée en véritable machine de guerre

Un critique littéraire du New York Times n’y est pas allé à demi mot en qualifiant American war d’Omar El Akkad de comparable aux écrits de Philip Roth ou d’un Cormac McCarthy. Peu importe ce qu’en disent nos voisins du sud de la frontière, il n’en reste pas moins que ce roman tombe à point nommé où sous l’impulsion d’un Donald Trump, les vieux démons de rébellion des états sudistes surgissent. Et c’est tout le propos du romancier qui « organise » une guerre entre les états du nord et du sud sur fond de contrôle des énergies fossiles. On pourrait parler ici de guerre environnementale. Il arrivera qu’au cours de ce conflit le père d’une jeune fille, Sarat, perdra la vie. Cette désormais orpheline de père qui a grandi tranquillement aux abords de Mississipi, sera recueillie par un homme qui agira tel un mentor qui fera en sorte que la douce fillette d’origine va muter en furie destructrice. Vous dire que c’est un texte fort est un euphémisme. Aux États-Unis on ne fait jamais rien à moitié.

American war. Omar El Akkad. Flammarion 450p.   


 


 

L’Apocalypse à petite échelle

Est-ce le contenu des actualités ? Toujours est-il qu’à l’écoute des infos télé on a l’impression d’être à proximité de la fin du monde, surtout avec les sursauts du climat, tremblements de terre, ouragans, tsunamis, inondations et quoi encore. Si vous êtes pessimiste de nature vous allez vous repaître du  dernier roman de Marilyne Fortin « Le Potager » qui lui aurait été inspiré dit-on à la suite des ravages du virus Ebola. Elle imagine un Québec qui est frappé de plein fouet par une épidémie planétaire. Et dès lors on doit chez nous se mettre en mode survie avec port de gants et de masques et rationnement des ressources vitales. Ce qu’on imagine à peine nous arriver dans la Belle Province. On suit une jeune mère de famille qui fait corps avec le quartier pour entretenir un potager. Mais vous verrez c’est un véritable cauchemar auquel elle est confrontée. On est carrément en mode survie. Après lecture, il y a ceci de bien, vous apprécierez l’ennui que l’on vit dans la Belle Province.

Le Potager Marilyne Fortin. Québec Amérique 340p.    
www.quebec-amerique.com


 


 

Des expressions françaises défavorables aux femmes

Sous la direction de Suzanne Zaccour et Michaël Lessard on a demandé à une trentaine de voix féministes québécoises d’aider à répertorier sous forme d’abécédaire ce qui est devenu le Dictionnaire critique du sexisme linguistique. Ça va du mot abus à vache en passant par blonde et ornement. Tout ce qui peut de près ou de loin prêter flanc à des vexations ayant pour objet premier la femme. On vous rassure, loin d’être une charge sans nuance, il y a au contraire beaucoup d’humour ou de saines réflexions à faire.

Dictionnaire critique du sexisme linguistique. Collectif. Somme toute 260p.   www.editionssommetoute.com


 






 

Le coin santé physique et psychique

De grandes plumes au service de la nature. C’est ainsi que l’on peut mieux décrire la démarche entreprise par Patrick Scheyder et présentée par la journaliste Véronique Badets qui est rien de moins qu’une anthologie de grands noms de la littérature ou des sciences qui ont écrit sur l’importance de la préservation de la nature. Ça va de Lucrèce à notre compatriote Hubert Reeves. Écoutons la nature que publie Novalis contient des perles notamment chez l’éternel sage qu’est Montaigne quand il raille les prétentions de l’homme à vouloir faire la leçon à la nature. On voit comment aujourd’hui il en paie le prix. De belles trouvailles à faire.

Chez le même éditeur voici cette fois D’encre et de chair de Robert F. Lalonde. Ceux qui aiment les témoignages à l’aune de l’espérance sont bien servis car l’auteur, grâce au soutien et à la formation dispensée par l’Institut de formation humaine intégrale de Montréal a accompli un périple qui l’a mené tantôt au Liban, au Rwanda, en République démocratique du Congo, au Honduras et en Haïti. Et pour chacun de ses interlocuteurs il débutait par cette présentation « Vos témoignages sont l’encre dont ma plume a besoin pour donner vie à vos histoires et bâtir la paix. » Les gens qu’il a croisés dans ces zones de misère quand ce n’est pas de violence, auraient pu entretenir de la rancœur et perpétuer des degrés de souffrance humaine. Au contraire, ces personnes ce sont métamorphosées en êtres de paix et de compassion pour les autres. Et ce sont leurs témoignages que l’on peut lire. Comme quoi il peut toujours y avoir de la lumière au bout du tunnel.

Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place nous inculquaient les religieuses qui voulaient que leurs pupilles apprennent à mettre de l’ordre dans leurs affaires. Et le commandement est toujours d’une éternelle utilité, surtout au plan psychique. Une maison dans le désordre est indéniablement la marque d’une personne quel que peu dépressive ou négligée. Marie Kondo publie chez Flammarion Québec Ranger inspire la joie qui est dans la foulée de son précédent best-seller du genre voici deux ans « Le pouvoir étonnant du rangement ». Elle se fait le chantre qu’il n’y a pas plus accomplissement personnel de faire maison nette autour de soi et de ne pas s’encombrer inutilement. Qu’est-ce qu’on a de la difficulté parfois à mettre au rancart certaines choses auxquelles on croit qu’elles pourraient servir un jour ou l’autre. Avec des accumulations du pas possible. Sa méthode qui connaît un vaste succès autour du monde reprend les grands principes du rangement et comment s’y prendre. C’est en même temps une thérapie éprouvée dans les centres de désintoxication. Au Betty Ford center, même Elizabeth Taylor devait passer le balai.

Enfin, aux éditions La Presse, la journaliste Mylène Moisan nous offre Les gens heureux ont une histoire. Quelqu’un a écrit un jour qu’on pourrait presque faire un roman avec chaque personne que l’on croise. Et il a sans doute raison à lire tous ces témoignages que l’auteure a recueillie. Une soixantaine de ce qu’on appelle communément des petites gens, ou le vrai monde si cher à Janette Bertrand. Des individus qui traversent le quotidien avec son lot de vicissitudes, parfois de véritables drames comme la mort d’un enfant et qui persistent malgré tout. Une dame raconte entre autres comment un bon steak haché et des oignons constituent encore dans sa famille un véritable festin. En somme comment s’accommoder de la vie quand on ne nous a pas fourni au départ le mode d’emploi. C’est gorgé d’espérance à chaque page.



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