- LIVRES AOÛT 2013 -
 
 




 


Une cougar sexuée incapable de se ranger

C’est une jolie surprise pour la rentrée. En effet, Natasha Walker débarque avec le premier tome d’une saga érotique qui a pour titre Les voluptés d’Emma. En gros c’est une femme qui adore la chose et qui ne peut pas s’imaginer faire une croix dessus. Et un jour, au grand étonnement de ses proches, elle décide de se marier. Elle rangée ? Bien voyons donc. Sa nature va reprendre dessus quand le jeune voisin, âgée d’à peine dix-huit ans, va la surprendre alanguie alors qu’elle prend son bain de soleil. Rien de tel qu’une femme d’expérience pour instruire sur le mode intime. Et elle va s’employer très bien à jouer son rôle d’initiatrice. Le chanceux de Jason. Ça promet pour les autres tomes.

Les voluptés d’Emma. Tome 1 Les débuts. Natasha Walker. Presses de la Cité 204p.    www.pressesdelacite.com

 




 


Un sommet du thriller psychologique

Si vous êtes un cinéphile averti vous avez sans doute reconnu l’actrice Tippi Hedren sur la jaquette de Pas de printemps pour Marnie le thriller psychologique de Winston Graham. Elle est attablée en compagnie de Sean Connery. Cette photo de plateau est tirée de l’adaptation cinématographique qu’en a fait Alfred Hitchcock. C’est une femme, Marnie, bien sous tout rapport, à qui même on donnerait le Bon Dieu sans confession. Mais elle a un côté démon. Ainsi elle va disparaître en emportant avec elle la caisse de l’entreprise qui l’embauchait. Puis va surgir dans sa vie Mark, qui va la remuer plus qu’un peu. Nous sommes ici devant un chef-d’œuvre du roman noir. Et d’ailleurs l’auteur a été lauréat du Golden Dagger la plus haute récompense dans le domaine du roman policier britannique. Avez-vous bien lu ? Un chef-d’œuvre. Qui fait voir la femme dans toute sa complexité.

Pas de printemps pour Marnie. Winston Graham. J éditions 360p.    www.j-editions.fr

 




 


Une Noémie trop curieuse

Ce pourrait être un conte débutant par Il était une fois. Mais c’est un roman de Caroline Barré s’intitulant L’Héritière de Salem dont voici le tome 2 « Rattrapée par son destin ». Au point de départ c’est une héritière, Megan, qui a confié à son amie Noémie de transcrire les grimoires de ses ancêtres. Mais cette dernière ne se contente pas de ce seul mandat. Elle veut mettre à profit, cette curieuse, les pouvoirs magiques de ces manuscrits. Et ce n’est pas ce qui lui a été demandé. En plus d’outrepasser sa mission, Noémie compromet sérieusement son amitié. Et quel désenchantement pour Megan. C’est un roman dont on voit que chaque phrase a été sculptée si on pouvait dire. Charles Aznavour a déclaré un jour que pour toute production artistique, ce sont les premières lignes, les premières minutes qui déterminent si on embarque ou pas. Eh bien c’est réussi de bout en bout.

L’Héritière de Salem. Tome 2 Rattrapée par son destin. Les éditions Québec Livres 266p.      
www.quebec-livres.com



 






 


Cinq titres chez RoMart

Si on ne fait pas fausse route, c’est la première fois que les titres de la maison d’édition monégasque RoMart sont distribués chez nous. En tout cas à la rédaction c’est la première fois dont on en entend parler. Et notre curiosité a été vite mise à contribution par la qualité des ouvrages qui sont pour beaucoup des polars. Cinq premiers titres à partager. A commencer par Cent Elman Mistral de Patrice Ricord. D’abord le gars a de qui tenir puisque son grand-père a été intendant du peintre Auguste Renoir. Et lui-même a été de l’équipe du journal Pilote pour la série des Grandes Gueules. C’est un graphiste mais qui a un talent fou d’écriture comme en fait foi ce titre. Nous sommes sur la Côte d’Azur et Cent Elman qui sera confronté à l’étrange contenu d’une poubelle tout comme cet autre en reportage photographique officiel. Il y a de la dérision et c’est un digne fils de San Antonio. Et si rendu à la dernière page vous en redemandez vous serez heureux de lire un autre titre du sieur Ricord Des glaçons dans le Bordeaux. Une histoire d’une rencontre inimaginable qui viendra faire battre la chamade de son personnage principal.  Dans un tout autre climat autrement plus dramatique c’est 28 mille kilomètres de trottoirs coécrit par Sève Maël aussi sexologue à la ville et Daniel Boulogne créateur d’événements artistiques en art visuel. Ça raconte les déboires d’une jeune chinoise Wenly, à peine juste dix-sept ans. Fille illégitime elle veut éviter à sa famille l’opprobre du voisinage. Son père va la confier à des passeurs clandestins qui devraient théoriquement la conduire en Europe. Au lieu de cela elle atterrit en Mongolie où elle sera violée et abandonnée. C’est une journaliste, Isabelle qui croisera sa route et qui partagera son sort. Elles se rendront ensemble en Europe mais à quel prix. C’est presque du documentaire qui décrit tristement des pans de vie d’une tristesse infinie. Ici plus que jamais l’enfer était pavé de bonnes intentions. Par ailleurs c’est Denis Cressens qui propose Pacifique secret. D’abord il faut lire sa notice biographique où il confesse que l’écriture l’a en quelque sorte sauvé du bagne que constituent les bureaux et les administrations. Le prétexte de ce roman est un avion qui se volatilise au dessus du Pacifique non loin des îles Carolines. Maintenant il nous promène ailleurs sur la planète avec des diversions sur toutes sortes de choses dont les œuvres d’art chinoises. Distrayant et instructif. Il fait en tout cas une fine fleur à l’intelligence de ses lecteurs. Et que dire d’Alain-Guy Aknin et Les violons de Big Sur. C’est la recherche de la belle inconnue entrevue dans un avion. Le protagoniste se met à sa recherche. Sur la plage de Big Sur, Adam va faire une rencontre étonnante, voire déterminante qui n’était vraiment pas prévue dans son plan de match. Il y a quelque chose Philippe Labro dans cet amour profond pour l’Amérique qu’il rend bien. Dépaysant c’est le mot.


 






 


La rentrée Leméac
Ça été la maison d’édition qui a été la première à donner le coup d’envoi de la rentrée littéraire automnale avec cinq opus d’un seul coup. Et pas n’importe lesquels. Audrée Wilhelmy se lance avec Les sangs. Son « héros » est une sorte de Landru au nom difficile à se rappeler, Féléor Barthélémy Rü. C’est un homme fortuné et qui prend plaisir à tuer sur fond de cannibalisme. Et l’étrange dans tout ça, c’est que sa réputation bien que connue, exerce un pouvoir d’attraction sur des femmes, ici l’auteure nous en présente sept, qui vont à sa rencontre comme on va au sacrifice. C’est une exploration des travers du féminin avec pour beaucoup un manque de confiance en soi. C’est rude ment bien fignolé son histoire. Ailleurs c’est Guillaume Berwald qui nous surprend avec Edmonton. Il y a sans doute une part d’autobiographie dans cette histoire d’un gars qui quitte Montréal pour aller suivre son frère à Edmonton. Il croit que l’Ouest canadien c’est en quelque sorte un nouvel Eldorado où on en ressort grandi et surtout plus riche. Il va bosser dans le béton. Le romancier qui a fait mille métiers a touché aussi à ce matériau. Mais alors qu’il imagine une vie de rêve, c’est plutôt l’abattoir en quelque sorte, où encore une fois la nature humaine triomphe dans ce qu’elle n’a pas toujours de meilleur. Berwald décrit très bien les souffrances de son Émil. En quittant ce livre on se prend à considérer sa vie ici comme bien meilleure. Et suggestion d’un très bon polar, qui en passant ont la cote en Europe. Il s’agit de Traces d’Anna Raymonde Gazaille. On a affaire à deux crimes d’entrée de jeu. Des meurtres de femmes mûres qui auraient été rencontrées à travers un site de rencontres pour cette tranche d’âge. La première découverte se fait dans un condo de l’ïle-des-Sœurs. Et comme ça se passe souvent avec les meurtriers en série, ils font une mise en scène qui porte une signature reconnaissable. L’inspecteur Paul Morel du SPVM a bien du pain sur la planche. On retiendra de cette histoire une maîtrise parfaite de la langue française et de l’emploi à bon escient du sujet, du verbe et du complément. On se laisse prendre à vouloir connaître tout de suite qui est le triste sire. La romancière nous laisse rôtir juste à point. Vous adorerez comme ça été le cas pour nous. Le titre suivant est intriguant Proust à Sainte-Foy. Et signé par une autorité en journalisme au Québec, nous avons nommé Hélène de Billy qui n’a plus besoin de présentation. Si elle excelle en journalisme, elle l’est tout autant comme romancière. Et surtout quelle originalité pour le thème choisi. C’est une femme, Marquise Fortier qui peine à faire ses nuits et accros à toutes les substances qui lui permettent d’engourdir son mal de vivre. Surtout qu’elle vit dans une résidence pour personnes âgées à Sainte-Foy, aliénante au possible. Sa fille va tenter d’apaiser ses tourments en lui fournissant un livre audio «La recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Et pour une raison inexpliquée, la dame va embarquer totalement dans cette saga et ne cessera de vouloir partager sa découverte à ses semblables. L’auteure établit des parallèles avec les sujets exploités par Proust et la vie de madame. Nous sommes pantois devant cette association d’idées pas nécessairement évidente. C’est Proust qui serait le premier ravi. Et pour conclure un bien étrange roman, L’esprit du temps. Cosigné par Mathieu Blais et Joël Casseus. On retrouve John Huemac un mexicain emprisonné comme activiste politique. Par un concours de circonstances non élucidé, une catastrophe va causer la destruction de sa prison. Il va se retrouver libre comme l’air entouré de quelques survivants. Il va entreprendre un périple à saveur initiatique dans le Sud, vers la terre de ses ancêtres. Et pour l’accompagner une amérindienne portée sur la dive bouteille et un ex-militaire. Les deux auteurs disent aimer les ambiances glauques. Reste que ce roman est loin d’être banal et que l’aurez dans la tête longtemps.

 




 


Deux titres de Christian Jacq

Où prend-il le temps de dormir notre Christian Jacq car bon an mal an, il nous livre une floraison de titres, toujours des romans historiques sa marque de commerce. Nous avons simultanément deux opus portant sa signature, les deux ouvrages aux éditions J. D’abord dans le cadre des enquêtes de l’inspecteur Higgins Le crime de Confucius. Son inspecteur fétiche de Scotland Yard doit tirer d’embarras un accusé présumé qui avait été surpris à déplacer un cadavre à l’Institut Confucius de Greenwich. Pauvre sinologue britannique contre qui tout semble se dresser pour le désigné coupable d’office. Et on le retrouve dans son époque de prédilection l’Égypte ancienne avec Champollion l’égyptien. Ici il fait parler le découvreur des hiéroglyphes à la première personne. Bien que sa liberté d’écrivain va lui faire placer des mots qui n’ont peut-être pas été prononcés. Reste pas moins que c’est un fabuleux récit qui respecte les faits et l’époque.

 




 


Des nouvelles imaginatives

Vous aimez ce genre de recueil de nouvelles qui à chaque chapitre vous plonge dans un univers soit onirique, soit surréaliste ? Vous serez drôlement servi avec Petite histoires fantastiques, philosophiques et merdiques. A lui seul le titre est tout un programme. Le fruit de l’imagination débordante de Josée Boudreau pour la rédaction et Suzanne Marinier aux illustrations. Chaque nouvelle possède son petit climat bien à elle. Et on se plait à penser qu’un cinéaste de talent trouverait ici bien du pétrole à forer pour un film à sketches par exemple.

Petites histoires fantastiques, philosophiques et merdiques. Josée Boudreau, illustration Suzanne Marinier. Les éditions Québec-Livres 171p.   www.quebec-livres.com

 




 


Un héritage encombrant

Aurora Teagarden est une saga de Charlaine Harris, oui celle qui a donné naissance à cette fameuse série de Sookie Stackhouse. Nous avons cette fois le tome 2 de ce qui comprendra huit tomes. Ici Aurora, jeune bibliothécaire, se partage entre des mariages de proches, et des funérailles. Mais ce qu’il y a de particulier ici, c’est que la vieille fille défunte a fait d’Aurora son héritière. Des sous et une maison toute meublée de la cave au grenier. Et la nouvelle « richissime » va faire une découverte pour le moins surprenante, une boîte crânienne sous une banquette. De là de quoi éveiller la curiosité de l’héritière sur qui était vraiment la généreuse donatrice. Du bonbon.

Aurora Teagarden. Tome 2 Un crime en héritage.Charlaine Harris. Flammarion Québec 251p.    www.flammarion.qc.ca

 




 


Les archaïsmes dans la langue des québécois

Jean Forest il faut le reconnaître, est un érudit de la langue française. On ne compte plus la somme des ouvrages qu’il a consacré à étudier la langue belle si chère à Yves Duteil. Nous avons entre nos mains Le grand glossaire des archaïsmes, régionalismes et autres populismes venus de France. Car ce dont nous avons de particulier, nous du Québec, c’est que nous avons conservé dans notre quotidien, des mots qui ne sont même plus utilisés par les français de France. Tout comme on s’est créé des mots bien à nous. C’est une belle exploration à faire pour qui aime notre langue plus que tout. Et saluons ici la somme d’investissements en terme de recherches.

Le grand glossaire des archaïsmes, régionalismes et autres populismes venus de France. Jean Forest. Triptyque 464p.    www.triptyque.qc.ca

 




 


Fantastique au propre comme au figuré

Vous avez été nombreux à apprécier le tome premier « Résurrection » de la saga Les maudits d’Edith Kabuya. Nous retrouvons dans le tome deux Illusion Robin qui est peu chamboulée par ce qui lui arrive. Quand Stéphanie est morte il a fallu recoller les morceaux dans sa tête.  Elle est curieuse de savoir d’où elle vient. Et pour ce faire aimerait bien faire passer un interrogatoire à sa mère qui se montre assez présente. En même temps au plan affectif la chimie n’opère plus avec Vince. Bref vous avez les tourments d’une femme de notre époque. La romancière est une excellente connaisseuse des tréfonds de l’âme humaine et rend bien le tout sur papier. Dès la dernière ligne arrivée on ne peut que réclamer l’arrivée le plus tôt possible du tome trois.

Les maudits. Tome 2 Illusion. Edith Kabuya. Éditions de Mortagne 424p.   www.editionsdemortagne.com

 




 


 Entouré d’inconnus dans une maison

Imaginez que vous vous retrouviez sans trop savoir pourquoi dans une maison, entouré d’inconnus que vous ne connaissez pas. Il y a de quoi en déstabiliser plus d’un. Ce n’est pas la première fois que la littérature exploite cette mis en scène. Toutefois sous la plume du surdoué Guillaume Morrissette vous allez être convié à une connaissance plus approfondie de la nature humaine. La maison des vérités c’est celle où il n’y a plus de comédie. Les vraies choses se disent. Quand on pense que le mensonge est le ciment de la société, ce qui va arriver à notre protagoniste relève du surréalisme. Courez, vous le procurer sans tarder. Dire que c’est spécial est un euphémisme.

La maison des vérités. Guillaume Morrissette. Guy Saint-Jean 338p.   www.saint-jeanediteur.com

 




 


Un retour à Montréal qui éclot

Elle s’appelle Nicole Beaumier et a vécu quatre ans à Toulouse en France. Son histoire d’amour avec son français se solde par un échec. C’est très dur pour elle. Qui décide de rentrer à Montréal. Si la métropole qu’elle a quitté vivait encore sous des relents de dictature catholique, lorsqu’elle revient en juillet 1966 c’est complètement dingue. Il y aune effervescence qui trouvera son pic avec l’Exposition universelle de 1967 qui déniaisera la Belle Province. Tout d’un coup le Québec devient excitant. C’est tout ce panorama que fait revivre avec brio Maryse Rouy avec De retour à Montréal. On tourne la dernière page en constatant à quel point le Montréal d’aujourd’hui est morose. Il fut un temps où on s’amusait chez nous. L’Expo fait figure d’Atlantide. Nostalgie quand tu nous tiens. La romancière nous propose presque un album photos à feuilleter. Ici les mots remplacent les images. C’est qu’elle décrit bien les choses la dame.

De retour à Montréal. Maryse Rouy. Québec Amérique 284p.    www.quebec-amerique.com

 




 


Découvrir l’architecte et le designer Jean Prouvé

Jean Prouvé (1901-1984) est une éminente figure de l’architecture et du design en France. C’est un artiste dans toute l’acception du mot car son imagination allait dans toutes les directions mais toujours les meilleures. Et déroutant car on ne peut pas dire en voyant son œuvre qu’elle est de lui, car il ne se répétait pas, ou si peu. Que ce soit une chambre d’étudiant à la Cité universitaire de Nancy, un kiosque à journaux, un fauteuil, il imprime pour chacun une marque distinctive. On pourrait tenter encore de décrire vainement son œuvre par les mots, mais vaut mieux juger l’homme à ses réalisations en feuilletant l’album que lui consacre Nils Peters. Chaque page est un hymne à la beauté.

Prouvé. Nils Peters. Taschen 96p.    www.taschen.com

 




 


Dessins du XVIème au XVIIIème siècles

Le Musée des Beaux-Arts de Tours a présenté une exposition thématique de dessins dont certains remontent au XVIème siècle et ce jusqu’au XVIIIème siècle. On a présenté 75 dessins dont 18 sont des trésors issus de la collection même du musée hôte. Des feuilles italiennes et françaises. Les textes très fouillés du catalogue dressent l’histoire de chaque dessin et les influences de chacun. Un merveilleux cours d’art pictural à recevoir chez soi dans le confort de son foyer.

Dessins du Musée des Beaux-Arts de Tours. XVIème au XVIIIème siècles. SilvanaEditoriale 71p.     www.silvanaeditoriale.it

 




 


Coquineries à essayer au lit

Si au plumard mesdames et messieurs vous manquez d’imagination Éric Esse se propose de mettre du piquant dans vos jeux érotiques en vous invitant à lire tout simplement ce qui arrive à ceux qui peuplent les pages d’Histoires coquines pour faire votre cinéma. On aura beau dire, mais on n’a pas encore fait le tour de tous les plaisirs qui sont mis naturellement à la portée des humains. Simplement qu’il faut oser. Le danger de ce livre c’est qu’il peut créer des accoutumances.

Histoires coquines pour faire votre cinéma. Éric Esse. Les éditions Québec Livres 135p.    www.quebec-livres.com

 




 


Les exactions juives dans les Territoires occupés

Le livre noir de l’occupation israélienne produit par l’ONG Breaking the Silence est une charge impitoyable sur les méthodes employées par l’armée israélienne dans les Territoires occupés de Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Breaking the Silence a été fondée en 2004 par des vétérans de l’armée israélienne pour témoigner de ce qui a été fait par les militaires dans ces zones. Un récit d’horreurs au quotidien où l’armée s’emploie à faire régner la violence. Et on verra qu’à l’interne, les soldats ne partagent pas tous ces manières de faire.  Nombreux sont dégoûtés de ce qui se passe car au nombre des violences, il et même permis de tuer des enfants qui jettent des pierres aux soldats. Ce livre documentaire qui a nécessité dix années à recueillir des témoignages arrive au moment où d’anciens chefs des services secrets israéliens dénoncent eux-mêmes le comportement du gouvernement et en appellent à la reconnaissance de la Palestine.

Le livre noir de l’occupation israélienne. Breaking the Silence. Autrement 393p.     www.autrement.com

 






 


Astrologie, horoscope et divination

Huit titres, tous de chez Québec-Livres nous parviennent pour nous aider à interpréter les signes qui nous entourent et notre destinée. On débute avec le duo Abraxas et Akzinor 555 qui publient le tome 2 de Magie noire. C’est un livre d’initiation. Mais attention point ici de satanisme ou de rituels sexuels qui sont les manifestations de l’extrême. Plutôt de livrer quelques secrets occultes dont certains viennent d’aussi loin que l’Antiquité. Un des traits inhérent à une civilisation donnée, ce sont ses Superstitions, coutumes et croyances comme le titre de l’essai de Jonathan S. Éricson. Avec le temps beaucoup de celles-ci sont disparues des usages, mais il en subsiste d’autres. L’auteur fait le tour des croyances les plus populaires. Du 31 janvier 2014 au 18 février 2015 de l’astrologie chinoise, cette période au calendrier est celle du cheval de bois. Vicki Levine nous décortique l’Astrologie chinoise. Quelles sont les prédictions pour l’ensemble selon votre année de naissance. Les grandes tendances qui vont être déterminantes. Vous pourrez dans la même veine faire une comparaison sur le même sujet avec 2014 horoscope chinois d’Alexandra Beaumont. Arrive telle aux mêmes conclusions ? C’est l’horoscope au jour le jour. Et puis s’il vous arrive de rêver qu’un crocodile vous dévore, c’est une transposition certes, mais qui a sans doute une application à quelque chose que vous vivez. Livia Caron a élaboré ce Dictionnaire des rêves et de leurs symboles. Il y a une façon de décoder ces messages nocturnes. Tout comme il n’y a pas de fumée sans feu, il n’y a pas de rêves sans une corrélation avec le vécu.

 






 


Le coin santé physique et psychique

Les sept prochains titres de cette cuvée sont chez Québec-Livres. Hélène Renaud et Michel-Jacques Bergeron qui présentent Couple complice, guide complice qui traite essentiellement de la vie de couple. Les auteurs parlent en connaissance de cause puisque ces pédagogues sont aussi un couple à la ville. Leur credo c’est qu’il faut partir de soi pour aller en couple. Car on amène au duo son bagage qui va déterminer le reste. C’est en somme le retour vers l’intérieur qui est proposé. A l’ère des technologies dominantes dans nos vies qu’en est-il de la qualité de la relation humaine ? C’est le thème qui sous-tend La souris et le sablier de Richard Couture qui a été analyste programmeur pendant des années. Il jette un regard lucide sur notre époque et très éclairant sur la conciliation ordinateur et vie sociale et professionnelle. Dans un registre infiniment plus triste c’est Ange oud démon de Karine Veilleux qui détaille sur le drame qu’elle a vécu lorsque âgée de trois ans son père a uté sa mère. Elle s’en était expliquée dans un premier ouvrage mais y revient en développant d’autres aspects moins connus.  A-t-il besoin de présentation notre Jean-Marc Chaput qui persiste et signe avec Politiquement correct. L’homme aux cinq mille conférences exploite ici la question du conformisme et à quel point on se déforme pour se mouler à ce que la société attend de nous. Avec évidemment des dizaines d’anecdotes à l’appui de sa thèse. Étrangement, car on passe beaucoup de temps au travail dans une journée, il n’y a pas tant d’ouvrages que ça sur la psychologie au boulot. Du moins, pas de la façon dont le traite, Éveline Marcil-Denault détentrice d’une maîtrise en psychologie industrielle. Dans Le travail source de questionnements elle utilise le mode questions-réponses pour éclairer les gens qui se posent justement des interrogations sur telle ou telle manière d’agir sur les lieux de travail, la relation au patron et avec celle des collègues. Favoriser la maturité émotive de la psychologue Béatrice Bellisa est un regard sur l’intelligence émotionnelle. C’est ici la question des émotions qui est en cause. Comment les accueillir, les transformer. L’auteure anime depuis trente ans des stages en ressources humaines. Vous avez envie de mieux vous connaître, alors comparez-vous au tableau des 9 types d’énergie vitale révélés par l’ennéagramme dans Quelle est votre énigme personnelle ? de Francine Dallaire. Alllons cette fois vers l’astrologie en compagnie de Lili-Anne Dubois qui a rencontré quinze de nos vedettes dont Virginie Coossa, Sébastien Benoit et Jeab Airoldi pour ne nommer que ceux-là qui se sont prêtés au jeu de l’astrologie psychologique. Et vous avez pour chacun leur portrait sous cet angle. Peut-être découvrirez-vous des aspects insoupçonnés sur ces personnalités hautement médiatisées. Dernier titre dans cette section Le grand livre du Chamanimse  de Stéphanie Chancel aux éditions Exclusif. Se référant aux recherches des grands ethnologues et des grands auteurs, Chancel n’a eu de cesser de retrouver le chamanisme originel. C’est pourquoi elle est allée se balader aux quatre coins du monde à la rencontre d’authentiques chamans. On apprend comment ils entrent en transe, leurs rituels, ce qu’ils ressentent, notamment l’extase. Et un regard sur les premiers émois lesbiens avec Kim Messier qui aux éditions de Mortagne nous avait livré le « Placard ». Cette fois elle récidive avec une autre histoire d’amour entre deux jeunes filles Coming out. Une des deux amoureuses a un père homophobe. Comment annoncer son orientation à sa famille sans provoquer de tsunami. Une réalité qui doit être répétée à l’envie, qui montre que nous sommes dans une société de tolérance et nullement dans l’acceptation. 
 






 


Le coin Miam miam

Trois titres cette semaine. Un qui tombe à point nommé aux éditions Québec-Livres, surtout au moment de la rentrée scolaire, c’est Sandwiches pour tous les goûts de Lyne Sperandio. Car souvent les mamans se cassent la tête à savoir quelle sorte de sandwiche faire pour ne pas tomber dans la routine. Ici vous avez pleins de recettes originales et délicieuses, comme ce bal aux œufs brouillés et aux anchois. Avouez que ça sort de la routine. Une autre a pensé sur la façon de nourrir adéquatement les tout petits sans que ne vienne tomber la terrible sentence « Maman j’aime pas ça ». Elle a fait un appel à tous et à recueilli 130 recettes. Parmi les correspondants qui sont allés de leur contribution on trouve diverses personnalités dont l’épouse de l’ex premier ministre Jean Charest, Clodine Desrochers et Guylaine Tremblay pour ne nommer que celles-là. Vous trouverez amplement de quoi ravir les jeunes têtes. C’est une édition de la fondation du cancer du sein du Québec. Enfin, un intéressant album de 200 recettes Cuisine d’automne rédigé par un collectif de chefs avec des originalités comme les huîtres frites et le riz basmati aux carottes et gingembre. C’est aux éditions Les malins. Nous conseillons le ragoût aux légumes d’automne. Plus santé que ça… 

 




 


Pédagogie

On réédite Lecture rapide mythes et réalité de René-Louis Caron chez Québec-Livres. D’entrée de jeu ce consultant en organisation du travail rappelle qu’à l’école on s’est contenté de nous donner des rudiments de lecture, mais non un apprentissage sérieux de la lecture. Il déboulonne les mythes du genre lecture rapide en diagonale. On peut nous dit-il, augmenter sa vitesse de lecture de 80 à 150%! Comment mieux gérer sa charge de lecture au travail. Et c’est ceux qui doivent dans le cadre de leur boulot se farcir pleins de documents qui apprécieront ces conseils. Et ça vaut aussi pour les courriels qui déboulent en trombe dans la messagerie des ordinateurs. Et chez le même éditeur Louise St-Pierre nous enseigne Comment motiver les enfants à faire leurs devoirs. Parfait pour la rentrée scolaire. Le livre s’adresse autant aux parents qu’aux enseignants. C’est cette auteure qui nous avait donné « Devoirs simplifiés pour parents débordés ».  Son credo est de faire des devoirs un moment ludique et non une corvée.

 




 


L’autogestion qui souhaite un monde meilleur

Alors que le capitalisme sauvage ratisse large comme au sein des entrepôts de vente en ligne qui réduisent en esclavage leurs travailleurs, il y a parmi ceux-ci des gens animés de conscience sociale qui n’en peuvent plus et qui militent pour un monde autrement que celui établit par les impératifs des lois du marché. Ceux-là en appellent de tous leurs vœux à l’autogestion. Un essai rend compte de ces désirs d’une société meilleure, Créateurs d’utopies de Pierre Thomé un éducateur spécialisé qui a beaucoup milité dans l’action sociale. Il a interrogé des acteurs de cette transformation, des témoins et des intellectuels. C’est toute la question de l’économie sociale et solidaire qui est le thème central de ces regards.

Créateurs d’utopies. Pierre Thomé. Éditions Yves Michel 299p.    www.yvesmichel.org

 




 


L’histoire méconnue du nord-est de l’Acadie

L’historien et professeur à l’Université Laval, Nicolas Landry à qui l’on doit une Histoire de l’Acadie chez Septentrion, publie chez ce même éditeur La Cadie, frontière du Canada. Qui nous fait revivre la situation sociopolitique du nord-est du Nouveau-Brunswick, négligé jusqu’ici par les historiens. C’est là que vont se réfugier des acadiens voulant fuir la déportation. Au plan des Premières Nations, c’est un territoire Micmac, allié des français et qui désireront la présence des missionnaires. On verra comment ils se sont comportés durant la domination anglaise Nouvelle-France. On saluera l’important travail de recherche qui a présidé à cette histoire locale qui nous permet de mieux approfondir la culture acadienne.

La Cadie, frontière du Canada. Nicolas Landry. Septentrion 337p.   www.septentrion.qc.ca

 




 


BD- Les copains d’abord

C’est un fait connu, à moins de gros conflits d’égos, il y a une fratrie chez les musiciens. C’est ce que nous rappelle Zep le père de Titeuf (seulement 20 millions d’albums vendus!) avec Une histoire d’hommes. Des hommes qui se retrouvent après une longue période d’absence et qui font leurs réminiscences de l’époque où ils formaient un band rock. Si quelquefois le temps met les distances, ils se rendent compte à quel point ils se sont manqués les uns, les autres. C’est une très belle célébration de l’amitié à notre ère où les médias sociaux isolent plus qu’ils ne rassemblent.

Une histoire d’hommes. Zep. Rue de Sèvres 62p.   www.zeporama.com

 






 


En poche cette semaine

Rencontre de deux pointures qui ont marqué l’Histoire contemporaine, Winston Churchill et Adolf Hitler. L’historien François Delpla fait un chassé croisé de leurs destins respectifs. Excellent exercice de style qui aurait gagné en simplicité s’il n’avait pas rappelé des faits déjà connu comme les circonstances de la montée du dictateur allemand. Sinon Delpla met bien en évidence le rapport fascination haine qui a animé les deux individus, l’un au service de la démocratie, l’autre du totalitarisme. Aux éditions Tempus. Et entrent dans la collection de la Bibliothèque québécoise, notre petit Panthéon littéraire, deux nouveaux opus, La Scouine d’Albert Laberge dans l’édition de 1918. On est en milieu rural. Mais au lieu de vanter les vertus de la vie d’antan, le romancier décrit des êtres qui ont souvent les pires défauts. Et que le temps nous a fait oublier. Mais qui ont régné en maîtres dans les rangs. Et de Pierre Szalowski, ce titre si étrange, Le froid modifie la trajectoire des poissons. C’est un petit garçonnet de dix ans, catastrophé à la perspective de la séparation de ses parents. Il appelle Dieu à l’aide. Le lendemain c’est la fameuse tempête du verglas qui s’abattra sur le Québec, créant des solidarités inédites. Suffisamment pour ressouder le couple de ses parents ? On ne vous en dit pas plus, sinon que l’écrivain a trouvé les mots justes pour plonger dans l’esprit du gamin.

 






 


Poésie et théâtre

Les éditions l’Interligne publient la seconde pièce de théâtre de Marie-Léontine Tsibinda, La porcelaine de Chine. Il y a un mari diplomate volage qui exaspère sa femme. Cette dernière journaliste voit son journal féministe fermé par un général despote. Pour passer sa frustration elle se déverse sur sa domestique. C’est une pièce de théâtre à trois personnages, Madame, Monsieur et la domestique. Une satyre d’un monde bourgeois en Afrique totalement décalé de la réalité de l’homme de la rue.  Et deux recueils de poésie, Le ciel clandestin de Marie Villeneuve aux éditions David. Il y est question de l’avant-vie, de l’après-vie et du pendant Extrait « L’automne se balance au bout d’une corde un cri mêlé au nœud va-et-vient de corneilles dans l’arbre qui s’affole d’où vient que le vent se lamente ».  Et chez Triptyque, de Carle Forget « Le sol ralentit sous mes pas » avec des accents de Saint-Denys Garneau. Cette montréalaise est une créatrice d’ambiances. Chaque poème est présenté comme une visite. Il y en a vingt-huit. Chacun de ceux-ci est une miniature en mots. Jugez vous-mêmes « Je marche vers et dehors continuellement désencombrée j’ignore par quel regard repartir ».

 




 


Chez Milady en poche

Nous avons quatre parutions dans quatre climats aux antipodes les unes des autres. Vous avez Marika Gallman et le tome 3 e sa saga Maeve Regan intitulé « La dent longue »  On sait ce que signifie cette expression. La protagoniste va réunir des vampires pour combattre son père qui  veut la tuer. Voyez le tendre climat filial. C’est prometteur. Puis Lynn Flewlling y va du premier tome Nightrunner de sa série Les Maîtres de l’ombre. Un homme est injustement cobdamné. Dans sa cellule surgit un étrange personnage qui va non seulement orchestrer leur évasion, mais faire du premier son apprenti pour s’opposer à la noire sorcellerie. Démoniaque est le huitième tome de la série Femmes de l’Autremonde de Kelley Armstrong. Une journaliste de Miami est assez tordue pour ne trouver le bonheur que dans le chaos. Elle va solliciter l’aide de son ex un loup-garou pour traquer un dangereux tueur. Et à notre époque qui voit ressusciter l’intérêt pour les zombies, bien voici Zombie Island de David Wellington. Un premier tome « Zombie story ». A la suite d’une catastrophe planétaire, les pays développés sont envahis par des zombies cannibales. Une mission est confiée à une bande d’adolescentes surarmées à Manhattan. De l’action à chaque ligne.

 

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