- LIVRES MAI 2016 -
 
 


 


Des milliards cachés qui se transforment en un thriller

Ceux qui suivent depuis des années l’évolution du marchandage dans le monde des arts, se souviennent très bien de l’affaire Wildenstein. Si vous avez raté ça, voici une belle occasion de se remémorer ce qui grâce à une avocate perspicace, est devenu un véritable thriller financier. Me Claude Dumont Beghi  publie Les milliards cachés des Wildenstein qui revient sur cette histoire rocambolesque qui a de quoi faire de l’ombre au fameux Panama papers. Au départ il y a le décès du richissime marchand d’art Daniel Wildenstein. Théoriquement la succession ne doit pas poser de problème, sa défunte Sylvia, devant recevoir ce qui lui est dû. Mais les deux fils vont lui faire croire que leur père est mort sans le sou. Mais il y a quelque chose qui d’entrée de jeu cloche, car l’homme d’affaires décédé était un habile financier. Me Beghi sera mise sur l’affaire. Et on assiste à une opération de spoliation de haut vol. Ça se lit avec bonheur. Seul problème, c’est trop court.

Les milliards cachés des Wildenstein. Claude Dumont Beghi. L’Archipel 264p.     www.editionsarchipel.com


 


 


Le mystère Shakespeare

Est-ce possible que 400 ans plus tard on se pose encore des questions sur la réelle identité de William Shakespeare et même de la paternité de certains de ses écrits. Henriette Chardak qui a derrière elle un palmarès impressionnant comme biographe, s’est attelée à savoir qui se cache derrière l’auteur de Roméo et Juliette. Voici que parait le premier des deux tomes de sa biographie L’espion des âmes. Si elle respecte en touts points l’encadrement et les faits historiques, elle épouse l’angle de vue comme une biographie romancée où elle met des dialogues dans la bouche des personnages, des mots plausibles qui ont pu être prononcés. On verra comment la fameuse reine Elizabeth 1ère s’entichait de son théâtre et comment le dramaturge a dû savoir naviguer en eaux troubles.

Shakespeare, l’espion des âmes. Henriette Chardak. L’Archipel 376p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Le grand amour de Marie-Antoinette

Marie-Antoinette n’avait vraiment aucune compatibilité avec son balourd époux de roi, Louis XVI, plus passionné de serrurerie que d’amour conjugal. Pas étonnant que ses sens se soient tournées vers ce bel aristocrate suédois, le comte Axel de Fersen. On a beaucoup dit sur la nature de leur relation. C’est lui qui verra d’ailleurs à l’évasion du couple royal en 1791, mais qui demeurera impuissant à faire échapper sa bien-aimée au tragique sort qui fut le sien. Evelyn Farr telle une enquêteuse, a parcouru l’Europe et a mis la main sur des inédits de leur correspondance et donnée un éclairage à celle déjà connue. C’est un gros bouquin qui traduit parfaitement le niveau d’amour de ces deux êtres qui se juraient un amour éternel. Les révolutionnaires en décidèrent autrement.

Marie-Antoinette et le comte de Gersen. La correspondance secrète. Evelyn Farr. L’Archipel 414p.     www.editionsarchipel.com


 


 


Un médecin légiste trouble-fête à Oxford

Curieux retour d’ascenseur, l’auteure Tessa Harris qui a fait des études en histoire à l’Université d’Oxford, a choisi précisément cette célèbre cité universitaire anglaise pour camper le décor de sa nouvelle saga qui met en vedette le Dr. Thomas Silkstone, un médecin américain qui débarque en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle. Et qui sera mis à contribution par une anglaise Lydia qui a assisté à l’agonie de son frère. Immédiatement les regards se sont tournés vers le beau-frère de l’infortunée victime, soupçonné d’empoisonnement. Le nouvel arrivant va donc devoir en découdre sur les réelles circonstances de cette mort suspecte. Mais ses méthodes alliées à de l’investigation, vont en déranger plus d’un. Tellement qu’on a mis un contrat sur lui. Pour quelles raisons ? Toute une aventure palpitante qui se lit d’une traite.

Meurtre à Oxford. Tessa Harris. L’Archipel 340p.     www.editionsarchipel.com


 


 


Réédition d’un classique de Muriel Cerf

Les amateurs éclairés de belle littérature tiennent en haute estime la regrettée Muriel Cerf (1950-2012) dont le premier opus à 23 ans, « L’Antivoyage » fut salué rien de moins que par André Malraux. On lui rend hommage aux éditions Écriture, en publiant d’elle un inédit Brillants soleils en deux tomes dont le premier sort le premier tome de deux « Bien-aimées ».  C’est tout un buffet qui vous servi en mode mineur, avec une mère démente, un père brutal et incestueux, deux filles asservies, livrées aux violences du père. Ce n’est pas jojo. L’affreux bonhomme va finir par crever d’une rise cardiaque salutaire pour tous. Les deux sœurs malmenées jusqu’ici seront héritières et à l’abri du besoin. Mais on ne vit pas sans traîner son fardeau des premières années d’existence. La romancière qui écrivit ce roman déjà malade, s’est toute investie au zénith de son talent. C’est une radiographie des rapports souvent tortueux entre les hommes et les femmes. Un chef-d’œuvre heureusement mis à notre portée.

Brillants soleils. Tome 1 « Bien-aimées » Mureil Cerf. Écriture 379p.    www.editionsecriture.com


 


 


Andréa Ferréol ressasse ses souvenirs

Pour son livre de souvenirs l’actrice Andréa Ferréol a choisi « La passion dans les yeux ». Et quand on regarde sa binette sur la couverture, ce qui frappe en premier, c’est un feu dans le regard, des yeux habités par la gourmandise. Elle est entière et ne pratique pas la langue de bois. C’est ce qui rend son livre intéressant. Le grand déballage c’est sa liaison avec Oma Sharif qu’elle dévoile pour la première fois. Elle parle de la froideur après coup d’un Marcello Mastroianni, d’un Woody Allen qui ne l’a pas retenu pour la raison qu’il la trouvait trop belle. Des anecdotes à foisons. Cette native d’Aix-en-Provence a eu pour père un conseiller municipal de cette ville durant des lustres. Ville où elle habite encore une bonne partie de l’année et où elle s’implique largement au plan culturel. On aime.

La passion dans les yeux.Andréa Ferréol. L’Archipel 237p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Un animal mythique, la bête du Gévaudan

Une véritable créature monstrueuse, bête hybride aux apparences de loup, va semer la terreur sous le règne de Louis XIV, ayant à son palmarès 52 victimes. L’animal sera baptisé La bête du Gévaudan. On finira par deux fois à traquer ce fauve dangereux et à l’abattre. Qui sera exposé la première fois à la Versailles. On payait pour voir la dépouille. Selon les observateurs du temps, c’était quelque qui chose qui s’apparentait au loup, mais avec plus de puissance. Jean-Claude Bourret qui s’est toujours passionnée pour cet animal mythique lui avait déjà consacré deux volumes aux éditions du Signe « Le secret de la bête du Gévaudan ». Il persiste cette fois avec La bête du Gévaudan et autres histoires vraies. Qui plaira vivement aux amateurs de curiosités animalières.

La bête du Gévaudan. Jean-Claude Bourret. L’Archipel 285p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Un garçon et un chien unis contre l’intimidation

C’est une jolie histoire d’amitié sur fond d’intimidation qui ravirait Jasmin Roy notre cher comédien qui a déclaré une guerre ouverte à l’intimidation qui est un fléau. Œil pour œil, croc pour croc de Frida Nilsson raconte les mésaventures désavantagé par un physique un peu reflet. Il est l’objet de brimades de la part des jeunes de son entourage. Un jour, ces derniers ont eu la triste idée de l’enfermer dans la salle de remise des poubelles. Et c’est là que notre ami, va faire la rencontre d’un chien itinérant qui de son côté a subi le même sort que lui mais de la part d’autres chiens. Ils se sont entendus pour liguer leur énergie à rétablir la justice et le respect.

Œil pour œil, croc pour croc. Frida Nilsson. Bayard jeunesse 228p.    www.bayard-editions.com


 


 


1864, les prémices de la fédération canadienne

Du 16 au 18 octobre 2014 se tenait un colloque savant sur la Conférence de Québec de 1864 qui annoncera comme on sait la future Constitution canadienne de 1867. Les actes de cette grande rencontre sont maintenant disponibles sous le titre La conférence de 1864, 150 ans plus tard. Sous la direction du triumvirat formé d’Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Guy Laforest on a fait appel à une cohorte de divers spécialistes allant des historiens aux avocats constitutionnalistes, pour ne nommer que ces deux disciplines. C’est un pavé bien touffu qui démonte les mécanismes politiques qui ont conduit à la naissance de la fédération canadienne.

La conférence de 1864, 150 ans plus tard. Collectif. Presses de l’Université Laval 374p.      www.pulaval.com


 


 


Un couple de rescapés de la mort nourrit d’espoir

Le hongrois Peter Gardos est cinéaste et il fait son entrée dans le monde des lettres avec une valeur sûre, la propre histoire d’amour de ses parents, tous deux rescapés des camps de la mort et qui vont se retrouver réfugiés en Suède. Malgré l’horreur absolu qu’ils ont connu dans l’enfer nazi, ils mettent leurs actifs ensemble pour espérer à des lendemains qui chantent. La guérison en sorte par le mariage. C’est la mère de l’auteur qui, à la mort de son mari, a remis la liasse de lettres qu’ils s’échangeaient durant une période de six mois. Et plus la correspondance grandit, plus leur amour va s’intensifiant. La fièvre de l’aube annonce aussi pour le romancier en herbe un avenir prometteur.

La fièvre de l’aube. Peter Gardos. Robert Laffont 268p.    www.laffont.fr


 


 


Le premier ministre du Québec, le premier au long règne

Il est dommage que le souvenir de la personne de Lomer Gouin soit passé à la trappe. Car il ne manque pas de relief, celui régna dans la Belle Province de 1905 et 1920. A ce titre il est le premier des premiers ministres du Québec a avoir été si longtemps en poste, ses prédécesseurs n’ayant jamais dépassé la marque des cinq ans au pouvoir. Il fit entrer le Québec dans l’ère de l’industrialisation, de sorte que la majorité des canadiens-français comme on appelait alors les québécois, vivaient désormais en ville, fuyant la misère économique de la campagne. Partisan d’un libéralisme modéré il s’allia l’Église catholique pour asseoir son autorité. Pour la petite histoire, c’est à lui que l’on doit la création du tribunal de la jeunesse. Mathieu Pontbriand fait un grand acte de devoir de mémoire en lançant la biographie politique de ce libéral qui épousa, Élisa, la fille de l’ancien premier ministre du Québec. Honoré Mercier. Quelle plongée dans un Québec qui s’ouvre petit à petit au monde.

Lomer Gouin, entre libéralisme et nationalisme. Mathieu Pontbriand. Presses de l’Université Laval 133p.    www.pulaval.com


 


 


Deux romans qui méritent d’être lus chez GID

Charles-Auguste Lavoie ne désire pas établir de frontière entre les sexes dès qu’il s’agit d’amour. Il sait que l’homme est multiple dans les affaires du cœur et l’illustre parfaitement dans L’amour toujours l’amour. Il brosse de petits portraits gens hétéros ou homos qui ont tous en commun d’avoir des sensibilités, des désirs comblés ou non. Ou qu’on identifie à un goût alors que c’est tout autre. Martine Huot nous offre le récit de son grand-oncle Aurélien, frère de sa grand-mère Yvonne-Marie. Quand on déterre les histoires de famille, c’est ouvrir une boîte de Pandore. L’oncle en question reviendra catastrophé de sa participation à la première grande guerre mondiale qui comme on le sait, fut une véritable boucherie. Il demanda dans ses prières de survivre au champ de bataille, mais il en gardera tout de même des séquelles psychologiques. Il était un personnage clé dans la vie de la grand-mère de l’auteure. Ces deux ouvrages ont en commun d’être écrits sans affectation. Des cœurs d’auteurs qui s’adressent aux cœurs des lecteurs.


 


 


Tout trouvé pour ceux en mal d’exotisme

Si d’office vous aimez l’aventure, voici un roman chargé d’exotisme. Vous serez en plein dépaysement dans La captive des hommes de bronze de Valérie Simon. Nous sommes conduits sur la planète sauvage Mysteria. Deux enfants, un garçon de 10 ans et sa sœur âgée d’à peine 3 ans sont kidnappés par une horde tribale. Jim le garçonnet va finir par s’échapper laissant sa petite sœur aux mains de ses geôliers. Le temps va passer et Jim deviendra médecin. Il décide de retourner sur la planète en question, lui qui avait émigré vers la Terre. Il veut savoir ce qui est advenu de sa chère Jessica. Il sera fait prisonnier à son tour et subira les affres de la séquestration. Vous avez là tous les ingrédients pour évader du quotidien.

La captive des hommes de bronze. Valérie Simon. L’Archipel 373p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Les travailleurs saisonniers Mayas au Canada

Ils seraient 20 mille travailleurs saisonniers venant du Mexique, à venir travailler comme saisonniers dans les fermes à travers le Canada. Mais les connaît-on vraiment ? Marie-France Labrecque  professeure émérite en anthropologie de l’Université Laval, va au-delà des études existantes. Elle nous fait découvrir l’univers du travail chez cette ethnie, ce qui advient des familles, des femmes (on privilégie ici un angle de vue féministe) qui restent au pays tandis que l’homme pourvoyeur s’exile au nord.  On appréciera la rigueur de la recherche chez cette universitaire de haut vol. Au sortir de cette lecture, de un on connaît mieux les Mayas d’aujourd’hui et le contexte socio-économique qui est le leur.

La migration saisonnière mayas du Yucatan au Canada. Marie-France Labrecque. Presses de l’Université Laval 270p.      www.pulaval.com


 


 


La valeur économique des écosystèmes au Québec

La biodiversité et le développement durable reviennent de façon récurrente dans l’actualité mondiale. Mais il y a des gens pour qui ces concepts sonnent mieux à leurs oreilles s’il y a une corrélation à faire avec une quelconque valeur économique. Voici une étude fouillée Nature et économie, un regard sur les écosystèmes du Québec. Qui fait une démonstration éclatante de l’intérêt à préserver notre environnement pour les retours économiques qu’ils génèrent, même ceux non marchands, comme le cas des paysages qui fait l’objet d’un long chapitre. Cette étude a été faite sous la direction de Jérôme Dupras et Jean-Pierre Revérêt avec une multitude de collaborateurs.

Nature et économie, un regard sur les écosystèmes du Québec.
Collectif. Presses de l’Université du Québec 288p.     www.puq.ca


 


 


Une histoire des grands mandarins de l’État québécois

Ce sont les hommes de l’ombre, maintenant des femmes parfois, quoique encore minoritaires qui sont les maillons de la haute administration publique, les sherpas ou grands commis de l’État. Leur histoire au Québec a été passé sous silence. Maintenant ce vide est réparé grâce à cet ouvrage Les grands commis et les grandes missions de l’État ans l’histoire du Québec sous la direction de Michel Sarra-Bournet. Avec les diverses contributions qui ont forgé cette étude, on voit mieux comment la fonction publique chez nous a pris naissance et même de l’enflure. Comme avec Athanase David, secrétaire de la province de 1919 à 1936, qui commença avec 30 fonctionnaires et qui termina avec 600! Enfin on en sait mieux sur ces hommes de l’époque qui ont structuré l’administration provinciale pour le meilleur et le pire.

Les grands commis et les grandes missions de l’État dans l’histoire du Québec. Collectif. Presses de l’Université du Québec 277p.    www.puq.ca


 


 


Les arts face à la bureaucratie

Ce sont deux professeurs de l’Université de Lausanne, David Giauque et Yves Emery qui ont supervisé une enquête exhaustive sur la corrélation entre les artistes et la bureaucratie gouvernementale. Le dilemme vient du fait que les artistes, tout feu tout flamme, voudraient s’exprimer devant les instances qui disposent des budgets de subventions, mais les technocrates ne font qu’exiger des rapports à remplir, hermétiques à souhait, qui exigent plus de l’expert comptable, que de la sensibilité artistique. L’acteur et la bureaucratie au XXIème siècle est une sorte de musée des horreurs de la bureaucratie. Les problèmes sont exposés crûment. Les solutions existent, mais quand verra t’on plus de souplesse dans nos administrations pour rencontrer les desideratas de la communauté des arts.

L’acteur et la bureaucratie au XXIème siècle. Collectif. Presses de l’Université Laval 390p.     www.pulaval.com


 


 


Un inédit sur la parodie dans la BD

C’est un trésor  que nous révèlent Raymond Corriveau, Jason Luckerhoff et Claude Martin avec le docte ouvrage de Pierre Huard, « La parodie dans la bande dessinée franco-belge » ouvrage posthume car l’auteur qui a été professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières de 2005 à 2010 est décédé cette dernière année. Spécialiste accompli de la bande dessinée il en avait fait même l’objet de son mémoire de maîtrise « Le contenu de la bande dessinée québécoise contemporaine ».  C’est une grande démonstration de pastiches du monde du 9ème art. Et à la lecture on s’aperçoit de toute la portée des messages sous-jacents à travers bulles et fenêtres.

La parodie dans la bande dessinée franco-belge. Pierre Huard. Édition posthume supervisée par Raymond Corriveau, Jason Luckerhoff et Claude Martin. Presses de l’Université du Québec 248p.     www.puq.ca


 


 


Les édifices iconiques qui façonnent une ville

Il est manifeste que des édifices contemporains impriment à leur ville une identité nouvelle. Comme ce fut le cas à Bilbaoe en Espagne avec le musée conçu par l’architecte Frank O. Gehry. Des architectures souvent imposées par des administrations publiques ou l’entreprise privée. Mais ces constructions ont-elles une résonnance parmi les populations. Comment sont-elles accueillies par le vox populi. Guillaume Éthier se sert de quatre immeubles emblématiques à Toronto, une ville phare dans sa volonté de changer son image terne. Ce chercheur en patrimoine urbain nous livre un album éclatant Architecture iconique, les leçons de Toronto. Qui intéressera au premier chef, les urbanistes, les architectes et ceux qui se passionnent pour la revitalisation des agglomérations urbaines.

Architecture iconique. Les leçons de Toronto. Guillaume Éthier. Presses de l’Université du Québec 290p.    www.puq.ca


 


 


Un demi-siècle d’éducation dans la Belle Province

Pour preuve que l’ouvrage est d’une grande pertinence, il a été préfacé par le père de l’éducation moderne au Québec, Paul Gérin-Lajoie premier titulaire comme ministre de l’éducation au Québec et personnalité iconique du domaine. 50 ans d’éducation au Québec sous la direction de deux sociologues Pierre Doray et Claude Lessard tombe à point nommé au moment où le gouvernement libéral de Philippe Couillard a décrété prioritaire l’intérêt qui doit être porté à l’éducation. Il y a longtemps que cet univers voit les réformes se succéder avec un échec lamentable qui se concrétise par un décrochage scolaire alarmant. Dans ces pages vous voyez la genèse de la préoccupation éducation sous la Révolution tranquille, la disparition qui s’ensuivit de l’emprise religieuse et où tout cela nous a menés.

50 ans d’éducation au Québec. Collectif. Presses de l’Université du Québec 273p.   www.puq.ca


 


 


Portraitiste des âmes


Dans la collection « Nos vies » chez Gallimard un titre qui arrive en douce, sans faire de bruit mais qui va assurément faire son bout de chemin tant l’auteure de Sur la peau sait brosser des esquisses sur le souffle qui nous habite en telle ou telle occasion. Isabelle Baumont scanne les âmes et les mets sur papier. Ça donne de très belles envolées qui confinent à de la poésie en prose. C’est une portraitiste sans pareille pour nous décrire avec nos forces et nos fragilités.

Sur la peau. Isabelle Baumont. Gallimard 120p.   


 


 


La représentation religieuse par la BD

Pour une étude pointue, c’en est une. Comment la BD a-t-elle été mise au service des croyances religieuses en Occident et ailleurs ? Voilà le champ de recherche qui a été investigué sous la direction de Philippe Delisle par une équipe de chercheurs de tous les horizons. On se souviendra au Québec des figures de figures saintes relayées par cette plateforme chez l’éditeur Fides, ou des représentations sulpiciennes pour l’édification des fidèles. Bandes dessinées et religions, des cases et des dieux va au-delà des illustrations et montre l’interrelation entre les créateurs et les passeurs de commande. Et comment la BD s’est montrée parfois irrévérencieuse.

Bandes dessinées, des cases et des dieux. Collectif. Karthala 340p.   


 


 


La cuisine par nécessité, obligation et par défi

Sans tambours ni trompettes, Annie L’Italien se constitue une garde rapprochés de lecteurs qui attendent la sortie de ses opus comme d’autre le beaujolais nouveau, avec grande hâte. La voici avec son cinquième roman qui nous plonge dans le monde de la cuisine. Zut! J’ai raté mon gâteau qui nous fait découvrir trois femmes qui ont chacune un rapport différent avec la cuisine, une parce qu’elle veut porter la toque, l’autre nourrit ses enfants par obligation, tandis que la troisième se rêve en restauratrice. Assurément que la romancière qui se distingue par l’humour va élargir ses fans par le fait que faire la cuisine chez soi est dans l’air du temps. Et on n’a qu’à voir le succès des émissions de télé consacrées à la cuisine, quand ce n’est pas des chaînes entièrement consacrées au domaine comme Zest. On s’amuse beaucoup à travers ces pages. Rafraîchissant comme un sorbet par temps de canicule.

Zut! J’ai raté mon gâteau. Annie L’Italien. Druide 254p.    www.editionsdruide.com


 


 


Réédition d’une célèbre enquête d’Armand Gamache

Flammarion réédite Enterrez vos morts de Louise Penny qui avait été publié pour la première fois en 2013. Il faut dire que l’histoire est solidement ficelé avec à l’avant-plan, la figure de l’enquêteur fétiche de la romancière, l’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec, Armand Gamache. Le décor est planté dans la Vieille-Capitale, alors qu’on découvre le cadavre d’un archéologue amateur, réputé pour son obsession à découvrir la sépulture de Samuel de Champlain. Pour quels obscurs motifs a-t-on trucidé un homme jusqu’ici sans histoires. Mystère. C’est un de ces titres qui a permis que son héros devienne un personnage aimé de notre littérature et dont le regretté Georges-Hébert Germain écrivait à propose du roman dont il est ici question, qu’il plongeait le fer dans la plaie identitaire avec Champlain au cœur de l’intrigue.

Enterrez vos morts. Louise Penny. Flammarion Québec 459p.    www.louisepenny.com


 


 


L’émouvante épopée du train à Rivière-du-Loup

Un album nous a particulièrement touché en plein coeur, est Histoires de train l’épopée de l’arrivée du train à Rivière-du-Loup, le Grand Tronc en 1860. Un travail absolument remarquable supervisé par Pierre Landry avec moult collaborateurs dont les éditions Trois-Pistoles et son âme dirigeante Victor Lévy-Beaulieu et le Musée du Bas-Saint-Laurent. Il faut savoir qu’en 1851 Rivière-du-Loupétait un bourg de 1000 habitants qui en soixante ans, industrie ferroviaire aidant, va grimper à 6774 âmes. Et la compagnie ferroviaire va entraîner la création d’énormément d’emplois. Et quelle époque héroïque. Par exemple, quand on voulait joindre des employés pour une mission de dernière minute, même en 1950, il y avait un call boy qui se rendait par exemple chez vous à 22h. p.m. pour signifier à un employé qu’il devait partir à 3h.00 a.m. pour un voyage s’étirant sur deux jours. Les conditions étaient très rudes. Saluons le travail d’édition fantastique avec sa très riche iconographie. C’est comme un Atlantide disparu. Nostalgie, quand tu nous tiens.

Histoires de train. Rivière-du-Loup carrefour ferroviaire de l’est du pays. Sous la supervision de Pierre Landry. Éditions Trois-Pistoles et les éditions Mus’Art 253p.     


 


 


Un as partage ses astuces sur la photo numérique

Michael Freeman est un photographe aguerri qui fonctionne à l’instinct. Avec le temps il a acquis une expertise enviable qu’il a la générosité de partager avec la multitude. C’est ainsi qu’il démystifie l’emploi de la photo numérique. Empathique, il sait qu’il existe tout un vocabulaire attaché au domaine qui peut parfois rebuter. Lui, il ne s’est pas embarrassé de formalisme. En 101 fiches, il nous prend par la main pour nous montrer comment capter le cliché à immortaliser, dans les meilleures conditions. Ça donne 101 trucs & astuces pour la photo numérique. Et n’ayez pas peur de vous planter. Il admet lui-même en toute humilité avoir fait des faux pas. Après avoir assimilé les leçons vous pourrez faire partie à votre tour du carré des as.

101 trucs & astuces pour la photo numérique. Michael Freeman. Dunod 175p.    www.dunod.com


 


 


Le Paris des écrivains

Il y a diverses sortes de tourisme. Certains privilégieront le tourisme dit intelligent avec des circuits très pointus. Les éditions Alexandrines peuvent vous être utiles ave cette mignonne petite série « Le Paris des écrivains ».  En leur compagnie vous faites le circuit des endroits parisiens où ces écrivains ont vécu ou fréquenté. La collection s’enrichit de quatre titres Le Paris de Molière de Jacqueline Razgonnikoff, Le Paris d’Émile Zola de Alain PagèsLe Paris de Hugo de Nicole Savy et Le Paris de Balzac d’Anne-Marie Baron. La lecture de ces opuscules ravive ce qu’on appelle l’esprit de Paris. C’est un véritable devoir de mémoire dont le lecteur ne peut sortir que ravi. Pour la peine vous avez moult anecdotes qui rendent la consultation distrayante. Au final vous ne verrez plus la Ville Lumière de la même façon car vous marchez sur l’Histoire.


 


 


Célébration d’une amitié féminine

C’est ce petit bijou L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante publié pour la première fois en langue italienne en 2011 qui vient de recevoir le Prix des libraires du Québec 2016 dans la catégorie roman hors du Québec. Le titre italien est encore plus fort « L’amica geniale ». En effet c’est un très grand lien qui unit ces jeunes filles dans une Naples en effervescence. Elles ne se perdront pas de vue, même si le destin de chacune est fort différent. La romancière fait la démonstration que loin des clichés habituels sur la rivalité entre les femmes, il y a au contraire de grandes attaches. Tout lecteur ne verra plus les femmes de la même façon une fois la dernière ligne lue. On comprend le choix de nos libraires de s’être fixés sur ces pages éblouissantes de tendresse.

L’amie prodigieuse. Elena Ferrante. Folio 430p.   


 


 


Quand on veut nicher dans les arbres

Qu’est-ce que la cabane dans les arbres a fait fantasmer chez les jeunes qui la voit comme un refuge à l’abri des parents donneurs d’ordre. Que d’écrivains ont écrit sur elle. Il y a là de quoi en faire même un objet de psychanalyse, tant elle est une représentation symbolique. Encore faut-il la construire. Voici pour le bricoleur qui veut s’y mettre Construire une cabane dans les arbres de Philippe Schmidt.. Et on verra que ça requiert une habileté, car il y a des impératifs de sécurité à prendre en compte, considérant que des enfants vont grimper dans les hauteurs. Des illustrations en nombre vous permettent d’édifier votre refuge sans trop de problèmes. En complément les plans sont fournis très détaillés.   

Construire une cabane dans les arbres. Philippe Schmidt. Massin 127p.   www.massin.fr


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Elle a bon dos la vitamine D qui a hérité du surnom « La vitamine du bonheur ». Toute une responsabilité. Pour peu qu’on en consomme. Estelle Lefebvre nous dit tout à son propos dans Vitamine D chez Alpen. Elle a la propriété de régulariser l’immunité. Elle joue également un rôle de prévention contre l’ostéoporose. On apprend que si les végétaux n’en contiennent à peu près pas, il y a une exception, comme les champignons. Cette petite merveille est aussi un pare-feu contre le blues de l’hiver. Dans la même collection et chez le même éditeur c’est la découverte de l’Index glycémique selon la méthode Montignac. La proposition est doublement alléchante car à la fois on prévient les maladies métaboliques tout en aidant à faire fondre les kilos en trop. Et ce qui est bien, c’est que cette méthode n’est pas sectaire et s’adapte au fil des avancées sur la recherche alimentaire.

Aux éditions du Dauphin Blanc c’est l’.économiste de formation Louis Cliche qui rapporte les techniques secrètes d’éveil des Maîtres dans Le plus court chemin vers la pleine conscience en 3 étapes. C’est que l’auteur est un fervent adepte de la méditation depuis plus de quatre décennies. Et c’est par ce moyen qu’il en est arrivé à forer son intérieur et y trouver les richesses qu’il recelait.

Ailleurs, il était une fois une journaliste spécialiste dans le domaine de la santé Aline Perraudin qui se scandalisa à bon escient du mauvais traitement réservé aux animaux dans les abattoirs. Une prise de conscience qui lui fit prendre le pari de démarrer avec un programme strict sans une seule viande à l’horizon. Chez Édito elle raconte les étapes psychologiques qui ont été les siennes dans 100 jours sans viande. Car il faut dire que le défi était grand car madame était carnivore au point de départ. Son credo est qu’on peut très bien se passer de viande sans subir aucune contre-indication.

Et chez Ada deux opus. Pour Kyle Gray, les anges n’ont plus de secrets. Au point qu’elle s’est autorisée un guide pour vous permettre de les voir, de les entendre, de les sentir. Anges pousse à fond la connaissance de tout ce qui les concernent jusqu’à se mettre dans leurs pensées! Dans un tout autre registre c’est la gynécologue et obstétricienne Christiane Northrup qui lance Éternelles déesses qui est un pavé rempli d’observations sur ce que sont, ont été ou doivent être les femmes. On voit que l’auteure de cet essai est une femme curieuse comme tout, qui fait intervenir différentes sources d’informations pour appuyer ses dires. Elle donne du courage aux femmes qui parviennent difficilement à se faire une place. Un livre que nous considérons comme essentiel pour l’affirmation du genre féminin, sans nécessairement devoir s’opposer aux hommes. C’est un bel ouvrage humaniste.


 







 


Le coin santé physique et psychique (2)

Si vous croyez que le décès de l’abbé Raymond Gravel a laissé un gouffre immense côté authenticité spirituelle, c’est que vous ne connaissez pas Fernand Patry. Père blanc, puis dominicain, il a été durant quinze ans intervenant en soins spirituels à l’Hôtel-Dieu de Montréal. C’est que cet homme de foi a un parcours assez atypique puisque avant d’embrasser la vocation religieuse il a d’abord été enseignant, puis journaliste du monde du spectacle pour les petits journaux de Péladeau. Mais les cocktails lui laissait une impression de vide intérieur. Il va accepter un poste de coopérant géré par les Frères de l’Instruction Chrétienne. Et ce sera son chemin de Damas, le fameux appel. Sauf que ce gars là est aucunement capable de se fondre dans un moule, même dans une communauté religieuse. Curé à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, ses méthodes de proximité avec les fidèles n’étaient pas du goût de la hiérarchie. De sorte qu’il s’est retrouvé dans le bureau du cardinal Jean-Claude Turcotte qui voulait le renvoyer lui rappelant, lui le rigide, que l’Église n’était pas une démocratie, mais une hiérarchie à laquelle il fallait obéir aveuglément. Mais Patry tenait son bout et son mandat sera finalement renouvelé. A Gilda Routy il laisse parler son cœur, revenant sur son parcours. Seul défaut, ce livre qui est édité chez Novalis, Amours et turbulences est trop court.

Dans l’optique du vivre ensemble si cher au maire de Montréal Denis Coderre, quels sont les défis qui sont ceux de la communauté juive au Québec ? Comme piste de réflexion, nous vous invitons à feuilleter Judaïsme et éducation sous a direction de Silvana Hirsch, Marie McAndrew, Geneviève Audet et Julia Ippgrave. Est-ce que par exemple, l’enseignement sur l’Holocauste est bien présent dans les programmes scolaires. Comment harmoniser les fêtes juives et chrétiennes au calendrier ? La survivance du yiddish, etc. En même temps on est émerveillé par les beaux rituels qui fondent les croyances de la communauté juive. C’est aux Presses de l’Université Laval.

La famille éclatée et recomposée, voici la thématique de cette recherche Séparation parentale, recomposition familiale, enjeux contemporains sous la direction de Marie-Christine Saint-Jacques, Carolime Robitaille, Annick Saint-Amand et Sylvie Lévesque et publié aux Presses de l’Université du Québec. C’est que les enjeux sont considérables quand on sait que deux couples sur cinq sont séparés au Québec. Chaque chapitre démarre par un cas d’espèce et on passe en revue tous les aspects de la relation conjugale et les causes des ruptures. Un chapitre est consacré à la médiation familiale, un passage est réservé à l’homoparentalité. Bref, c’est la radiographie de cette unité familiale en ce XXIème siècle.

C’est une évidence que le monde à force de courir courre à sa perte. Il faut les voir les employés de bureau qui vont en tout sens, débordés, noyés sous les courriels et les réunions. Les cas de burn-out sont aussi légions et de détresse au travail. François Lavallée est d’avis que nous sommes les artisans de nos propres malheurs et que tout passe par une saine gestion du temps. Il écrit donc un guide Oubliez la gestion gérez vos priorités. Il place devant nous le miroir de nos vilaines habitudes en apportant des moyens de contourner ce qui nous apparait insurmontable. Aucun boulot ne mérite que l’on meure pour lui. A lire aux éditions La Semaine.

Les deux derniers titres le sont aux éditions Québec-Livres. En ingurgitant moult cochonneries alimentaires on maltraite bien nos intestins. Et quel malheur. Car ceux-ci sont appelés, le deuxième cerveau de l’humain. De cette région dépend notre équilibre global. Jean-Luc Darrigol en connaît un rayon sur la région intestinal pour y consacrer ses Traitements naturels de l’intestin. On reçoit une foule de conseils. Par exemple il déconseille les suppositoires qui à ses yeux, font office d’intervention paresseuse. En lieu et place il y va de ses recommandations. Et saviez-vous que tout comme le corps qui a souvent besoin d’une douche glacée pour se tonifier, l’intestin aussi. Et c’est pourquoi il recommande un bon verre d’eau glacé au réveil!

Et notre Deepak Chopra québécois, Louis-Georges Désaulniers poursuit sa mission de nous centrer sur l’essentiel dans la vie et de se débarrasser des carcans psychologiques que l’on s’impose. Ainsi il nous arrive avec Transformer ses émotions en attitudes positives qui est rien de moins qu’un ensemble de tests d’évaluation pour évacuer le stress si dommageable. Trop de gens sont à la merci de leurs émotions et ne le savent pas. Ce sont des questionnaires qui ont le mérite de procéder à notre inventaire personnel.


 


 


Duel de deux têtes fortes, Mussolini et Pie XI

S’il y a un livre sur l’Histoire à mettre en tête de vos priorités c’est Le pape et Mussolini de David L. Kertzer si puissant qu’il s’est mérité le Pulitzer l’an dernier. Et pour cause. Après des années de recherches passées dans les archives secrètes du Vatican, maintenant ouverte sur cette période, il reproduit dans ces pages le duel constant opposant le dictateur fasciste Benito Mussolini et le Pape XI. Deux énormes personnalités. Ce dernier, pourtant représentant du Christ sur Terre, a un caractère de chien et fait trembler tout le monde autour de lui au sein de la Curie romaine. Quand il montera sur le trône de Pierre, pour vous donner une idée de son ego, il fera savoir à sa famille d’espacer ses visites et de prendre rendez-vous comme tout le monde, car lui maintenant pape, n’a plus de temps pour eux. Alors imaginez le bel affrontement avec Mussolini qui a poussé le culte de la personnalité à un niveau rarement atteint. Alors pour que le dictateur ait gain de cause et fasse fermer la gueule du pontife, il proposera en 1929 la création de la Cité du Vatican avec à la clé, un milliard d’euros en valeur d’aujourd’hui. Le pape acceptera ce pacte avec le diable, mais ce qu’il lui faudra en endurer. Le bouquin a valeur de thriller historique. Et pour que le pape se taise devant les exactions menées trop loin contre les juifs, même si l’Église affiche un antisémitisme, le chef fasciste n’aura qu’à brandir la possibilité de révéler les dossiers secrets de police où il apparait que des prélats ont des activités pédérastiques connues, dont le premier, le propre cérémoniaire du pape, un cardinal. Ce chantage permettra au gouvernement de Mussolini d’agir à sa guise. Quelle hypocrisie de part et d’autre!

Le pape et Mussolini. David L. Kertzer. Les arènes 500p.    www.arenes.fr


 


 


Réédition du Complexe d’Icare

La mémoire étant, comme on sait, une faculté qui oublie, c’est pourquoi il faut saluer la réédition d’un des livres clés de la lutte féministe Le complexe d’Icare d’Erica Jong préfacé rien de moins en son temps par Henry Miller. Ce livre publié pour la première fois il y a quarante ans, est un roman, qui met à l’avant-plan une jeune analysante qui se rend en avion à Vienne en compagnie de plus d’une centaine de psychanalystes pour un grand colloque. Son deuxième mari est du nombre. Ça s’annonce un séminaire un peu rasant, mais là bas, elle va faire la rencontre d’un bel anglais, et hop ce sera un feu d’artifice sensuel et sexuel. A l’époque de sa sortie, l’émancipation de la protagoniste en fit bondir plus d’un. Il n’en reste que le scandale a eu du bon, puisqu’il s’est écoulé…vingt-sept millions d’exemplaires dans quarante-trois langues. L’auteure a publié l’an dernier la suite, « Fear of Dying » qui sortira en 2017 en version française dans la collections « Pavillons » chez Laffont. Dans Le complexe d’Icare il y a aussi du mordant au sujet de la communauté juive, mais Erica Jong pouvait difficilement passer pour une antisémite, étant juive elle-même. La réédition est une belle façon de célébrer cet anniversaire quatre décennies plus tard.

Le complexe d’Icare. Erica Jong. Robert Laffont 343p.   www.laffont.fr


 


 


Un couple exemplaire durant l’Occupation allemande

Un conflit armé est toujours l’occasion de voir s’opposer ce qu’il y a de meilleur et de pire dans l’Homme. Et c’est un terreau inépuisable pour tout littérateur qui craint le drame de la page blanche. En tout cas Christian Signol s’est trouvé inspiré par une histoire si elle est fictive, est quand même inspiré de beaucoup de situations de couples qui se sont déroulées au moment où la France est sous l’occupation nazie. Se souvenir des jours de fête se passe dans la ville rose de Toulouse où la guerre éclate. Étienne part au front et sera fait prisonnier. Son épouse Mélina vient tout juste d’accoucher du fruit de leurs amours. Mais elle veut faire sa part pour contrer les forces ennemies. Elle va donc mettre son enfant en pension en sécurité et s’engager activement dans la Résistance, bravant mille dangers.  Le romancier a voulu nous mettre dans ces pages redonner confiance à ceux qui désespèrent de la nature humaine. C’est un beau livre sur le thème de l’espérance. Quelqu’un n’a-t-il pas écrit un jour qu’une rose peut pousser dans un dépotoir ?

Se souvenir des jours de fête. Christian Signol. Albin Michel 353p.  


 


 


Les défis économiques qui attendent le Québec

S’il faut en croire les observateurs de la scène économique mondiale, la montée des pays émergents comme la Chine et l’Inde pour ne nommer que ces deux là, aura pour conséquence un ralentissement des pays qui étaient habituellement des dominants. Et que ce ne sera pas seulement un effet temporaire, mais permanent. Devant ce fait, est né un beau projet de réflexion pour voir comment le Québec peut tirer son épingle dans cette conjoncture. Ainsi est né un ouvrage collectif sous la direction de Mario Lefebvre, Marcelin Joanis et Luc Godbout « Maximiser le potentiel économique du Québec ». Ont participé à cet exercice de style, treize économistes québécois faisant partie de l’Association des économistes québécois. Chacun y allant de sa suggestion pour s’en sortir sans trop de séquelles.

Maximiser le potentiel économique du Québec. Collectif. Presses de l’Université Laval 187p.    www.pulaval.com


 


 


Pour plus de protection de nos chiens de garde

Plus que jamais, alors que l’individu se sent tout petit devant des administrations complexes, son seul recours est celui du corps journalistique qui exigera des réponses des instances incriminées, et réparation pour l’être ou l’organisme lésé. C’est pourquoi La liberté de presse, la liberté de tous titre du livre de réflexions signé Claude Robillard qui fut de 1989 à 2014 Secrétaire général de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. En quelques mots, il revient sur les limitations qu’on tente souvent d’imposer à la classe journalistique pour empêcher de faire son travail correctement. Des élus qui commandent des réunions citoyennes par exemple, à l’exclusion des journalistes. Il dresse le portrait des recours qui ont été exercés par le milieu médiatique pour obtenir gain de cause pour la libre couverture des événements et des moyens employés. On retiendra de cette démarche que rien n’est acquis et à quel poin quand même le journalisme est plus que jamais le 4ème pouvoir, un peu trop puissant pour certains qui voudraient le faire taire.

La liberté de presse, la liberté de tous. Claude Robillard. Québec Amérique 233p.     www.quebec-amerique.com


 


 


Biographie littéraire de Flannery O’Connor

Elle n’aura vécu que 39 ans, emportée comme son père d’un lupus érythémateux disséminé. Née et morte dans l’état de la Géorgie (1925-1964), elle ne se maria jamais et entretint une activité épistolaire intense avec ses correspondants et sa mère. Écrivaine catholique, elle s’intéressa vivement aux questions théologiques et ses deux romans ainsi que ses trente-deux nouvelles font référence à la rédemption dans la vie des êtres par la grâce. Si vous voulez en connaître davantage sur l’œuvre de cette écrivaine américaine d’importance et excentrique (elle avait une véritable volière avec tous les oiseaux exotiques que l’on puisse trouver) procurez-vous Flannery O’Connor, Dieu et les gallinacées de Cécilia Dutter. Centré sur sa production, elle permet néanmoins de se faire une juste idée des préoccupations qui furent les siennes.

Flannery O’Connor, Dieu et les gallinacées. Cécilia Dutter. Cerf 204p.    www.editionsducerf.fr


 


 


La vie des Patriotes et leur temps en images

Pour reprendre le cliché bien connu, si une image vaut mille mots, combien valent cinq cent images réunies ? Un demi-million de mots! Boutade, pour quand même signifier que c’est tout de même le nombre d’illustrations que l’on retrouve dans Histoire inédite des Patriotes, un peuple libre en images. Ils étaient peut-être libres dans leur tête mais diantre, dans quel climat ont-ils dû évoluer ces nationalistes purs et durs, au sein d’une colonie militaire anglaise. Nous sommes redevables à Anne-Marie Sicotte d’avoir colligé toute cette riche iconographie qui nous fait voir aussi le contexte social qui était le leur en ces temps pénibles. Ce gros pavé ce feuillette avec un rare bonheur. Et on se prend à réaliser la vaillance de ces fameux Patriotes de 1837-38. C’est un fabuleux devoir de mémoire qui devrait être sur les rayonnages de toutes les bibliothèques scolaires.

Histoire inédite des Patriotes, un peuple libre en images. Anne-Marie Sicotte. Fides 439p.     www.groupefides.com


 


 


Le Pari de Dominique Demers en format poche

Oyé! Oyé! Les inconditionnels de Dominique Demers et ils sont nombreux, prendront acte de l’arrivée en format de poche de Le Pari. Ce sont deux médecins qui discutent à savoir s’il est possible d’offrir encore du bon temps à une patiente arrivée à l’hôpital et sans ressources apparentes. C’est tout un débat métaphysique à l’heure où on s’intéresse à la longévité, la qualité de fin de vie et l’assistance d’aide à mourir.

Le Pari. Dominique Demers Nomades 446p      www.quebec-amerique.com


 


 


Connaître nos arbres du Québec

Il serait intéressant de savoir combien de gens peuvent identifier nos arbres, mis à part le bouleau et le sapin. Pour ne pas être en reste et se rattraper, il y a ce petit opuscule fort bien fait Arbres du Québec coécrit par MM. Jean-Marc Lord et André Pelletier. Après lecture vous serez imbattable à identifier le micocoulier, l’orme, le sorbier et…le charme (oui c’est bien d’un arbre dont il s’agit). Pour chaque arbre décrit une fiche signalétique détaillé.

Arbres du Québec. Jean-Marc Lord et André Pelletier. Broquet 128p.   www.broquet.qc.ca


 


 


Un voyage initiatique tout en couleur

Dans la peau d’une blanche c’est le récit de Marie Binet ex assistante d’Éric Rohmer et collaboratrice de Roland Topor et qui s’est fait un nom dans le monde du documentaire. Elle raconte ici un voyage initiatique en Martinique, où elle apprendra qu’elle descend d’un grand-père noir, elle qui a la peau blanche et qui se donnait des origines slovène! Allez-vous y retrouver là dedans. Eh bien c’est ce qu’elle va faire, afin d’en découdre sur son passé et d’extirper une sorte de honte sur la lignée, d’autant que l’esclavage figure au menu de son histoire généalogique. Comme secret de famille on ne fait pas mieux. Ce récit a valeur de documentaire et tombe à point nommé en cette ère de mondialisation et d’affirmation nationale. La vie est plus compliquée que par les seules étiquettes raciales.

Dans la peau d’une blanche. Marie Binet. L’âge d’homme 270p.   www.lagedhomme.com


 


 


Heureux qui comme Derek…

Le « héros » de Vagabondage de Gérard Coderre veut se confronter à lui-même à travers un long périple qui va le mener à Bénarès en Inde, ville sainte des Hindous. Il y fera une rencontre déterminante. L’auteur de ce roman, Gérard Coderre ex enseignant et communicateur est lui-même un grand nomade ayant plus de 150 pays à son actif. S’il y en a un qui connaît les mérites du grand large pour la connaissance de soi c’est bien lui. Il y a même une transposition de sa personne dans le personnage qu’il a créé. Bref, s’il voulait par là donner le goût de sortir du pays, le pari est réussi. Oui les voyages forment la jeunesse, mais augmentent aussi la force intérieure.

Vagabondage. Gérard Coderre. Québec-Livres 271p.   www.quebec-livres.com


 


 


Le portugais en deux temps, trois mouvements

A sa façon, la collection culte « Pour les nuls » fait véritablement œuvre d’encyclopédie du savoir, comme jadis la collection « Que sais-je ».  On vous signale la parution de Le portugais pour les nuls utile entre autres si vous comptez être des spectateurs aux prochains jeux olympiques de Rio cet été. Bien que ce soit une langue latine, a priori, plus aisée à assimiler, le portugais a une prononciation bien particulière. Mais grâce à Karen Keller et Ricardo Rodrigues vous passerez à travers des petits pièges de la grammaire. L’ouvrage comprend un mini dictionnaire français portugais, pratique quand on veut se débrouiller avec un minimum de mots. Mais mieux encore, il comprend un CD pour vous aider à vous mettre à l’oreille la prononciation exacte. Dans le genre, difficile de faire mieux. Vale a pena (ça en vaut la peine).

Le portugais pour les nuls. Karen Keller, Ricardo Rodrigues. First 347p.   www.pourlesnuls.fr


 


 


Pour garder les oiseaux près de soi

Avec la venue du beau temps, on entend les oiseaux chanter à gorge déployée. Ils sont à la bougeotte et il est difficile de les garder près de la maison. A moins de leur offrir un « condo » sous forme de nichoirs. Paul Meisel nous dit tout sur la construction de Mangeoires et nichoirs. Ce ne sont pas des constructions élaborées, de sorte que même quelqu’un qui n’a pas pour vocation d’être manuel, peut s’en tirer à bon compte. On apprend en cours de lecture que certains oiseaux ont des préférences pour un certain type d’habitat. Et pour les gâter au superlatif, de mettre à leur disposition une ration de suif. Non seulement ils adorent, mais ça leur procure un supplément de teneur calorifique par temps froid.

Mangeoires et nichoirs. Paul Meisel. Broquet 109p.   www.broquet.qc.ca


 


 


Parmi les bibles les plus précieuses au monde

La maison Taschen poursuit allègrement sa mission de recenser le patrimoine mondial en art visuel et se dépasse encore une fois avec ce petit pavé lourd en main, Le livre des bibles. En fait il s’agit de la reproduction des manuscrits de 50 bibles de l’époque médiévale conservées à la Bibliothèque Nationale d’Autriche. C’est un véritable travail d’érudition qui nous est présenté côté texte avec une fourniture abondante de détails sur l’histoire et le cheminement de ces incunables. Et que dire du soin apporté à l’iconographie avec ces riches enluminures. La Bible, se livre le plus traduit dans le monde, même si la véracité historique est souvent mise en défaut, demeure quand même l’ouvrage le plus fascinant avec toutes ces épopées.

Le livre des bibles. Taschen 460p. 


 


 


Initiation à la voile pour les touts jeunes

Michel Deshors est un auteur réputé pour ce qui est des ouvrages consacrés au plein air et on ne compte plus les titres qu’il leur a consacrés. Il persiste et signe encore une fois avec L’apprenti skipper où il s’est donné comme mandat d’initier les jeunes aux rudiments de la voile. Et dieu sait si des conditions essentielles de connaissances techniques sont utiles avant de se lancer sur les flots, avec un lexique et des gestes appropriés. Pour appuyer les leçons, d’abondantes photos. Au final il forme ainsi de jeunes marins.

L’apprenti skipper. Michel Deshors. Vagnon 72p.    www.vagnon.fr


 


 


Un juriste capable de prendre de la pression

Nous destinons L’insoumis de John Grisham à tous les disciples de Thémis de la Province de Québec dont l’actualité nous apprenait la semaine dernière que les demandes des avocats au programme d’aide du Barreau du Québec ont bondi de 500% pour cause de détresse. C’est que le principal protagoniste de ce roman, Me Sebastian Rudd n’a pas froid aux yeux. Il est dans les radars d’esprits malveillants, mais il a une carapace du tonnerre. Il vit dans une van blindé qui est son bureau ambulant. Et ce que nous apprécions dans cette démarche de l’auteur qui cumule les succès, c’est sa charge contre le système de justice. Et on voit bien que le monde ne se sépare pas nettement entre le bien et le mal, car l’homme est d’une infinie complexité. Et l’avocat fétiche de Grisham en exploite habilement toutes les facettes.

L’insoumis. John Grisham. JC Lattès 445p.    www.editions-jclattes.fr


 


 


Une petite collection pour accroître les connaissances chez les jeunes

Chez Fleurus, faites connaissance avec cette collection destinée à un jeune auditoire à qui on veut inculquer de solides bases en culture générale. Elle a pour nom « Petites et grandes questions ». Nous avons reçus trois titres qui illustrent à merveille la pertinence des sujets exploités par de fins pédagogues. D’abord de Géraldine Mincent et Clémence Lallemand « Ça fait quoi d’être gaucher ? » qui est un tour d’horizon sur cette disposition anatomique dépendant direct de nos hémisphères cérébraux qui distingue gauchers et droitiers. Puis Emmanuel Trédez et Malfbob donnent les premiers rudiments de ce que sont les réseaux sociaux pour néophytes. Et particulièrement à l’ère numérique, cet ouvrage « Les réseaux sociaux comment ça marche ? » a toute sa place pour mettre en garde les jeunes contre les dérives inhérentes à ces moyens de communication qui peuvent vous gâcher l’existence. On donne ici de véritables leçons de prudence. Et enfin ce titre rigolo « Comment on fait pipi dans l’espace » de Pierre-François Mouriaux et Malfbob sur les conditions de vie au quotidien quand on se trouve à bord d’un engin spatial. On voit du coup toute la préparation préalable avant de propulser un humain dans le cosmos.


 


 


Dédramatiser la cuisine

Jean-François Mallet est un trouble-fête dans l’univers de la cuisine. Formé à l’école Ferrandi, il a bossé chez Joël Robuchon et Gaston Lenôtre. Mais la grande cuisine l’a ennuyé souverainement. Comme il dit « je connais le solfège et je fais du rock n’roll » Alors au lieu d’ouvrir un restaurant en quête d’étoiles et vivre accroché à la visite du critique du Guide Michelin, il a décidé de s’orienter comme styliste en cuisine pour le magazine Marie-Claire. Maintenant il nous arrive avec une grosse brique Simplissime le livre de cuisine light le + facile du monde. Son idée de départ était d’intéresser les nuls en popote, mais il s’est rendu compte que ça intéressait un vaste lectorat de gourmets. Jugez vous-même, le mois dernier il s’est écoulé un quart de million de copies. Et ce qu’on trouve dans ces pages est désarmant de simplicité, avec trois ou quatre ingrédients tout au plus. Et à propos de ceux-ci, contrairement à tous les livres de recettes déjà publiés, c’est qu’il a photographié ceux-ci. On voit donc tout de suite ce qu’on a besoin préparer le plat. Et faute de place, on ne peut pas énumérer tout ce qui s’y trouve, mais c’est santé en diable. A bas le lourd et les riches fonds de sauce de la grande cuisine française. C’est light et hyper délicieux.

Simplissime le livre de cuisine light le + facile du monde. Jean-François Mallet. Hachette 382p.   www.hachette-pratique.com


 


 


A la découverte de la vraie Rio de Janeiro

Elles se sont mises à deux, Camille Lebon aux textes et Johanna Thomé de Souza aux illustrations pour raconter ce qu’est la véritable Rio de Janeiro, au-delà du folklore véhiculé à son sujet. Et un peu par extension sur le Brésil en général. La première y a travaillé durant trois ans, tandis que la seconde est Française de par sa mère et Brésilienne de par son père. Au final ça donne un grand album très coloré comme les cinq ethnies qui composent le pays. Qu’est-ce qu’on apprend dans Rio Nosso. Que les guichets automatiques s’arrêtent à 20h. et on ne peut que transiger qu’avec ceux de sa banque. Et parlant de banque, la lenteur administrative est-elle, qui n’a rien à envier à la France, qu’il peut prendre jusqu’à six mois pour ouvrir un compte et un an parfois pour le fermer! L’eau du robinet à Rio est dit potable, mais personne ne se risque à en boire. L’électricité vient à manquer assez souvent pour cause de fils électriques trop exposés aux intempéries. Pays d’ouverture sociale ? Ha! Ha! La loi de protection contre l’homophobie, datant de 2006 attend toujours d’être ratifié. Après lecture vous vous ferez une toute autre idée, au cas où vous avez envie de vous y rendre.

Rio Nosso. Camille Lebon et Johanna Thomé de Souza. Éditions de La Martinière      www.editionsdelamartiniere.fr


 


 


Portrait du créateur de l’argent en papier

John Law est cet écossais passé à l’Histoire comme l’inventeur de la planche à billets de banque qui au bout du compte incita la France à se départir de son or pour transiger plutôt avec sa monnaie de singe, avec pour conséquence de mettre le pays en faillite. Et d’ailleurs les effets corollaires de cette « invention » se répercutent même de nos jours avec entre autre la banque centrale européenne. D’Adolphe Thiers et Pierre Jovanovic avec une modernisation du texte d’Anne-Marie Bruyant on revit cette page peu glorieuse de l’Histoire de France. Et comment Law fit l’objet de la satyre populaire. Ça se lit avec bonheur et nous montre toute la supercherie entourant les finances publiques.

L’histoire de John Law. Adolphe Thiers et Pierre Jovanovic et la modernisation d’Anne-Marie Bruyant. Le jardin des Livres 238p.   www.lejardindeslivres.fr


 


 


Rome, Dior et collants contrefaits

Après nous avoir mené à New York, puis à Paris, c’est cette fois dans la capitale italienne que nous emmène Isabelle Laflèche avec son personnage de l’avocate Catherine dans J’adore Rome. Elle se rend d’abord là bas pour une fin de semaine sentimentale, mais sur place elle va croiser une inconnue qui va la mener loin. Et toujours sur fond de monde de la mode. Par ailleurs, la maison Dior va mener une enquête poussée sur des collants contrefaits portant sa marque. Notre chère juriste va être entraînée dans tout un tourbillon qui ne lui fera pas oublier Rome de sitôt. Ceux qui ont lu les deux bouquins précédents, seront en terrain conquis, puisque la romancière trouve chaque fois le ton juste et la couleur locale pour nous divertir.

J’adore Rome. Isabelle Laflèche. Québec Amérique 440p.   
www.quebec-amerique.com


 


 


Une serveuse à petits pois

Il était une fois une gérante d’un café qui lorsque le temps virait à la pluie, perdait tout son enthousiasme. Puis un jour elle découvrira une paire de bottes de pluie roses. Ce conte amusant Rose à petits pois coécrit réalisé par Amélie Callot dont c’est le premier livre et l’illustratrice Geneviève Godbout. Le tout va se terminer par un happy end, où notre héroïne va enfin pouvoir, et vous verrez comment, s’acclimater à la pluie. Charme de l’historiette, qualité du dessin, tout concourt à rendre cet album mignon comme tout, à lire aux jeunes têtes avant le rituel du dodo.

Rose à petits pois. La Pastèque. Amélie Callot et Geneviève Godbout. La Pastèque.     www.lapasteque.com


 





 


Le coin santé physique et psychique (1)

Guylda Lavoie doctorante en psychologie non clinique et le journaliste Pierre Richard ont voulu voir la véracité de cette fameuse loi d’attraction qui a fait l’objet d’un best-seller voici quelques années, « Le Secret ».  Ils ont donc voulu vérifier par eux-mêmes ce qu’il en ressort. A cet effet, ils ont demandé la participation de 300 volontaires qui durant deux ans en 2007-2008 pour une expérience pratique. En bout de piste 60% ont dit que de concrétiser leur vouloir s’est avérée vraie. C’est donc toute cette recherche que les concepteurs détaillent dans Onde de choc. On apprend que le cerveau modifie ses structures selon des attentes, ce qui explique sans doute le phénomène. C’est aux éditions La Semaine.

Les trois titres qui suivent sont publiés aux Presses de l’Université Laval. A commencer par un sujet on ne peut plus d’actualité, le vieillissement. A l’ère du jeunisme voici deux auteurs Bryan S. Turner et Alex Dumas qui brosse le portrait de L’antivieillissement en regard des nouvelles biotechnologies. Attention, ce n’est pas un banc d’essai des techniques utilisées par les chirurgiens plasticiens ou chirurgiens esthétiques. On s’attarde certes sur le prolongement biologique de la race humaine, mais c’est surtout l’impact sur les programmes sociaux des gouvernements. Comment gérer alors les finances publiques ? Surtout les coûts explosifs en soins de santé.

Il y a dix ans, paraissait aux Presses de l’Université Laval, « L’asthme au quotidien ». Depuis, avec les avancées dans le domaine, il fallait bien une mise à jour L’asthme des Louis-Philippe Boulet et Hélène Boutin. Il faut se rappeler que ce symptôme touche 10% de la population. Et qu’il ne connaît pas la limite d’âge. Et avec la pollution ambiante ça risque d’aller en augmentant. Vous avez donc une équipe de collaborateurs qui entourent les superviseurs de l’étude qui fait la nomenclature des moyens préventifs pour la circonscrire.

La santé en milieu de vie, voilà tout le défi qui attend la réorganisation des  futurs soins en santé publique. A cet égard sort une étude magistrale sur ce thème qui fait la manchette assez régulièrement dans les bulletins d’informations .Intitulé La santé communautaire en 4 actes, le rapport est placé sous la supervision de Valérie Desgroseilliers, Anne Guichard et Bernard Roy.  Au total 73 contributeurs venant de tous les horizons qui chacun, apporte une pierre constructive  pour une bonification des soins de vie pour l’ensemble de la population.

 

Chez Broquet cette fois Longévité anatomie et mouvements. Ce sont en gros, les instructions de l’entraîneur Hollis Lance Liebman. Ce coach de mise en forme, surtout auprès d’une clientèle qui a passé le cap de la cinquantaine, a une longue feuille de route derrière lui. Il passe en revue tous les exercices qui peuvent contribuer à maintenir notre charpente musculaire au mieux et par effet d’entraînement un mieux-être psychologique. Successivement on regarde ce qu’on à offrir le yoga, la musculation, la mobilité, les exercices cardiovasculaires et ceux d’équilibre. Et dans cette collection, outre la photo de la personne en mouvement, vous avez toute à côté la même mais en format planche anatomique qui montre clairement en quoi le mouvement exercé a un impact sur l’ensemble.

Voici un ouvrage scientifique qui tombe à point nommé alors que l’actualité nous apprenait la défection de l’ancien responsable russe du laboratoire anti-dopage aux Jeux d’hiver de Sotchi qui, passé du côté des américains, a dévoilé que le doping est une politique orchestré par le gouvernement Poutine pour que les athlètes russes performent et sauvent la face du régime. Une véritable bombe qui remet en cause la validité des médailles accordées sur les podiums. Sous la coordination de Denis Hauw professeur de psychologie du sport à l’Université de Lausanne, Psychologie du dopage nous dit tout ce qui entoure sur le climax qui fait en sorte que sportifs se droguent ou renoncent. On passe en revue les grands programmes de dépistage. Cet ouvrage à peine sortie des presses fait déjà autorité. Aux éditions de boeck dans la collection « Ouvertures psychologiques ».


 






 


Le coin santé physique et psychique (2)

Les trois titres qui suivent sont édités chez Érès. On parle beaucoup de la question de la conciliation travail famille. Mais qu’en est-il de la conciliation travail maladie chronique ? C’est la problématique soulevé par Dominique Lhuilier et Anne-Marie Waser dans Que font les 10 millions de malades ? Ce chiffre représente le nombre de personnes qui en France, souffrent de maladies chroniques mais qui sont aptes à travailler. Toute la question est de savoir quel peut-être leur contribution à la productivité en entreprise et si les employeurs sont capables de faire montre de la souplesse requise en pareille situation. Un double regard là-dessus d’une psychologue et d’une sociologue.

Ensuite un travail en collectif sous la direction de Daniel Coum psychologue clinicien qui a pour titre Avons-nous besoin de père et de mère ? La question telle que formulée est un peu provocatrice. En page 31 une question phare, « de un enfant a-t-il besoin ? ». Bien qu’il n’y ait pas de chapitre sur comme tel sur l’homoparentalité, la réponse à cette question renvoie à toutes les formes parentales. Plus globalement donc on s’en tient au modèle père et mère. Mais aussi quand le père n’y est pas. Ce sont de nouveaux regards sur ce qu’on appelait encore hier la famille nucléaire.

Un autre essai en collectif est Éprouver le corps sous la direction de Christine Delory-Momberger. Ici c’est toute la représentation au corps qui est passé en revue, tel le corps handicapé. On ne néglige pas l’âme pour autant, car il y a une étude très intéressante consacrée à la substitution du chien en lieu et place du rapport à l’autre, qui touche les âmes blessées. Autre thème de chapitre incontournable, celui de l’obsession du corps. La superviseure de cet essai est professeur en sciences de l’éducation à l’Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité. Dans son genre, de par la variété des variations sur le sujet, ce livre d’une lecture à peine exigeante, fait déjà autorité.

Deux titres cette fois chez Québec-Livres. Guérir au lieu de souffrir du physiothérapeute et ostéopathe Sébastien Plante qui nous oriente vers des pistes de solutions pour nous permettre d’accéder à une meilleure qualité de vie. Lui n’est pas de l’école que la maladie est une calamité. Et que sin on doit allonger l’espérance de vie, autant que ce soit dans les meilleures conditions. Il y va donc de conseils préventifs, que ce soit dans l’absorption de produits ou d’exercices à réaliser.

Et dans cette perspective, et qui rejoint le livre précédent, on aurait intérêt à compléter cette lecture par celle de Jean-Luc Darrigol qui nous présente Propriétés diététiques et thérapeutiques des céréales. On aura remarqué que le mot propriétés est au pluriel. Car effectivement les effets bénéfiques de s’alimenter régulièrement avec des céréales ne se comptent plus. Dans le cas qui nous occupe, il s’attache à deux céréales en particulier, le germe de blé et le son. Ensuite, comme si ce n’était pas tout, il nous gratifie de trente recettes en complément d’ouvrages.

Deux belles lectures maintenant éditées chez Médiaspaul. A commencer par Les piliers de la destinée de Justin Marcotte. Ce chiropraticien est également chercheur en sciences cliniques à l’Université du Québec à Trois-Rivières. A l’heure où il y a de quoi désespérer de notre maigre pitance financière et des prédateurs gouvernementaux qui tentent encore de nous enlever le peu qui reste, comment alors envisager cette existence de façon éclairée, harmonieuse ? L’auteur nous exhorte à nous faire confiance. Que tout se trouve dans notre cerveau. Qu’il est inutile de se dilapider en vains divertissements quand nous avons en soi le plaisir inépuisable de la connaissance. A sa façon il dit en quelque sorte que le royaume des cieux est en nous. Vivre mentalement plus légèrement nous permet de surfer plus allègrement sur les vicissitudes en ce bas monde.

Quand un philosophe Jean Proulx croise gentiment le fer avec un médecin de famille Paul Grand’Maison il ne peut qu’en sortir du bon. En tout cas, cela accouche d’un ouvrage d’une grande profondeur Guérir est humain. On part ici comme prémisse que le médecin et le patient on a cœur que ce dernier vainc la maladie. Et que ce n’est pas qu’une affaire de pure mécanique et de traitements, mais aussi un art de la part du soignant. Il ressort nettement que les soins doivent comprendre la personne dans son entier. Les médecins qui ont des remords à n’être devenus que des relais de l’industrie pharmaceutique, auront tout intérêt à parcourir ces pages, tout comme le malade y verra une exigence à demander à son médecin d’aller plus en profondeur. Le généraliste se doit d’être un peu psychologue.

Chez Novalis, des pages à parcourir d’une grande sagesse et surtout d’une grande spiritualité à l’heure des débats de fonds sur la législation quand à l’aide à mourir ou l’acharnement thérapeutique. Gilles Nadeau est prêtre et responsable de la pastorale à la maison Michel-Sarrazin, un centre privé de soins palliatifs. Dans son livre Écouter, Hériter, Accompagner il nous livre ce que les mourants lui ont enseigné et ce qu’il tente de leur apporter. Quand vient les fins dernières il n’y a plus de jeu. Nous sommes devant une échéance qui est souvent fort révélatrice de l’être. Nous priorisons cette lecture car elle nous aide surtout à mieux vivre pour qu’une fois rendu au terminus, que cela se fasse en douce, sans amertume, ni regrets.


 


 


Le sacré de la danse des femmes

C’est avec le dix-neuvième siècle et la colonisation par les occidentaux que les danses orientales exécutées par des femmes prirent une tournure érotique. En compagnie de Rosina-Fawzia Al-Rawi irakienne d’origine, ethnologue et danseuse, nous prenons la mesure de ce qu’est la grande tradition de la danse orientale au féminin. La danse des femmes se divise en deux, une première partie sur l’histoire de la danse et l’élément féminin. Puis un enseignement sur les postures et leurs significations. C’est un traité du plus grand sérieux. Après lecture vous oublierez totalement les images folkloriques des aguichantes danseuses du ventre.

La danse des femmes. Rosina-Fawzia Al-Rawi. Almora 249p.    www.almora.fr


 


 


Tout savoir sur les tresses et chignons

Alice Peuple c’est son nom (sans doute un pseudonyme) nous livre un cours complet sur l’art de porter ses cheveux en chignon ou les tresser. En tout vingt-quatre variations sur ces thèmes, dans Tresses & chignons de la collection « Beauté & Bien-être » aux éditions Marie-claire. Si le guide est destiné aux toutes jeunes filles, il n’en reste pas moins que les femmes mûres peuvent trouver là pas mal d’inspiration, qu’elles désirent une coiffure de reine style Marie-Antoinette ou bien en gretchen bavaroise. Les étapes sont livrées une à la fois avec des photos explicatives.

Tresses & chignons. Alice Peuple. Marie-claire 127p.    www.editionsmarieclaire.com


 


 


Elle est riche l’histoire de la marine

Il n’y a qu’à regarder l’émission télévisée à succès Thalassa pour se rendre compte de l’extraordinaire richesse de l’histoire de la marine. Il n’est pas étonnant qu’elle se retrouve dans la collection pour les nuls. C’est l’historien Guy Le Moing qui entreprend pour nous cette longue épopée qui lie l’homme et la navigation. On lui doit une dizaine d’ouvrages sur le sujet avec une prédilection pour la période du Moyen Âge. La question est posée, depuis quand l’humain est apparu dans une embarcation. Eh bien aussi loin qu’à l’époque néolithique…Mais il n’y a pas que les types de bateau comme tels, vous avez tout ce qui entoure la progression de ceux-ci et leur environnement, de l’électrification aux phares, etc. C’est vraiment très complet. En fin d’ouvrage vous avez un bref descriptif de bateaux de légendes.

L’Histoire de la marine pour les nuls. Guy Le Moing. First   529p.   www.pourlesnuls.fr


 


 


L’ABC de l’espagnol

Partant du principe que les petits enfants sont comme des éponges qui absorbent tout, l’apprentissage des langues se fait alors beaucoup plus facilement. Et à ce propos, il y a une collection merveilleuse aux éditions Usborne, « Écoute et apprends » qui s’est donnée pour mission de faire l’apprentissage de langues nouvelles aux jeunes têtes. Parait tout juste sur nos rayons Premiers mots d’espagnols. Le principe est follement amusant. En ouvrant l’ouvrage cartonné, vous avez à gauche une pochette recelant 120 mots. Vous prenez un mot, puis l’autre et vous les placez sur la page de droite qui possède un signal sonore qui transmet la prononciation exacte du mot. C’est si bien fait, que même des adultes qui n’en sont qu’aux balbutiements de la langue de Cervantès auront au moins cette petite base de départ.

Premiers mots d’espagnol. Coll. Écoute et apprends. Éditions Usborne. www.usborne.fr


 


 


Ce qui provoque l’ire des musulmans ne date pas d’hier

Bernard Ducharme fait partie d’un groupe de chercheurs sur l’islamophobie patronné par l’Unesco. Il rédige un petit opuscule Retour sur l’innocence des musulmans sur la réaction des musulmans a des messages qui soulèvent leur indignation et jugés islamophobes. C’était le cas en 2012 d’une bande annonce d’un film installé sur le web et qui a soulevé l’ire de la communauté musulmane internationale. Mais selon le spécialiste, cette réaction s’inscrit dans une continuité qui part d’aussi loin que le Moyen Âge. Rien de nouveau donc sous le soleil, seuls les moyens ont pris de l’ampleur.

Retour sur l’innocence des musulmans. Bernard Ducharme. Presses de l’Université Laval 47p.    www.pulaval.com


 


 


Un roman sur les racines

Il est à peu près concevable que vivant dans une maison ancienne, on soit intéressé à connaître son passé, ses illustres locataires. C’est le cas de René qui vivant dans une maison ancestrale aux abords de la rivière Richelieu va se fasciner pour ce qui s’y est déroulé au fil des époques. C’est le prétexte pris par la romancière Monique La Grenade pour sautiller d’une époque è l’autre. On se rend compte qu’à travers les âges, peu importe le contexte, les préoccupations humaines demeurent les mêmes. Intéressé par l’histoire de par son parcours professionnel, l’auteure rend bien l’intériorité de ses personnages. On voit que sa connaissance approfondie des mœurs d’autrefois l’ont bien servi pour sa rédaction.

Une cuillère en argent. Monique La Grenade. GID 478p.   www.leseditionsgid.com


 


 


L’ascension du plus grand guitariste de son temps

Il était une fois un petit espagnol orphelin élevé par un musicien aveugle, qui devra s’exiler aux États-Unis, l’eldorado en somme. Pour toute fortune son chien qui fait un peu pitié et une guitare qui s’avèrera magique. Voilà pour la trame de La guitare magique de Frankie Presto de Mitch Albom écrivain américain à succès vivant au Michigan. Il va de soi que si vous avez des dons particuliers, ceux-ci vous marginalisent socialement. Et en plus il a beau être un artiste surdoué et côté affaire de cœur, ça devient un peu ardu pour lui, surtout qu’il est en quête d’Aurora qui a été pour lui sa flèche de Cupidon. Il y a beaucoup de fantastique dans ce roman aux allures de conte. Et sans nul doute comme pour ses ouvrages précédents, son guitariste singulier va se retrouver au grand ou au petit écran. En attendant nous avons ce très beau bijou de littérature.

La guitare magique de Frankie Presto. Mitch Albom. Kero 430p.   www.editionskero.com


 


 


Thriller des grands espaces

Quand on regarde de près la marche du monde on a de quoi s’indigner voire être dégoûté. Mais en même temps, quelqu’un a déjà écrit que dans un dépotoir peut pousser une rose. Ici nous avons deux roses dans Condor de Caryl Férey qui se déroule dans le Chili de l’après Pinochet mais où la corruption demeure toujours. Surtout quand il s’agit d’exploiter au sens négatif du verbe, les ressources des grands espaces. Les deux âmes pures sont incarnées par une vidéaste mapuche, Gabriela et un Esteban, juriste qui est vraiment l’incarnation du défenseur de la veuve et de l’orphelin. Ils auront fort à faire contre les forces du mal qui s’activent dans le pays. Et pour l’avocat c’est d’autant plus une tourmente que sa famille a fait fortune au moyen de méthodes discutables. Comme il est mentionné dans le service presse accompagnant la sortie de ce titre, c’est un thriller des grands espaces.

Condor. Caryl Férey. Série noire Gallimard 411p.  


 


 


Il n’y a pas de gens ordinaires

Le reste de leur vie de Jean-Paul Didierlaurent est un roman déjanté qui met en scène un thanatologue qui embellit les défunts, Beth sa grand-mère, Manelle qui fait du soutien à domicile et un homme d’âge respectable, Samuel. Les quatre vont prendre place à bord d’un corbillard et rouler dans ce qui fait figure de road trip. La beauté dans ces pages,  c’est que ce sont des gens dits ordinaires et qui pourtant mènent une vie qui n’en est pas une. Méfions-nous des jugements à l’emporte-pièce. Ce livre est aussi une célébration des beaux sentiments humains, amicaux et amoureux.

Le reste de leur vie. Jean-Paul Didierlaurent. Édito 257p.   www.editionsedito.com


 


 


Marguerite Blais la fille de cœur se livre

Marguerite Blais a une feuille de route incroyable, allant de musicienne organiste, mannequin, animatrice radio et télé, directrice de la Fondation naissante du maire de Montréal pour la jeunesse, députée de Saint-Henri Sainte-Anne, ministre libérale, experte en lange des sourds, restauratrice, aidante naturelle Ouf! Ce qui domine dans tout ça, c’est ce côté fille au cœur gros comme ça.  Récemment son mari et son frère ont quitté ce monde. Elle a profité de ce vide pour écrire ce qui lui tenait…à cœur. Les lieux de mon cœur sont des souvenirs épars, non pas en ordre chronologique. Elle fait le portrait de gens qu’elle aime. A retenir, sa volonté de fer et sa capacité de résilience hors du commun.

Les lieux de mon cœur. Marguerite Blais  Marcel Broquet 254p.    www.marcelbroquet.com


 


 


L’annuaire des micro-brasseurs de la Belle Province

Preuve que le répertoire Les microbrasseries du Québec a fait sa niche, on en est maintenant à la troisième réédition revue et augmentée. C’est un travail époustouflant que mène le trio constitué de Jean Lefebvre, Jean-François Joannette et Guy Lévesque et aussi leurs collaborateurs, de retracer qui fait quoi dans le monde brassicole au Québec. Pour chaque établissement, l’historique, des anecdotes à profusion et un descriptif de leurs produits vedettes et les coordonnées si jamais vous êtes restaurateurs et que vous avez le goût de faire connaître des produits rares, 100% de chez nous. Et l’éditeur a mis le paquet encore une fois avec de très riches illustrations qui donnent le goût de boire une bonne bière fraîche.

Les microbrasseries du Québec. Collectif. Broquet 415p.  www.broquet.qc.ca


 





 


Le coin santé physique et psychique (1)

Discussions sur la nature réelle de l’être humain, voilà comment on peut au mieux décrire Explorations non duelles chez Accarias, une longue conversation entre Didier Weiss le théoricien du retour au paradis perdu avec son interlocuteur Pierre Juneau. Le premier, disciple de Ramesh Balsekar à Bombay, porte la triple formation d’électronicien, physicien et informaticien. Son idée est que l’homme s’est enveloppé de tant de couches de formalismes qu’il en a perdu son identité. Et qu’en faisant un travail de décapage, il va retrouver son royaume intérieur, tel que proclamé par ailleurs par le Christ.

Les quatre prochains titres sont aux éditions Lanore. Marie-Do ouvre le bal avec Le Hara centre de vitalité et d’équilibre. Frappée par la maîtrise des praticiens des arts martiaux, c’est à ce moment que Marie-Do a été révélée au Hara qui est un enseignement sur la concentration qui part des épaules pour se diriger vers le bassin. D’ailleurs les orientaux, et particulièrement les japonais tiennent le ventre tel un second cerveau émotionnel. L’auteure est professeur de yoga, relaxologue et reiki master. Elle explique la technique et renvoie aux civilisations qui en ont pris connaissance au fil des siècles.

Annie Nogueras épilogue sur Les secrets des relations amoureuses. Car dit-elle, aimer ça s’apprend. Elle aussi souligne que c’est tout notre bagage éducationnel qui va guider nos comportements vers les personnes qui nous tombent dans l’œil. Il y a un passage de son livre fort réaliste qui nous montre comment on est en porte-à-faux, quand vient le temps de séduire, masquant nos défauts, trichant avec nous-mêmes, et l’autre de surcroît. Tout ce qu’il faut faire pour que la relation éclate un jour ou l’autre. Ce sont pour l’ensemble des vérités que l’on connaît, mais que la psychanalyste se fait fort de nous rappeler.

On réédite un classique un peu oublié L’âme humaine de Charles Lancelin (1852-1941) un occultiste spirite qui a joui en son temps d’une certaine notoriété. Son grand mérite est d’expliquer de manière assez simple, pour être à la portée du plus grand nombre, des théories un peu rébarbatives, comme les étapes entre la le corps matériel et celui spirituel. Et entre autres, on apprend que l’âme a elle aussi des identités. On demande simplement au lecteur de connaître un peu les principes du magnétisme.
 
Le cancer ça s’appréhende et il y a des moyens d’éloigner son apparition, ou s’il est présent de pousser vers une rémission. Et l’actualité nous a appris encore récemment à quel point on a assisté à des rémissions spectaculaires chez des gens à qui on n’accordait que quelques semaines à vivre. Un livre est indiqué pour se faire, c’est celui du biologiste Désiré Mérien « Les moyens pour empêcher l’apparition d’un cancer ». Curieusement il n’accorde pas d’importance ici au stress et s’oriente plutôt vers l’alimentation. Et que dans le cas des douleurs au moment de la maladie, qu’on peut atténuer celles-ci, notamment par le jeûne.

Aïkido initiation de Christian Tisser aux éditions Budo 7ème dan sw Tokyo, le nom l’indique, est le cours 101 pour qui veut faire ses premiers pas dans cet art martial. Cette pratique qui conjugue l’élévation du corps et de l’esprit ne remonte pas très loin dans l’histoire, car l’aïkido a été mis au point par Morihei Ueshiba (1883-1969). Tissier qui parle également le japonais, nous dit tout, photos à l’appui sur ce qu’il faut faire pour atteindre à cette sagesse.

La maison d’édition Taschen a deux qualités qui rendent cette maison si singulière. D’abord elle préserve la connaissance sur le patrimoine artistique, d’où ces beaux ouvrages, et curieusement également le patrimoine érotique. On se souvient dans son catalogue de ces ouvrages sur le pénis et le vagin. Le mot inhibition ne fait pas partie de leur vocabulaire. Ainsi a-t-on droit à un album au titre étrange La petite mort qui a pour thème la masturbation féminine,  avec des photos de Santillo. Et vous errez si vous pensez que c’est encore le fruit de fantasmes masculins, eh bien non car on ne peut trouver plus féminin que son éditrice Dian Hanson. Autant de photos, autant de postures pour rendre le climat qui prévaut quand on s’octroie de petits plaisirs en solo. Jouissif!


 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

Quand on vient au monde hélas on ne nous donne pas tout de suite le mode d’emploi. Ce sont les joies et les drames petits et grands qui nous façonneront selon nos capacités. Comme il y a beaucoup plus d’épreuves au bilan, vaut mieux prévenir les dégâts, d’où ce titre intéressant de Christine Hassler « Surmonter les épreuves dans votre vie ». C’est une exhortation à ne pas se complaire dans ses malheurs et prendre la vie à bras le corps. Chaque page est remplie de judicieux conseils pour faire du passage terrestre autre chose qu’une vallée de larmes. Aux éditions AdA. Et chez le même éditeur Éveillez votre troisième œil ce fameux troisième œil popularisé jadis par Lobseng Rampa. Cette fois c’est Susan Shumsky qui écrit Éveillez votre troisième œil. Ce sixième sens comme on le nomme et qui permet d’être en situation d’illumination et d’intuition.

Deux titres cette fois aux éditions du Dauphin Blanc. De Gina Lake « Choix et volonté » présenté comme les nouveaux enseignements de Jésus. Cette psychologue que l’on présente à l’égale d’un Eckhart Tolle. Il faut lire auparavant la préface où ce Jésus dit ne pas appartenir à aucune religion…Il dicte à l’auteure ses messages. Étonnant rien de moins. De son côté Joël Monzée s’attache avec J’ai juste besoin de votre attention!, aux cas de stress et d’anxiété que l’on rencontre chez les enfants et les ados. On n’à qu’à voir l’actualité récente sur les automutilations chez les adolescentes et le stress énorme engendré par la reconnaissance de ceux-ci sur les médias sociaux. Ce bouquin ne pouvait pas mieux sortir qu’en ce moment.

Les trois livres suivant le sont aux éditions Almora. Lise Rodriguez est à la fois violoniste et professeure de yoga. Dans son petit traité Musique et yoga elle fait des amalgames dans le fait que la méditation existe dans les deux disciplines et aussi similitudes des postures physiques pour atteindre un certain accomplissement. Elle appelle cela la quête du juste. A sa façon c’est une érudite dans son domaine, qui fait intervenir les grandes traditions pour faciliter sa mission didactique. Les musiciens auront tout particulièrement intérêt à parcourir ces pages.

Martine Larbat nous amène à une découverte plus approfondie du taoïsme et des philosophies indo-tibétaines dans Relier corps et esprit. Au premier chef, tous ceux qui veulent travailler leur intérieur seront séduits par son approche. La dame, philosophe et diplômée en médecine traditionnelle chinoise, a un parcours singulier ayant appris aussi d’un maître tibétain. Ce livre en est un de lumière dans un monde d’obscurantisme car il s’attache qu’à l’essentiel ici bas.

Enfin, Thierry Falissard nous parle de la métaphysique de la délivrance avec La pensée bouddhiste. C’est une introduction à ce courant spirituel sous l’aspect philosophique, qui plaira à ceux que le mot religion donne des boutons. Vous avez là la quintessence de ce qu’est le bouddhisme qui revient toujours à la notion de se changer intérieurement et ne pas essayer de changer les autres. Divers textes à l’appui de courants différents viennent compléter les notions. Comme livre de base c’est une référence.   


 


 


Le coin santé physique et psychique (3)

La formatrice Brigitte Langevin connue pour son best-seller « Comment aider mon enfant à mieux dormir » a une marotte qui dit ceci que lorsqu’un bébé dort bien il est joyeux et il a des parents heureux. Elle persiste et réédite du coup son autre grand succès en librairie sur le même thème Le sommeil du nourrisson aux éditions de Mortagne dont on compte déjà 25 mille exemplaires vendus. Elle reprend les conditions essentielles pour que le bébé trouve le cadre approprié pour entamer une belle nuitée réparatrice et aussi pour les parents.

Aux éditions des Presses de l’Université Laval on apprécie toujours les traductions du docteur Fernand Turcotte qui a l’art de trouver des ouvrages qui remettent sérieusement en question sa profession! Ainsi nous arrive t’il avec ce livre d’Alan Cassels « Traquer la maladie » qui aborde les dérives du dépistage des maladies. Car en ce moment on remarque que les généralistes peinent à savoir poser des diagnostics d’où une spirale d’examens et de résultats souvent discutables. Et encore une fois on dénonce dans ces pages les relations incestueuses entre l’industrie pharmacologique et le monde médical qui transforme l’humain en patient à perpète, quand on n’invente pas tout simplement une maladie pour faire vendre des médicaments.

Elles sont quatre Isabelle Meilleur (orthoponiste) Annick Proulx (travailleuse sociale) Tamara Bachelet (Neuropsychologue) et Annik Arsenault (ergothérapeute) qui ensemble consacrent depuis plusieurs années leurs efforts auprès des jeunes en déficit du langage. Elles accouchent du fruit de leur savoir en la matière Au-delà des mots, le trouble du langage chez l’enfant aux éditions du CHU Sainte-Justine. On apprend dès les premières pages que les problèmes langagiers diffèrent d’un enfant à l’autre et que ce sont majoritairement des garçons qui en souffrent. Et ensuite vous avez le détail de tous les symptômes. Ce traité fort bien vulgarisé aidera ceux qui sont confrontés à ces problèmes et comment y faire face.

Les trois prochains titres sont aux éditions Québec-Livres. Alain J. Marillac donne le ton sur l’attitude à avoir lorsqu’on veut communiquer sa désapprobation. Ça donne Communiquer sa colère. Utile car il ajoute « sans perdre le contrôle ». Or comme on sait que les québécois redoutent plus que tout de faire des vagues, cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille refouler jusqu’à atteindre un cancer, de sombres pensées. Son approche est de trouver exactement le moyen terme qui permettra d’exprimer son fion sans se dénaturer.

On doit à David S. Thibodeau deux opus « La fatalité n’existe pas » et « Se défendre du harcèlement moral » qui lui ont permis d’asseoir son autorité en matière de coaching. Il s’attaque cette fois à certaines de nos attitudes qui font la différence, soit Laisser une empreinte dans la vie. Chaque chapitre nous interpelle sur la notion de liberté, d’estime de soi, des modèles que l’on veut choisir. C’est comme de faire un examen de conscience. Tout ce qu’il demande au lecteur c’est d’être honnête avec lui-même.

Puis au tour de Gérard Edde de nous transmettre les fondements de la Médecine traditionnelle ayurvédique pour guérir, rajeunir et vivre heureux. Cette médecine qui remonte à la nuit des temps, fait appel à tout un arsenal de traitements, souvent d’une simplicité désarmante. Aussi une attention est apportée aux aliments que l’on ingurgite lors de telle ou telle pathologie. Vous avez en fin d’ouvrage, un petit glossaire des maux courants et comment y remédier à l’indienne.



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