- LIVRES SEPTEMBRE 2016 -
 
 


 


La déveine d’un chanteur de charme cubain

Yasmina Khadra n’a pas son pareil pour rendre l’âme des gens et des pays. Il le prouve encore une fois souverainement avec Dieu n’habite pas La Havane. D’abord il y a la couverture accrocheuse, d’un sublime graphisme nous montrant un monsieur appuyé,  borsalino sur la tête, sur une vieille bagnole américaine garée dans une rue étroite. Tout est dit. Le décor est en place. Nous voyons le déclin tristounet d’un chanteur de charme « Don Fuego » qui en pince pour une jeune fille à la crinière rousse, flamboyante comme il ne s’en trouve qu’à Cuba. Mais loin d’être une idylle reposante, sa vie va être chamboulée. Le romancier restitue toute la dualité entre la nostalgie romanesque qui entoure la capitale du pays et des petites misères du quotidien. Les amoureux du pays seront gâtés au superlatif.

Dieu n’habite pas La Havane. Yasmina Khadra. Julliard 295p.    www.laffont.ca


 


 


Le blues d’un paumé de Harlem

Le septième roman publié en français de R.J. Ellory « Un cœur sombre » est d’une tonalité très sombre et se déroulant dans le quartier mal famé d’East Harlem. Le « héros » Vincent Madigan, pour son malheur, s’est endetté considérablement auprès du chef mafieux du secteur, Sandià. Comme il ne parvient pas à honorer son engagement, il ne trouve d’autre solution que d’aller braquer dans les locaux du gangster en espérant mettre la main sur un pactole de 400 mille dollars. Mais le scénario échafaudé va virer au cauchemar. Lui qui pensait s’en sortir ainsi ne fera que s’enfoncer. D’autant que la police de New York délègue sur l’affaire un de ses meilleurs limiers, que connaît trop bien le coupable. Et ce dernier va devoir puiser dans son fond d’humanité pour pouvoir se refaire moralement. On ne vous en dit pas plus. Le romancier excelle dans la démonstration que l’on est artisan de son propre malheur.

Un cœur sombre. R.J. Ellory. Sonatine 489p.     www.sonatine-editions.fr


 


 


Une saga héroïque impliquant deux amies écossaises

Emma Fraser qui est d’origine écossaise et de formation en infirmerie a sans doute puisé dans ses souvenirs pour élaborer cette grande saga qui s’étire sur deux sang, et dont on dit qu’elle s’appuie sur des faits réels. Quand soufflera le vent de l’aube nous transporte dans une île écossaise en 1903, l’île de Skye. Deux amies y vivent et son inséparables, l’une fille de métayers, l’autre du médecin du lieu. La première veut devenir infirmière tandis que la seconde veut emprunter le sentier paternel. Mais la vie en décidera autrement avec la Première guerre mondiale qui fera d’elles, des exilées de l’Écosse à la Serbie, en passant par la France. Puis il y a dans tout bon roman, un secret dans le placard qui vient déranger l’ordre des choses. Dire que ce livre est bon est en dessous de la vérité.

Quand soufflera le vent de l’aube. Emma Fraser. Robert Laffont 525p.   www.laffont.fr


 


 


Un livre initiatique autour de la descendance des espèces

Quel livre inclassable que celui de L’héritier de Darwin que nous présente Alain Olivier qui est dans son essence un roman de par la fiction qui est présente. Mais c’est beaucoup plus que ça, car il entre dans la catégorie des livres qui au sortir de leur lecture, nous rendent plus intelligent. Car ici nous sommes en présence d’un chercheur en biologie moléculaire, qui part sur les traces de Darwin, le menant de la Patagonie chilienne à la Terre de Feu. Et quand on dit à la rencontre de Darwin, c’est tant au propre qu’au figuré, car c’est là l’aspect magique, le narrateur va rencontrer Darwin en personne! Quel privilège. Il va de la sorte pouvoir lui poser les questions qui le taraudent sur l’origine des espèces, surtout la nôtre. Quoi de mieux que d’avoir ce grand théoricien sur l’évolution sous la main. Et l’auteur qui est lui-même biologiste ne peut pas s’empêcher de faire preuve de son réflexe didactique en nous abreuvant de connaissances sur notre passé biologique. C’est un livre captivant et c’est un euphémisme.

L’héritier de Darwin. Alain Olivier. Lévesque éditeur 356p.   www.levesqueediteur.com


 


 


Théâtre sur la société américaine

Habituellement nous ne traitons pas des ouvrages sur le théâtre, car les textes ne peuvent s’apprécier que dans la bouche et le jeu des acteurs. Mais voici que parait AmericanDream.ca de Claude Guilmain dont voici l’argument tel que dépeint dans la notice du service de presse  « Avec pour toile de fond des enjeux sociopolitiques des cinquante dernières années, AmericanDream.ca met en lumière les dérives du capitalisme américain et trace un lien entre l'assassinat de John F. Kennedy et les événements du 11 septembre 2001. »  Avis aux intéressés par la dynamique sociale américaine.

AmericanDream.ca. Claude Guilmain. Les éditions L’Interligne 267p.    www.interligne.ca


 


 


Amours au féminin

Claudie Hunzinger parce qu’elle est femme sait sans doute mieux qu’un homme, ce que peut-être les atermoiements d’une femme en amour avec sa semblable. Et elle le démontre magistralement en parlant du climat amoureux entourant les échanges épistoliers entre Emma et Marcelle. Il y a de la grandeur d’âme dans L’incandescente qui atteint des sommets sentimentaux. C’est épuré. Dans un autre genre et à une autre époque, il y avait les Amitiés particulières de Roger Peyrefitte, qui nous conduisait à ces cimes de l’amour avec les correspondances entre deux garçons. C’est un beau fleuron de la littérature homosexuelle que nous offre l’auteure. Dans son genre, ce titre fait figure de classique et de classe de maître pour ceux qui aspirent à prendre le chemin des lettres.

L’incandescente. Claudie Hunzinger. Grasset 301p.   


 


 


Des Bonnie and Clyde d’un genre nouveau

Le Tonino Benacquista cuvée nouvelle prend la forme d’un roman baroque Romanesque aussi fou que Fitzcarraldo l’est pour le cinéma. Un couple, homme femme inscrit sur la liste des personnes recherchées aux États-Unis pour un crime, se réfugie dans un théâtre, le temps de se payer une bonne pièce. A partir de cette toile de fond s’échafaude tout un florilège d’aventures incroyables. On pourrait d’ailleurs en faire un film. A la fin ils se font prendre, on ne vous en dit pas plus. Mais avant d’arriver à cette conclusion qui montre encore une fois que le crime ne paie pas, vous assisterez à un déferlement de connaissances historiques et de rites médiévaux. Qu’est-ce que ça vient faire là dedans ? C’est ce qui donne la tonalité baroque au bouquin.

Romanesque. Tonino Benacquista. Gallimard 231p.   


 


 


Une romance loin d’être de tout repos

On souhaiterait que les amours adultérins de Romain, un militaire meurtri par sa mission en Afghanistan et Marion, une journaliste connaissance L’insouciance qui donne son titre au roman de Karine Tuil. Mais il n’en sera pas ainsi. Car madame est l’épouse en titre d’un homme d’affaires, prénommé François qui met so9n entreprise en péril pour une simple bévue qui aura des retentissements. A l’ère des nouvelles numériques qui se propagent à la vitesse de l’éclair, le type a eu pour son malheur de s’asseoir sur une toile illustrant une femme noire. Aussitôt l’étiquette lui collera à la peau, c’est un raciste. Donc son business en souffre. Jusqu’à ce qu’un ami de ce dernier, un fils d’immigrés ivoiriens, va défendre haut et fort son pote. Pendant ce manège des hauts et des bas de l’entreprise, comment la romance de Romain et Marion va-t-elle se maintenir  contre vents et marées. C’est une fresque sentimentale époque bourrée de passions et de violence. Très fort.

L’insouciance. Karine Tuil. Gallimard 526p.   


 


 


Une accusation de meurtre à la conclusion déroutante

Ferdinand von Schirach nous mène en bateau rien de moins avec cette histoire d’un plasticien qui n’a pas beaucoup de chance. Il a d’abord eu la douleur de voir son père s’enlever la vie. Ensuite, bien qu’ayant atteint à la notoriété en raison des nus de sa maîtresse qui attirèrent l’attention, le voilà accusé d’un meurtre dont son avocat dira pourtant qu’il ne l’a pas commis. Et malgré le fait que le présumé meurtrier s’est incriminé en reconnaissant sa culpabilité. Il y aura donc procès aux assises. Et à la toute fin il y aura un rebondissement qui va en surprendre plus d’un à commencer par le juge. Tabou est une sacrée histoire de justice qui plaira et comment aux accros d’aventures judiciaires.

Tabou. Ferdinand von Schirach. Gallimard 224p.


 


 


Le mystère d’une fin de vie provoquée

Le suicide est un acte qui nous laisse toujours pantois tant personne ne vous y prépare, et souvent les personnes qui décident de mettre fin à leur jour ne laissent jamais de signes avant-coureur. Mais annoncé ou pas, le suicide bouleverse et laisse des traces profondes sur l’entourage, comme sur Catherine Cusset qui s’inspire du suicide de celui qui fut déjà son amant, Thomas, pourtant expansif, vivant quoi. Et pourtant. Et ce titre sans doute puisé dans « Avec le temps » de Léo Ferré  L’autre qu’on adorait. Le Thomas qui s’exilera aux États-Unis et qui permet à l’écrivaine de bien décrire la vie américaine de son œil d’européenne. Son passage à « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier fut très remarqué. C’est une des belles perles de la rentrée littéraire.

L’autre qu’on adorait. Catherine Cusset. Gallimard 291p.  


 


 


Une enquête à deux sans policiers

Laurent Corbec est un de ceux qui a quitté l’Hexagone il y a déjà un bon moment pour venir s’établir au Québec. C’est un artiste dans l’âme, qui aime bien pousser la chansonnette. Et écrire aussi. Et il le fait bien comme avec La chronique exotique. C’est un roman policier sans policiers. Explication. C’est un procureur français qui se trouve en vacances au Québec. Son nom, Antoine Eyrolles. Qui va croiser la route d’un journalise Tao Bilodeau qui planche sur un meurtre qui le taraude. La victime est une restauratrice et son meurtrier ne lui a pas fait de quartier. Une sauvagerie innommable. Il va arriver que le premier sera embarqué dans l’affaire et à quatre mains vont tenter d’élucider cet homicide répugnant. Rebondissements assurés et plaisir de lire également.

La chronique exotique. Laurent Corbec. Québec Amérique 320p.   www.quebec-amerique.com


 


 


La vengeance est un plat qui se mange froid

Ce vieil adage peut convenir pour expliquer pourquoi dix ans plus tard la police enquête encore sur des faits s’étant déroulés si longtemps. Tel est l’argument de base de La ruelle un suspense policier habilement tissé par Patrick Hamel. Au départ il y avait un plan mené par des hommes qui voulaient s’en prendre à deux jeunes femmes dans une ruelle d’une ville. Mais leur plan machiavélique a été mis en pièce par l’arrivée inopinée d’une patrouille de police. Coups de feu, deux morts et deux pas loin de l’être. Donc une décennie plus tard débarque l’enquêteur Jerry Simard qui aura pour partenaire Gustave Côté un des deux patrouilleurs de jadis, laissé pour mort. Mais on n’enquête pas que sur le passé, car vous le verrez, le présent est très chargé et le premier limier se pose des questions sur la personnalité de son partenaire. Bref on ne s’ennuie pas une seconde. Retenez ce nom de Patrick Hamel. Notre petit doigt nous dit qu’on n’a pas fini d’entendre parler de lui.

La ruelle. Patrick Hamel. La Plume d’Or 324p.    www.editionslpd.com


 


 


Un chartreux aux prises avec des questions existentielles

La BD joue habituellement un rôle divertissant. Mais il arrive comme avec celle qui nous tombe sous la main de Zep « Un bruit étrange et beau » que nous sommes appelés à découvrir une belle histoire qui va nous interpeler. C’est un membre de la congrégation religieuse des chartreux, en fait un ermite, qui dans le cadre d’une question de succession familiale va se rendre à Paris et découvrir le monde après un quart de siècle. Et dans la catholicité on dit généralement dans les ordres religieux que l’on va se brûler les ailes dans le monde. C’est un peu ce qui arrive à notre bon père qui va croiser la route d’une jeune femme en phase terminale et qui a décidé de profiter de chaque instant de la vie qui lui reste. Cette rencontre sera déterminante pour l’homme de Dieu qui se trouve confronté à mille interrogations.

Un bruit étrange et beau. Zep. Rue de Sèvres 84p.   www.zeporama.com


 


 


Les tribulations d’un copiste dans l’empire ottoman

Si vous êtes en mal d’exotisme, nous avons le roman tout trouvé Nikolaos, le copiste de Louis L’Allier. Ce dernier est bien placé pour nous faire revivre des civilisations anciennes car à la ville il est professeur agrégé du département d’Études anciennes de l’Université Laurentienne à Sudbury. Il raconte la vie mouvementée d’un copiste en 1453 à Constantinople. La ville est prise d’assaut par les vilains ottomans. Ni d’une ni de deux, Nikolaos c’est son nom, décide de fuir en apportant avec lui un précieux manuscrit dont la connaissance peut changer la face du monde. Mais dans au cours de son périple il sera mis sur sa route moult chose, dont le désir charnel. Un ouvrage où l’intellect et le sensuel s’entremêlent. Comme dépaysement on ne trouve pas mieux.

Nikolaos, le copiste. Louis L’Allier. Éditions David 252p.   www.editionsdavid.com


 


 


Un cours de toute beauté sur Mark Twain

Victor-Lévy Beaulieu est un démiurge de l’écriture et on se demande comment il peut sauter de Nietzsche à Mark Twain (1835-1910) à qui il consacre un ouvrage pour nous le faire aimer. Car l’écrivain américain, imprimeur et aussi journaliste, est tout sauf banal. Entre autres, son autobiographie de 5000 pages ne sera portée à la connaissance du public, selon ses vœux, qu’en 2010.  Beaulieu a passé au travers de ce copieux corpus. Pourquoi cet intérêt pour l’auteur des aventures de Tom Sawyer et celles de Huckleberry Finn ? C’est que c’est à lui qu’il doit sa vocation d’homme de lettres et de chroniqueur. A douze pieds de Mark Twain préfacé par Jean-Claude Germain qui fait la démonstration de l’influence de la littérature américaine chez nous, nous avons comme sous-titre « Cabotinerie ». C’est que nous ne sommes pas en face d’une biographie standard. Nous savons tout ou presque sur Twain rendu à la dernière page du livre hommage, mais en même temps, VLB entrecoupe son récit d’anecdotes personnelles savoureuses qui nous font penser qu’il devrait s’atteler à son tour à 5000 pages de sa propre vie, car il raconte tellement bien le Québec profond. Ce qui serait un devoir de mémoire. Mais pour l’instant allez à la découverte de Mark Twain grâce à cet excellent professeur comme il n’en existe même pas en classe.

A douze pieds de Mark Twain. Victor-Lévy Beaulieu. Éditions Trois-Pistoles 388p.   www.editionstrois-pistoles.com


 


 


Souvenirs d’un prof de sciences religieuses à l’UQAM

 Sans doute Guy Ménard a-t-il senti, l’âge aidant ou n’aidant pas, c’est selon, le besoin de raconter son parcours de vie. Il a été durant trente ans professeur au département de science des religions à l’UQAM. C’est un être pétri de connaissances et qui a fait de celles-ci qu’il est un être non pas avec une tête bien remplie, mais surtout une tête ben faite. Car il sait prendre le recul nécessaire pour raconter sa vie, ses joies comme ses déceptions. Homosexuel déclaré il prend le temps de situer les combats qui ont été mené pour en arriver à faire passer la déviance pour une orientation. Il parle de mille sujets avec passion, que ce soit une conférence dans un amphithéâtre universitaire parisien, à l’éducation des jésuites, son coming-out, la sensualité des brésiliens, etc. Il nous fait la faveur de ses confidences. Soyez-en remercié.

Confections.  Une vie sous toutes ses coutures. Guy Ménard. Liber 300p.


 


 


Portrait de Julien Hébert, pionnier du design québécois

Si vous demandez à quelqu’un le nom d’un grand designer d’ici, vous obtiendrez à coup sûr celui de Michel Dallaire, car plus près de nous dans le temps et plus médiatisé. Mais celui-ci avait un mentor aujourd’hui méconnu, Julien Hébert (1917-1994) pionnier sans conteste du design au Québec. Martin Racine rappelle son importante contribution. Un de ses legs est le symbole bien connu du logo de Terre des Hommes de 1967 qu’il remporta quatre ans auparavant. C’était un curieux de tout, de la sculpture au design des buffets d’orgue, comme du plafonnier d’une salle de spectacle comme sa création au Centre National des arts, comme d’une simple chaise longue. Élève de l’École des Beaux-Arts de Montréal, c’est en compagnie d’Ossip Zadkine à Paris qu’il donnera libre-cours à son talent. Car, contrairement à l’éducation académique de son alma mater montréalais, avec son prof parisien, il aura toute liberté de stimuler sa créativité, le prof n’intervenant qu’à la toute fin pour livrer ses observations respectueuses. Saluons encore une fois les éditions du passage à qui nous devons ce beau livre et qui n’agissent ainsi que par pure philanthropie, détaché de toute ambition commerciale. Ainsi le souvenir de cet homme de génie se perpétue.

Julien Hébert. Fondateur du design moderne au Québec. Les éditions du passage 254p.      

 

 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Lorsque l’on voit ces défilés de mannequins portant des griffes prestigieuses brillantes sous les éclairs de centaines de flash, on peut se mettre à envier ce style de vie glamour. Au-delà des paillettes se cache un véritable drame. Celle de la maltraitance des modèles. Non pas des agressions physiques selon la première acception du terme, mais par le fait que le milieu de la mode impose un diktat effrayant qui confine les filles à atteindre la taille magique souhaitée de 32, sinon vous êtes impitoyablement rejetée. Conséquence, les jeunes femmes sont atteintes d’anorexie et parfois en meurent. Victoire Maçon Dauxerre dit tout haut ce qui ne va pas dans ce monde machiste au possible. Elle le dit sans ambages, ces mannequins ne sont pour le milieu, que des porte-manteaux sans identité. Elle a vite déchanté au point de vouloir s’enlever la vie. Jamais assez maigre, est un livre-choc qui ajoute sa pierre à un éveil, car malgré les alertes on continue toujours de procéder de la même façon avec ces femmes qui ne sont pas mieux que du bétail à l’abattoir. C’est aux éditions de l’Homme.

Et dans une certaine continuité puisque l’on parle d’anorexie chez les mannequins, il y a cet essai merveilleux aux Presses de l’Université du Québec Anorexie, boulimie et société avec en sous-titre « Penser des corps qui dérangent ». L’auteure, Laurence Godin est une chercheuse reconnue sur les liens entre le corps et la santé mentale. Ça ne fait pas si longtemps que la science s’intéresse à l’anorexie et son contraire, la boulimie, à peine les années 70. Il y a là toute une panoplie d’approches pour comprendre les canons édictés de ce que doit être le prototype du corps parfait et en même temps les besoins fondamentaux de l’individu et tout simplement les nécessités métaboliques. C’est un ouvrage de grande rigueur qui fait la synthèse des connaissances acquises sur cette problématique qui atteint principalement les femmes.

Chez le même éditeur un autre essai en collectif sous la direction de Johanne Collin et Pierre-Marie David « Vers une pharmaceuticalisation de la société ? »  Les auteurs le disent d’emblée, le médicament échappe au seul contrôle médical. Sommes-nous entrain de faire de nous une société de drogués, sous l’emprise des compagnies pharmaceutiques ? Et on analyse à fond la pénétration des médicaments dans notre existence. Ce bouquin donne la mesure du « fléau » que représente la prescription de trop de médicaments, et pas toujours pour les bonnes raisons.

Sur un mode ludique pour apprendre aux petits ce qu’il en est du TDAH, la psychiatre Annick Vincent a décidé de passer par le biais du conte avec un personnage principal prénommé Tom qui a tous les symptômes de l’hyperactivité. A la première personne il nous décrit son quotidien, ses forces et ses faiblesses. Mon cerveau a besoin de lunettes est publié chez Québec-Livres. Un excellent outil pédagogique pour préparer nos jeunes susceptibles d’être atteints ou confrontés à cette problématique. Et pour être bien certaine de ne pas tarer le coche, elle a mis à contribution ses quatre garçons dans la préparation de son historiette.


 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

Celles qui sont atteintes du syndrome de la femme parfaite et qui souffrent dans leur for intérieur de ne jamais y parvenir, ont une planche de salut toute trouvée avec Assez, c’est assez!, écrit en tandem par mesdames Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux et qui contient une mine de conseils pour dédramatiser le vécu au quotidien, que ce soit dans l’éducation des enfants ou dans le simple fait de faire le ménage. C’est une réédition qui nous vient des éditions Druide en format plus compact et à un prix économique. C’est la preuve qu’un tel livre était attendu sur le marché.
Quel hasard. Au moment où le gouvernement du Québec lance une vaste consultation dans le milieu de l’éducation afin d’élaborer son prochain grand plan d’action, voici que parait aux éditions La Presse et sous la signature de Mylène Moisan « Dans une classe à part ». L’auteure qui publie tant au Soleil qu’à La Presse comme journaliste, a été lauréate du convoité prix Judith-Jasmin. C’était en 2013. Dans son échelle d’affection, elle range les enseignants comme des héros méconnus du quotidien. Et dont la tâche est souvent mal appréciée. Pour illustrer son propos, elle a choisi les cas de six professeurs qui ont à cœur de dispenser le savoir aux jeunes têtes et dont leur profession est une véritable vocation. On voudrait tous avoir des profs comme eux.

Les trois prochains titres sont aux éditions Québec-Livres. Yvan Dubuc et Marc Éthier se sont mis à deux pour Fidélisez votre clientèle qui s’adresse aux patrons afin qu’ils s’évitent la pénible situation des portes tournantes, où les employés entrent et sortent à un rythme effarant et si contre-productif. Certains employeurs l’ont compris qui ont décidé de consentir des salaires de base décents ou assortis de bonifications stimulantes. Ce livre a le mérite de rejeter le vieux modèle de dirigisme autocratique issu des siècles passés. Le management doit prendre un virage comme nous le montrent les auteurs.

Le dicton est bien connu, connais-toi toi-même, et par là on fait surtout référence à la connaissance psychique de soi. Mais par extension il faudrait aussi bien se connaître au plan des mécanismes physiques. Voici un ouvrage de premier plan écrit par la fondatrice de la Métamédecine et psychothérapeute Claudia Rainville « Connaître le fonctionnement de mon corps pour guérir ». C’est un véritable cours de médecine en condensé qui permet de voir les interactions entre les différentes parties du corps. Et aussi que nous pouvons pour beaucoup dans l’auto-guérison. D’ailleurs elle souligne que jadis, les médecins étaient bien davantage au courant de cette disposition.

Par ailleurs Marthe Saint-Laurent passe en revue les blocages qui nous empêchent de parvenir à nos aspirations. Mon idéal de vie est une proposition de coller davantage à ce que nous sommes et non en fonction de ce que les autres voudraient que l’on soit. La coach de vie que l’on voit régulièrement sur le plateau de Denis Lévesque à TVA donne des situations types, des cas vécus et surtout s’intéresse aux défaites que l’on se donne pour repousser aux calendes grecques le moment de s’écouter intérieurement.


 


 


Galerie avec le vrai monde

Quelqu’un faisait remarquer un jour que si l’on prenait le temps d’interroger tous ceux qui passent autour de nous, on serait surpris qu’il y aurait là matière à de nombreux romans. C’est à quoi nous pensons au sortir de Chez l’arabe de Mireille Silcoff native de Montréal, collaboratrice du New York Times magazine et au National Ost. C’est une galerie de portraits, tantôt vrais, tantôt imaginés. Son but, de nous faire prendre attention à ce qui parait être en premier lieu la vie ordinaire. On imagine facilement que l’auteure, pour être si observatrice de l’homo sapiens en ce XXIème siècle, ne doit certainement pas être rivée à son portable. Et elle indique la voie à suivre pour s’arracher aux médias sociaux et nous inviter à voir autour de nous. Que ce soit l’aventure de prendre un taxi, voir l’autre manger et quoi encore, il y a là un terreau à mille réflexions métaphysiques. Oui c’est un livre à lire chargé d’humanité.

Chez l’arabe. Mireille Silcoff. Éditions marchand de feuilles 270p.   www.marchanddefeuilles.com


 


 


Une narratrice dans un monde oppressant

Stéphanie Boulay est connue comme la chanteuse du duo des sœurs Boulay. Mais elle écrit aussi. Et fort bien. Qu’on en juge avec la narratrice de A l’abri des hommes et des choses. Celle qu’on va lire, nous ramène à sa vie pas trop jojo. Elle vit seule avec Titi, une femme qui l’héberge, les géniteurs n’étant plus dans le décor. Cette sorte d’orpheline qui n’ose dire son nom avoue que côté équilibre, il ne faut pas la laisser seule avec elle-même et sil faut la croire, il en sera ainsi jusqu’au moment où ses cheveux seront couleur neige. Titi fait son possible pour offrir un environnement à la limite convenable. Mais cette dernière c’est tout un programme à elle seule. Bref, c’est un huis-clos existentiel assez lourd, rendu à merveille par cette artiste chanteuse et écrivaine qui sait si bien décrire le sentiment dans toutes ses déclinaisons.

A l’abri des hommes et des choses. Stéphanie Boulay. Québec Amérique cool. La shop 154p.     www.quebec-amerique.com


 


 


Urbanisation fiction

Le pays où les arbres n’ont pas d’ombre est un roman étrange. D’abord par son titre. Ensuite parce que son auteure Katrina Kalda est capable de créer des monde. Comme cette Plaine et la Ville voisine qui sont de pures créations de son imaginaire. La première est une banlieue de la seconde, pour gens désargentés, qui vivent en mode survie. Pour joindre les deux bouts on va souvent s’offrir comme galériens pour des usines de recyclage. Et par contraste vous avez la seconde où vivent les gens qui ont de l’oseille. Un grand fossé sépare ces deux univers. C’est une étude de classe, comme seuls les hommes sont capables d’en créer quand ils ne se supportent pas les uns, les autres, du moins ceux qui ont du fric par rapport à ceux qui n’en ont pas. C’est un roman de couleur grisâtre. L’écriture est forte et accroît la force descriptive de l’écrivaine qui rappelons-le, a remporté l’an dernier le prix littéraire Richelieu de la francophonie pour son précédent titre « Arithmétique des dieux ».

Le pays où les arbres n’ont pas d’ombre. Katrina Kalda. Gallimard 352p. 


 


 


Saga de la traduction gouvernementale canadienne

S’il y a un sujet bien pointu c’est cette histoire de la traduction à Ottawa, des débuts de la Confédération jusqu’en 1967 intitulé Les douaniers des langues coécrit par Jean Delisle professeur émérite de l’Université d’Ottawa et Alain Otis professeur à l’Université de Moncton. A priori, on pourrait penser que c’est un livre d’histoire un peu sérieux, rien de sexy. Attention! Ce qu’on apprend, c’est que s’ils traduisaient, ce qui devait être parfois un pensum, ces traducteurs furent pour beaucoup des acteurs fortement impliqués dans le vie culturelle. C’est ainsi qu’un Wilfrid Larose fut président de l’École littéraire de Montréal, celle où Nelligan connut la gloire d’un soir avec sa romance du vin, au Château de Ramezay. Nous avons là une galerie de gens extraordinaires, tous tombés dans l’oubli et dont cet ouvrage est un devoir de mémoire accompli. On n’ose pas imaginer la somme de recherches qu’il a fallu pour restituer ce que fut le quotidien de ces hommes en ces années où on voulait affirmer la langue française dans un environnement anglophone.

Les douaniers des langues. Grandeur et misère de la traduction à Ottawa. Jean Delisle et Alain Otis. Les Presses de l’Université Laval 491p.    www.pulaval.com


 


 


La culture et la communauté

Le petit guide de la grande concertation malgré son titre aride est un formidable outil sur la façon dont on peut impliquer un projet culturel en impliquant la communauté locale qui est visée, et non en la mettant devant un fait accompli comme ça se passe souvent ailleurs avec les administrations. On passe ici en revue ce que représente la création et la transmission culturelle par et avec les communautés. On a vu récemment l’ire qu’a soulevé l’implantation d’une statuaire de taille dans le quartier Griffintown à Montréal, là où se trouvait encore hier un tronçon de l’autoroute Bonaventure. Les initiateurs de ce projet auraient eu tout intérêt à prendre connaissance du présent ouvrage qui est basé sur l’expertise par la Boîte Rouge vif qui depuis 191 a développé une expertise en médiation et transmission des cultures. Relié spirale, ce qui facilite sa lecture, on y trouve une foule d’expériences dans le domaine qui peuvent être éclairantes.

Le petit guide de la grande concertation. Sous la direction d’Élizabeth Kaine, Denis Bellemarre, Olivier Bergeron-Martel et Pierre DeConinck. Presses de l’Université Laval 262p.   www.pulaval.com


 


 


Coluche, in Memoriam

Voici 30 ans que Michel Colucci, dit Coluche, disparut tragiquement dans un accident de moto, alors qu’il percuta un poids-lourd. Ce fut une onde de choc considérable et beaucoup encore ne se s’ont pas remis de ce destin funeste. L’idéateur des Restos du cœur, un de ses héritages, avait un cœur gros comme ça. Et surtout il incarnait celui qui n’avait pas la langue de bois. En marge de l’anniversaire de sa disparition, une pléthore d’ouvrages est publiée. Mais un de ceux-ci retient l’attention. Un grand album biographique de Jean-Claude Lamy sur des illustrations touchantes de Philippe Lorin qui a pour titre Chez Coluche. On y va par ordre chronologique. Mais il y a une dynamique qui vient de l’emploi de moult anecdotes qui rendent la lecture vivante comme tout. Quand on a terminé sa lecture on prend la mesure de ce géant de l’humour sarcastique qui n’a d’égal que son idole Georges Brassens.

Chez Coluche. Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin. Éditions du Rocher 124p.   www.editionsdurocher.fr


 


 


Le droit au bonheur

Marie-Bernadette Dupuy est une habituée des best-sellers. Et le tome 2 de sa saga La galerie des jalousies va poursuivre en ce sens, tant il y a de passions dans chaque ligne du texte. Isaure, encore dans le deuil de la petite Anne, va suivre à Paris son amoureux en titre, Justin Devers. Elle qui vient du fin fond de la Vendée devrait être au comble du bonheur de se retrouver dans la capitale française et tous ses attraits. Mais non, elle en pince encore pour Thomas Faymoreau. La vie se chargera de la remettre dans la réalité avec un deuil qui la ramènera à la case départ. L’auteure pose la question, est-ce qu’Isaure pourra enfin avoir droit au bonheur ?

La galerie des jalousies. Tome 2. Marie-Bernadette Dupuy. Les éditions JCL 622p.     www.jcl.qc.ca


 


 


Un énorme bouquet de fleurs et de plantes

La reproduction botanique fait partie intégrante de l’art visuel. Et pour preuve, la réactualisation d’un titre déjà paru chez Taschen, revu et augmenté, Un jardin d’Eden qui est une anthologie des illustrateurs qui excusez-le jeu de mots facile, se sont illustrés à rendre sur papier la réalité des fleurs et des plantes. Ces reproductions proviennent des collections la Bibliothèque Nationale de Vienne. Vous avez un texte descriptif de l’artiste et le contexte historique qui vit l’éclosion de son ouvrage. On a enrichi ce titre avec d’autres graphismes d’un peu partout, dont des manuscrits byzantins. C’est dans la collection Bibliotheca Universalis.

Un jardin d’Eden. Taschen 722p.   


 


 


L’art de la critique élevée à un sommet

Quand on termine la lecture de L’analyse des spectacles de Patrice Pavis on en vient presque à mépriser ceux des reporters culturels de chez nous, qui ne font que des publi-reportages déguisés. Il faut quand même souligner qu’ils n’ont pas le choix, sous peine de renvoi dans un univers médiatique de convergence. C’est que cet essai magistral de Pavis élève la critique artistique à un très haut niveau. L’essayiste a été professeur à l’Université de Paris 8 et au Conservatoire national d’art dramatique de l’Université des Arts de Corée. On lui doit un « Dictionnaire du théâtre ». L’homme nous montre de façon savante comment apprécier une production sous tous ses aspects, le jeu des acteurs, leur pose de voix,  la scénographie, la musique utilisée. Nous sommes aux confins de l’érudition. Il donne des pistes intéressantes pour circonscrire une œuvre dans toute sa globalité. C’est d’ailleurs un titre de référence qui fait autorité puisqu’on en est à la troisième réédition.

L’analyse des spectacles. Théâtre, mime, danse, cinéma. Patrice Parvis. Armand Colin 438p.    www.armand-colin.com


 




 


Le coin couture et stylisme

Deux titres chez marie claire au chapitre de la couture et du stylisme. Le diktat de la minceur extrême confinant à l’anorexie à fait son temps. Vive le retour des rondes, des voluptueuses qui ont un droit légitime à porter de belles créations. A ce propos, la styliste Lydie Lardoux leur fait une fine fleur en proposant Couture grande taille un assortiment de 15 vêtements faciles à concevoir. Et les patrons sont à taille réelle. C’est dans la collection Frou-Frou.  Et l’école de stylisme The new school Parsons Paris nous présente Mon cours de style. Ce sont pour la plupart de jeunes designers qui sont fiers de présenter le fruit de leur talent. Vous avez ici douze modèles, très différents les uns des autres, avec là aussi des patrons en taille réelle de pointure 36 à 42.


 


 


Pour connaître Rodin

L’an dernier le Musée des Beaux-Arts de Montréal présentait une exposition consacrée aux moulages de Rodin qui connut un vif succès. Rodin est un mot magique qui attire instantanément. Peut-être ce qu’on apprécie c’est la force virile de ses sculptures. Aux fans du maître voici une monographie que lui consacre François Blanchette sur ce titan qui savait attaquer la matière comme pas un. De belles illustrations qui nous font apprécier d’autres réalisations que celles archi connues tel ce buste héroïque de Victor Hugo qui fait dans l’hyper-réalisme.

Rodin. François Blanchetière. Taschen 96p.  www.taschen.com


 





 


Le coin de la BD

Ah ces merveilleux bédéistes qui nous font sourire quand ce n’est pas rire aux éclats. A leur façon de véritables bienfaiteurs de l’humanité. Comme cet espagnol Quino à qui l’Association Madrilène des Entreprises de Restauration et Brasseries remit une plaque commémorative pour sa contribution au prestige de la connaissance gastronomique. C’était en 1997. Pour les bédéistes patentés, Quino est surtout connu pour être le père de l’incomparable Mafalda. Dans Manger quelle aventure! C’est toute une déclinaison d’observations délirantes sur notre comportement à table et vis-à-vis de la nourriture, qui occupe avouons-le, une partie appréciable de nos journées. On se reconnaîtra aisément dans certaines de nos manies au restaurant ou chez soi. Le rapport aux aliments n’est jamais simple. Aux éditions Glénat.

A la Pastèque sort le volume 8 des aventures de l’agent singulier Red Ketchup qui pour son malheur va se retrouver dans les deux de l’enfer. Le pauvre. Et on verra comment il en est arrivé là. Le tandem Godbout-Fournier déploie tout leur talent avec pour mission de toujours tenir leurs lecteurs en haleine. La sœur de l’infortuné personnage, Sally, va tout entreprendre pour communiquer avec le frère, qui comme de raison n’a jamais dit son dernier mot.

Et une toute autre couleur avec Joann Sfar qui s’était manifesté précédemment avec l’album « Tu n’as rien à craindre de moi ». Il persiste et signe avec Fin de la parenthèse aux éditions Rue de Sèvres. C’est totalement dingue. Jugez vous-même. D’abord il y a la dépouille cryogénisé à Paris de Salvador Dali. Ensuite vous avez le peintre Seabearstein qui est au terme de son exil maudit et qui prétend que la rédemption, la sienne et pour d’autres, viendra de faire émerger l’esprit du maître surréaliste. D’où des incantations auprès du défunt et la collaboration de quatre mannequins avec lesquelles il va recomposer des œuvres du divin Dali. Délirant vous dites ? Vous êtes en dessous de la réalité. Sfar est ici tout aussi surréaliste que le peintre catalan.  


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Geneviève Desautels est coach et donne de nombreuses conférences sur la motivation et sur ce qui fait des leaders. En collaboration avec l’entrepreneur et formateur en leadership Stéphane Lafond elle lance Déclic ou comment, en quatre phases on passe de la conscience à l’action. Évidemment comme dans tout type d’ouvrages du genre on travaille sur les blocages qui nous empêchent de progresser. En outre, ce programme a pour objectif que le lecteur augmente sa vitalité. C’est aux éditions Béliveau.

Être en couple, suppose un archipel de compromis. Et si on y ajoutait une bonne dose de spiritualité ? Christophe Itier propose une approche psychologique, énergétique et spirituelle du couple dans Le jeu inconscient des relations amoureuses aux éditions Éveil du couple. Il cartographie tout le processus qui fait que l’on est amoureux. Il dissèque les mécanismes d’attraction. En même temps il met en garde contre la routine qui est la plus grande menace qui pèse sur une union. Comment détecter les signes de répétition. Cet essai nous fait comprendre à quelle enseigne faire entrer quelqu’un dans sa vie est tout un engagement.

La psychologue Ariane Hébert expose avec vulgarisation la problématique de l’anxiété chez les plus jeunes. Qui intéressera aussi les adultes qui en sont atteints. Car le syndrome prend de l’ampleur, surtout dans notre monde en déficit d’altérité et où l’individu de l’ère numérique est sous une pression constante. Elle nous présente des stratégies pour contrer ce malaise, développer son estime, gérer son stress et apprivoiser ses peurs. Le merveilleux de ce petit traité didactique c’est que plus on en sait sur ce qui nous atteint, moins on en a peur. C’est publié aux éditions de Mrtagne.

Les deux titres suivant sont édités chez Macro. D’abord un pavé Mangez sain et naturel de Michele Riefoli se veut un manuel de conscience alimentaire pour tous basé sur la méthode italienne VegAnic qui se veut une alimentation naturelle, complète, consciente et à base végétale. Et vous trouverez de quoi vous sustenter selon que vous soyez végétalien, végétarien ou adepte du régime méditerranéen. Au total, 40 chapitres et 40 recettes. C’est assez fouillé merci avec des exposés sur les composantes chimiques et les diverses interactions. Dans le genre, difficile de faire plus complet au chapitre de l’éducation alimentaire.

Il existe plusieurs manuels touchant au yoga. Celui que nous vous présentons aujourd’hui Yoga pour tous de Meta Chaya Hirschl est très complet tout en explorant de nouvelles pistes thérapeutiques. Le yoga outre qu’il vise à l’intériorité, a un autre mérite qu’on ignore souvent, c’est qu’il facilite la confiance en soi. Car enfin il permet de s’écouter. L’album abondamment illustré est recommandé pour tous les âges. Il se trouve dans ces pages des techniques innovantes.


 








 


Le coin santé physique et psychique (2)

Marlène Tuininga se présente comme une journaliste militante. Et militante de surcroît pour la cause des femmes. Car toute jeune elle se révoltait contre les déterminismes de sa condition de fillette. Elle raconte sa trajectoire et l’éveil de son engagement dans Journal d’une féministe décalée. Elle ne fait pas dans la demi-mesure lorsque vient le temps de dénoncer les iniquités entre hommes et femmes et le ton qu’emploi quelquefois les premiers pour mettre au pas les secondes. C’est aux éditions Khartala.

Quand on y pense, qu’au vu de l’immense sagesse du personnage, qu’il n’y ait pas suffisamment d’ouvrages portant la signature du Mahatma Gandhi. Cet impair est réparé avec Mon chemin de paix. C’est un petit ouvrage formé d’extraits de sa pensée. Il nous éclaire sur ce qu’est Dieu au-delà des appellations que les religions lui donnent. Il dit que l’amour a permis de faire en sorte que l’esprit de guerre n’a jamais totalement triomphé et que l’espoir perdure. D’ailleurs il consacre de longs passages à la valeur du sentiment amoureux. Aux éditions de l’Éveil.

Chez Lanore, le professeur Désiré Marien présente Le jeûne hygiéniste par paliers. On savait d’entrée de jeu qu’il ne faut jamais entreprendre de jeûne radical. Cela demande une supervision de tous les instants. Ce professeur de biologie nous fait prendre conscience de ce qu’est la toxémie qui est le fruit de l’ensemble des disfonctionnements du corps et de l’esprit. Le jeûne qu’il recommande est basé sur l’adéquation entre la ration alimentaire et le poids. La réponse pondérale fixe la marche à suivre.

Le livre qui suit est d’un très grand intérêt. Sous le nom d’Atmananda c’est en fait le parcours initiatique d’une jeune juive viennoise qui connut la famine durant la Première guerre mondiale. Par après, sa quête spirituelle l’amènera à fréquenter Krishnamurti qui la décevra. Il y eu aussi Ramana Maharshi. Mais sa grande révélation sera au contact de Ma Anandamayi qui agira sur elle comme une deuxième mère. Nous sommes au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Voyage vers l’immortalité aux éditions Accarias est une sorte de journal de son évolution avec ses embûches. Comme lorsqu’elle prit conscience qu’elle portait en elle les germes du démon. Ce qui l’effraya quand à certaines possibilités de manifestations. Ce qui est est émouvant dans cette démarche c’est la grande transparence dans ses écrits. Elle ne fait pas mystère ni de ses doutes, ni de ses certitudes. En somme vous découvrirez une femme de haute volée.

Rarement cite t’on une quatrième de couverture, mais elle définit ici si bien l’objectif recherché par l’éducateur spécialisé Philippe Gaberan dans Oser le verbe aimer en éducation spécialisée dont il nous offre le deuxième tome « La relation éducative » aux éditions Érès.  « S’ils veulent sauver leur métier, et de manière plus générale s’ils veulent sauver les métiers de l’humain, les adultes éducateurs n’ont d’autre choix que d’oser le verbe aimer. Aimer veut dire éduquer chaque fois que la rencontre est un dialogue entre l’intimité de deux « je » : celle d’un adulte perçu comme référent et celle d’un gamin aperçu dans ses possibles. Dès lors, parce que fondée sur le consentement et la réciprocité, se trame une relation éducative qui est aussi une relation d’amour. »  C’est presque une révolution d’entendre le mot amour dans le vocabulaire en éducation. On est tellement ancré dans les programmes qu’on en oublie la force motrice pour que le passeur réussisse à atteindre les jeunes têtes. D’où la grande valeur des idées qui essaiment dans ces pages.

Et pour conclure, Danie Beaulieu qui s’amène avec un cahier d’exercices sous le titre 100 trucs pour améliorer vos relations avec les enfants aux éditions Québec-Livres. C’est une mine de renseignements sur la manière d’envisager les rapports avec les touts petits. On ne naît pas mère, on le devient pour paraphraser la fameuse phrase de Simone de Beauvoir. Des conseils judicieux qui portent tant sur les mots, les gestes que le langage du corps.



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