- LIVRES JUIN 2017 -
 
 


 

Un autre pan de la Seconde guerre mondiale méconnu

Alain Stanké l’ex éditeur et animateur a été marqué par la Seconde guerre mondiale puisqu’il a figuré au nombre des déportés. Et il se passionnera toujours par la suite de cette page peu glorieuse de l’histoire de l’humanité. C’est ainsi qu’avec son complice Jean-Louis Morgan avec qui ils nous avaient donné il y a trois ans « Histoires vécues du débarquement »,  lèvent cette fois le voile sur un réseau d’agent secrets, formé de canadiens et de britanniques, des résistants en fait, qui sur le sol français en cette année 1944 vont exfiltrer plus de trois combattants alliés dont la vie était menacée. Le réseau Shelburne tel était so0n nom, rappelle le courage de ces êtres humains qui au risque de leur propre vie en ont sauvé d’autres. Un documentaire a été tirée de cette histoire qui méritait d’être racontée, ne serait-ce que pour raviver la mémoire de ces combattants de l’ombre. L’ouvrage en passant est préfacé par Jane Birkin.

Le réseau Shelburne. Alain Stanké et Jean-Louis Morgan. L’Archipel 265p.   www.editionsarchipel.com


 


 

Le célébrissime limier Pendergast porté disparu

Nous avions bien hâte de pouvoir enfin lire la dernière ponte du tandem Preston & Child les maîtres du polar. Notre attente est bien récompensée puisque Noir sanctuaire est une forme de zénith de leur talent. Ça commence en grand avec la disparition du célèbre agent du FBI, Aloysius Pendergast. Sa dauphine, Constance Greene est chavirée rien de moins. Alors qu’elle se trouve au manoir du disparu, voilà que surgit comme un fantôme, le propre frère cadet du détective recherché, Diogène Pendergast. Et pour une surprise c’en est toute une, car d’aucun le croyait au royaume des morts. Et voilà que ce dernier va entraîner Constance sur son île où il a érigé une chapelle où il tient des rites macabres. Et en plus il ne portait pas son aîné dans son cœur. Est-ce lui qui….?  Lisez et vous verrez. Formidable est un euphémisme.

Noir sanctuaire. Preston & Child. L’Archipel 432p.   www.editionsarchipel.com


 


 

Une visite exceptionnelle du patrimoine de la capitale fédérale

Si Québec, la Vieille capitale, jouit d’une abondante littérature la concernant, Ottawa fait figure de parent pauvre. Et pourtant. Un livre magnifique révèle des trésors patrimoniaux qui valent le détour. Explorer la capitale qui englobe Ottawa et Gatineau est un bel ouvrage signé par deux pointures à commencer par Jeff Waldron qui est historien en architecture. Il est gestionnaire en patrimoine au sein d’un cabinet. Et pour preuve de son amour du sujet, il habite lui-même une demeure ancestrale dans la Basse-Ville. Son partenaire le photographe Peter Coffman est non seulement un as de la lentille pour ce type de thématique, mais il est devenu lui aussi historien en architecture et l’enseigne à l’Université de Carleton. A eux deux ils répondent aux questions que l’on se pose lorsque l’on passe devant ces superbes résidences. Qui peut bien habiter là et l’historique du bâtiment ? Pour la première question, nous n’avons pas toujours les locataires actuels, sauf s’il s’agit de demeures gouvernementales, mais pour la seconde vous avez toutes les réponses. Ce bouquin, réhabilite la capitale du pays et répare une grave lacune. Les auteurs ont réussi leur mission, rien de moins que de nous donner le goût d’aller faire un tour de ville.

Explorer la capitale. Guide architectural de la région d’Ottawa-Gatineau. Andrew Waldron et photographies de Peter Coffman, avec la collaboration  de Harold Kalman. Presses de l’Université du Québec 271p.    www.puq.ca


 


 

La chimie alimentaire pour tous

On l’occulte souvent, mais la force des grands chefs de cuisine vient du fait qu’ils connaissent parfaitement à la base la chimie des aliments. Ainsi peuvent-ils après coup amalgamer des viandes, des légumes et des condiments harmonieusement. Pour savoir de quoi il retourne au juste ils se sont mis à trois, Hélène Binet, Julien Garnier et Christophe Lavelle pour concocter Toute la chimie qu’il faut savoir pour devenir un chef! Il y a là des références venant de onze grandes pointures de la cuisine, 55 recettes bien sûr, des monuments de saveur. Avec des classiques comme l’onglet de bœuf ou le carré d’agneau rôti rosé. C’est vraiment didactique avec de petits encadrés qui fourmillent de renseignements. Du bonheur à pleines pages, d’autant que la maison d’édition a mis un soin jaloux à la présentation graphique.

Toute la chimie qu’il faut savoir pour devenir un chef! Collectif. Flammarion 188p.    


 


 

Une dernière volonté bizarre pour un chef de cuisine

Il était une fois un chef de cuisine en renom qui au cours de sa vie, aura épousé trois femmes, qui n’ont rien en commun, sinon que d’avoir des personnalités bien trempées. Ces femmes se connaissent de surcroît et s’haïssent comme ce n’est pas permis. La seule chose qui les unit c’est l’admiration que tour à tour elles ont porté à cet homme fantasque. Et c’est pour cette raison qu’elles vont accepter la dernière volonté de leur ex maintenant qu’il a trépassé, de venir ensemble se recueillir sur sa sépulture. Tout un défi. Assistera-t-on à une scène de crêpage de chignon ou vont telles enterrées la hache de guerre ? C’est à quoi vous êtes conviés par la lecture de A nous d’Elin Hilderbrand qui situe l’acte final de son roman sur l’épicentre de la jet-set de la Nouvelle-Angleterre, nous avons nommé l’île de Nantucket.

A nous. Elin Hilderbrand. JC Lattès 411p.  


 


 

Sur la division de la représentation de Dieu dans le christianisme

Peut-être ne vous êtes vous jamais posé la question que voici, comment se fait-il que dans la chrétienté, dépendant qu’elle soit d’Orient ou d’Occident, l’iconographie divine soit à ce point différente, des icônes pour les premiers et souvent des figures sulpiciennes pour les seconds. Dieu entre Orient et Occident avec en sous-titre « le conflit des images, mythes et réalités coécrit par François Boespflug et Emanuela Fogliadini retracent cette histoire de l’art sacré qui n’a pas fait l’objet d’un essai aussi rigoureux que celui-ci. Le premier, professeur émérite de l’Université de Strasbourg est théologien et historien de l’art des religions tandis que sa partenaire enseigne l’histoire de Byzance, la tradition orthodoxe et de la théologie des icônes à la faculté de théologie de Milan.

Dieu entre Orient et Occident. François Boespflug et Emanuela Fogliadini. Bayard 183p.    


 


 

Le vieil homme et la mer dans une nouvelle traduction

Le vieil homme et la mer est le dernier roman d’Ernest Hemingway paru de son vivant en 1952. L’idée de cette histoire basée sur un fait réel a germé dans la tête de l’écrivain machiste dès 1936. Jusqu’ici on avait connu une traduction française qui avait perduré. Mais pour le traducteur Philippe Jaworski la traduction en cours pêchait par excès de stylisme au point de ne pas rendre la réelle couleur des personnages. Il trouvait qu’on ne rendait pas le grain de ce qu’aurait été un dialogue en l’état du vieil homme et du gamin qui l’accompagnera à un moment donné. Il signe aussi la préface et explique sa démarche assez savante pour restituer plus de naturel. Rappelons que ça raconte le cas d’un pêcheur réputé malchanceux. Un jour il va devoir se confronter à une sacrée prise un énorme marlin. Mais pour son malheur, ramenant son trophée au port, celui-ci sera dévoré par des requins, de sorte que ce ne sera plus qu’une carcasse rendu à quai. Au cinéma, le pêcheur bougon sera incarné par Spencer Tracy, émouvant au possible.

Le vieil homme et la mer. Ernest Hemingway. Nouvelle traduction de Philippe Jaworski. Gallimard 142p.  


 


 

Une fréquentation embarrassante

Les vivants au prix des morts de René Frégni met en opposition René, un mec qui a déjà animé des ateliers d’écriture à la prison des Baumettes. C’est là qu’il fera la rencontre de Kader, un taulard qui traîne derrière lui une réputation de roi de l’évasion. Et à Marseille ce dernier ayant encore joué de ruse avec ses gardiens, va prendre le large et tenter de trouver refuge chez le premier. Imaginez pour René qui aspire à une vie tranquille, et se trouvant à héberger un gars traqué par toutes les polices. L’écrivain couche sur papier toute la palette des émotions d’un milieu carcéral qu’il connaît bien puisque lui-même a dirigé des ateliers d’écriture à cette même prison. Il sait restituer la couleur locale. Ce sujet ferait un très beau film en passant. Et le titre le doit à une expression consacrée des poissonnières du Vieux-Port lorsque sonne le coup de midi.

Les vivants au prix des morts. René Frégni. Gallimard 188p.  


 


 

Une artiste peintre qui est la douleur existentielle même

Le dompteur de mouches de l’écrivain catalan Alexandre Diego Gary raconte lien entre un écrivain er radioreporter, prénommé Lucien et une artiste peintre, Élaine. Ce que la vie lui est difficilement supportable, elle qui bascule toujours un peu dans la folie et que l’on doit même attacher dans le but de la protéger d’elle-même. Et Lucien qui a beaucoup de tendresse pour elle, ne voit comme unique solution pour rétablir la santé de la jeune femme quelle puisse s’adonner à la peinture qui fait office de rédemption. C’est un roman court et narré par une autre voix qui montre que la vie est loin d’être le cadeau quoi qu’on en dise.

Le dompteur de mouches. Alexandre Diego Gary. Gallimard 125p.


 


 

Un homme qui va orchestrer sa propre mort

L’homme qui s’envola d’Antoine Bello se déroule au Nouveau-Mexique. On va retrouver Walter qui incarne à lui seul la réussite à l’américaine, patron d’une entreprise qui a le vent dans les voiles, des sous, une femme superbe et en moyen et de beaux enfants. Mais ne demandez pas ce qui se passe, le gars y’en a marre de ce qu’il fini par considérer comme une petite vie pépère. Et pour se libérer lui-même et son monde, il va orchestrer une mise en scène laissant croire à sa mort. Mais il y a un enquêteur chevronné qui ne gobe pas le scénario et qui est convaincu que l’homme d’affaire est bien en vie. C’est un bon suspense psychologie au rythme haletant.

L’homme qui s’envola. Antoine Bello. Gallimard 318p.    


 


 

L’Univers totalement fou de Vincent Vanoli

Il serait vain de qualifier par un mot ce qui fait la matière de la dernière bande dessinée de Vincent Vanoli qui a pour titre Objets trouvés. C’est totalement surréaliste. Un peu comme de courtes nouvelles. Exemple de folie pure, une équipe de scientifique se rend en milieu arctique à la recherche d’un météorite. Et qu’est-ce qu’elle trouve ? Une tête de Mickey géante. Vous voyez le genre. Ce serait un peu comme un rêve éveillé. Bref, si vous aimez les surprises vous allez être servis.

Objets trouvés. Vincent Vanoli. La Pastèque 84p.    www.lapasteque.com


 


 

Un renard à la recherche d’une plante rarissime

Et aux éditions La Pastèque, un illustrateur qui lance son premier opus Benjamin Flouw qui nous arrive avec un conte, La milléclat dorée qui donne son titre à une plante, rare comme tout, que l’on découvre sur les cimes   des montagnes. Un renard curieux comme tout entreprend donc de se mettre en quête de cette rareté botanique. On suit donc ses péripéties.

La milléclat dorée. Benjamin Flouw. La Pastèque www.lapasteque.com


 


 

Le coin couture

Deux titres viennent garnir les rayonnages de la bibliothèque consacrée à la couture. Ils paraissent aux éditions marie claire. Premier en titre, Couture femme sans patron de Clémentine Lubin, celle à qui l’on doit L’encyclopédie de la couture et tant d’ouvrages dans le domaine, à se demander où elle trouve le temps pour se multiplier à ce point. Et toujours sous le signe de l’excellence. Ici ce sont 17 modèles proposées pour des tailles allant du 36 au 44 et plus. Et toujours des indications simples pour faciliter la confection.

Frédérique Alexandre pour sa part, s’est faite le temps d’un album, designer pour poupons. Et attention, elle a pour ces fragiles créatures des attentions particulières avec ces Tricots tout doux pour mon bébé titre de son guide qui offre une sélection de 20 modèles allant de la naissance jusqu’à l’âge d’un an. Il faut voir le stylisme de la présentation et les photos afférentes pour donner le goût au maman de réaliser une petite garde douillette.


 


 

Les palettes de bois dans toutes les déclinaisons possibles

En menuiserie, les palettes de bois, qui servent souvent de support à marchandises, ou composantes de boitiers de bois, peuvent être recyclées de belle façon. Et Lionel Cerdan se fait fort dans faire la démonstration avec son ouvrage de référence Meubles en palettes. On n’a pas idée de ce qu’on peut faire avec ces planches souvent aux rebords rognés mais qui leur confèrent un charme bien à elles. Et puis ça ne prend pas un talent à tout casser pour créer des meubles d’appoints ou supports d’une grande solidité et une rusticité qui charme l’œil.

Meubles en palettes. Lionel Cerdan. Massin 127p.     www.massin.fr


 


 

A la découverte des poètes argentins actuels

Flavia Garcia traduit dans la langue de Molière des poètes hispanophones, et en bonne argentine qu’elle est, cette montréalaise d’adoption se consacre aussi au tango comme interprète. Cette femme engagée s’est mise en tête de nous faire découvrir quatorze poètes argentins contemporains, donnant la juste parité, autant de poètes que de poétesses. Anthologie de poésie argentine contemporaine, est tout de ferveur. Comment en serait-il autrement lorsque l’on connaît le tempérament sud-américain, et à plus forte raison argentin. Le recueil recèle des trésors. A preuve cet extrait d’un poème d’Elena Annibali « Ona planté un arbre dans la maison du brouillard, les tournesols se doraient au soleil un autre jour mourait une autre nuit ».  En fin d’ouvrage vous avez de courtes monographies sur chacun des poètes retenus.

Anthologie de poésie argentine contemporaine. Flavia Garcia. Triptyque 293p.     www.groupenotabene.com


 




 

Le coin santé physique et psychique (1)

Quel univers environne de nos jours les adolescents appartenant à la communauté LGBT ? Font-ils encore l’objet d’intimidation, si oui de quelle manière et avec quelle intensité ? Pour donner l’heure juste sur l’évolution du regard que l’on porte sur eux, on aura tout intérêt à se tourner vers cette étude remarquable de Thierry Goguel d’Allondans « Ados LGBTI ». Juliette Greco a raison de dire que si on dit souvent que rien ne change, tout est toujours pareil, eh bien la réalité des LGBTI a façonné radicalement une partie du paysage sociologique. C’est aux Presses de l’Université Laval.

Ensuite toute une étude sur les motivations à se révolter et qu’est-ce qui les légitiment. Elle est d’André Guigot professeur au lycée Appert d’Orvault et un très fin connaisseur de Sartre. Il nous donne 12 bonnes raisons de se révolter publié chez Bayard. Le catholicisme nous enseignait de tendre l’autre jour si on nous frappait. Ici le ton change. Il y a des motifs sérieux de se rebeller et de s’opposer à quelque chose, des ordres qui sont contraires à nos valeurs. Il rejoint le regretté Stéphane Hessel qui, nonagénaire, avait signé cet opuscule best-seller « Indignez-vous ».

Preuve que ce livre sur la croissance personnelle s’est démarqué des autres, voici qu’on réédite Voyage au cœur de soi de Claudette Vidal chez Accarias. Sa démarche s’inscrit dans une perspective de non dualité mais avec une vision plus élargie, qui incorpore la conscience et la matière, la contemplation en même temps que l’action. Le magazine Psychologies a écrit à propos de ce livre et de son auteure qu’elle donne accès à une spiritualité intérieure qui rend possible toute transformation, tant individuelle que collective ». A la fin de la préface, elle dit bien son credo « Je suis est la vérité ultime à propos de soi ».


 




 

Le coin santé physique et psychique (2)

Tel un caporal qui dans l’armée hurle des ordres, Jacques Bureau qui est un économiste et qui s’intéresse à tout, se mue en coach de vie pour botter le derrière de ceux qui veulent transformer leur vie mais qui font toujours du surplace. L’autruche ou la vie aux éditions Béliveau c’est l’occasion ou jamais de passer à l’action. D’ailleurs si vous êtes un habitué des lectures qui font du bien, vous allez voir qu’ici le ton n’est pas pour vous flatter dans vos faiblesses et endosser toutes vos objections pour ne jamais progresser. C’est un langage dur mais qui a le mérite de brasser la cage.

Philippe Chavanne est un auteur prolifique concernant les soins de santé naturels. Sa dernière ponte est pour nous indiquer la façon de purifier le filtreur essentiel qu’est le foie. Eaux & jus pour nettoyer le foie aux éditions Alpen rassemble une cinquantaine de recettes de jus délirants. Vous allez voir qu’il n’y a pas que le jus de carottes pour se remettre sur pied, tel son jus protecteur à la betterave. La couleur de la robe de ce nectar est une invitation à porter le verre à la bouche sans réserve.

Chez le même éditeur Les erreurs qui vous empêchent de maigrir du trio Pierre Van Vlodorp, Véronique Liesse et Magali Castro. Qui répond entre autres à la grande interrogation qui s’abîment dans des régimes sans jamais perdre une once, ou bien qui en perdent mais pour les regagner aussitôt. Les coauteurs font bien de mettre en garde qu’il ne s’agit pas d’un énième régime. C’est surtout u8n cours éducatif sur le rapport de la morphologie avec l’alimentation. Un chapitre nous dit notamment à quel point la phase de l’adolescence comporte des risques vu que le corps est en métamorphose. C’est riche d’enseignements. Par exemple pourquoi manger est parfois plus fort que nous.

Enfin chez Sully, Jo Ann Staudegaard-Jones décortique pour nous l’Anatomie des postures & du mouvement à l’aide de graphismes sous forme de planches anatomiques qui détaillent en quoi chaque posture engage une partie du corps, et quelles parties plus spécifiquement. A la fin de la lecture vous serez incollable sur le trapèze, le deltoïde et le brachial. Que nous recommandons vivement à tous les sportifs ou ceux qui engagent leur physique au travail et qui éprouvent des inconforts, voire des douleurs.


 


 

Quand la corruption était érigée en système sous les nazis

« Aucun autre régime au monde n’a jamais entrepris de lutter contre la corruption sous toutes ses formes de manière aussi totale et aussi radicale que le régime nazi ». Celui qui prononça  sans éclater de rire ces paroles fut le juge SS Konrad Morgen en 1943. Un cynisme effrayant quand on prend connaissance du contenu de Korruption! un réquisitoire effrayant contre le régime corrompu qu’était celui du Troisième Reich. Et pire, érigé en système. C’est à celui qui dans toute la hiérarchie nazi parvenait à s’en mettre le plus dans ses poches. Hitler était très au fait de ces manœuvres mais n’en disait, mot, corrompant lui-même des fonctionnaires, célébrités du régime en leur attribuant de gratifiants cadeaux pour les embrigader. On connaît l’adage qu’on ne crache pas dans la main de celui qui nous nourrit. Le chef de la Gestapo, Heinrich Himmler qui condamnait à voix haute la corruption dans ses rangs, faisait tout le contraire et laissait faire pour les mêmes raisons que le Führer. Et un puisard sans fond était la dilapidation des biens des juifs. Les commandants des camps d’extermination se fournissaient à même les biens confisqués aux déportés. Frank Bajohr a fait un remarquable travail de recherche qui lève le voile sur un aspect méconnu de cette dictature sanguinaire, décidément sans foi ni loi.

Korruption! Au cœur du système nazi. Frank Bajohr. Flammarion 337p.


 


 

Comme dans épopée rock

Vous souvenez-vous de ce téléroman populaire de Télé-Métropole « Épopée rock » dont l’action se passait pour l’essentiel dans un snack-bar où les jeunes qui s’y entassaient, chantaient et dansaient de manière endiable. Eh bien c’est à ça que fait penser un peu Chez Gigi de Rosette Laberge. Nous sommes dans les années cinquante, alors que les ondes radio crachent du rock-and-roll à pleins haut-parleurs. Des musiques démoniaques aux yeux du clergé. On se rappellera que le cardinal Léger avait interdit la venue d’Elvis Presley au Forum. Le Chez  Gigi dont il est question est un de ces comptoirs où on aime bien déguster un milk-shake. Ce prénom qui fait office de raison sociale est celui de la mère de Rita. Cette dernière y amène ses amis, ils sont nombreux. Une joie de vivre règne, baignée dans la tolérance du monde moderne qui éclot. La romancière est bonne conteuse nous replonge très bien dans cette atmosphère sous l’ère Duplessis. Nostalgie quand tu nous tiens.

Chez Gigi. Rosette Laberge. Druide 348p.    www.editionsdruide.com


 


 

Une histoire et une analyse sur l’existence des sociétés secrètes

D’ordinaire, les ouvrages tentant de démystifier les sociétés secrètes sont d’une contextualité si dense que le lecteur en a le tournis devant tant d’érudition. Et finalement s’y perd plus qu’il n’y comprend quelque chose. C’est pourquoi nous saluons la démarche éclairée et éclairante de Dominique Labarrière qui dans Sociétés secrètes explique comment des civilisations en sont venues à ériger des sectes, des groupuscules à teneur spirituels, remontant à l’Antiquité, en passant par les lubies aryennes d’Hitler et quoi encore. Et tout ça écrit dans des termes que Boileau salua en son temps, lui qui affirmait que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots viennent aisément. Et l’essayiste a fait un travail de synthèse remarquable enjambant les siècles avec aisance.

Sociétés secrètes. Dominique Labarrière. Pygmalion 212p.   


 


 

Un premier roman réussit par une jeune sud-coréenne

Ce qu’il y a de bien avec la littérature asiatique, c’est qu’elle nous amène au cœur de l’impénétrable, la pensée propre d’un être humain de là bas. Car en Asie l’individualisme ne compte pas. Ce qui compte, c’est la famille, la collectivité, la race. On n’est pas Ming par exemple, on est chinois. Alors lire Les âmes des enfants endormis de la sud-coréenne Mia Yun dont c’est l’entrée en littérature, est une belle curiosité. Car les besoins fondamentaux des hommes sont universels. On voit vivre une petite famille de la Corée du Sud où le père est irresponsable. La mère doit prendre la responsabilité de trois enfants, deux filles et un garçon. Et ils devront faire pleins de petits boulots pour arriver à se tirer d’affaire. Mais ce qu’on retiendra, c’est que de belles valeurs unissent cette famille et qui leur permet de surfer sur les vicissitudes du quotidien.

Les âmes des enfants endormis. Mia Yun. Denoël 275p.   


 


 

La Gaspésie à bicyclette

Un membre de notre rédaction a entrepris par le moyen confortable de locomotion qu’est l’automobile son tour de la Gaspésie. Il a gardé des paysages, un souvenir impérissable. Et il a été médusé de voir le périple entrepris par François Bouchard avec une complice, un tour de la péninsule gaspésienne, 610 kilomètres à bicyclette en mode camping. On n’en meurt pas, mais que de côtes éprouvantes comme celles de la Rivière Madeleine, la côte de Percé. Un vrai Golgotha pour les jambes. Mais une telle satisfaction qu’il a senti le besoin de la partager dans Le tour de la Gaspésie en vélo. Avec toutes sortes de tuyaux de pros pour que la randonnée ne vire pas au cauchemar. De belles photos agrémentent la lecture qui nous donnent le goût de s’y rendre.

Le tour de la Gaspésie à vélo. François Bouchard. Modus Vivendi 150p.    www.groupemodus.com


 


 

Une fille bien sous tout rapport voit sa vie chamboulée

Elle a pour nom Élodie Garnier. Les fées se sont penchées sur son berceau, car dans son capital de vie elle a tous les atouts en main, sur le plan physique, pécuniaire, et même un prétendant au mariage beau comme un cœur. Et pourtant, elle qui mène une vie ordonnée, a oublié un mot de vocabulaire important…destin. Et celui-ci va mettre en travers de sa route une boutique qui fait office de librairie et d’antiquaire. Elle va tomber sur un Manuel de réenchantement qui va la remuer tout comme le propriétaire des lieux, un nommé Walter Wolf. Juliette Allais qui débarque avec ce roman Marche où la vie t’ensoleille est psychanalyste à la ville. Mieux que quiconque elle sait que sommeille parfois en nous des aspirations jamais exprimées. Et le message qu’elle livre ici à travers sa protagoniste est qu’il faut toujours suivre le chemin de son cœur. On aura compris la valeur existentielle de ces pages qui vont interpeler le lecteur en quête d’absolu.

Marche ou la vie t’ensoleille. Juliette Allais. Édito 264p.    www.editionsedito.com


 


 

De beaux petits bungalows pour volatiles méritants

Si d’office vous êtes éco-responsable et que vous souhaitez apporter une contribution à la préservation des espèces, peut-être serez vous tenté par les belles propositions de Michele McKee-Orsini qui sur des photographies magnifiques de Caroline Arber nous propose 35 modèles de Nichoirs et mangeoires à construire. Et qu’ils sont mignons ces petits cabanons qui vont abriter les oiseaux et les mettre à l’abri des aléas de dame nature. Surtout au Québec où ces petits bungalows pour volatiles sont les bienvenus. Pour la plupart ce sont des constructions d’une simplicité confondante. Et puis comme dans tout guide du genre ce sont des bases à travers lesquelles l’imagination aidant on peut extrapoler.

Nichoirs et mangeoires à construire. Michele McKee-Orsini, photographies Caroline Arber. Modus Vivendi 144p.     www.groupemodus.com


 


 

Un pan négligé de l’histoire patriotique du Québec  

Même pour celui qui n’est pas très au fait de la rébellion de nos patriotes de 1837, deux noms de localités ont des chances de leur venir en tête, Saint-Eustache et Saint-Denis-sur-Richelieu. Mais pourquoi on ignore généralement l’activité patriotique et de rébellion qui se déroulèrent à Sorel et à Saint-Ours-sur-Richelieu. Pour rendre à ces bourgs la place qui leur est dû, l’historien et professeur émérite de l’Université McGill, Yvan Lamonde a fouillé les grimoires à sa disposition et le travail de collègues pour accoucher de Violences coloniales et résistance patriote. Il y a un angle tout particulièrement intéressant dans cette démarche, c’est comment s’est vécue la colonisation britannique au quotidien. Ceci expliquant cela, on verra comment les conséquences de cette époque agitée ont eu des répercussions sur la suite des événements sociopolitiques chez nous.

Violences coloniales et résistance patriote. Yvan Lamonde. Del Busso éditeur 246p.       www.delbussoediteur.ca


 


 

A la découverte de Paul Gouin

Le nom de Paul Gouin ne dit certes plus rien à la jeunesse actuelle, et c’est un tort, surtout en cette province où la devise est « Je me souviens » et où on ne se souvient de rien. Car cet homme, descendant d’une belle lignée d’hommes politiques au Québec, petit fils et fils de premier ministre, on lui doit le parti de l’Action libérale nationale, lui qui avait abandonné les libéraux trop corrompus. Afin de renverser le gouvernement libéral de Taschereau, il avait voulu faire alliance avec le chef du parti Conservateur du Québec, Maurice Duplessis. Mais ce dernier, retors, fit défaut à son engagement et fonda l’Union Nationale qu’il conduira à la victoire en 1936. Gouin est associé au mot échec. Mais il a eu cette qualité humaniste de ne pas s’être dénaturé et de jeter un regard intéressant sur notre façon de vivre. Et il comptait sur notre langue et la culture pour renforcer notre identité. Pour mieux le découvrir, Claude Corbo et Nathalie Hamel ont compilé des écrits et discours qui s’échelonnent de 1932 à 1964. Un beau personnage authentique et intègre.

Paul Gouin, écrits et discours 1932-1964. Claude Corbo et Nathalie Hamel. Del Busso éditeur 336p.      www.delbussoediteur.ca


 


 

Un fils en quête de son père biologique et de son héritage

Yves Woodrough est un architecte vétéran renommé avec plus de quatre décennies à concevoir des structures. S’il sait ériger des immeubles, il sait aussi structurer de bonnes histoires qui font les bons romans, comme sa dernière ponte Héritages d’illusion. Il y a d’abord un couple géniteurs, d’un fils qui ne les connaîtra pas. Et ce dernier, Clovis, finira par savoir que son père biologique en a fait son héritier. Faut-il par ailleurs le retracer ? Et c’est cette quête qui nous est décrite avec grande habileté et sensibilité. Les histoires de retrouvailles qui ont fait le pain et le beurre d’une Claire Lamarche à la télé, donnent aussi de bons romans. Le romancier tutoie ici l’excellence.

Héritages d’illusion. Yves Woodrough. Carte blanche 201p.  


 


 

La découverte du sombre manuscrit de Maman

La lecture du roman de Suzanne Chabot  « Le spermatozoïde » est, nous tenons à prévenir les futurs lecteurs, un véritable électrochoc, surtout ceux qui se sentent fragiles ici bas et qui remettent souvent en question leur utilité terrestre. Car la tonalité du bouquin est en mode mineur, de ceux entendus en musique dans les requiem. Ici c’est une femme vivant à San Francisco qui rentre en trombe à Montréal au chevet de sa mère qui a sombré dans un coma. Alors  qu’elle se trouve dans sa demeure, elle mettra la main sur un manuscrit de la maman où elle se raconte en somme. Et ce roman à clé aura un drôle d’effet sur la lectrice de fille, car elle comprendra des comportements familiaux et surtout sur la nature profonde de sa mère. Celle-ci écrit à un moment donné pourquoi elle est venue au monde, à quoi a-t-elle servi ? C’est dur en diable. Mais il ne faut pas faire l’autruche. Certaines vérités sont bonnes à dire. Et chapeau à l’auteure qui semble bien comprendre les fondements de la nature humaine. La vie est loin d’être un cadeau.

Le spermatozoïde. Suzanne Chabot. Carte blanche 209p.   


 


 

Chien d’aveugle reconverti chien d’épileptique

On connaît le talent fou de Didier van Cauwelaert Goncourt 1994 pour « Un aller simple » et dont on apprécie toujours les passages à la télévision qui nous le montre un peu facétieux, ayant gardé son âme d’enfant. C’est ce qui lui permet d’accoucher de cette drôlerie Le retour de Jules le Jules en question étant un labrador qui avait pour vocation de servir de chien guide. Mais pour son malheur à lui, sa maîtresse a recouvré la vue. Pas mal embêtant. Et comment se reconvertir ? C’est alors qu’il deviendra chien détecteur de crise d’épilepsie. Sérieux, ça existe et le romancier nous dit comment il a appris cette disposition canine scientifiquement avéré. L’histoire est toute simple mais remplie de fraîcheur. Et puis avez-vous vu la tronche de la bête en couverture ? Qui résiste peut se considérer d’office comme un dur de dur. Nous on a craqué et pas juste pour la couverture, le contenant comme le contenu.

Le retour de Jules. Didier van Cauwelaert. Albin Michel 167p.  


 


 

Un squelette remuant à l’ère de Dickens

Jean-Pierre Ohl est un anglophile confirmé, avec un faible pour l’Angleterre de la révolution industrielle et mieux de Dickens dont il a d’ailleurs rédigé une biographie. Il nous livre ici Le chemin du diable qui nous transporte dans un petit bled ayant pour nom, Darlington, situé dans le nord de la Grande Albion. On y construit la première ligne de chemin de fer sous la conduite de George Stephenson, le père du transport ferroviaire. Et en excavant, on fera la découverte d’un squelette dont on attribue l’appartenance à celui d’une aristocrate, Lady Beresford, dont on avait été sans nouvelles depuis deux décennies. C’est un notaire qui va être mis à contribution pour élucider le tout. Par ailleurs, un livre portant le sceau des Beresford surgira qui va intriguer et qui sait, permettre d’éclaircir cette sombre affaire. Plus anglais que ça tu meurs. Le romancier nous fait assurément partager la civilisation anglaise avec ce qu’elle a d’excessive. Et aussi il rappelle l’épouvantable fossé entre pauvres et nantis.

Le chemin du diable. Jean-Pierre Ohl. Gallimard 368p.   


 


 

Il était une fois May, Libby et Instagram

Côté littérature jeunesse, un petit bijou I am princess X de Cherie Priest qui aura des résonnances chez les jeunes ados tout accrochés qu’ils sont aux réseaux sociaux. En effet, Instagram pourrait faire figure de troisième personnage. Mais auparavant il y a deux copines liées par tous les pores de la peau. Hélas Libby va disparaître tragiquement dans un accident de voiture, laissant May meurtrie à jamais. Et quelle ne sera pas la surprise de cette dernière de voir, trois ans plus tard des autocollants mettant en vedette le personnage de Princess X, leur création à toutes deux. Et en prime un compte Instagram qui est consacré à la princesse. Nous sommes donc devant un cas flagrant de vols de droits d’auteurs. May n’attend ni de un, ni de deux pour en découvre. Bonjour les surprises. Et au passage une curiosité, ce livre est hybride, en ce sens qu’il est à la fois roman de facture classique et en même temps par certains endroits une BD.

I am princess X. Cherie priest. Bayard 293p.   www.bayard-editions.com


 


 

Des petites nouvelles en mode humour noir

Il ya des écrivains qui dotés d’une belle philosophie, s’accommodent du pire de la nature humaine et transposent leur vision amusée sur papier. C’est le cas de François Gravel qui appartient d’office à la classe des lucides chroniques et qui nous gratifie d’un recueil distrayant Idées noires. Une galerie d’êtres complexes, tordues, voire sadique comme ce fils qui trucide ses géniteurs. Tout dépend de comment on veut voir les choses. Il y a du Alphonse Allais chez cet homme de lettres avec sa distanciation face au côté sombre de l’homo sapiens. Bref, une lecture tonifiante.

Idées noires. François Gravel. Québec Amérique 135p.    www.quebec-amerique.com


 


 

Un complot bouddhiste

Quelle association plus inappropriée que la présence d’un espion dans un ashram bouddhiste ? Voilà la toile de fond d’Ashram drame de Francis Ryck que les amateurs de polars rangent dans la même famille qu’un Michel Audiard, car Ryck a été porté au grand écran par des pointures telles que Lino Ventura, Jacques Villeret, Johnny Hallyday et quoi encore. Ici le dilemme tient au fait que l’espion qui est un habitué d’un monde violent, est confronté à un enseignement spirituel axé sur la non violence. Un compromis idéologique est-il possible ?

Ashram drame. Francis Ryck. French pulp 252p.     www.frenchpulpeditions.fr


 


 

Centième anniversaire de la mort de Mata Hari

Le 15 octobre 1917 Mata Hari fut fusillée à Vincennes par un peloton d’exécution qui était le sort réservée à celle qui fut accusée d’intelligence avec l’ennemi, en l’occurrence les Boches. On croyait avoir tout dit, tout écrit sur celle qui généra une abondante littérature où parfois la mythologie l’emporta sur la réalité. Il faut dire que cette femme hors norme, libre avant l’heure, courtisane, danseuse orientale et agente double fascine même cent ans après sa mort. Et pourtant Philippe Collas nous apporte un éclairage inédit sur ce personnage. Et il est bien placé, de par son statut d’arrière-petit-fils de Pierre Bouchardon qui fut pour Mata Hari ce que le procureur Cauchon fut avec Jeanne d’Arc. Il a eu à sa disposition des notes inédites de son aïeul et des pièces encore inconnues du procès. Vous avez dans ces pages la fresque du grand procès adossé à une vie incroyable racontée avec brio. Le biographe résume bien en disant que c’est la première femme du XXième siècle exécutée par des hommes du XIXème.

Mata Hari. La dernière danse de l’espionne. Philippe Collas. French pulp 467p.   www.frenchpulpeditions.fr


 


 

L’art culinaire au service de la diplomatie

La petite histoire fait la grande. Et on saura gré à de grands marmitons d’avoir opéré des alliances mémorables entre pays, autour d’un bon gigot. Talleyrand le savait bien qui instrumentalisa les dîners d’État au service de la diplomatie. Jean-Victor Roux qui est enseignant et dans la jeune vingtaine a souvenance en quoi la France est tributaire de ce patrimoine immatériel qu’est la gastronomie française dans la conduite des affaires de la nation. Il nous fait la petite histoire de ce volet discret des relations internationales dans La table une affaire d’état. Il s’attache à montrer à quel point les présidents de la République ont toujours eu le souci de mettre en avant nos produits nationaux pour charmer les hôtes de l’Élysée. Seul Chirac faisait montre de plus de simplicité et moins de flafla, préférant la bière au vin et Sarkozy qui pire encore ne prenait aucun alcool. On se souviendra à quel point son amour du Fouquet’s lui sera reproché tout au long de son règne, tel un boulet. Mille anecdotes, c’est le cas de le dire, savoureuses.

La table, une affaire d’état. Jean-Victor Roux. Cerf 223p.    www.editionsducerf.fr


 


 

Un tribut magnifique rendu à Paul Buissonneau

Dans l’histoire du théâtre du Québec, Paul Buissonneau aura apporté une contribution significative, à la fois comme créateur de la Roulotte à la Ville de Montréal qui donna sa chance à tant de jeunes comédiens, devenus ensuite des gloires locales, et comme fondateur du Théâtre de Quat’Sous. Comme au Québec notre devise est « Je me souviens » et où on risque d’être vite oublié, Jean-Fred Bourquin qui était un proche de l’homme de théâtre, a eu cette idée merveilleuse de nous le rappeler à notre souvenir en lui consacrant une biographie. Il était, il faut le dire, proche de son sujet. Ce qui n’en fait pas pour autant une biographie complaisante. Paul Buissonneau en mouvement nous présente l’homme, tel quel, avec la plus grande objectivité, ses qualités comme ses défauts. On le sait, ce grand gueulard qu’on accusait parfois d’avoir mauvais caractère, avait tout simplement une personnalité trempée qui faisait difficilement de concession. Derrière ses coups de gueule se cachait une âme d’enfant. Bourquin a procédé d’une manière vivante. Au lieu de nous asséner une nomenclature chronologique et redondante de toutes les implications théâtrales, il  a réussi  à faire ce survol de vie incontournable certes, mais entrecoupé d’entrevues avec des témoins immédiats de Buissonneau, qui eux aussi nous décrivent le gars dans tous les aspects de sa grosse nature. Il y a par exemple un Yvon Deschamps qui nous dit sans ambages, que la gestion du Quat’Sous a été de trop, privant son fondateur et directeur artistique de rendez-vous manqués du côté création. Le redoutable critique Robert Lévesque apporte de son côté un éclairage sur la relation tendue entre lui et Louise Latraverse qui prendra la succession de la direction du Quat’sous lors de la démission de Paulo. Et puis un passage sur ce qui a frappé cruellement Buissonneau, à savoir l’échec de la production de « La Tour Eiffel qui tue » présentée en 1979 au Théâtre national de Chaillot à Paris qui occasionna une dette de 250 mille dollars! Bref, un ouvrage que nous vous recommandons hautement. Sa lecture est le plus beau tribut à rendre à ce monument de notre histoire culturelle.

Paul Buissoneau en mouvement. Jean-Fred Bourquin. Boréal 308p.   www.editionsboreal.qc.ca


 


 

Potagers pour jouer un tour à dame nature

Au Québec où les jours totalement ensoleillés se comptent désormais sur une main, les « pouces verts » de la Belle Province n’ont plus à désespérer pour l’état de leur potager, car il y a des trucs pour contrer les caprices du temps. Car au lieu du potager extérieur on peut aisément se faire des Potagers d’intérieurs comme nous l’enseigne Michel Beauvais. Et pour le soleil manquant ? On a tout prévu du côté avec la lumière artificielle. Ainsi pouvons- nous défier le climat quand il n’est pas à notre avantage. Cette petite plaquette contient pleins de conseils utiles pour se nourrir à longueur d’année.

Potagers d’intérieurs. Michel Beauvais. Rustica 63p.   www.rustica.fr


 




 

Deux BD comme deux bijoux chez Mécanique générale

Deux beaux arrivages chez l’éditeur Mécanique générale. Une longue canicule première BD de l’illustratrice Anne Villeneuve narre les tribulations d’une madelinot prénommée Marie-Hélène, qui vient vivre l’exaltation de la grande ville en s’établissant à Montréal. Pour un dépaysement c’en est tout un pour cette demoiselle habituée au grand air du large et qui doit désormais composer, parfois avec bonheur avec la faune urbaine, et aussi son lots de gens bizarres et détraqués. En plus de 200 pages, véritable petit pavé, la bédéiste novice est entrée dans la cour des grands, car le scénario est aussi touchant que les images. Elle va sans doute se tailler une place enviable à en juger par ce premier opus du genre. A suivre donc.

Cette fois au tour d’un bédéiste confirmé Philippe Girard de confirmer encore une fois son grand talent avec Le couperet que n’aurait pas renié Luis Bunel, André Breton et Salvador Dali tous ensemble. Pour la raison que l’histoire est totalement surréaliste avec ce mec dont l’œil sort soudainement de l’orbite sans crier gare et qui perd ses membres. Et dont la pathologie singulière alimente le repas d’une docte assemblée qui font de ce cas leur chou gras. Les dialogues sont complètement dingues et on rigole vraiment. Et toute personne comme cet auteur, parce qu’il nous arrache des rires, est de facto un bienfaiteur de l’humanité.


 


 

Une perruche imaginaire

La première fonction des parents c’est connu, est d’interdire. Et c’est que font ceux de Colette qui lui refuse la joie d’un animal de compagnie. Qu’à cela ne tienne, la fillette va s’en créé un de toute pièce qui n’embarrassera personne, puisque c’est une perruche imaginaire. L’oiseau de Colette que l’on peut qualifier de conte charmant est le fruit du talent conjugué de l’auteure et illustratrice Isabelle Arsenault qui pour la première fois scénarise, elle que l’on a connu comme une illustratrice de renom. Une double vocation qui lui sied à ravir.

L’oiseau de Colette. Isabelle Arsenault. La Pastèque


 


 

Des fleurs qu’on ne doit jamais arroser

Et pour cause puisqu’elles sont en papier. Des fleurs de conception artisanale, à la japonaise un peu dans la famille de création des origami, qui ici se nomme kirigami. Un album nous explique la technique pour faire plier le papier entre ses doigts et lui donner la forme souhaitée, c’est Fleurs en papier d’Emiko Yamamoto. Vous avez en tout et pour tout 43 modèles. Et le gros avantage est que cela vous donne de beaux effets floraux sans devoir recourir à des insecticides. Belle faon de protéger l’écosystème.

Fleurs en papier. Emiko Yamamoto. Nuinui 144p.    


 


 

Le tricot qui adoucit les mœurs

Il n’y a pas que la musique qui adoucit les mœurs. Le tricot aussi. Et la meilleure façon de le vérifier, est de constater que rarement on voit des tricoteuses agitées. Dans la collection Créa thérapie de l’éditeur Mango, Charlov, Hello Kim et Rozane Marie Galliez publient Tricot zen. Leur objectif en incitant à tricoter ? Lâcher prise et se détendre. Elles sont d’avis que le contact avec la matière a quelque chose de bénéfique sur notre psyché. On présente 15 modèles adaptables, simples à confectionner. Et rien n’empêche de mettre un peu de Scarlatti en fond sonore pour un supplément de plénitude accru.

Tricot zen. Collectif. Mango 111p.    www.mangoeditions.com


 


 

Le texte intégral de 887 de Robert Lepage

Pour qualifier la performance de quelqu’un on va souvent user du mot génial. Parfois un peu trop galvaudé comme on a tendance à le faire au Québec. Mais s’il y a un créateur qui porte bien le chapeau c’est incontestablement Robert Lepage. Et on peut le vérifier encore une fois avec la publication de 887, qui fait référence au numéro civique où il a passé son enfance à Québec. D’ordinaire la lecture d’un texte de théâtre, à moins d’être du domaine, est un exercice laborieux. Mais là c’est un véritable album de souvenirs qui s’ouvre devant nous avec ce « one man show » où Lepage déploie son talent de conteur. Le texte s’y trouve dans son intégralité ainsi que le poème mythique « Speak white » de Michèle Lalonde que cette dernière récita lors de la fameuse Nuit de la poésie au printemps 1970 et que le grand manitou d’Ex Machina eu à reprendre à l’occasion d’un événement commémoratif. L’ouvrage comprend des illustrations de Steve Blanchet l’acolyte de l’artiste. Dans le texte, tout y est, même les indications de mise en scène. Ça se lit avec beaucoup d’émotions. Et le cinéaste Denys Arcand qui signe la préface a raison quand il dit que Lepage est à son meilleur que lorsqu’il se raconte. Jubilatoire.

887. Robert Lepage. Illustrations Steve Blanchet. Québec Amérique. www.quebec-amerique.com


 






 

Le coin Miam miam

Si au Québec le vin a talonné la bière, le monde brassicole a vite réagi, notamment par le biais des micro-brasseries qui ont poussé comme des champignons. Pas une semaine ne se passe sans qu’une nouvelle création brassicole n’apparaisse sur le marché. Découvrez le monde de la bière de Mirella Amato chez l’éditeur Broquet nous emmène dans cet univers qui a ses codes. Elle détaille sur les grandes familles de la bière, comment déguster celle-ci, et qu’est-ce qui doit présider à l’accord bière et mets. Et l’auteure est maître sommelière en bière, eh oui, cette appellation professionnelle n’est pas que réservé au domaine du vin.

Les quatre prochains titres sont chez l’éditeur Mango. Virginie Bales présente Enfant & food. C’est un programme alimentaire échafaudé pour les jeunes dans la fourchette d’âge des 3 à 12 ans. Un moment important de vie où il faut leur inculquer de saines habitudes. L’auteure est nutritionniste diététicienne depuis deux décennies. Elle est une magicienne qui sait marier les textures et les saveurs, comme avec cette salade fraise et avocat, tarte à la tomate et » nuggets » au poulet. Les petits ne devraient pas trop se rebeller.

Par ailleurs Nicolas Aubineau et Aurélia Truel éditent Trail coaching nutrition. Un des auteurs, Aurélia Truel est membre de l’équipe de France championne de trail. Avec le livre qui va suivre, c’est un ouvrage destiné à l’alimentation du sportif. Avec une philosophie connectée à des recettes spécifiquement élaborées pour avant et après l’effort. C’est un peu la même teneur éditoriale avec Paléovore & sportif de Sandrine Mazzucco. C’est bourré de trucs au quotidien comme de quoi est constituée l’alimentation du sportif au quotidien. Là aussi deux volets, une attitude préparatoire et des recettes adaptées. Ces deux ouvrages ont en commun la qualité de votre carburant. Et par extension, si c’est bon pour les sportifs cela l’est tout autant pour la grande masse de la population.

Laure Kié se présente avec Mon bento je l’emporte partout. Si ce mot bento vous intrigue, c’est tout simplement l’équivalent de la boîte à lunch chez les japonais. C’est si répandu, car la vie étant très chère au Japon on évite le plus possible les restaurants. Dans ce petit box qui sert au lunch du midi tout comme pour les pique-niques Ce sont de véritables institutions. L’auteur qui est née au Japon est de mère japonaise et de père français. Et ces bentos ne sont pas réservées qu’à un contenu japonais. Voyez avec quoi vous pouvez les remplir. A preuve ce bento niçois…

Aux éditions marie claire dans la collection « Les inventives » Yuki Keisako nous fait saliver avec La pâte miso et 40 recettes à préparer. Cette pâte particulière fait partie de ce qu’on appelle les piliers de la cuisine nippone. Elle n’a que des vertus puisqu’elle est riche en protéines, vitamines, minéraux, facile à digérer et qui aide à réduire le mauvais cholestérol. Tout peut se faire avec cet ingrédient béni allant des petits flans d’œufs à des desserts voluptueux.

Quand l’auguste maison d’édition Larousse s’attache un livre thématique dans son catalogue c’est pour en faire aussitôt un livre de référence. Comme cet American BBQ qui fait office d’ouvrage de référence. Avec 120 recettes qui exploitent toutes les déclinaisons de la cuisson sur le grill. Et attention! On ne se confine pas aux seules grillades. James Purviance qui est l’auteur de cette bible, met au menu des pizzas aux trois fromages, des toasts à la texane, Altruiste comme ce n’est pas permis, il ne se cantonne pas à se mettre en valeur en solo. Il est allé chercher l’expertise d’autres grands de la cuisson made in USA et vous avez par conséquent des recettes typiques de nos voisins au sud de la frontière. Outre les recettes se trouve moult trucs préparatoires pour bien réussir la cuisson. Ce bel album accompagnera agréablement vos repas estivaux en autant que dame nature nous laisse des moments de répits.   


 




 

Le coin santé physique et psychique (1)

Les quatre titres qui composent ce chapitre proviennent tous des éditions du Cerf. Chantal Delsol qui est philosophe et membre de l’Institut nous offre Un personnage d’aventure qui est à proprement une philosophie écrite sur l’enfance. Comme le jeune être encaisse le choc de l’existence. Que doit être la nourriture spirituelle et intellectuelle qui doit être la sienne pour cheminer aisément dans l’aventure humaine. L’enfant n’a pas de filtre, mais en même temps, intuitivement il sait faire la nuance entre ce qui est bien ou mal. D’où le choc lorsqu’il est abusé. C’est un livre qui doit être indispensable à tout parent en devenir.

De son côté Cécilia Dutter arrive avec A toi ma fille. Si les rapports conflictuels mère-fille ont donné lieu à une littérature abondante, les manifestations de tendresse d’une mère pour sa fille se font plus rares, d’où l’intérêt tout entier pour cet ensemble de lettre qu’une mère adresse à sa fille. Et dans lesquelles, l’épistolière maman disserte sur à peu près n’importe quoi, mais toujours elle se fait intéressante, comme lorsqu’elle met en garde sa destinataire sur l’emploi des médias sociaux, sur la sexualité. Bref, tout ce qui compose le quotidien. Et sa démarche est toute empreinte d’affection. A preuve, chaque lettre qui débute par « ma puce », « ma belle », « ma bien-aimée », « ma poussinette ».. On peut être mieux aimée.
Dans une toute autre tonalité, Bernard Bourdin, Jacques Sapir et Bertrand Renouvin cosignent cet essai Souveraineté nation religion avec pour sous-titre « Dilemme ou réconciliation ? ».  C’est que l’actualité géopolitique ramène de façon récurrente les thèmes de souveraineté nationale versus le fait religieux. Le premier est philosophe, le second économiste, et répondent aux questions du troisième. Un entretien de haute volée où on fait intervenir l’Histoire, les grands penseurs et philosophes. En fin d’interview c’est un appel à ce que toute société se forge en communauté citoyenne.

Aumônier à la prison de Fleury-Mérogis Éric Julien sait trouver les mots simples pour être au diapason des taulards qui constituent son auditoire et qui ne veulent pas se faire emberlificoter par de grandes théories fumeuses. Alors imaginez qu’il se mette en tête de nous communiquer sa vision du bonheur. Qui passe tenez-vous bien par le projet, rien de moins de devenir Dieu nous-mêmes. Devenir Dieu ?, le titre de son guide de coaching, reprend à sa façon le message de Jésus quand ce dernier disait à ses proches que le royaume des cieux est en nous. Il y a un chapitre très intéressant consacré au lâcher prise. De ne pas traîner son lourd passé comme un boulet à perpète, et d’entrevoir le futur comme autant de lendemains qui chantent. Le pasteur s’inspire beaucoup dans ces pages sur les fondements du Notre Père.


 




 

Le coin santé physique et psychique (2)

Aux éditions AdA David Pond nous ouvre les yeux sur l’éveil à la puissance intérieure avec Les chakras au-delà des premiers pas. Un premier travail, nous dit-il, est d’apprendre à identifier et à retirer les obstacles qui inhibent notre énergie. Les chakras qui sont en nous, peuvent être rééquilibrés. Aussi comment se servir des champs magnétiques des autres pour pouvoir s’élever au-dessus de la mêlée.
Chez le Dauphin Blanc, la nutritionniste Marie-France Lalancette sait de quoi elle parle au sujet de l’inflammation puisqu’elle est elle-même arthritique. Dans Alimentation et inflammation elle passe en revue toutes les pathologies que l’on peut rencontrer dans le domaine. C’est un petit traité du plus grand sérieux avec des schémas explicatifs. Aux souffrants, elle a établit des stratégies alimentaires pour contrer la douleur ou à tout le moins apporter un soulagement.

Quand deux grands cerveaux parlent du cerveau. C’est un peu ainsi qu’on résume le mieux la rencontre du grand neurobiologiste Wolf Singer et du célèbre moine bouddhiste français Mathieu Ricard. Le premier fait intervenir tout ce que la science a accompli dans la connaissance de ce merveilleux ordinateur qui loge dans la boîte crânienne, si fascinant et l’autre véhicule des millénaires de sagesse orientale. Avec pour objectif commun qu’autour du cerveau s’échafaude une science de l’esprit. Et nous qui sommes mis à contribution à titre de spectateurs privilégiés dans Cerveau & méditation aux éditions Allary, témoins de cette conversation avec des envolées de connaissance qui nous laissent pantois d’admiration. On s’ébaubit de tant de belles intelligences réunies comme d’autres peuvent contempler des œuvres d’art. Et il ne fut pas oublier que nous avons là, la somme de huit années d’échanges.

Jeter sur papier ce que l’on ressent, est une forme de thérapie qui a fait ses preuves depuis longtemps. Dans la collection « Créa thérapie » chez Mango Marie Scneider nous montre comment structurer sa pensée avant que le crayon ou le style bille se mette en action. J’écris pour être heureux est un ensemble d’exercices établis de manière amusante et didactique. L’écriture devient un acte libératoire. Dans le livre il y a des espaces prévus pour rédiger sur-le-champ ce qui vous vient à l’esprit. Et chaque chapitre aborde un volet de ce que peuvent être les sentiments qui nous animent. 


 


 

Montréal racontée par ses arbres

Était-ce dans les intentions de l’éditeur Marchand de feuilles d’apporter une contribution originale dans le cadre des fêtes du 375ème anniversaire de Montréal ? Si c’est le cas Une île d’arbres de Bronwyn Chester est une véritable réussite. Imaginez qu’elle a choisi de se balader un peu partout à Montréal et de décrire la ville à travers 50 choix d’arbres. Elle a été longtemps une chroniqueuse sur les arbres dans le quotidien montréalais anglophone The Gazette et elle a animé de nombreuses visites guidées des arbres qui peuplent notre île. C’est de voir en quels termes elle fait part de ses découvertes, comme ces pins sylvestre dans le parc de l’hôpital psychiatrique Douglas de l’arrondissement Verdun. C’est presque de la poésie en prose. Après lecture, vous ne regarderez certainement plus les arbres avec indifférence.

Une île d’arbres. Bronwyn Chester. Marchand de feuilles 288p.   www.marchanddefeuilles.com


 


 

Des lettes de candidatures à des employeurs d’une rare ironie

Ah ces chers patrons, pour qui le personnel est toujours de trop. On le voit avec ce cauchemar qui les hante du salaire minimum passant un jour à quinze dollars de l’heure. Que d’insomnies au programme. Eh bien si vous les détestez autant que notre équipe de  Culturehebdo, vous prendrez un immense bonheur, d’une jubilation rare,  lire Surqualifié du torontois Joey Comeau. A la ville le gars est bédéiste. Il a imaginé des lettres d’intérêt qui accompagnent généralement les c.v. Mais le gars se paie toute une traite. Voyez les premières lignes d’une lettre du genre adressée aux ressources d’Irving Oil où il écrit « La mission qui m’a été confié c’est de te détruire de l’intérieur ». Ça ouvre le premier chapitre!  Ailleurs, une lettre adressée à un centre commercial où il postule comme Père Noël reconnaissant qu’il a fait face à trois chefs d’accusation de racisme envers des nains irlandais. Et on ne vous parle pas du reste. Le seul défaut qu’on trouve, c’est que c’est trop court. On en aurait pris mille pages.

Surqualifié. Joey Comeau. Mémoire d’encrier 119p.    www.memoiredencrier.com


 


 

Où plonger au Québec

Preuve que le Guide des sites de plongée du Québec est devenu une référence incontestable, voici sa troisième édition revue et augmentée. Louis Giguère a répertoriée 350 sites dans la Belle Province et les environs. Ce maître plongeur qui est passé par les Forces armées canadiennes a fait là un travail de titan, avec une fourniture complète de renseignements sur chaque site, la profondeur, si la fond est vaseux, les courants peu ou trop forts, etc. On ne peut faire plus complet et ça explique pourquoi ce guide est devenu un indispensable pour qui veut s’adonner à cette activité. En même temps, c’est un angle formidable pour admirer la diversité de nos paysages.

Guide des sites de plongée du Québec. Louis Giguère. Broquet 440p.    www.broquet.qc.ca


 


 

Un thriller basé sur les antibiotiques

Le professeur Didier Pittet, directeur du programme du contrôle des infections et de la sécurité des patients a déclaré un jour « Les bactéries résistantes aux antibiotiques gagnent du terrain. Si rien n’est fait, elles tueront plus que le réchauffement climatique ». Est-ce cette déclaration qui a inspiré à Thierry Crouzet pour écrire son thriller Résistants chez Bragelonne qu’il a placé en quatrième de couverture ? Chose certaine il s’est appuyé sur un fait avéré de la médecine pour échafauder son histoire qui démarre sur un yacht alors que les passagers vont tous succombés, infectés par une super bactérie. Tous sauf une en fait, une femme, que son immunité sera mise à contribution pour se mettre sur la piste de l’être machiavélique qui a répandu ce virus foudroyant. Mais son tort sera de s’être un peu trop approché de lui, d’où une confusion des sentiments qui l’anime. On se trouve devant presque un scénario de film qui est palpitant de bout en bout.

Résistants. Thierry Crouzet. Bragelonne 375p.    www.bragelonne.fr


 


 

Tome 2 de la saga des naufragés du Commonwealth

Oyé, oyé! Si vous avez aimé le premier tome de la saga « Les naufragés du Commonwealth » de Peter Hamilton que l’on surnomme le maître du « space opera » nous vous signalons l’arrivée du second volet Une nuit sans étoiles. Comme pour tout ce qui est ou s’apparente à la fantasy avec moult histoires intrinsèquement liées, nous reproduisons ici le libellé de l’éditeur qui résume son contenu  « Bienvenido est en crise. Grâce à Nigel Sheldon, la planète a échappé au Vide, mais elle dérive désormais à des millions d’années-lumière du Commonwealth.

Et les colons n’arrivent plus à contenir les Fallers, des créatures extraterrestres capables d’infiltrer une société humaine en alimentant une méfiance généralisée S’appuyant sur une technologie interdite, une mystérieuse jeune femme, qu’on appelle l’Ange-guerrière, a pris la tête d’une résistance désespérée contre l’Apocalypse des Fallers.
L’astronaute Ry Evine va quant à lui changer le cours du destin. Lors d’une mission contre l’ennemi, il découvre un vaisseau inconnu, qui abrite… une enfant. Issue du Commonwealth, elle possède des connaissances susceptibles de tous les sauver. Mais si les Fallers la capturent, aucun être humain sur Bienvenido ne survivra ».

Maintenant on retrouve avec bonheur ce gros pavé touffu où l’écrivain britannique déploie le zénith de son talent. Il donne même des lettres de noblesse à ce style de littérature qui souvent tourne un peu en rond. C’est un observateur  attentif des travers de la nature humaine et il en joue à merveille.

Une nuit sans étoiles. Tome 2  « Les naufragés du Commonwealth ». Bragelonne 740p.     www.bragelonne.fr


 


 

Aphorismes et citations autour de la traduction

La traduction d’un texte est un univers en soi avec ses rituels, ses codes et qui génère on l’apprendra avec Jean Delisle professeur émérite de l’Université d’Ottawa bien des commentaires. Il en a fait un florilège intitulé La traduction en citations. On voit ici toute la rigueur du chercheur universitaire qui a peaufiné sa démarche, rassemblant 2700 définitions, aphorismes, citations et quoi encore, toutes autour du monde de la traduction. Qui nous rappelle que c’est loin d’être un art mineur. Car c’est toute une mission de reproduire dans une autre langue, l’essence d’un texte original. On ne s’imaginait pas que la traduction ait pu générer autant de réflexions et pour une grande majorité, très profondes. En même temps cela confère de facto une importance au texte même. Chapeau pour cet accomplissement.

La traduction en citations. Florilège. Jean Delisle. Presses de l’Université d’Ottawa 394p.    www.presses.uOttawa.ca


 


 

Novélisation d’Alien pour les fans absolus

L’ouvrage fait plus de 800 pages et pèse bien en main. De quoi s’agit-il ? De la novélisation des quatre films sur Alien dans l’ordre : Alien, Aliens, Aline 3 et Alien résurrection dans une traduction de main de maître réalisée à quatre mians par Herbert Draï et Jean-Pierre Pugi. Que du bonheur pour les accros ce cette étrange créature qui depuis son apparition pour la première fois sur le grand écran, en hante encore plusieurs. Dans ce volume à l’édition soignée, on trouve des dessins inédits sortis de l’imagination de HR Giger. Il y a de surcroît 140 photos qui totalisent 64 pages. L’éditeur Bragelonne marque un grand coup. Et ça tombe bien au moment où Ridley Scott fait paraître au cinéma sa dernière mouture de la « bête » Covenant.

Alien. Romans & Images de la quadrilogie. Alan Dean Foster. Bragelonne 836p.     www.bragelonne.fr


 


 

Là où Malraux a mis ses pas dans la Ville Lumière

Nous avons une affection particulière pour cette petite collection particulière aux éditions Alexandrines qui conduit à suivre les randonnées et les lieux de vie qui ont été ceux d’un écrivain dans la capitale française. Et dernier opus en date Le Paris de Malraux de Jean-René Bourrel. Pour ce dernier, il a bien potassé son sujet car il est l’un des auteurs du Dictionnaire André Malraux. Et comme pour tous les autres titres précédents du genre, c’est en même temps des segments biographiques à travers des adresses qui ont été celles du personnage choisi. Et en plus avec Malraux ont est gâté car il a donné du lustre à Paris en ravalant des façades d’édifices publics noircies par le temps à l’époque où il était le ministre et premier titulaire du ministère de la Culture sous De Gaulle.

Le Paris de Malraux. Jean-René Bourrel. Éditions Alexandrines 118p.    www.alexandrines.fr


 


 

Que tout ce qui pique, mord ou irrite vous laisse en paix

Voilà la mission que s’est donnée Stephanie Touales avec son Guide des insecticides naturels. L’auteure qui est à sa façon une bienfaitrice de l’humanité a rassemblé 75 recettes non toxiques pour repousser ces indésirables. Qui sont d’une utilité non seulement pour ceux qui font de l’agriculture à petite, moyenne ou grande échelle, mais l’homo sapiens urbain aux prises avec des bibittes dégueulasses ou des rongeurs. Souvent des trucs de grand-mères d’une rare efficacité et que l’on redécouvre grâce à ses bons conseils. En même temps que l’on protège l’écosystème.

Guide des insecticides naturels. Stéphanie Touales. Vigot 176p.  www.vigot.fr


 


 

De la difficulté du migrant francophone

Les édiles du Québec dont de grands salamalecs, réaffirmant ad nauseam à quel point le Québec est une terre d’ouverture. Mais pour les immigrants francophones qui débarquent au Québec sans diplômes, parfois avec, c’est « débrouille-toi », un véritable gâchis. Salah El Khalfa Beddiari d’origine algérienne en sait quelque chose. Cet écrivain et poète est montréalais depuis 1995. Il nous fait prendre conscience de cette réalité à travers un court récit Adel, l’apprenti migrateur. On vit à travers le regard du protagoniste, les confrontations qui sont les siennes. Bel exercice de style qui invite le lecteur à plus d’ouverture envers cette richesse insoupçonnée qu’est l’apport des migrants en terre québécoise.

Adel, l’apprenti migrateur. Sala El Khalfa Beddiari. Mémoire d’encrier 77p.    www.memoiredencrier.com


 


 

Maudite sorcière!

Ils se sont mis à deux Jason Segel et Kirsten Miller pour accoucher dans le créneau de la littérature jeunesse, une histoire qui glace le sang, quand on sait que le « héros »  vit dans un environnement où la sorcière domine. Pas nécessairement celle que son père a pris comme conjointe, mais une autre qui va kidnapper son frère cadet. Et pour lequel il va tout mettre en œuvre pour le retrouver. Cauchemars et le mot est au pluriel et on verra pourquoi, nous fait réaliser que notre petite vie que l’on qualifie parfois d’ennuyeuse, est infiniment mieux lotie que celle de Charlie dans ces pages. Les écrivains mènent leur histoire tambour battant et ne lâchent pas le cap jusqu’au dernier mot. Pour notre plus grand bonheur.

Cauchemars. Jason Segel et Kirsten Miller. Bayard 346p.   


 


 

Quand papa travaille à sa grande histoire des citrons

Il était une fois une jeune fille, Calypso, orpheline de mère, vivant avec un papa aimant, mais tout entier absorbé par la rédaction de sa grande histoire de l’épopée du citron. Chacun sa tasse de thé. C’est un univers douillet certes, mais un peu ennuyeux. C’est lors de sa rencontre avec une copine, Mae, que son existence va basculer. Car dans la maisonnée de sa frangine, on rigole, c’est décontractée au max. Tout l’opposé de la maison familiale. Il arrivera que Calypso sera mis en face de la révélation d’un secret touchant son père et qui change un peu la donne sur l’image qu’elle se faisait de lui. Et qui vont débouler sur une succession d’histoires. On vous réserve les surprises. La bibliothèque des citrons s’appuie sur un secret de famille, ce qui est toujours un ingrédient ayant valeur sûre pour un écrivain. Et ça réussit très bien à Jo Cotterill.

La biliothèque des citrons. Jo Cotterill. Fleurus 360p.    www.fleuruseditions.com


 


 

Boucar l’érudit de la chose…

Ah! ce cher Boucar Diouf la plus belle chose en immigration au Québec qui nous soit arrivé depuis longtemps avec Kim Thuy. Car ce merveilleux africain est une personnalité pétrie de sagesse, appuyée sur un grand talent de l’observation allié à un goût immodéré pour la connaissance. Résultat, des livres merveilleux comme Boucar disait pour une raison X ou Y et qui est tout centré sur la sexualité humaine. Et ce qu’il y a à dire sur le domaine. On croit que tout a été écrit sur la chose, le désir, la reproduction. L’érudition de Boucar nous apprend une foule de choses et déboulonne des mythes comme le fait que les noirs seraient dotés de zizis plus gros que la norme. Aucune étude sérieuse ne confirme le fait nous dit-il. Tout y passe, de la fidélité, de l’obsession pour les fortes poitrines et les aléas physiques de la maternité. De nombreuses pages sont pimentées d’anecdotes croustillantes et de bonnes blagues. Une lecture tonifiante à mettre entre les mains de tous les étudiants du secondaire aux prises avec des hormones envahissantes.

Boucar disait pour une raison X ou Y. Boucar Diouf. Les éditions La Pressse 274p.       www.editionslapresse.ca


 


 

Fatale attraction

Que voulez-vous, la vie est peuplé parfois de femmes toxiques, voire vénéneuses dont il faudrait éviter tout contact. Mais pour le malheur de leur victime, elles sont si séduisantes. C’est ce qui va arriver à un riche propriétaire terrien mexicain, Mauro, qui va être ruiné une première fois pour cause de conjonctures socio-historico-économiques. Qui va vouloir se refaire à Cuba mais qui finalement aboutira en Andalousie où il sera vigneron. Et là, la prospérité sera enfin de retour. Mais c’est sans compter la troublante Soledad qui donne son titre au roman de Maria Duenas qui va ensorceler l’homme d’affaires, l’entraînant dans un tourbillon d’histoires non souhaitées. On pense à la Carmen de l’opéra du même nom, quand elle lance dans son aria si célèbre « Prends garde à toi ». C’est ce qui a manqué au monsieur obnubilé par tant de charisme au féminin.

Soledad. Maria Duenas. Robert Laffont 506p.    www.laffont.ca


 




 

Toute oisiveté proscrite avec ces quatre guides Ulysse

Sans doute inspiré par les commémorations du 375ème anniversaire de Montréal, certains voudront trouver des lectures racontant Montréal. En voici une de taille, puisque Montréal s’est méritée jadis le surnom de la ville aux cent clochers. En réalité il y en a bien plus. Les guides Ulysse font paraître un bel album Montréal un patrimoine religieux à découvrir qui recense un florilège des plus beaux temples catholiques de la métropole. Si en Europe les vastes cathédrales en imposent par le volume et leur histoire chargée, ici nos artisans ont mis le paquet à la gloire de Dieu en décorant de façon magnifique les chœurs de ces églises. On a sélectionné certaines des plus belles avec de petits textes qui nous orientent sur des détails architecturaux plus spécifiques. Un beau cadeau à offrir aux amis touristes de passage.

Les trois autres ouvrages viennent du même éditeur. Dans le film « The Queen » racontant le psychodrame de la reine Elizabeth au moment de la mort de Lady Di, la dernière séquence nous montre sa majesté invitant son premier ministre à faire une marche dans les jardins de Buckingham, et lui confiant que c’est par ce moyen qu’elle réussit à prendre de la distance vis-à-vis des problèmes qu’elle rencontre. Tout ça pour vous dire que si la reine le dit, c’est que c’est vrai et que si on veut se mettre dans ses pas et bénéficier de cette technique de relaxation, procurez-vous Randonnée pédestre au Québec.  Cette huitième édition revue et augmentée prend bien soin de spécifier dans la préface qu’on n’a pas répertorié systématiquement tous les endroits où il est possible de faire de longues marches, mais choisi ceux qui présentent un intérêt, d’abord pour le paysage et les commodités. Ce petit bouquin trapu demeure la référence pour ce qui est de cette activité.

Étonnant Québec! Mérite bien son titre. Signé Julie Brodeur Il serait destiné aux individus blasés qui croient avoir fait le tour de tout ce qui peut-être intéressant ici bas. Attention, la belle province réserve son lot de surprises et c’est tout à l’honneur de l’auteure de les avoir repérées. Comme de devenir cowboy d’un jour, se lancer sans attaches dans les hauteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, observer les ossements d’espèces disparues et au summum de l’exotisme (avis spécial aux français) donner le biberon à un bébé orignal. C’est un guide magique qui permettra de remplir des journées qui passeront trop vite.

Et enfin petit tour par la province voisine de l’Ontario On se limite hélas trop souvent, nous québécois et touristes étrangers à Ottawa et à Toronto. Et pourtant ce n’est pas faute d’attraits ailleurs. Parfois c’est souvent la nature par elle-même qui mérite le détour comme en bordure des Grands Lacs. Ce guide donne des adresses utiles pour se loger et bien se restaurer. Par exemple savez-vous quel est, et où se trouve le plus gros hôtel au Canada avec ses 1,600 chambres ? La réponse vous la trouverez dans ces pages et pleins de petits trésors à découvrir.


 


 

Quand Nelly Arcan décodait les affres de la beauté

Publié pour la première fois en 2007 L’enfant dans le miroir de Nelly Arcan est réédité en version écourtée sur des dessins à l’encre de Chine par Pascale Bourguignon. L’auteure qui connut comme on sait une fin tragique, nous montre à travers ce récit comment naît l’obsession de la beauté chez les jeunes filles et ce qu’elle engendre de travers. Ce sont parfois des passages durs, comme quoi tout n’a pas été un jardin de roses pour l’écrivaine, ceci expliquant cela. L’intégrale se trouve dans la Burqa de chair. C’est une démarche à caractère psychanalytique qui est toujours d’une terrible actualité à l’ère de l’hyper sexualisation et où Barbie, plus populaire que jamais, triomphe toujours contre vents et marées.

L’enfant dans le miroir. Nelly Arcan, dessins Pascale Bourguignon. Marchand de feuilles.


 


 

Souvenirs de l’unique lauréate française de l’Eurovison depuis…40 ans

C’est surtout par devoir de mémoire que Marie Myriam se rappelle à notre bon souvenir. Celle qui gagna le concours convoité de l’Eurovision en 1977 avec l’Oiseau et l’enfant ne dit plus rien à la jeune génération et on l’a bien vu l’autre jour sur le plateau d’On n’est pas couché de Laurent Ruquier. Elle a vendu au total tout de même 4 millions d’albums et demeure depuis 40 ans la seule lauréate française de l’Eurovision. Ce livre a de la valeur pour les jeunes artistes en devenir qui veulent connaître les atermoiements d’une artiste confirmée. Parce que ce n’est pas toujours rose. Elle raconte sans ambages sa liaison avec l’animateur Patrick Sébastien qui la cocufia. Un jour n’en pouvant plus elle prit sa bague de fiançailles et la jeta aux toilettes! Vous serez gavé d’anecdotes.

La fille du Ribatejo. Marie Myriam. L’Archipel 229p.   www.editionsarchipel.com


 


 

Sur une liaison moins connue de John F. Kennedy

La chose est bien documentée, John F. Kennedy était un chaud lapin et l’histoire nous le rappelle constamment. A preuve ce livre document de Scott Farris narrant la liaison de la journaliste d’origine danoise Inga Arvad avec l’ex-président des États-Unis. Entre autre anecdote, à peine six mois après le mariage d’avec Jackie, le sénateur Kennedy d’alors, entra en contact avec Inga lui disant qu’il s’ennuyait d’elle. Le grand patron J. Edgar Hoover avait cette dernière dans ses radars, car il la soupçonnait d’être une espionne au service d’Hilter car la journaliste avait obtenue jadis une entrevue avec le Führer qui charmé par elle, l’avait même invité dans sa loge lors des jeux olympiques de Berlin en 1936 et avait dédicacé sa photo qu’il lui avait remise en guise de présent. Car le flirt de Kennedy avec Inga avait commencé durant la seconde guerre mondiale. D’où la méfiance d’Hoover qui les avaient pris en filature. Une histoire rocambolesque qui en dit long sur l’hypocrisie des mœurs au sein de l’illustrissime famille Kennedy.

L’amour secret de Kennedy. Scott Farris. L’Archipel 416p.   www.editionsarchipel.com


 


 

Des recettes créatives, légères et gourmandes au wok

Avec le train de vie de vie qui est souvent le nôtre, on n’a souvent pas le temps, ni le goût de se lancer dans des cuisines élaborées. D’où l’intérêt de se tourner vers des recettes faites au wok, nourrissantes et faciles de préparation. Anne Lee présente dans la collection « Les inventives »  aux éditions marie claire Mes recettes au wok. Vous en avez quarante sous toutes les déclinaisons, qui incorporent du gingembre, du citron, poulet, thaï, indonésienne et quoi encore. Juste de voir les photos des plats donnent faim, c’est peu dire.

Mes recettes au wok. Anne Lee. Marie claire 109p.   www.editionsmarieclaire.com


 


 

Des jeux à base d’eau

Typhaine Voutyrakis n’a pas son pareil lorsque vient le temps de créer des jeux pour distraire les touts petits. Elle nous en donne une illustration éclatante avec des amusements centrés autour du thème de l’eau. L’eau, surnommée l’or bleu, est un bien précieux. Notre corps en est constitué à 72% et les mers du globe dominent l’espace planétaire. Tout cet écosystème est fragile. Conçu pour une tranche d’âge tournant autour de six ans, ce n’est pas l’imagination qui manque, comme des techniques assurées de captures de grenouilles ou réalise un feu d’artifice…aquatique.

Eau. Typhaine Voutyrakis. Rusti’kid 62p.     www.rustica.fr


 




 

Le coin de la BD

Deux BD de grande envolée débarquent sur les rayonnages qui vont ravir les amateurs du genre. A commencer par Le coup de Prague chez l’éditeur Aire libre du scénariste Jean-Luc Fromental et de l’illustrateur Miles Hyman. Qui a valeur de documentaire car il part d’un fait réel soit la visite que va faire à Vienne en 1948, l’auteur Graham Greene qui cherche de la matière pour un roman avec film en devenir « Le troisième homme ». La capitale autrichienne est encore sous la coupe de la gouvernance des forces alliées et dans la genèse de la guerre froide. C’est en même temps un terreau pour les espions. Et pour vivre son sujet à fond, vous allez voir que Greene a une morale très élastique. Il incarne vraiment l’adage que tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Saluons la qualité extraordinaire du dessin. Un travail d’orefèvre.

Et puis chez Dargaud, de Jérôme Hamon et Lena Sayaphoum « Emma et Capucine » qui devrait être le début d’une saga, puisqu’on l’annonce comme le tome un qui a pour titre  « Un rêve pour trois ». Ce sont deux sœurs qui vivent pour la danse classique et qui vont auditionner dans une grande école de danse de la capitale française. L’une réussira l’examen de passage, l’autre pas. Presqu’un psychodrame. Mais l’auteur avec une délicatesse infinie, nous montre que l’accomplissement de soi ne passe pas nécessairement par la voie choisie et qu’il faut écouter sa voie intérieure. Une BD pleine de morale positive et qui remet la notion de succès personnel à sa place.   


 


 

Un beau conte syrien

La Syrie c’est en ce moment la guerre. Quelle tragédie. Mais ce pays est aussi riche d’une belle culture populaire, comme ce conte La fille du marchand de figues de Barbarie un conte syrien rapporté par Muriel Bloch sur des illustrations de Sarah Loulendo. Il était une fois un roi de Syrie qui interdira les marchands ambulants dans son royaume, jugées encombrants. Or le père de Selam, vend des figues de façon itinérante à Alep. Voyant le drame familial que le décret pose, la fille va se métamorphoser en ravissante jeune femme, maquillage aidant et se présenter à la cour du roi pour changer le cours des choses. On connaît le dicton, ce que femme veut…On vous laisse découvrir la finale de ce conte.

La fille du marchand de figues de Barbarie. Muriel Bloch, illustrations de Sarah Loulendo. Magnard 33p.   www.magnardjeunesse.fr


 






 

Le coin santé physique et psychique (1)

C’est un fait avéré dans le domaine scientifique, que par le seul fait de la volonté, des personnes ont conjuré la maladie et se sont retrouvées en mode rémission. La docteure Galina Shatalova ne le dément pas. Bien au contraire, car cette médecin qui est passé par le service médical aux armées en Russie et qui a vu à la préparation des cosmonautes, a rédigé La méthode de guérison naturelle. Son credo de rédemption est basé sur deux choses seulement, la saine alimentation et surtout l’exercice physique. On trouvera d’ailleurs des figures de mouvements à faire chez soi au quotidien. C’est aux éditions Macro.

Deux titres chez AdA. Ellen Dugan nous présente Le voyant naturel un guide personnel pour accéder au royaume psychique. Il est question de pouvoirs enfouis en nous et qui ne demandent qu’à s’épanouir. Si certains ont déjà des révélations de ces facultés, pour d’autres c’est plus difficile et ce livre leur est particulièrement consacré. Puis la psychosociologue Patricia Delahaie aborde une dure réalité, la cassure amoureuse qui laisse souvent des séquelles durables. Comment guérir du mal d’amour est un peu dans la veine même de résilience psychique que ceux qui doivent faire le deuil d’une personne décédée. Et parmi les nombreux conseils, de croire vainement que celui qui nous a quitté peut tout à coup changer d’idée.

Chez Bayard on va répondre par le biais d’un magnifique cours de civilisation islamique comment les femmes en sont venus au port du voile. Car rappelons que si l’accessoire par exemple est répandu en Égypte actuelle, sous Nasser la chose faisait rigoler puisqu’on en était alors à la mode occidentale comme ce fut le cas sous le Shah d’Iran, avant que les intégristes n’obligent au port du voile. Maria Giuseppina Muzzarelli professeure à l’Université de Bologne en histoire médiévale et en histoire de la mode, fait la part des choses entre le religieux et l’identitaire. C’est le premier essai vraiment fouillé sur le sujet et qui fait référence.


 






 

Le coin santé physique et psychique (2)

Si en son temps le docteur Kinsey a ouvert les yeux du monde entier sur la sexualité telle que réellement entrevue et pratiquée, Susie Orbach en serait l’équivalent sur la connaissance du rapport que les femmes ont envers leur corps. Ça donne un essai éclairant intitulé Le poids un enjeu féministe aux éditions Marabout. La minceur en ce XXIème siècle a prise une place trop prépondérante, comme si c’était même le sésame pour la réussite professionnelle. Et comme beaucoup de femmes ne vivent que dans le regard des autres, elles s’infligent de véritables tortures du côté alimentaire. Et c’est là, le volet novateur de l’approche de cette psychanalyste et psychothérapeute qui fait porter la problématique sur une simple question de réaction sociale.

La guerre en Syrie et le dernier bombardement chimique des forces armées syriennes qui a fait nombre de victimes parmi les enfants nous fait réaliser à quel point toute guerre est d’une cruauté sans fin. Et comment les enfants peuvent-ils s’en sortir après coup, ayant connu une telle vision de la vie ? C’est à qui répond cette étude en collectif aux Presses de l’Université Laval sous la direction de Germain-Arsène Kadi et Johanne Villeneuve ayant pour titre Acteur et victime, la figure de l’enfant dans les guerres modernes. Il est question de l’enfant. Et le pire héritage de tout ceci c’est le renoncement à l’enfance avec les dommages collatéraux que ça suppose.

Le magnétisme cours 101, voici en quel terme on peut résumer la démarche de Clémence Lefèvre avec son Manuel pratique du magnétisme aux éditions Exclusif. Des ouvrages sur le magnétisme, il y en a eu pas mal de publié en littérature mais très peu, destinés au novice. En des chapitres d’une simplicité confondante, l’auteure nous permet de vérifier que nous sommes en possession de pouvoirs inutilisés. Allez seulement au chapitre dix qui livre un exercice spectaculaire à essayeur entre amis, qui hors de tout doute raisonnable, confirme la réalité de la force qui habite en nous.

Chez Vigot pour terminer d’Anthony Mette, c’est Préparation mentale du sportif. Si ça réussit aux sportifs, pourquoi pas nous ? Le précis se divise en deux, un test d’évaluation personnelle, dont le niveau de confiance en vous, complété par des exercices structurés par ce psychologue sportif, fort de ses années de pratique. En somme, avant d’engager le corps dans une discipline sportive ou autre, il faut que la psyché suive. En somme c’est la mise en pratique de la fameuse devise un esprit sain dans un corps sain.  



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