- LIVRES février 2019 -
 
 


 


Aléas d’une médecine numérisée

Étonnamment le monde numérique n’a pas engendré de romans tant que ça. Et pourtant quel terreau pour un auteur en panne de sujet. En tout cas pas pour l’écrivaine Olga Lossky qui a imaginé qu’un programme médical de pointe appelé « Providence ». Celui-ci consiste à insérer sous la peau, une puce à la technologie de pointe, qui permet de contrôler l’intérieur du corps et faire en sorte qu’on atteigne le risque zéro de maladies. Dans ce roman, Risque zéro, mené tambour battant, il y a une anesthésiste prénommé Agnès qui travaille dans un hôpital qui se refuse à intégrer ce programme novateur. Or pour le malheur de la spécialiste, une patiente adhérente à Providence va mourir sur la table d’opération. Débute un véritable cauchemar pour Agnès, car comme l’établissement cherche un coupable de négligence, les regards vont se tourner vers elle. Pire encore, le tendre époux de cette dernière est un dirigeant de Providence. C’est une fiction bien sûr mais au train où va la science médicale, ça devient presque un roman d’anticipation.

Risque zéro. Olga Lossky. Denoël 332p.

 

 


 


Une cordonnière bien chaussée

L’écrivaine Dominique Bona réputée pour ses biographies, fait démentir le vieil adage qu’un cordonnier est toujours mal chaussé. Car elle, qui a l’habitude d’évoquer la vie des autres parvient ans Mes vies secrètes, à très bien parler de la sienne. Et quelle galerie de contacts allant de Stefan Zweig, l’européen avant l’heure à Salvador Dali. Et si vous êtes comme beaucoup à vouloir mordre dans un livre dès les premières lignes, vous êtes servi en maître, car elle commence par décrire comment elle s’est retrouvée toute nue avec d’autres gens, alors qu’elle s’attelait à une biographie de Romain Gary. Avouez que pour un début ce n’est pas triste. C’est rempli d’anecdotes savoureuses comme lorsqu’elle rappelle que Paul Valéry était mort peu après la séparation d’avec sa femme qui lui avait préféré un homme plus jeune, en l’occurrence l’éditeur Robert Denoël. Et c’est comme ça à chaque page. Qui captive car pour vivre les sujets de ses biographies, elle aimait arpenter les lieux qui les avaient vu vivre. D’où beaucoup de voyages et d’exotisme. Le seul reproche qu’on peut faire c’est que c’est trop court. Y a-t-il un tome deux ?

Mes vies secrètes. Dominique Bona. Gallimard 319p.  

 


 


Un peu comme pour Montaigne et La Boétie

Parce que c’était lui, parce que c’était moi, disait t’on de l’amitié scellée entre Montaigne et La Boétie. On pourrait en dire autant de Bruno Le Maire et de son ami Paul décédé d’une tumeur au cerveau et pour qui il rédige ce qu’on appelait jadis un tombeau, sorte d’élégie funèbre en hommage au disparu. Si vous n’êtes pas familier d’avec la politique française, sachez que cet homme et aussi très bon écrivain, est une grosse pointure du gouvernement Macron. Un être qui n’est pas connu pour user de la langue de bois et qui donne toutes les apparences à ce jour de l’honnête homme que naguère Diogène chercha en vain. Dans Paul donc ce sont des réminiscences nostalgique de cette relation plus durable souvent que l’amour car non pas appuyé sur l’attrait des corps. Il note tout ce que son ami parti vers l’autre monde lui a légué et qui l’aide pour continuer à vivre et renforcer son engagement politique. Une grande ode à l’amitié, si rare aujourd’hui.

Paul. Bruno Le Maire. Gallimard 151p. 

 

 


 


Un roman japonais au thème moderne datant des années trente

Songez à l’audace, une écrivaine japonaise Chiyo Uno qui va produire un roman Confession amoureuse qui met en scène une femme qui ne fait pas mystère de son désir de s’offrir à un homme. Quand même incroyable au sein de la conservatrice société nippone. Cette femme va commencer à envoyer un premier billet à un homme qui lui plaît. Ce dernier est un artiste en renom. Dans lequel elle lui donne rendez-vous. Au début il ne donne pas suite, mais les missives se répétant il va s’y rendre. Alors commence une romance trouble. C’est tout en délicatesse et surtout savoureux dans le contexte historique où il a été produit. Chapeau pour cette trouvaille rééditée. On en redemande de ces perles sensuelles.

Confession amoureuse. Chiyo Uno. Denoël 260p.   www.denoel.fr

 

 


 


Dormeur à gages

Imaginez l’affaire. Un insomniaque au dernier degré en vient à ce ci. Que la seule chose qui puisse le faire plonger dans le sommeil c’est de tuer quelqu’un. C’est le scénario concocté par Tahar Ben Jelloun qui est au zénith de son talent dans ces pages qui est un joyeux délire. D’abord, rien qu’avec les insomniaques de la planète, il est assuré d’un vaste lectorat. Car il décrit bien l’inconfort suprême de ceux qui ne parviennent pas à profiter du sommeil du juste. Il y a des pages magnifiques à ce propos. En créant un personnage de dormeur à gages, on ne peut pas dire que l’imagination est tarie chez lui. Ce pourrait faire un beau fil au demeurant. Il en est d’ailleurs questions dans le roman, quand un producteur fantasque va lui proposer la chose.

L’insomnie. Tahar Ben Jelloun. Gallimard 259p.

 

 


 


Entre conte et roman dans l’Espagne en guerre

Muriel Barbery celle qui il y a douze ans fit tout un tabac avec L’Élégance du hérisson et ses six millions de copies vendues, nous avait donné aussi « La vie des elfes ». La revoici avec Un étrange pays livre indéfinissable qui se promène entre le conte et le roman, les aventures et la philosophie. On retrouve Clara et Maria qui figuraient dans La vie des elfes, elles qui ont la propriété de pouvoir parler aux animaux. C’est à la fois très terre à terre, car la guerre vous ramène rapidement à la réalité, mais en même temps, les esprits s’envolent. Et vous allez voir aussi la belle relation entre Alejandro et Petrus. Ce sont deux jeunes officiers de l’armée régulière. Ils ont beaucoup de charme comme vous allez vous en rendre compte et une grande capacité de rêver. Bref, un roman indéfinissable qui fait planer. Pas mal.

Un étrange pays. Muriel Barbery. Gallimard 380p. 

 

 


 


Biographie de Guy Rocher, un des grands intellectuels du Québec

Pierre Duchesne  l’ancien journaliste de Radio-Canada et ancien politicien, maintenant professeur aux deux universités de l’UQAM et de Laval à qui on doit une biographie remarquée de Jacques Parizeau, était tout désigné pour s’attaquer à la biographie de toute une pointure de la vie intellectuelle du Québec contemporain, nous avons nommé Guy Rocher maintenant à l’âge vénérable de 94 ans. C’est le dernier survivant de la célèbre Commission Parent de laquelle allait surgir le premier ministère de l’Éducation et qui reléguait les curés aux oubliettes pour confier désormais l’enseignement aux laïcs. Et il a réussi haut la main. Dans un style alerte, il passe en revue la mort de son jeune père, un ingénieur des travaux civils. Son militantisme en faveur des grévistes d’Asbestos et ses conflits avec le recteur de l’Université Laval Mgr. Vaudry, puis ses études hyper exigeantes à Harvard et le reste de sa vie publique que l’on connaissait certes, mais un peu moins vue des coulisses. Ici c’est le tome 1 qui sort en librairie. Et des histoires il y en a à la pelle dont les rapports des jeunes en sciences sociales, modernistes. Face au potentat Maurice Duplessis. En somme un ouvrage captivant et qui nous fait souvenir qu’on est parti de loin mais que c’était encore hier.

Guy Rocher Tome 1 Voir, juger et agir. Pierre Duchesne. Québec Amérique 458p.     www.quebec-amerique.com

 

 


 


Une époque noire pour ce roman de Danielle Steel

Danielle Steel l’écrivaine aux huit cent millions de copies vendues, ne s’arrête pas pour autant. Avec La médaille son dernier titre qui arrive en librairie, elle quitte les cadres habituels de romance qui sont d’habitude les siens, pour un univers historique qui va dérouter un peu ses fans, car cela se passe en région lyonnaise qui voit débarquer la barbarie nazie. En effet Gaëlle de Barbet va tour à tour voir sa meilleure amie déporter, son père tué par l’ennemi, et sa mère qui va basculer dans la folie. Et comme si un malheur n’arrivait pas seuls, le commandant local de l’armée allemande va réquisitionner la maison familiale pour s’en servir comme QG. C’en est trop pour la jeune femme qui va s’engager dans la Résistance et sauver aussi des juifs des griffes de la horde teutonne. Sa petite-fille va tout faire pour que son aïeule soit enfin honorée pour se faits d’armes. On est loin du beau monsieur riche qui enlève une belle infortunée. L’écrivaine multimillionnaire et francophile, a ainsi l’occasion de dépeindre du pourquoi de son amour pour la France et son histoire.

La médaille. Danielle Steel. Presses de la Cité 330p.     www.pressesdelacite.com

 

 




 


Le coin des animaux

C’est sans doute le plus bel hommage rendu à la race féline que cet album de photographies Chats passionnément chez Broquet qui nous fait voir une galerie de superbes photos de chats réalisé par Andrew Perrin. Quand on pense à  la farouche indépendance de ces matous, on s’étonne que bien des chats présents prennent la pose comme des stars. Les photos sont complétées par les fiches signalétiques détaillées pour chaque bête rédigées par Darlene Arden et Nick Mays. Après lecture vous serez incollables concernant le nebelung, le cymric, l’ocicat et le burmilla au regard interrogateur. Puis aux éditions 365 un almanach, qui tient aussi de l’agenda,  Animaux fascinants qui recèle 365 animaux, un pour chaque jour de l’année 2019. Encore une fois, ce sont les photos qui sont captivantes au possible. Et qui nous fera peut-être réfléchir, que, comme beaucoup sont menacés, qu’il est peut-être temps de faire quelque chose pour l’environnement.

 

 


 


Première femme sultane

D’origine égyptienne Jean Mohsen Fahmy adore écrire et ça se voit ou avec maestria il imagine dans La sultane dévoilée le destin de son héroïne, une esclave Chagaratt el-Dorr qui fera partie du harem du calife de Bagdad et  qui deviendra en 1238 la première femme du sultan d’Égypte et de Syrie. Sous le nom cette fois d’Al-Salih elle va œuvrer en coulisses de son mari sultan, ce qui fera que ce dernier repoussera les hordes de Saint-Louis au cours de la septième croisade. Première femme sultane de l’histoire elle connaître une épopée à nulle autre pareille. Est-ce assez pour vous donner le goût d’ouvrir ces pages où l’exotisme vous attend à bras ouverts. En même temps, un roman féministe car c’est une femme de tête que l’on découvre, pleinement capable de régner sur un pays à plus forte raison de confession musulmane.

La sultane dévoilée. Jean Mohsen Fahmy. Éditions David 274p.    www.editionsdavid.com

 

 


 


Du glauque venant du numérique

Le nouvel engouement numérique tendance c’est la « baladodiffusion » qui a déjà ses stars comme le tandem formé par Émile Gauthier et Sébastien Lévesque qui sont des pros de la communication e du marketing numérique. Ils ont une très grande audience avec leur émission. Ils ont glané au fil du temps des histoires venant d’internautes qui ont en commun de mettre en valeur le côté moins reluisant de l’être humain. Les comparses commentent le tout en nous mettant en même temps au courant de tout un univers numérique et ce qui crée le buzz, ses acteurs etc. Intéressant au possible pour ceux qui ne veulent pas être en retard sur leur époque. Aussi on se rend compte que peu importe les périodes de l’histoire, les besoins fondamentaux des êtres humains demeurent les mêmes. En vrai comme en virtuel.

Distorsion. 13 histoires étranges de l’ère numérique. Émile Gauthier et Sébastien Lévesque. Éditions de L’Homme 219p.    

 

 




 


Le coin des arts visuels

Chez l’éditeur Spicebox, deux ensembles qui procureront bien du plaisir dans leurs sphères respectives. Le premier La calligraphie à la portée de tous rappellera aux plus vieux l’enseignement qui était dispensé, notamment dans les communautés religieuses, pour développer ce qu’on appelait alors une belle écriture. Il y avait entre autres ce qu’on appelait le style Spencer avec des lettres quasi enluminées. Dans la notice accompagnant cette présentation on parle d’écriture chancelière, très jolie, qui fait référence sans doute à un mode graphiste qu’on se donne peut-être dans les ambassades, consulats et chancelleries de ce monde. Vous trouverez les stylos requis à pointe fine, l’encre, et surtout du très beau papier. Eh oui, à ne pas oublier, un petit cahier didactique pour apprendre à faire ses classes.

Le second ensemble Aquarelle guide facile de Philip Berrill. Ce professeur rompu à cette technique qui génère de si jolies toiles, nous offre un manuel d’instruction, une tablette de papier aquarelle (20 feuilles au total), un tube de gouache blanche, trois tubes d’aquarelles, deux pinceaux et quatre coupelles de peinture. Il ne reste que votre talent pour ce qui est du reste.

Et vous avez le tandem british Selwyn Leamy et Henry Caroll qui offre Le cahier qu’il vous faut pour réussir vos dessins. Qui comporte essentiellement des pages faites de beau papier avec ça et là des dessins inspirants. C’est chez l’éditeur Pyramyd.

Helen Birch est bien connu comme une pédagogue accomplie en art visuel avec tous les livres auxquels elle s’est consacrée. Elle persiste et signe chez le même éditeur Pyramyd avec Dessiner la flore. Ce qui est bien avec cette thématique, c’est qu’il n’y a pas meilleur sujet que l’art floral pour magnifier les couleurs. C’est une prof très exigeante et qui ne verse pas dans la facilité. A preuve les modèles proposées à reproduire qui ne sont pas à la portée du premier venu. Si on parle de dessin, il est surtout question ici de colorisation avec aquarelle et techniques mixtes.

 

 


 


Troisième sur la flore nordique du Québec et du Labrador

Cet ouvrage ne fera jamais la manchette de nos journaux télévisés et le devrait, car au seul motif du travail important qu’a généré la publication de ces quatre volumes de la Flore nordique du Québec et du Labrador dont le troisième tome paraît maintenant en librairie. Il excitera au plus haut point les botanistes et protecteurs de l’environnement. Sous la direction de Serge Payette il a requis un aréopage de scientifiques du domaine. Et dans la préface il est nommé la liste des organismes de subvention dont non le moindre, le gouvernement du Québec. Voilà des fonds publics utilisés avec grande intelligence. Le résultat est impressionnant et force le respect. Prenez seulement dans les premières pages la description de la shepherdia canadensis. Puis à la toute fin vous avez un glossaire complet réalisé par M. Payette en compagnie de Michelle Garneau. A-t-on besoin de mentionner qu’il est aussitôt devenu l’ouvrage de référence.

Flore nordique du Québec et du Labrador. Volume 3 Collectif. Presses de l’Université Laval 711p. 

 

 


 


Il y a un demi-siècle l’homme marchait sur la lune

Cinquante ans déjà que Neil Armstrong foulait le sol lunaire en déclarant cette phrase devenue historique à savoir que c’était un petit pas pour l’homme mais un bond de géant pour l’humanité. On se souvient pour ceux qui étaient en âge, que nous étions demeurés rivés à notre petit écran pour écouter les descriptions à la télé, tant de Henri Bergeron à Radio-Canada que le professeur Jacques Lebrun à TVA. Pour marquer le coup on sort un ouvrage commémoratif, préfacé par Buzz Aldrin qui pilotait lui le module lunaire. Destination lune reprend toute la sage de la NASA depuis les touts débuts.  Ça tombe à point nommé car on envisage une nouvelle expédition lunaire. A suivre.

Destination lune. Collectif. Broquet 94p.   www.broquet.qc.ca

 

 






 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les trois prochains titres sont publiés aux éditions du Dauphin Blanc. D’abord Dany Ouellet qui a été motivé pour écrire Moi je raconte des histoires à méditer à la suite d’un pèlerinage sur le chemin de Compostelle. Cette psychologue se veut citoyenne du monde. Vivant en Abitibi où elle travaille au sein d’une communauté algonquine, elle a pondu ce livre indéfinissable, où s’entremêlent des aphorismes ou de courtes histoires à symboles. Avec comme il est dit dans le titre, l’objectif de faire méditer son lecteur.

De son côté Rita Badraoui signe Il n’y a pas de hasard, que des rendez-vous. Cette trentenaire toute enthousiaste, a écrit ce livre dans le cadre du concours Les Plumes Francophones d’Amazon. C’est un roman mais sur fond de développement personnel car l’héroïne, déçue d’une relation qui tourne mal, elle qui se voyait déjà engagée dans la vie matrimoniale, fondant une famille. Elle ira donc dans une auberge pour prendre la distance nécessaire et c’est là qu’elle fera des rencontres qui changeront positivement le cours de son destin.

Luc Côté nous partage cinq clés pour notre cheminement spirituel dans Les dimensions de l’âme. C’est un petit traité sur l’âme qui est né d’une gageure de son environnement qui le mettait au défi d’écrire sur ce thème, lui qui honnêtement n’en avait aucune idée. Et étrangement, c’est en cours d’écriture que cet analyste en informatique a structuré sa pensée. Éclairant.
Ces trois autres titres sortent aux éditions Béliveau. Ils sont deux Dave Braun et Troy Amdahl, qui arrivent avec sept propositions regroupées sous le titre Oola trouver l’équilibre dans un monde de fou. Personne ne contestera le tempo complètement dingue de notre temps avec tous ces gens souffrant d’addiction à leur téléphone intelligent, toujours pressés, jamais de temps pour les proches mais beaucoup à consacrer à ceux qui composent leur univers virtuel. C’est un livre de croissance personnelle mais qui ne ressemblent pas à ce que vous trouvez sur le marché dans l’industrie du bonheur. Avec plein de questions interactives.

Mine de rien on célèbre le 10ème anniversaire de ce best-seller de Bill Marchesin « Obtenez ce que vous désirez ». Si vous ne l’avez jamais parcouru, voici une occasion de vous rattraper. On ne s’est pas contenté de remettre ce titre sur le marché, on l’a actualisé et bonifié. Il répond surtout à la question que se pose ceux qui pour qui ont l’impression que jamais rien ne fonctionne pour eux. Vous avez ici le pourquoi et le comment. Et les façons de se sortir de cet état d’esprit victimaire.

La naturopathe Michelle Roy semble s’engager vers une série d’ouvrages si on ne juge par la mention que L’éveil à soi porte la mention de tome 1 « S’ouvrir au changement ». Elle y raconte son parcours spirituel à travers la narration d’événements de sa vie pour lesquels elle a beaucoup réfléchi. Et c’est le fruit de toute cette intériorité mûrie qu’elle consigne dans ces chapitres.

 

 








 


Le coin santé physique et psychique (2)

Lumira est née au Kazakhstan et durant son enfance elle s’est baladée entre son pays et l’Ukraine. C’est toutefois au contact de la sagesse russe ancestrale, qu’en Allemagne elle va pouvoir mettre à profit ses dons de guérisseuse chamanique. Elle lance Le pouvoir de guérison spirituelle aux éditions Macro avec en prime un CD de méditations guidées. Autant par le texte que par la musique, elle veut guérir les blessures psychiques. Son approche enfin est de nature holistique.

Aux éditions du Cram Jean-Guy Arpin arrive avec Chemin zen avec la proposition de comprendre en peu de mots. Et effectivement il limite ses mots, de sorte que nous avons affaire à une petite plaquette et qui gagne en contenu plutôt qu’en contenant. Avec une pensée comme celle-ci, au choix,  qui donne le ton « si tu veux connaître ce qu’est la mort, apprends ce qu’est la vie ».

Les deux autres livres sont publiés aux éditions de L’Homme. Érik Giasson pour commencer avec Nourrir sa tête sans affamer son cœur avec en sous-titre « six questions pour trouver l’équilibre. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est que vous l’avez sans doute vu en interview à la télé. En effet, ce trader parti à la conquête de Wall Street a vu ses rêves s’effondrer. Fini l’espoir de devenir un loup de la finance. Il est rentré au Québec et a amorcé une profonde réflexion sur soi, sur ce qu’était ses réels besoin. L’homme au caractère bien trempé, s’est lancé dans le yoga où il a trouvé sa voie. Dans ce livre il reprend les valeurs qui étaient les siennes et qui ont été métamorphosées au fil de la réalité. En complément il a interviewé six personnalités sur leur cheminement dont le comptable vedette Pierre-Yves McSween et l’actuelle ambassadrice du Canada à Paris, Isabelle Hudon.

Ils sont de plus en plus nombreux les sonneurs d’alertes qui s’inquiètent de notre déshumanisation à l’ère numérique. Stéphane Garneau est de ceux-là et exprime son inquiétude dans Survivre au XXIème siècle. L’animateur radiophonique étroitement associé à la radio de Radio-Canada se pose de sérieuses questions sur l’addiction au numérique et au multitâche en entreprise.  Il fait son mea culpa toutefois reconnaissant être un adepte de ces plateformes. Ici il se contente d’exposer les problématiques mais n’a pas de solution miracle outre de rappeler que là aussi la modération a bien meilleur goût.

On le sait, la première pharmacie du monde se trouve autour de nous dans la nature. La naturopathe Linda Lavoie a décidé de consacrer chez Québec Livres un aspect curatif des plantes pour ce qui est des traitements de l’épiderme. Ça donne La santé de votre peau par les planètes. Un petit ouvrage bien précieux quand la peau vous démange et que vous n’êtes pas un partisan de la cortisone. Exemple l’aloès fait grand bien contre l’eczéma. C’est pour cette raison qu’on a fait rentrer la sève de l’aloès comme composante en cosmétologie. A garder près de soi comme livre de référence.   

 

 


 


Deux âmes sur une île perdue de la Finlande

Avec la Scandinavie nous sommes en terrain de connaissance car le paysage et le climat ressemble à celui du Québec. Et même la littérature locale ne nous dépayse pas. Ainsi saurons-nous nous plonger dans l’ambiance de cette île perdue, non loin du port d’Helsinki, théâtre où se situe l’action de Fair-play de Tove Jansson. Une autre petite perle de la littérature mondiale qui nous parvient grâce à l’initiative de cette petite maison saguenéenne dynamique, La peuplade,  qui ose tendre la main aux auteurs d’ailleurs, une démarche qui est semblable à ce que fait l’éditeur Marchand de feuilles qui s’ouvre à la mondialisation. Ici ce sont deux femmes qui s’aiment beaucoup, des artistes visuels qui ont chacun leur atelier dans cette grande maison. Elles partagent plein de choses. Et ceux qui désespèrent d’être seuls dans la vie désespéreront certes de ne pas jouir d’une telle communion des âmes. La traduction d’Agneta Ségol rend bien les émotions qui habitent ces deux femmes qui ont chacune leur personnalité bien trempée. Ce roman tutoie la note d’excellence.

Fair-play. Tove Jansson. La peuplade 141 pages.   www.lapeuplade.com

 

 


 


Autour d’Alan Turing le père des ordinateurs

La vie d’Alan Turing a été porté au grand écran et pour cause. Ce génie méconnu a réussi grâce à la construction d’un appareil sophistiqué et d’une rare complexité mathématique capable de décrypter la machine à codes secrets Enigma et permettre ainsi d’abréger le cours sanglant de la seconde guerre mondiale et de favoriser notamment le débarquement de Normandie. Avec sa découverte on le considère comme le père des ordinateurs. Malheureusement pour lui côté vie intime, son attirance pour la gent mâle lui valu la réprobation des autorités et contribua pense t’on à son suicide, non élucidé. Une aura de mystère entoure d’ailleurs sa fin de vie qui fut pénible indéniablement. Jacques Marchand part des faits qui sont de nature biographiques pour tenter de recréer le climat de vie qui fut celui de cet inventeur de génie. S’il se permet des dialogues, c’est la liberté qu’autorise la littérature. En parcourant cet ouvrage vous faites une pierre deux coups, vous accroissez votre niveau de connaissance sur un pan de l’histoire contemporaine, en même temps que vous savourez le niveau littéraire de l’auteur qui trouve les mots justes pour restituer ce qui fut alors.

La joie discrète d’Alan Turing. Jacques Marchand. Québec Amérique 431p.    www.quebec-amerique.com

 

 


 


Le football tel du James Bond

Le dicton est bien connu, où il y a de l’homme il y a de l’hommerie. Et c’est plus vrai que jamais dans le monde du football mondial. Même si ce sport nous vous chauffe pas du tout, vous prendrez un immense plaisir à découvrir à quel point les manipulations d’argent et la corruption sont florès dans ce sport du ballon. Romain Molina a enquêté longuement sur les forces obscures qui s’agitent dans les coulisses de ce monde. Les meurtres mis à part, c’est aussi palpitant qu’un James Bond car il y a dans cet univers des hommes de l’ombre. Et il nous livre les tergiversations entourant le mirobolant contrat du brésilien Neymar qui nous avait fait tous sursauter. S’il y a un symbole fort de la mondialisation c’est bien dans le foot. Et le plaisir sera décuplé pour ceux qui sont des accros de cette discipline.

La mano negra. Romain Molina. Hugo Doc 280p. 

 

 


 


Destiné aux voyageurs saturés des touts inclus

Avec ces soubresauts yoyo de notre climat, on comprend très bien les nôtres de vouloir déguerpir du Québec et de se laisser la couler douce dans une belle contrée ensoleillée et accueillante. Et de surcroît on voudra pimenter son périple avec diverses curiosités. Si vous en êtes à votre énième voyage à Varadero, Cancun, ou certains endroits de villégiature de la République dominicaine, vous avez peut-être le goût de voir ailleurs. Ça tombe bien, car deux guides merveilleux Mylène Moisan et Alexandre Leblanc ont une panoplie de destinations nouvelles à proposer réunie dans Voyager hors des touts inclus. Votre première objection sera sans doute le coût plus cher d’un voyage classique plutôt que dans une formule tout inclus. Eh bien non, et les auteurs font la démonstration avec des circuits très économiques qui ne chaufferont pas votre carte de crédit.

Voyager hors des touts inclus. Mylène Moisan et Alexandre Leblanc. Les éditions La Presse 263p.    www.editionslapresse.ca

 

 




 


Deux titres qui valent le détour à la Plume d’Or

Le catalogue de romans chez l’éditeur La Plume d’Or s’enrichit de deux nouveaux opus qui méritent le détour. Le regretté Charles Aznavour affirmait avec pertinence que dans toute production livresque ou cinématographique, il fallait impérativement une bonne histoire et que tout se jouait soit dans les dix premières lignes ou les dix premières minutes sinon c’était foutu.  Cette observation ne peut mieux trouver résonnance que dans les deux titres que cette maison d’édition québécoise publie. Et dans deux tonalités bien différentes. D’abord Roland Lapointe s’amène avec Delirium Café.  C’est l’histoire d’un gestionnaire qui va se taper d’abord un burnout. Et quand ses forces lui reviendront, sa première idée sera de racheter un bistro, le Delirium Café pour enfin pouvoir voguer vers des lendemains qui chantent. Hélas pour lui, ce sera le terrain de jeu de mauvaises fréquentations du Milieu qui provoqueront la dérive. Notre gars n’a décidément pas les planètes bien alignées. Sauf qu’une étudiante en technique infirmière en quête d’un petit job à demi temps, viendra peut-être changer le cours du destin. C’est le premier roman de l’écrivain et ça annonce quelque chose de bien. Le novice a bien fait ses classes. Et il a une sacrée bonne histoire qui pourrait même faire un bon film. Avis aux scénaristes en panne de sujet.

Dans un tout autre registre c’est Maurice Jean avec Mes amis Facebook. Le titre d’abord et ensuite l’illustration d’un macchabé vont d’office attirer la curiosité. Et celle-ci sera récompensée car nous avons ici affaire à une autre enquête du limier Henri Patenaude, qui est à Monsieur Jean ce que Maigret est à Simenon. Il était une fois une jeune femme qui vivait avec un grand-oncle. Et quand ce dernier va rejoindre son Créateur, au lieu d’un pactole il lui laissera pour tout héritage qu’à une liste d’amis. Le parent justifiait ce choix en prétendant que ceux qui y figurent lui seront d’un apport côté quête d’une vérité. Mais il s’avèrera que rentrant un jour à la maison, elle découvrira à sa grande stupeur un homme étendu mort. Il était un des amis de la fameuse liste qu’elle avait commencé à éplucher côté rencontres. On verra longtemps après, que lors des interrogations avec le détective Patenaude, la liste tombait sous le sens au plan existentiel. Une autre histoire bien ficelée;

 

 


 


L’amnésie bénéfique

Le thème semble au premier abord étriqué, cette histoire d’une femme qui fait une malencontreuse chute lors de la pratique d’un sport et qui va reprendre conscience, mais totalement amnésique. Elle se donne dix ans de moins, croit être dans l’attente de son premier heureux événement alors que dans la réalité elle est déjà mère de trois enfants. Puis en plus son mariage tombe à l’eau. Ça semble être un peu tiré par les cheveux mais c’est là qu’entre en scène le talent. Et quel talent. Avec A la recherche d’Alice Love, Liane Moriarty qui nous a déjà donné ce méga best-seller « Le Secret du mari » a échafaudé un scénario pour lequel elle trouve une forme bénéfique à cette amnésie. Intrigant ? Oui et c’est peu dire. Car si tous les codes de compréhension sont bouleversés, la protagoniste tire très bien son épingle du jeu. On va s’attacher à cette Alice Love à qui arrivera ce qui ne se produit pour aucun autre. En même temps l’écrivaine explore toute la fragilité de notre existence qui tient souvent qu’à un fil…ou une chute. Bref vous ne vous ennuierez pas une seule seconde, c’est le plus beau compliment que l’on puisse faire à ce bouquin.

A la recherche d’Alice Love. Liane Moriarty. Albin Michel 460p.  

 

 








 


En format poche aux Presses de l’Université Laval

D’ordinaire on ne traite pas les formats poche pour la raison qu’ils ont souvent faits dans nos colonnes l’objet de recensions dans leurs formats originaux de sotie. Mais on fera exception cette fois pour vous signaler l’arrivée en petit format de Voisins et ennemis de John Boyko paru la première fois en 2014 qui relate les relations entre le Canada et nos voisins américains durant la guerre de Sécession. Ensuite un essai en collectif qui colle à l’actualité inquiétante de l’addiction des jeunes aux jeux vidéo. Il s’intitule Jeu vidéo et adolescence sous la direction de Vincent Berry et Leticia Andlauer. Il n’y a pas que du négatif dans le rapport de la jeunesse avec ces jeux électroniques ultra-séduisants où la violence est très présente comme thème. Un aspect anthropologique est mis en évidence qui vaut le détour.

Et d’André Parent c’est L’histoire des neurosciences à Québec. Où l’auteur professeur titulaire au département de psychiatrie et de neurosciences à la Faculté de médecine de l’Université Laval passe en revue un demi-siècle de recherches dans ce domaine. L’essayiste rend hommage en même temps aux figures de proue qui se sont illustrés en la matière et leur apport. Un tribut qui devait se faire et qui est justement mérité.    

 

 


 


Anthropologie romanesque des villages en perdition

Si vous avez aimé le film de Denis Côté qui s’est inspiré du roman de Laurence Olivier vous aurez sans doute le goût de prolonger votre plaisir en lisant ce Répertoire des villes disparues où vous aurez l’occasion de vous faire mentalement vos propres images. L’écrivaine qui en est à son premier roman avec ce titre, promène un regard presque poétique sur ces personnages qui vivent sous nos yeux au quotidien, comme cette visite dans un bar de danseuses. Elle traduit bien ce qu’on voit et ce qui échappe au premier regard. Comme noviciat en littérature c’est proprement réussi. Et on attend vivement l’opus II.

Répertoire des villes disparues. Laurence Oliver. Les herbes rouges 118p.  www.lesherbesrouges.com

 

 


 


Il était une fois les Récollets

Dans nos livres d’histoires de notre enfance on s’est peut-être souvenu que la communauté religieuse des Récollets, attaché à l’ordre des franciscains a été parmi les premières à débarquer en terre de Nouvelle-France avec mission d’évangéliser les sauvages et servir d’aumônerie militaire. Il y a aura des allers-retours au cours de l’Histoire où les Récollets seront présents puis disparaîtront. C’est le fait qu’au lendemain de la Conquête l’autorité nouvelle interdira à cette communauté de faire du recrutement que celle-ci ne sera plus dans le décor. Sous la forme des franciscains il y aura un retour à la fin du XIXème siècle. Mais même s’ils n’ont jamais été très nombreux, ils ont marqué de leur présence et c’est toute cette belle épopée que raconte ce gros album érudit sous la direction de Paul-André Dubois et qui a pour titre Les Récollets en Nouvelle-France, traces et mémoire. On saluera ici l’immense recherche qui a présidé à cette édition de référence.

Les Récollets en Nouvelle-France, traces et mémoire. Sous la direction de Paul-André Dubois. Presses de l’Université de Montréal 550p.   www.pulaval.com

 

 


 


Une guerre à finir entre le champagne et le tokay

Il y a bien des façons de faire connaître les vins et spiritueux. Et c’est une heureuse association entre la firme Vinifera et la maison d’édition Glénat d’avoir opté pour la voie de la BD pour raconter la longue histoire des grands nectars. Et voici le dernier tome en date La guerre champagne contre tokay du scénariste Corbeyran et de l’illustrateur talentueux J.J. Dzialowski. Nous sommes transportés au XVIIIème siècle où se livre une guerre du goût. En effet, c’est la bataille entre qui du champagne ou du tokay triomphera dans les palais, au propre comme au figuré. Les anglais et les français aiment le champagne, les saxons le tokay, plus liquoreux avec un fond de miel qui enchante les Habsbourg. On sait au final que ce sont les bulles du champagne qui l’emporteront, ça on le sait. Mais ce qui a précédé cette victoire est moins connu. Un passé bien réhabilité avec cette BD instructive au possible, surtout avec en complément un petit cahier plus fouillé pour ceux qui désireraient en connaître davantage..

La guerre champagne contre tokay. Corbeyran et J.J. Dzialowski. Glénat 52p. 

 

 


 


Michel Onfray nous parle de la sagesse romaine

A la rédaction nous sommes des fans finis de Michel Onfray autant avoué tout de suite notre partialité. Car tout comme un Jacques Attali, comment ce professeur de philosophie parvient-il à accoucher annuellement quand ce n’est pas deux fois l’an des traités érudits, que ce soit sur Freud, la gastronomie, ou comme cette fois ci avec Sagesse qui aborde un aspect moins connu des romains, leurs philosophes. A la différence des grecs réputés faire de la rhétorique à perpète en fendant un cheveu en quatre, les romains eux, se contentaient de réponses simples à des préoccupations de tous les jours. Par conséquent ils ont laissé très peu d’écrits. Et oublier les péplums hollywoodiens avec les empereurs despotes et leurs naïades se dandinant dans les banquets orgiaques. Ils avaient un niveau de raffinement que commente très bien l’essayiste qui démarre son récit avec l’éruption du Vésuve. Puis les observations successives sur leur époque par Pline l’Ancien et Pline le Jeune. Mais ce qui a surtout retenu notre attention, ce sont des commentaires des contemporains de ce temps qui se posaient des questions très existentielles sur la nécessité de procréer dans un monde de fou. Et ça donne ce chapitre qu’il faut lire à tout prix avant de songer vouloir un enfant ayant pour titre « Engendrer, pourquoi fait-on des enfants plutôt que rien ? ». Onfray à ce moment là entre dans la danse et se met en scène pour y aller d’affirmations sévères sur ce besoin à tout prix et jugé à ses yeux inconséquent de faire des enfants. Lui-même bien évidemment n’en a jamais voulu. C’est un passage cinglant. Du grand philosophe qui encore une fois va à l’essentiel.

Sagesse. Michel Onfray. Albin Michel/ Flammarion 520p.  

 

 


 


Esquisses sur Carla Bruni

Carla Bruni a été de la dernière vague de ce qu’on a appelé les top model en mode, ces mannequins très people qui pouvaient commander des cachets stratosphériques, et qui se distinguaient par le fait qu’elles ne se contentaient pas d’être de simples porte-manteaux sur les podiums, mais d’avoir aussi de sacrés personnalités. Et avec Bruni c’était même un cran au-dessus, car la richissime fille d’un riche industriel, revendiquait étonnamment une rare liberté sexuelle, collectionnant au passage les amants et pas les moindres dont Mick Jagger. Tous ont craqué pour elle et son minois dévastateur. Le journaliste Marc Dolisi qui la connaît bien a senti le besoin de se fendre d’un portrait de ce qu’il perçoit d’elle avec aussi un peu de la biographie de son sujet, véritable Don Juan au féminin. Ça donne Un après-midi chez Carla qui donne un aperçu de cette dilettante qui aime bien essayer diverses choses, dont la chanson et qui est comme sait madame Sarkozy à la ville, ex-première dame de France.

Un après-midi chez Carla. Marc Dolisi. Robert Laffont 172p.   www.laffont.ca

 

 






 


Le coin santé physique et psychique

Si nous avons mis Otage du silence de Keyzer Myriam sorti chez Béliveau éditeur, c’est qu’en psychologie c’est admis que la manipulation religieuse est considérée comme de la maltraitance, avec des conséquences inimaginables pour la confiance en soi de l’individu à qui on retire tous ses repères. Ça été le cas de cette femme qui dès l’âge de deux ans et s’étendant sur vingt ans, a été soumise à un véritable lavage de cerveau aux mains d’une secte abrutissante, arrachée aux siens, et plongée, dans une autre culture. Elle a commencé à écrire son bouquin en 1999 et en a retardé la terminaison car elle avait peur que les médias s’emparent de son récit et fassent dans le sensationnalisme ce qui hélas n’est pas une fausse crainte. C’est maintenant chose faite et cet exercice d’écriture a été un facteur de libération.

Puisque nous sommes dans le témoignage, en voici un autre, d’une toute autre couleur. Il s’agit de Faustine Godin née dans le nord de la France et qui se partage entre son pays natal et le Québec, mais qui a ajouté d’autres destinations à son itinéraire personnel pour en arriver à trouver en elle-même qui elle est vraiment. Une quête identitaire qui s’est imposée au lendemain d’un divorce. La jeune femme qui mangeait des biscuits avec un casque de moto sur la tête annonce bien entendu quelques drôleries. Peut-être est-ce le fait que de s’être trouvée allège le fardeau. L’humour est un tonifiant fantastique contre la lucidité. Aux éditions Un monde différent.

Chez l’éditeur L’Aube de Laurence Hansen-Love c’est Simplement humains. Avec en sous-titre une proposition étonnante « mieux vaut préserver l’humanité que l’améliorer ». L’auteure est professeure agrégée de philosophie à l’Ipesup à Paris, un Institut qui depuis quarante ans prépare les élèves aux admissions des grandes écoles. A travers des horaires de cours sans doute démentiels, elle a trouvé le temps de s’asseoir un peu et de voir la marche du monde. Et elle s’inquiète de toute cette excitation ambiante autour de l’intelligence artificielle. Elle s’en inquiète grandement et c’est pourquoi son petit traité en appelle simplement à demeurer simplement humains. Et ce, plutôt que de partager l’espace avec des pseudos personnes imaginés par des Folamour délirants. Son propos est complété par tout un appareil critique qui permettra au lecteur d’approfondir sa réflexion.

 

 






 


Trois rencontres salvatrices chez Hugo roman

Si vous êtes du genre à aimer vous laisser transporter dans une lecture par tout un tourbillon de sentiments, vous allez être servis. Habituellement on ne touche pas trop la romance, mais pourquoi ne pas faire une exception. C’est ce qui se passe chez l’éditeur Hugo qui dans sa collection roman débarque avec trois titres qui ont en dénominateur commun que la rencontre d’un des partenaires des couples ici exposés face interagir assez positivement dans la vie de l’autre. C’est le cas d’Anna Todd qui signe Stars avec un tome 1 qui annonce sinon une saga au moins deux tomes, intitulé « Nos étoiles perdues ». C’est le croisement d’une massothérapeute, Karina, avec un soldat américain rentré d’Afghanistan, prénommé Kael. Autant la première est un moulin à paroles, autant le second est un être tout d’intériorité. Mais il y a complémentarité car le militaire sert d’exutoire à la jeune femme qui déverse son trop-plein. Mais si ce duo a des atomes crochus, est-ce que le gars par contre ne retient-il pas des faits dynamitant qui peuvent mettre en péril cette toute nouvelle relation ?

Puis cette fois c’est le tandem Stuart Reardon et Jane Harvey-Berrick qui présente Invincible. Le premier auteur connaît bien le milieu dont il est question en toile de fond, le rugby, car c’est un ancien de ce sport au niveau professionnel. Un sport parmi les plus rudes pour le physique des participants car les mises en échec ne pardonnent pas souvent. Et c’est ce qui arrivera au « héros » du roman, Nick Renshaw, qui subira de lourdes blessures qui le mettront hors-circuit et pas seulement sur le terrain de jeu. Sa vie personnelle s’en trouvera également chamboulée. Sur son chemin va surgir une femme, docteure de son état, Anna Scott. Les deux pour diverses raisons ont en commun qu’ils sont défaits à bien des niveaux mais ils veulent absolument triompher de l’adversité. Est-ce que ça se terminera par un happy end ? Pensez donc qu’on ne vous en dévoilera pas la conclusion, de crainte que vous ne boudiez votre plaisir.

Et enfin la française Morgane Moncomble se distingue avec Aime moi je te fuis. Qui met en scène Zoé qui vient de vivre une rupture dont elle se serait bien passée. Pour chasser de sa tête cette ex relation, elle va plutôt se mettre sur le marché de la défonce avec le premier mâle alpha disponible. Mais la pauvre. Elle va se heurter à la désillusion. Puis il va arriver cette situation désopilante qu’un autre amant d’un soir, Jason, s’aperçoit que celle qu’il tient dans ses bras est la colocataire de son meilleur pote. Ça va créer une situation tendue au début qui va se transformer, et vous verrez pourquoi en un pari à tenir du côté de Zoé. Notons au passage que parmi les thèmes exploités, un retient l’attention, la bisexualité, insuffisamment traité tant en littérature qu’au septième art. Donc trois romans aux tonalités bien diverses mais qui logent à l’enseigne de la passion débridée.

 

 


 


Un cercle de lecture pas comme les autres

Le cinéma nous a fait connaître Le cercle des poètes disparus. Cette fois laissons le duo constitué de Marry Ann Shaffer et Annie Barrows nous faire découvrir un autre cercle Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates…Un titre intrigant en diable. Il était une fois, nous sommes à Londres en 1946, où une jeune écrivaine Juliet est confrontée au syndrome de la page blanche. Le hasard qui fait toujours bien les choses comme on sait va la mettre en contact avec une lettre d’un correspondant en provenance l’île anglo- normande de Guernesey, celle où se réfugia jadis un certain Victor Hugo. Et s’établira un lien épistolaire qui lui fera découvrir le fameux cercle de littérature au nom si étrange. Mais qui avait une mission en son temps, celle de créer de la diversion auprès de l’occupant allemand. Voilà de quoi noircir un  beau roman. Édité aux éditions du Nil on retrouve cette fois une réédition aux éditions Retrouvées dans sa collection « Lire en grand » qui se signale par de gros caractères typographiques pour faciliter la lecture.

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchure de patates. Mary Ann Shaffer & Annie Barrows. Éditions Retrouvées  455p.     www.editionsretrouvees.fr

 

 


 


Portraits de femmes seules qui valent le détour

Louise Portal est bien placé dans l’ordre d’affection des québécois qui ont appris à connaître cette comédienne attachante et surtout authentique. Et chaque action artistique qu’elle pose, comme lorsqu’elle se fait écrivaine, retient toujours l’attention pour diverses raisons. Cette fois, fort de ce fait de société où il y a énormément de femmes dans la trentaine, quarantaine, parfois plus, qui vivent seules. Louise Portal en connaît plusieurs et a voulu savoir comment elles en étaient arrivées à se retrouver ainsi, loin de la vie à deux. Ça donne un petit opuscule Seules ces femmes que j’aime où elle fait le portrait de quinze femmes. Et les trajectoires des unes et des autres diffèrent énormément, sinon la finalité de leur mode d’existence actuel. Comme écrivaine elle a fait des embellies, arrondies des coins, surtout pour préserver l’identité de ces sujettes. Les hommes auront intérêt à parcourir ces pages car il est beaucoup révélé des attentes des femmes. Et pour celles qui abhorrent la perspective de la solitude, on nous montre bien que parfois ce peut-être source de plénitude.

Seules ces femmes que j’aime. Louise Portal. Druide 132p.   www.editionsdruide.com

 

 


 


Mondialisation et cosmopolitisme

Dans son essai qu’il publie Sept leçons sur le cosmopolitisme, Joseph Yvon Thériault professeur de sociologie à l’UQAM nous apprend que Diogène, dès le IVème siècle avant Jésus-Christ, se déclarait citoyen du monde. Que le rapporteur s’empresse d’affirmer que cette expression a été un peu galvaudée. Car en même temps que la mondialisation tend à abolir les frontières, les nationalismes en contrepartie refont surface et aussi une multitude de revendications à l’indépendance. Cela dit il travaille ici sur trois thèmes : le cosmopolitisme et la forme nationale, le cosmopolitisme et le refus de l’institution et le cosmopolitisme pratique desquels découlent sept leçons. Ça tombe bien à l’heure où les démocraties sont fragilisées, le multiculturalisme dans les populations et le débat sur la laïcité, cet essai trouve une place de choix dans la réflexion à faire.

Sept leçons sur le cosmopolitisme. Joseph Yvon Thériault. Québec Amérique 229p.      www.quebec-amerique.com

 

 


 


Des tableaux bibliques, les messages scrutés à la loupe

Guy Bonneau professeur à la Faculté de théologie de l’Université Laval est doté d’une disposition qui lui permet de voir au-delà de l’image. Et on peut imaginer le plaisir qu’il a pris en se rendant dans divers musées du monde pour aller contempler les œuvres d’inspirations bibliques. Il a retenu de son périple une vingtaine de tableaux qu’il dissèque avec l’œil du théologien. On n’est pas seulement dans une appréciation sommaire de ce que l’on voit. Il décrypte à fond tous les messages, mêmes subliminaux. Et pour cela il va prendre des segments d’une telle œuvre qu’il nous offre à la découverte. La Bible dans la peinture est un travail de grande rigueur qui vous fera voir ces œuvres différemment, mais qui permettra au lecteur d’aborder désormais les peintures avec une autre perspective.

La Bible dans la peinture. Guy Bonneau  Fides 292p.   www.groupefides.com

 

 


 


Une écolière en pince pour le vicaire

Semble t’il que la nouvelle qu’elle publia intitulée « La confession » éveilla un grand intérêt, toujours est-il que Danièle Vallée l’a développé pour en faire un roman attrayant Juré, craché! Qui nous replonge dans un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais qui était marquée par l’omniprésence des soutanes. Qui pouvait en étourdir plus d’un ou ici plus d’une, comme c’est le cas pour la jeune Camille qui a vu surgir un jour dans sa classe un vicaire à faire damner un saint, Romain Dutil c’est son nom. Qui va peupler tous les fantasmes affectifs et sensuels de cette dernière. Un amour impossible, quoi. Comment tout cela va-t-il se terminer ? On vous laisse le soin de le découvrir. Mais sachez que c’est écrit avec beaucoup de saveur.

Juré, craché. Danièle Vallée. Éditions David 236p.    www.editionsdavid.com

 

 


 


Réhabiliter Alain Grandbois et lui redonner la place qu’il mérite

Patrick Moreau professeur de littérature au collège Ahuntsic s’est pris d’un grand intérêt pour l’écrivain Alain Grandbois injustement relégué aux oubliettes et ne faisant l’objet d’intérêt que d’un aréopage de fins lettrés. C’est donc dans le but d’attirer l’attention sur lui et de le réhabiliter que l’essayiste publie La prose d’Alain Grandbois ou lire et relire Les voyages de Marco Polo. C’est en 1941 que parut ce dernier titre qui était une transposition du journal du grand explorateur. Écrit divinement de sorte que Grandbois se vit décerner le prix David. Mais malheureusement ce fut un succès d’estime. Le prof Moreau s’est mis à sa défense et dans les pages de son essai il développe les raisons pour lesquelles on devrait faire lecture de ces voyages de Marco Polo. Et qui sait, à partir de là, d’explorer plus loin encore son corpus littéraire. C’est tout à l’honneur que cette démarche soit disponible et qui est un véritable devoir de mémoire dans cette province où la devise est « Je me souviens » mais hélas si malmenée.

La prose d’Alain Grandbois ou lire et relire Les voyages de Marco Polo. Patrick Moreau. Nota bene 206p.     www.groupenotabene.com

 

 


 


Un nouveau-né disparu sème l’effroi

D’après le communiqué de presse accompagnant la sortie de Mère parfaite  d’Aimee Molly on peut lire que l’écrivaine a voulu mettre à l’avant-plan à quel point les mères subissent des pressions en société. Et c’est peu dire avec ce thriller qui se déroule dans Brooklyn. Un soir du 4 juillet, fête nationale américaine, trois mamans décident de s’accorder du bon temps en organisant une virée dans les bars, questions de se soustraire à l’emprise des obligations maternelles. Elles entraînent dans leur sillage Winnie une mère célibataire. Elles vont donc prendre un plaisir fou à se défouler ainsi. C’était sans compter le drame épouvantable qui va attendre cette dernière quand elle va rentrer au foyer son bébé est…disparu! S’organise une recherche à grande échelle. Mais on désespérera vite des moyens mis en œuvre par les autorités policières, de sorte que les trois copines, Francie, Nell et Colette vont mener leur propre enquête. Vous allez voir le tourbillon qui va les attendre et le non moindre, médiatique. Et en plus c’est une course contre la montre. Vous avez là tous les matériaux de base qui forgent les ouvrages du genre. Et servi de surcroît par l’immense talent de l’écrivaine.

La mère parfaite. Aimee Molloy. Les Escales 375p.    www.lesescales.fr

 

 


 


Un roman basé sur l’époque des pensionnats autochtones

Sonia Perron qui publie ce premier roman Billydéki est réalisatrice à la radio de Radio-Canada au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour cet opus qui marque son entrée dans le monde des lettres, exercice réussi en passant, elle n’a pas eu le drame de la page blanche. En effet, cette histoire qui est presque un récit, lui a été dicté par la saga dramatique qu’à vécu un homme qui a connu l’épouvantable drame des enfants déracinés dans les pensionnats autochtones. C’est donc le cas de ce Billydéki qui va être arraché à sa mère et placé dans une de ces sinistres institutions où on vous dépouille de tout, y compris votre identité. Et là, tel un journal, on lira la vision de chacun des personnages impliqués. Vous dire que c’est d’une tristesse est un euphémisme. Quelle honte dans l’histoire du pays que ce traitement réservé aux petits sauvages qu’on allait évangéliser, sans oublier de les brutaliser au passage quand on ne les viole pas tout simplement. Un épisode douloureux qu’il faut lire car qui ignore l’histoire est condamné à la revivre dit-on. Chapeau pour cet premier essai en littérature qui s’annonce prometteur. Avis à ceux qui décernent des prix, dame Perron mérite un petit couronnement.

Billydéki. Sonia Perron. Fides 170p.     www.groupefides.com

 

 


 


Une pièce de théâtre sur l’altruisme

Très rare que nous traitons d’ouvrages sur le théâtre, car c’est un monde littéraire particulier qui ne trouve de sens que par la bouche des interprètes. C’est pourquoi nous nous contenterons de ce libellé décrivant Have de Nishka Lavigne qui décrit l’argument de base  « C'est l'histoire d'Elsie, qui vient de perdre sa mère. C'est aussi l'histoire de Matt, qui cherche des traces de son passé. Avant toute chose, c'est l'histoire d'un énorme trou qui s'ouvre dans la chaussée et de ce qui traînait dans la voiture qui s'est écrasée au fond. Havre est une pièce sur le manque, sur l'absence, sur le vide. Mais aussi une pièce sur le trop-plein de souvenirs et de regrets. Elle parle d'amitié nécessaire. Des rencontres qu'on fait quand on en a le plus besoin, des gens à qui on s'attache quand tout s'écroule : ces havres dans la tempête. »  Un message qui rappelle que l’homme n’est pas une île et que nous devons être interdépendants des uns et des autres, surtout en cas de malheur.

Havre. Nishka Lavigne. L’Interligne 138p.    www.interligne.ca

 

 


 


L’élégance qui distingue ce roman

Nous vous recommandons fortement la lecture de Complot à l’Unesco d’Alain Bernard Marchand. Qui raconte en gros les tribulations d’Émile Hubert chargé entre autres de rédiger les allocutions de son Excellence ambassadeur à l’Unesco et de cette femme qui partagera un tant soi peu de son vécu, Sophie Elytis. Mais là n’est pas l’intérêt. C’est surtout que ce bouquin est écrit dans une langue exquise qui confine à la jouissance. Car il a trouvé le ton convenable qui sied à ceux qui fréquentent salons et lieux diplomatiques. Les personnages qui sont parfois oisifs vont s’intéresser par exemple à la musique de George Friedrich Haendel ou de divagations sur l’hellénisme. Un des collègues de la rédaction nous faisait remarquer avec pertinence une parenté de style avec celui du regretté écrivain français Roger Peyrefitte. On rappellera que le célèbre auteur des Amitiés particulières avait été secrétaire à l’ambassade de France en Grèce à la fin des années trente et avait conservé une stylistique propre à la Carrière comme on disait alors de la charge diplomatique. Ce petit bijou devrait être proposé comme modèle maître dans une classe de français. Du style ce monsieur Marchand en a à revendre.

Complot à l’Unesco. Alain Bernard Marchand. Les herbes rouges 205p.  

 

 










 


 Le coin de la BD

Oyé! Oyé! Avis aux inconditionnels de leur héros Superman. Voici qu’arrive en librairie le volume 4 de ses aventures. Et une lecture d’autant plus palpitante que les exploits du héros ne font pas l’unanimité dans la ville. Au point que certains veulent se doter d’un autre justicier qu’ils nommeraient Superior ou Demolisher. Mais pensez-vous que notre Superman de légende va se laisser conduire ainsi vers la sortie, c’est ma le connaître. Chez Urban comics.

Et un autre classique de la BD mais dans un tout autre registre ce sont les tribulations du duo Blake et Mortimer d’après les personnages d’Edgar P. Jacobs et repris par le trio d’une rare efficacité Yves Sente, Teun Berserik et Peter van Dongen. L’album a pour titre La vallée des immortels. On est plongé en plein Hong Kong au moment où les troupes de Mao se le dispute à celles de Tchang Kaï-chek. Francis Blake lui s’échine à vouloir préserver la colonie britannique alors que son comparse Philip Mortimer est tout attentionné à sa trouvaille archéologique et il n’est pas le seul à s’y intéresser. D’autres le sont mais pour de sombres desseins. Sans compter bien sûr le traître Olrik qui n’en finit plus de fomenter de sinistres projets. Exotisme et aventures conjugués font de cette BD un carton assuré.

Changeons d’ambiance avec nos fameux Minions. Le tandem Renaud Collin et Stéphane Lapuss’ lâchent leur fou avec le tome 3 Les Minions viva le boss. Si vous n’êtes pas familier avec cette saga désopilante, disons que ce serait une histoire du monde revisitée où on met en opposition les forts et les faibles. Fait à remarquer aucun dialogue sinon parfois des onomatopées pour marquer des expressions voire des grognements. Ça en dit souvent plus que les mots. Chez Dupuis.

Ailleurs,  mine de rien, on est rendu à 36 tomes de la grande fresque Thorgal l’illustrateur G. Rosinski et le scénariste Yann nous présentent Aniel aux éditions Le Lombard. C’est en fait le retour au pays pour notre héros qui a enfin retrouvé son fiston dont le prénom donne le titre à cet album. C’est une bonne nouvelle, sauf que le retour en pays des Vikings ne sera pas une sinécure. Et en serait-il autrement si on veut faire vivre des palpitations au lecteur ?

Chez l’éditeur Dupuis sortie du tome 4 La fille de l’air de la série Zombillénium. En quatrième de couverture de l’album on peut lire cet appel assez séduisant pour qui veut se rapprocher de…l’enfer « Ici on embauche pour l’éternité ».  Zombillénium est comme on sait pour ceux qui suivent cette épopée, est le nom d’un parc. On y organise justement le sabbat des sorcières. Et pendant que ces dernières se livrent à leur rituel, trois individus concoctent un plan d’évasion qui permettra à ceux et celles qui veulent de sauver des enfers, de pouvoir le faire et ainsi atteindre à la rédemption. Saluons le magnifique travail du dessin et de la colorisation qui dynamisent l’histoire.

 

 


 


A lire absolument pour connaître le Québec profond

Nous avons déjà dit dans ces colonnes tout le bien que l’on pensait de Christian Saint-Germain à l’occasion de la sortie de ces livres précédents sur le Québec. Parce que ce gars là nous voit avec une loupe grossissante, surtout nos défauts. Et son Québec Circus est de la même lignée. Si vous désespérez de la Belle Province et que vous croyez être le seul à nous percevoir de la sorte, vous avez en ce professeur de philosophie à l’UQAM un allié de première. Avec ce dernier opus, il commente les derniers faits de notre actualité. Il faut lire le passage désopilant sur les funérailles de Bernard Landry qui « avait concocté des contre-funérailles pariziennes ». Ou encore une de ces cibles de choix, l’animatrice Anne-Marie Dussault et son normatif lourd qui réduit au silence toute possibilité d’inquiéter le consensus. Ou plus loin où il la compare à une Bécassine qui arbitre un débat en apparence mettant en scène des antagonistes qui une fois les projecteurs éteints se font des salamalecs de bourgeois entre gens du même monde. C’est tellement tonifiant à lire. Merci d’exister cher monsieur.

Québec Circus. Christian Saint-Germain. Liber 195p.   

 

 


 


Un inventeur injustement méconnu

Massimo Teodorani a décidé de réhabiliter la figure d’un inventeur de génie en la personne de Nikola Tesla qui s’est fait littéralement dérober ses inventions telles que les ampoules fluorescentes, l’énergie électrique par le courant alternatif, la radio, la télévision, le radar, les robots, les appareils électro-thérapeutiques. Comment alors un esprit si brillant, si universel ait pu se faire à ce point dépouiller ses trouvailles par les Edison et Marconi. C’est que malheureusement pour lui, il n’avait pas l’esprit commercialisant très poussé et ensuite il se mettait en marge du cénacle universitaire. Puis il y eu une dernière partie de sa vie où il se lança dans des déclarations hélas peu crédibles comme l’existence de signaux extra-terrestres. Du moins pour les connaissances de son époque. Bref, on a tout gagné à le connaître et reconnaître rien de moins que son génie. Et c’est peut-être à dessein que Elon Musk a donné son patronyme à sa voiture électrique novatrice.

Tesla l’éclair du génie. Massimo Teodorani. Macro 123p.    www.macrolivres.com

 

 


 


Pour éclaircir un peu plus le mystère Elena Ferrante

Elena Ferrante est le pseudonyme de l’écrivaine la plus mystérieuse de la littérature italienne contemporaine. Bien des exégètes se sont gratté sans succès le ciboulot pour savoir qui se cachait derrière ce nom. On est même allé comparer savamment ses ouvrages à ceux d’autres afin de voir si ça ne serait pas écrit par un autre. Et ça semble amuser l’intéressée qui multiplie les pistes de découvertes tel ce Frantumaglia titre de sa dernière ponte. Un mot qui signifie une instabilité intérieure. Dans ces pages c’est un beau fourre-tout où on trouve des entrevues où elle s’exprime sur la douleur de ces personnages féminins, de Naples sa ville natale pour qui elle éprouve des sentiments contradictoires allant de la détestation à un attachement, de ses rapports avec le monde de l’édition. Bref, tout comme cinq millions de lecteurs avant vous, vous allez apprécier le style, mais ici particulièrement une certaine authenticité de ton, hormis bien sûr le mystère sur sa personne qui persiste.

Frantumaglia. Elena Ferrante. Gallimard 462p.

 

 


 


Un grand roman qui va vous faire perler une larme, assurément

Quel beau film pourrait faire ce roman, Olga, de Bernhard Schlink. La presse allemande a unanimement salué la force dramatique de cette histoire qui raconte l’amour unissant un fils de bourgeois avec une pauvre paysanne vivant dans un bled perdu. Nous sommes à la fin du XIXème siècle. Une romance avec des hauts et des bas. C’est quand l’amant va entreprendre une expédition en Arctique qu’elle demeurera sans nouvelles. Puis un grand saut dans le temps où la femme va se confier à un jeune homme sur ce que fut son existence. Mais elle retient un mystère que son interlocuteur découvrira sur le tard. Comme dit le dicton, on ne connaît vraiment quelqu’un que le lendemain, encore plus le surlendemain. Mais c’est la révélation de la réalité de cette femme qui va vous émouvoir sans l’ombre d’un doute.

Olga. Bernhard Schlink. Gallimard 265p.

 

 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Prenez note que les quatre titres suivants sont édités chez Alpen. Commençons par Philippe Chavanne qui nous ouvre les portes du monde de la spiruline, cette algue parmi les 40 répertoriées comestibles des 1500 algues bleues connues. Cette micro algue a été très tendance au Québec à la fin des années quatre vingt-dix, comme un effet de mode, puis on s’en est comme désintéressée. Erreur. Car ses propriétés sont infinies notamment dans le soulagement des rhumatismes. Ensuite on peut l’incorporer à des recettes culinaires tout comme en faire un masque facial. Et ce ne sont que quelques avantages. Et on se demande où il prend le temps d’écrire, car il est difficile comme ça à vue d’œil de faire le décompte de toute la littérature santé qui porte sa signature. Ainsi, si vus avez aimé l’approche au sujet de la spiruline, vous apprécierez de même ce qu’il dit de la manière de soigner rhume, grippe et bronchite. Et dieu sait si, nous les québécois, avec toutes ces variantes brutales du climat sommes visés. Ainsi publie t’il 50 remèdes naturels efficaces. Vous allez vous éviter de la sorte de jolies ardoises chez le pharmacien.

Place maintenant au Dr. Éric Ménat ce médecin français est également homéopathe et phytothérapeute. Fatalement il va s’intéresser au premier chef au Diabète de type 2. Et spécialiste de l’alimentation il connaît d’office ce qu’il convient d’ingurgiter ou pas. Aussi prône t-il un contrôle du sucre, objet de toutes les détestations pour qui pense santé  

Et un gros pavé ce Dictionnaire des plantes médicinales du Dr. Daniel Scimeca. Sur plus de 600 pages il présente la fiche signalétique de 500 plantes. Et il ne se contente pas de les  énumérer tel un abécédaire, il bonifie sa présentation par on pas des dizaines, mais bien un millier de préparations de toutes sortes pour nous maintenir en santé. C’est ce qui nous semble l’ouvrage le plus achevé sur le sujet. On saluera ici tout le travail de bénédictin que cela a demandé. Ce médecin homéopathe est également phytothérapeute, acupuncteur, sophrologue et président de la fédération française des sociétés d’homéopathie.

 

 










 


Le coin santé physique et psychique (2)

Il n’y a pas d’organes insignifiants dans le corps humain. Prenez par exemple la glande thyroïde. Son rôle des de réguler les processus métaboliques. Il y a plusieurs maladies rattachées à celle-ci dont la plus fréquente est l’hypothyroïdie. Raul Vernini nous dit comment la traiter dans Hypothyroïdie qui fait partie de la collection « nouvelles pistes thérapeutiques » chez l’éditeur Macro. C’est tout un cours qui nous est offert, instructif et dans une présentation de vulgarisation à la portée du plus grand nombre.

Chez l’éditeur Budo deux ouvrages sur le taichi. Les secrets des anciens maîtres de taichi une sélection de textes choisis et commentés par le Dr. Yang Jwing-Ming et Les 108 préceptes du taichi, les clés de la progression de Michael Gilman. Nous recommandons la lecture du premier pour comprendre les fondements spirituels de cet art martial qui doit mener vers l’accomplissement de l’être. Des textes qui à l’origine étaient assez hermétiques et que l’auteur rend accessibles. Dans le second ouvrage, monsieur Gilman accorde une importance au positionnement des mains et des genoux. Le tout dans une optique curative.

Côté cas vécu un témoignage d’une femme Julie Côté qui à 46 ans a été atteinte d’un toc, à savoir des troubles obsessionnels compulsifs. Qui se caractérise par la répétition perpétuelle d’un geste en particulier ou d’une pensée. On en voit de ces gens dans des lieux publics qui ressassent continuellement la même chose, comme de sortir ou de remettre des effets dans un sac. Dans son cas ça se traduisait par des lavements de mains répétitifs. Elle a fait un travail sur soi considérable pour réduire le syndrome. Et elle s’en explique dans Mon combat intérieur aux éditions de l’Apothéose. De transcrire son malaise l’a aidé d’une part mais aussi elle a voulu apporter une consolation à ceux qui sont aux prises avec ce problème. Comme quoi on peut là aussi s’en sortir. C’est une petite plaquette. Légère côté contenant, mais dense côté contenu.
Chez Fides deux titres qui ont comme dénominateur le mieux-être intérieur. Le premier auteur est théologien et spécialisé en anthropologie spirituelle. Il part du constat qu’après avoir délaissé la pratique religieuse, un vide intérieur s’ensuivit pour de nombreuses personnes prêtes à s’en remettre à divers gourous ou tendances de l’heure. Mais un certain consensus s’est forgé à savoir que la spiritualité était la voie toute indiquée pour trouver l’harmonie intérieure. Il a donc écrit La nouvelle spiritualité du mieux-être rédigée sans aucun prosélytisme. Son but, que nous nous rendions seulement à l’essentiel.

Chez le même éditeur donc, un opuscule de moins de cent pages Rentrer chez moi de Marguerite Labbé qui correspondait à un profond désir de coucher sur papier ce par quoi elle a traversé pour en arriver aux certitudes qui sont actuellement les siennes et qu’elle désire partager. Elle a eu le temps de faire son inventaire et d’apprendre notamment à ne plus dépendre du regard des autres. Inspirant.

En terminant signalons une réédition d’un livre qui fait autorité depuis sa sortie en 2013 le Manuel complet de médecine chinoise et de shiatsu de Maud Ernoult aux éditions du Souffle d’or. Cette thérapeute en médecine chinoise. Ce corpus réunit les techniques, la respiration, l’alimentation, la symbolique des parties du corps, les incontournables méridiens, comment se déroulent les séances et une foule d’autres aspects. Et le premier chapitre s’ouvre sur le shiatsu qui a gagné de nombreux adeptes au Québec.  

 


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