- octobre 2021 -
 
 

 


La 5G et nos existence sous contrôle

Quel hasard. L’autre semaine, un de nos collègues tombait sur une archive de 1995 mise en ligne sur la plateforme Tik Tok dans laquelle on pouvait voir un docteur qui prédisait déjà, hallucinant, que l’on allait créer une pandémie dans un premier temps, avec des variants, puis des vaccins et enfin le contrôle de nous tous, faisant de nous des zombies. Et là, voici que le sociologue Denis Bourgeois se fait sonneur d’alerte avec l’implantation des réseaux 5G auxquels nos gouvernements tiennent tant, avec l’objectif non avoué de nous placer sous contrôle. Voilà l’essentiel du sujet de son essai Le monde de la 5G: la démocratie en péril. Il y en a plus d’un qui le traiteront sans hésiter de complotiste. Mais ils se heurtent ici à un chercheur du plus grand sérieux, qui fait la démonstration noir sur blanc que nos dirigeants n’ont jamais eu de scrupules à nous avoir sous leur coupe. A lire pour ne pas dire ensuite “si j’avais su”.

Le monde de la 5G: la démocratie en péril Denis Bourgeois. Éditions Yves Michel 249p.      www.yvesmichel.org

 

 

 


Les monarques bibliques récupérés par l’art

C’est une petite plaquette cosignée par Guy Bonneau, Angelo Cardita et Beat Föllmi qui jettent des regards sur la manière dont l’art a été transposé au théâtre, dans la musique et dans la liturgie. La royauté biblique s’attarde sur un exemple plus fouillé, celui de la figure de Salomon mis en comparaison avec celle de George II d’Angleterre dans l’oratorio Salomon de Haendel. Et ces amalgames nous conduisent jusqu’à Tête d’or, la pièce de théâtre de Claudel. Et heureusement qu’ils n’ont pas englobé le cinéma sinon nous aurions eu droit à un petit pavé, tant le septième art a fait son beurre avec d’illustres rois et reines issus de la Bible. Cet essai introductif à un vaste thème nous donne irrémédiablement le goût de revoir ces monarques qui ont marqué l’Ancien Testament.

La royauté biblique Regards sur l’utilisation du thème dans la musique, la liturgie et le théâtre. Guy Bonneau, Angelo Cardita et Beat Föllmi. Presses de l’Université Laval 95p.    www.pulaval.com

 

 

 


Un voyage en Indonésie hors les cartes postales

Journaliste au Monde, Bruno Philip est un grand voyageur devant l’éternel. Et un goût marqué pour les pays du Sud-Est asiatique. et de l’Asie même dans sa globalité. Il a vécu dans pas mal de lieux aux noms exotiques: Katmandou, New Delhi, Pékin et Bangkok. Ses périples il ne les accomplit pas Guide Michelin en main. Au contraire, il va au coeur des gens. Car ce sont eux qui confèrent l’âme d’un peuple,  Pour son dernier livre il a choisi de raconter ses pérégrinations en Indonésie. Ça donne L’archipel des ombres. Il a voulu voir le plus d’îles possibles de ce pays qui est un vaste archipel. Il va faire des rencontre étonnantes ou témoin de scènes singulières comme cette séance d’exorcisme d’une femme devenue folle à la suite du viol collectif de sa fille, ou de la manière dont, selon un certain rituel on tire le catafalque d’un côté ou de l’autre pour en marquer la direction finale. En plus, que c’est servi par un grand talent de conteur.

L’archipel des ombres Bruno Philip. Équateurs 154p.     www.editionsdesequateurs.fr

 

 


Une romance sur fond de transexualité

Il y a quelques années, un observateur du monde LGBT prédisait que l’homosexualité n’allait plus attirer l’attention du collectif, car c’était les trans qui allaient prendre les devants de la scène. Il ne s’était pas trompé. Car la transexualité, plus que tout, chamboule les codes sociaux et remet en question la définition du genre sexuel. Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce qu’une femme ? Voilà les questions. Et le monde des arts est entré dans la danse en exploitant ce thème chargé de mille curiosités, comme ce Stay Gold de Tobly McSmith et son sujet inusité. C’est une fille devenue garçon et répondant au prénom de Pony, qui va en pincer pour une pom pom girl de collège. Mais comment faire son “coming out” à la Georgia de son coeur ? Doit-on être honnête ou falsifier la réalité ? Vous voyez là un matériau fort intéressant avec une romance d’un genre totalement inédit.

Stay Gold Tobly McSmith. PKJ 431p.      www.pocketjeunesse.fr

 

 


Dans une maternité irlandaise durant la grippe espagnole

Dans le roman précédent recensé ,“Stay Gold” de Tobby McSmith, l’écrivain reprenait à sa façon une histoire fondée sur la transexualaité d’un des protagonistes, sujet à la mode. Il en va de même pour un autre sujet récurrent dans l’actualité, la pandémie de la Covid-19. Qui a sans doute inspiré l’auteure canadienne d’origine irlandaise Emma Donoghue. Qui dans Le pavillon des combattants nous transporte dans la maternité d’un établissement hospitalier irlandais en 1918 en plein coeur de la fameuse et dévastatrice grippe espagnole, autrement plus mortelle que ce que l’on vit présentement. Aucune comparaison. Nous faisons connaissance avec Julia, une infirmière, qui vient au secours de femmes enceintes menacées par le foudroyant virus. En plus qu’elle manque de tout. Il y a des ressemblances avec notre époque concernant le bordel de la gestion de nos hôpitaux. Elle va tenter de faire des miracles. Une belle figure de femme ayant l’altruisme au bout des ongles. L’auteure qui en est à son sixième roman, maîtrise parfaitement son sujet.

Le pavillon des combattantes Emma Donoghue. Les Presses de la Cité 359p.     www.pressesdelacite.com

 

 

 


Un thriller géopolitique canadien de grande ampleur

L’affaire SNC-Lavalin a occupé le devant de la scène politique et judiciaire pendant un très long moment. Suffisamment pour ébranler la gouvernance du cabinet du premier ministre canadien Justin Trudeau. L’accusation principale tenait sur le fond, à des versements de pots-de-vin pour arracher notamment des contrats en Libye. En réalité, les pratiques de notre fleuron québécois en ingénierie ne différaient pas tellement des pratiques utilisées par les firmes américaines. Comment imaginer  décrocher des contrats importants en infrastructures dans ces pays où le bakchich est la condition sine qua non pour faire des affaires. Au Canada on a jeté des hauts cris puritains. Mais le mal était fait, et ça été le point de départ d’une sage qui s’est conclue dans un premier temps par une amende de 280 millions de dollars et la sainte paix au PDG Jacques Lamarre qui s’en est tiré blanc comme neige.  Le journaliste de La Presse Vincent Larouche revient sur ce grand thriller géopolitique où fond voit comment les paradis fiscaux ont joué un rôle essentiel comme paravents à toutes ces malversations financières.

La sage SNC-Lavalin Vincent Larouche. Éditions La Presse 240p.     www.editionslapresse.ca

 

 


Notre inconfortable rapport avec l’apprentissage de l’anglais

Au Québec, notre rapport avec la langue anglaise s’est fait en montagnes russes. L’anglais qui avait été vu comme la communication du dominant a traversé les siècles pour devenir une langue d’ouverture, mieux la langue du “cash”. Mais ce rapport amour-haine est étonnant. Virginie Hébert signe un essai qu’il faut lire impérativement si on veut parler intelligemment de notre lien avec la langue de Shakespeare. L’anglais en débat au Québec nous apprend qu’en 1848, le Québec était traversé par un courant d’anglomanie qui avait effaré un journaliste témoin de cette période. Qui déplorait que bien que la majorité du Québec était francophone, que tout s’affichait en anglais dans les commerces. Qu’est-ce qu’on en apprend sur nos comportements souvent incohérents. En même temps, l’auteure souligne à quel point l’enseignement de l’anglais langue seconde est déterminant pour notre avenir collectif dans la Belle Province.

L’anglais en débat au Québec Mythes et cadrages, Presses de l’Université Laval 202p.    www.pulaval.com

 

 

 


Fin de la trilogie de Mehdi Charef

Si vous ne le connaissez pas encore, Mehdi Charef est celui qui a fait sa marque dans la littérature francophone avec son célèbre “Thé au harem d’Archi Ahmed”, transposé au grand écran par Costa-Gavras avec un César à la clé. Il avait entrepris une trilogie sur la vie de sa famille exilée. Après avoir vécu dans d’infâmes bidonvilles, voici que le clan Charef a réussi à dégoter un espace suffisant et salubre dans un HLM. C’est presque une conquête sociale. Et lui Mehdi dans La cité de mon père va être manoeuvre, mieux encore, outilleur, dans une fabrique de traitement du bois. C’est déjà un échelon dans l’échelle sociale. Tout ceci est bien raconté, son cadre de vie, tout comme son époque, les seventies, avec les cheveux longs pour un adolescent. Bref, une épopée sociale qui revit sous nos cieux. Il décrit bien la vie dans les banlieues tout un Pagnol la Provence. On trouve beaucoup d’humanité dans ces pages et un regard sur les valeurs essentielles à l’existence.

La cité de mon père Mehdi Charef. Éditions Hors d’atteinte 141p.     www.horsdatteinte.org

 

 


Une chienne de vie

Même si Chienne de Marie-Pier Lafontaine est parue en 2019 on se devait de faire un sacré rattrapage pour signaler la présence de cet opuscule, limité en nombre de pages mais intense. Dans la collection Autofiction chez Héliotrope, l’auteure décrit un tyranneau de père qui s’est autorisé tous les droits sur ses filles, d’en abuser sexuellement même, comme bon lui plaît. Pour lui, une fille n’est jamais moins qu’une pute en devenir, fusse t-elle son enfant. Ici on est loin d’un jardin de roses. Nous devions faire écho à ce premier roman car récemment la DPJ se disait submergée de milliers de dossiers non traités. On peut imaginer qu’il se passe dans bien des familles des choses horribles telles que décrites dans ces pages. Cet exercice a valeur de documentaire.
 
Chienne Marie-Pier Lafontaine. Héliotrope 107p.     www.editionsheliotrope.com

 

 


Variations fascinées sur le thème du feu

Quel malheureux a dit un jour qu’il y avait trop de livres ? On ne dira certainement pas celà apr`es avoir terminé Pompières et pyromanes de Martine Delvaux qui est une féministe éclairée, fascinée par le feu depuis qu’elle est haute comme ça. Elle nous partage cette curiosité infinie pour cet élément de vie et de destruction dans des chapitres qui vont de la politique de la terre brûlée pratiquée par les biélorusses désireux de stopper l’avancée des troupes hitlériennes jusqu’à Thelma et Louise, ces femmes si singulières du film culte du même nom. Elle nous fait découvrir ce qui l’attire dans ces feux divers. Et puis comme c’est une romancière accomplie, les mots pour le dire viennent aisément pour reprendre la sentence bien connue de Boileau. Le feu comme pouvoir de sidération sur les humains, voilà comment il faut résumer sa démarche.

Pompières et pyromanes Martine Delvaux. Héliotrope 181p.     www.editionsheliotrope.com

 

 

 


Sur la naissance du mal de vivre

Quand on pense que notre cher ministère de l’éducation se demande pourquoi les ados décrochent tant du système scolaire. Ont-ils songé d’une part à quel niveau d’ennui se distille la connaissance ? Ensuite sur la provenance familiale de la clientèle étudiante. Pas besoin de lire d’hermétiques traités de pédagogie pour connaître l’origine des problèmes des jeunes qui finissent par être séduits par la criminalité.  Il suffit de lire ce court roman de Sandrine Sévigny qui a pour titre Il y a toujours une raison à tout. Elle décrit le vécu, entre autres de deux gars Félix et Xavier et leurs niveaux de rapports avec les filles. C’est une petite sociologie à la québécoise qui décrypte bien le malaise de ces êtres dont la société  ne s’occupe pas vraiment. A se demander si le Québec aime ses enfants. On n’a qu’à voir le cri d’alarme de la DPJ avec tant des milliers de dossiers en attente. Il y a risque qu’ils deviennent comme les personnages de ce roman très fort. Les “penseux” qui gravitent au Ministère de l’éducation devraient impérativement parcourir ce livre qui vaut bien des analyses sociologiques.

Il y a toujours une raison à tout Sandrine Sévigny. Hashtag 136p.   www.editionshashtag.com

 

 

 


Réflexions sur la couleur de peau

.A l’heure où le thème du racisme est récurrent dans l’actualité et aussi le fameux concept du vivre ensemble, il y a une lecture à faire et c’est ce récit de la torontoise  Tessa McWatt originaire de par sa famille du Guyana, colonie britannique à ne pas confondre avec la Guyane française. Anatomie de ma honte est un assemblage de réflexions sur ce que révèle la couleur de la peau. Par exemple en classe primaire, l’ouvrage débute par une de ses enseignantes qui interpelle la classe, demandant aux élèves ce que signifie le mot nègre. Ensuite de l’importance du niveau de coloration en noir de l’épiderme. Plus loin dans ces pages, elle nous apprend que selon le degré de luminosité extérieure, sa propre peau passera d’une carnation plus pâle à plus foncée. C’est sans le savoir une merveilleuse pédagogue quand elle nous apprend aussi que les premiers anatomistes en médecine, n’accordaient aucune considération à la peau en tant que telle. Vous avez aussi des passages sur la colonisation de la Guyana, du génocide contre la nation Arawak. Avec mille considérations qui sont autant d’exhortations à accueillir “l’autre”. Un livre qui devrait se retrouver au programme scolaire, tant il appelle à l’universalité.

Anatomie de ma honte Tessa McWatt. Mémoire d’encrier 281p.   

 

 

 


Le roman qui a été adapté au cinoche pour le film Eiffel

Au journal télévisé de France 2 on nous a montré le minuscule décor à partir duquel on a élaboré le tournage du film Eiffel décrivant tout ce qui a précédé la construction du monument le plus visité en France et dans le monde. Et c’est l’acteur Romain Duris à qui est dévolu d’incarner le rôle de Gustave Eiffel. On rappellera que l’édifice si symbolique de la Ville Lumière a été imaginé en prévision de l’Exposition universelle de 1889. Et le résultat final n’a pas été du goût de tout le monde. Le film de Martin Bourboulon est basé sur le roman de Nicolas d’Estienne d’Orves qui couche sur papier l’état d’esprit qui fut celui du créateur de ce monstre d’acier haut de 300 mètres et aussi de sa vie amoureuse.  Ceux qui s’intéressent au sujet peuvent lire l’ouvrage avant de voir la production cinématographique ou bien après coup. Sans dire que c’est un film événement, il n’en reste pas moins que c’est une histoire captivante tout comme l’est le roman vrai d’Eiffel.

Eiffel Nicolas d’Estienne d’Orves. Michel Lafon 249p.   www.michel-lafon.com

 

 

 


Sur les enfants de Daesh, pauvres rapatriés en France

Si vous ne le saviez pas encore, la guerre c’est très laid. Pas seulement pour les morts que cela occasionnent, mais aussi pour des dégâts corollaires de nature psychologique. C’est le cas de ces enfants de femmes fanatisées par l’idéologie de Daesh et qui se sont exilés de France pour venir en Syrie. Et quand ce fut la débâcle pour ces terroristes, ces familles françaises ont été parquées dans des camps, dans des conditions indignes de l’humanité. Et aussi le sort non mérité pour ces enfants qui ont été obligés de suivre leurs parents dans ce délire islamiste. Jean-Christophe Damaisin d’Arès bardé de diplômes autant en psychologie qu’en économie de guerre et de défense, s’est penché sur cette situation humanitaire où des petits bouts d’choux font les frais de cette guerre. Comment les français ont très mal accueilli l’idée de reprendre ces compatriotes qui avaient changé de camp pour le pire et contre la France.  Les enfants perdus du califat est une autre page peu glorieuse de l’aventure humaine.

Les enfants perdus du califat Jean-Christophe Damaisin d’Arès. Éditions JPO 131p.    www.editions-jpo.com

 

 

 


Deux grandes magistrates à la Cour suprême du Canada

C’est une avocate professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa Constance Backhouse qui a entrepris de rendre hommage aux deux premières femmes dans l’histoire à siéger à la Cour suprême du Canada, Bertha Wilson et Claire L’Heureux-Dubé. De magnifiques portraits de deux juristes aux tempéraments divers, l’une francophone, l’autre anglophone, qui ont eu en commun à faire face à une certaine mentalité machiste existante au plus haut tribunal du pays. C’aurait pu être de plates biographies de nature corporative, susceptible d’intéresser que des gens du milieu. Au contraire, on voit que ces femmes ont joué un rôle majeur pour l’avancement de la société. Il faut se souvenir que ce tribunal à la prééminence au-delà du gouvernement fédéral et renverser des lois votées par ce dernier. L’auteure a vraiment eu accès à des sources privilégiées pour connaître les coulisses de certaines décisions, notamment leur nomination. Ce pourrait même être à la limite, un beau film à faire, sinon un documentaire.

Deux grandes dames Bertha Wilson et Claire L’Heureux-Dubé à la Cour suprême du Canada Constance Backhouse. Les Presses de l’Université d’Ottawa 245p.    www.pressesuOttawa.ca

 

 

 


Pour devenir incollable sur James Bond

 Alors que sort sur les écrans le dernier James Bond mettant en vedette Daniel Craig, dont il a annoncé que ce serait pour lui le dernier, paraît en librairie Bond la légende en 25 films de Guillaume Evin en réédition revue et augmentée par ce spécialiste incontesté du célèbre espion de sa Majesté. Nous avions il y a quelques années un proche de notre rédaction qui était un fan fini des films de Bond, qui savait tout sur le personnage et le contexte des films. Il est aujourd’hui décédé. Qu’est-ce qu’il aurait aimé revoir ses notions, quitte même à faire des découvertes, car Evin a potassé la chose de toutes les façons et nous offre un ouvrage rempli de moults anecdotes. Même si vous n’êtes pas a priori entiché de ce genre de films, il y a quand même des encadrés avec des informations stupéfiantes. Comme de savoir que le grand Alfred Hitchcock refusa d’en tourner un. La typographie dynamique agrémente la lecture.

Bond la légende en 25 films Guillaume Evin. Hugo Doc 222p.    www.hugoetcie.fr

 

 

 


Le bondage par un disciple français de la pratique

Philippe Boxis nous avait déjà donné en livre grand format son Shibari l’atelier de cordes dont il présente cette fois  une version presque de poche avec comme sous-titre cette fois “bases et suspensions”. Le shibari est le nom japonais du bondage, qui entre dans la catégorie des fantasmes liés aux activités sadomasochistes. Ici, nulle question d’infliger des douleurs, l’idée étant d’immobiliser sa “proie” à l’aide de cordages. Le plaisir pour le maître, étant de multiplier les postures. On saluera au passage la jeune femme qui a servi de modèle à Maître Boxis, car il faut être doté de patience pour connaître la conclusion du dominant avec ses attaches. L’auteur et guide vit un double plaisir, celui qu’il voue à cet érotisme qu’il a connu à cinquante ans et celui de la photographie. Vous avez là vingt leçons en tout et pour tout.

Shibari Philippe Boxis. Tabou 222p.      www.tabou-editions.com

 

 

 


Au-delà de l’altruisme

Certaines personnes, hélas trop rares jusqu’à un certain point, vont se quitter elles-mêmes pour porter secours à d’autres, y laissant souvent au bout du parcours un peu beaucoup d’eux-mêmes. C’est ce qui arrive au personnage d’Anna, soeur de Marco, ce dernier décédé et atteint durant sa vie de schizophrénie. Comment se reconstruire quand on a perdu énormément en termes d’affection donnée. Voilà la toile de fond du premier roman de  Bianca Miotto. Il  y a toujours quelque chose d’émouvant de voir quelqu’un entrer en littérature et faire son noviciat. Vanille, citron et basilic est une histoire bien racontée qui fait la démonstration, hors de tout doute, que l’écrivaine en herbe cultive une passion pour la lecture. On le sait car c’est mentionné en quatrième de couverture. Mais ce ne le serait pas qu’on le voit par la qualité du style. C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est en lisant qu’on devient écrivain, et non pas de se farcir trois années d’université en études littéraires. On l’a ou on ne l’a pas. Bianca, l’a. A suivre.

Vanille, citron et basilic  Bianca Miotto. La Plume d’Or 144p. 

 

 

 


Urgence, les patrons doivent se réinventer

C’est quand même sidérant, si on regarde le Québec par exemple, de constater que malgré l’absence de main-d’oeuvre, le patronat ne montre aucune volonté de changement, s’en tenant encore à un idéal de salaire horaire avoisinant toujours le minimum, et hurlant aux loups à l’idée d’un 15$ de l’heure. Les jeunes ne s’y sont pas trompés, qui eux, ont changé et veulent de bonnes conditions et se présentent à l’embauche avec l’idée d’être des collaborateurs et non de simples numéros d’assurance sociale dans un budget. Avec pour conséquence qu’il y a un fort taux de roulement dans les entreprises. Ce préambule pour indiquer que les patrons et leaders d’organisations doivent au plus vite, changer leur fusil d’épaule et adhérer à un nouveau management qui ne se fasse plus à la verticale mais à l’horizontale, de proximité avec la base. C’est rien de moins que ce que propose la consultante Nathalie Delmas dans son manifeste Un leadership humain et performant ? Qui est un appel à un aggiornamento de tout ce qui se fait présentement. Son livre s’accompagne de cas vécus, un peu à la manière des traités du genre à l’américaine. Patrons, voici la lecture toute trouvée!

Un leadership humain et performant ? Nathalie Delmas. Mardaga 186p.    www.editionsmardaga.com

 

 

 


Deux romans qui valent le détour chez Mains libres

La maison d’édition Mains libres a du flair. On le constate à nouveau avec les deux titres qui paraissent. Le premier Skatepark  de Madeleine Monette qui fut publié pour la première fois en 2015 sous le titre “Les rouleurs”. Qui met en scène une femme Arièle qui s’est découvert des talents vocaux pour l’art lyrique. Que l’on verra vivre au quotidien avec un garçon bien de son temps qui lui mange du temps et beaucoup de pensées, la plupart altruistes, mais dépassée par les événements. Et l’arrivée d’un amant en prime. En soi rien de spécial dans cette vie là qui nous rappelle Aragon quand il disait que c’est ainsi que les hommes vivent. Ce que l’on doit retenir c’est la présence constante en arrière fond de l’importance de la musique, que ce soit celle de l’opéra ou du rap. La musique serait-elle notre seule porte de sortie de ce monde de fous ? C’est une heureuse initiative de la maison d’édition de rééditer ce texte venant d’une écrivaine qui a gagné tous ses galons, membre de l’Académie des lettres du Québec, en lice pour bien des distinctions et lauréate du Grand Prix des lectrices de Elle Québec. Ce livre est une véritable classe de maître pour qui veut savoir ce que c’est que d’écrire avec brio.

Et que dire cette fois de L’origine du futur de Francis Catalano. Le communiqué de presse qui accompagne la sortie de ce bouquin a raison de le classer entre le roman et l’essai. L’auteur dans ces quelques pages, fait des aller-retours constants entre des faits remontant à la Nouvelle-France comme à des événements survenus plus tard dans la vie d’individus. C’est comme de créer des ponts entre ce qui fut et ce qui sera, d’où sans doute le sens à donner au titre retenu. C’est un livre qui respecte son lecteur car les références historiques ne peuvent que rendre ce dernier plus intelligent à sa sortie que lorsqu’il y est entré. Si l’auteur a fait sa marque pour beaucoup dans la poésie, il se tire superbement d’affaires dans la fiction.

 

 

 


A la découverte d’une grande amie des lettres italiennes contemporaine

 Sans gêne nous avouons que nous ne connaissions rien de Anita Pittoni (1901-1982) qui a été au départ une créatrice de mode, puis éditrice, animant dans cette fonction un cercle d’écrivains avec lesquels ils ont formé une sorte de cercle “bloomsburien.” C’est grâce à Simone Volpato qui tient une librairie ancienne à Trieste que l’on va découvrir une part du journal que dame Pittoni a élaboré au fil des ans, mais dont les feuilles se sont dispersées dans la nature. Jusqu’au jour où Mlle Volpato a trouvé par miracle dans une brocante de précieux fragments du fameux journal, celui de 1944-1945 que nous avons le plaisir de pouvoir lire dans la traduction faite par les Marie Périer et Valérie Barranger. A la fin du journal nous avons une excellente postface de Cristina Benussi qui situe l’écrivaine et son temps et des amalgames entre artisanat textile et écriture. Pour ce qui est de ce qu’on peut y lire, nous sommes bien loin des contingences du quotidien genre “aujourd’hui mal de tête, je m’efforce de me faire un café”. Nous sommes dans un certain haut de gamme, car ce journal était destiné à être lu, donc elle soigne les textes. On est loin du banal de tous les jours. On trouve de belles réflexions, allant de souvenirs de jeunesse, comme sa compétition avec les garçons, autant que des considérations sur la production de ses créations vestimentaires en temps de guerre. Mettez ce livre au-dessus de votre future liste d’achats.

Journal 1944-1945 Anita Pittoni.  La baconnière 181p.   www.editions-labaconniere.ch

 

 

 


Centenaire du scoutisme en France

Nous le savons, l’oeuvre de Baden-Powell a essaimé partout dans le monde. Et l’an dernier marquait le centième anniversaire de l’arrivée de ce grand mouvement de la jeunesse en France. Il fallait bien un historien ferré sur le domaine pour mettre en valeur les hauts faits qui ont marqué toutes ces décennies. C’est à Christophe Carichon historien et professeur à l’Université de Brest qu’a échu ce beau mandat. Il dédie d’entrée de jeu son ouvrage à ses parents qui l’ont incité à entrer chez les louveteaux. Ils sont une quinzaine à s’être investi au départ dans l’implantation de ce système britannique d’intérêt pour les jeunes. Une figure domine un peu, celle du chanoine Antoine Louis Cornette, premier aumônier général à Paris. L’ouvrage démarre avec lui. C’est un pasteur bienveillant doté d’un charisme contre lequel toute résistance était vaine.  Et ce qui sera remarquable c’est l’adhésion fulgurante des jeunes à l’appel qui leur a été lancé à rejoindre l’aventure scout en France. Comme ils sont nombreux dans le monde francophone à être passé par cette expérience de vie à nulle autre pareille, cette belle histoire a de grandes chances de trouver un vaste lectorat. Car le mérite de cette lecture c’est la rencontre de gens qui ont fait preuve d’un altruisme sans limite, pétris d’un grand idéal.

Grandes figures du scoutisme Christophe Carichon. Artège 354p.     www.editionsartege.fr

 

 

 


Comprendre les traités canadiens des autochtones

Personne aujourd’hui ne conteste la politique génocidaire entrepris par le gouvernement fédéral canadien à l’encontre des peuples autochtones. Et nous sommes particulièrement horrifiés du sort qui a été réservé aux enfants des premières nations, arrachés à leurs parents et martyrisés dans ces pensionnats où on voulait les christianiser de force et leur faire perdre toute identité, à commencer par leur langue. Nous avons beaucoup de choses à nous faire pardonner et cela a donné lieu à un mouvement de réconciliation, encouragé par l’actuel premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Dans nos établissements pédagogiques, on a entrepris des cours pour faire connaissance avec les traités qui ont été établis entre les autorités et les communautés autochtones à travers le pays. Un essai nous dit ce qu’il en est dans L’enseignement des traités en français un travail en collectif sous la direction de Lace Marie Brogden, Andrea Sterzuk et James Daschuk qui recense des initiatives réalisées dans les provinces afin que la jeunesse sache ce qui s’est passé dans le pays. Une véritable révision au sens positif du mot, afin que ne se reproduisent plus ces actes terrifiants et dans le respect de ces véritables peuples fondateurs.

L’enseignement des traités en français Collectif. Les Presses de l’Université Laval 277p.      www.pulaval.com

 

 

 


Soliloque d’une allemande obnubilée par Hitler et le désir d’un sexe juif

Vous aimez les livres qui vous bousculent ? En voici un de première Jewish cock dont le titre est à lui seul un programme. Il est signé Katharina Volckmer une londonienne d’origine allemande. Le personnage central de ce roman totalement subversif, choquant pour certains, est une allemande qui est chez son médecin qui ausculte ses parties intimes. Et pendant tout le temps que dure cet examen, voilà qu’elle soliloque sur à peu près n’importe quoi. Sachez une chose, le mot tabou ne fait pas partie de son vocabulaire. Ainsi elle raconte à son doc qu’elle s’est imaginée dans la peau d’Hitler avec ce qui pourrait sembler une espèce d’empathie, ce dont elle se défend bien. En même temps, ô paradoxe, elle fantasme à l’idée d’être dotée d’un pénis juif d’où le titre du roman. Il y en a pour tout le monde dans ces pages qui vous ne laisseront surtout pas de marbre.

Jewish cock Katharina Volckmer. Grasset 198p.   

 

 

 


Barcelone sous toutes ses coutures

Si vous n’êtes pas du genre à voyager en circuit organisé, vous aimerez savoir qu’il existe, à moins que vous ne la connaissiez déjà, une collection aux éditions Atlande qui porte le nom d’une ville suivi des initiales V.O.  L’idée est de faire refléter l’âme d’une ville désignée, tant par sa langue d’usage que ses particularités culturelles. Ainsi avons-nous cette fois Barcelone en V.O. de Astrid Ferriere qui a habité cinq ans dans la capitale catalane et qui s’est laissée imprégner de tout ce qu’il y avait de pittoresque dans cette ville qui ne manque pas d’attraits. En sa compagnie, vous avez des textes parfois avec sa traduction en catalan, qui permet de gagner ses galons comme polyglotte, des textes qui s’attardent à tel aspect de ce qu’on peut voir là bas, que ce soit l’architecture de Gaudi, la Méditerranée voisine, des lieux à connaître voisin de la fameuse avenue de la Rambla. Bref, de quoi vous donner le goût de prendre le premier avion pour s’y rendre.

Barcelone en V.O.  Astrid Ferriere Atlande 206p. 

 

 

 


Déchets nucléaires, surtout pas dans ma cour

L’engagement de tout être humain, peu importe la cause, en autant qu’elle est noble, mérite d’être soulignée. C’est le cas de David Hermand qui n’a d’autre honorifique que d’être citoyen responsable, qui s’en prend au projet français d’enfouir dans le petite village de Bure dans la Meuse, des déchets nucléaires d’une densité telle de nuisance, que le contact avec ceux-ci peuvent tuer instantanément. C’est 300 kilomètres de galeries à 500 mètres de profondeur sur une étendue de 27 mille kilomètres carrés. Vous voyez l’étendue de la chose. Hermand a décidé de s’opposer fermement à cette sinistre opération en écrivant un brûlot Réflexions  sur la future poubelle hautement radioactive de Bure, et l’oppression nucléaire en général dans la collection “chemins de traverse” aux éditions Les nuits rouges. Sans qualification particulière, le gars s’est solidement documenté de sorte qu’il nous apporte des arguments scientifiques sérieux glanés ça et là au gré de ses recherches. Il nous expose noir sur blanc la dangerosité extrême de la présence de ces déchets nucléaires pour l’environnement. Si vous avez une vague idée du degré de nuisance de la chose nucléaire, c’est cette lecture qu’il vous faut.

Réflexions sur la future poubelle hautement radioactive de Bure, et l’oppression nucléaire en général David Hermand. Les nuits rouges 142p.   www.lesnuitsrouges.com

 

 

 


Un journal imaginaire de la mère d’Antonin Artaud

Justine Lévy nous arrive avec un sujet original. Elle s’est mise dans la peau de la mère d’Antonin Artaud à travers un journal imaginaire où elle partage son désarroi face à son fils, homme de théâtre et de lettres, atteint par la maladie mentale. Cette Euphrasie Artaud n’abandonne jamais son fils et se fait un souci comme ce n’est pas permis face à Son fils titre du livre qui va se promener d’un établissement psychiatrique à l’autre.  Il est vrai que son fiston qui mourra à 51 ans, aura eu sa part de traumatisme, dont la mort de sa petite soeur morte accidentellement à la suite d’un geste brusque d’une bonne. Artaud vient d’un milieu bourgeois. Il aurait hérité des séquelles d’une syphilis mal traitée et héréditaire. Mais ce qui importe ici c’est cette maman qui nous lance son cri du coeur.  L’écrivaine a réussi à vampiriser le tréfonds de cette maman aux abois. Que va-t-il enfin arriver à son enfant ? Car même devenu adulte on est toujours l’enfant de sa mère. Un magnifique bouquin qui est un petit joyau de cette rentrée.

Son fils  Justine Lévy. Stock 183p.    www.editions-stock.fr

 

 

 

Hommage à un père

Le Québec est un tel matriarcat, que même notre littérature a laissé nos pères sans voix. C’est vrai que longtemps les hommes parlaient peu. C’était peine à leur arracher un mot, tant ils se limitaient à leur rôle de pourvoyeur. Voilà que nous vient un superbe hommage d’un fils à son père, celui de Jacques Boulerice avec Les mots de mon père. Ce père qui s’exprime quand même un petit peu plus que la moyenne, comme lorsqu’il refuse la viande de cheval que sa douce a préparée. Car, non, on ne mange pas de cheval chez lui, ça lui rappelle un douloureux souvenir. Le cheval d’ailleurs qui joue un rôle, car il y a en a un répondant au surnom de Mikey qui est le confident du fils. C’est un père aimé et aimant qui est rapporté dans ces pages d’une infinie tendresse et aussi chargé de nostalgie. Un pan du Québec d’une certaine époque. L’écrivain est avec ce récit dans la continuité de son précédent ouvrage Alice au pays de l’Alzheimer qui était l’équivalent de tout ce qu’il devait à sa mère. Soulignons les attendrissants dessins de Mathias Lessard qui parsèment ces pages, également évocateurs d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, pour citer l’autre.

Les mots de mon père Jacques Boulerice. Fides 207p.    www.groupefides.com

 

 

 


Journal époque de la première escalade féminine en Himalaya

Nous avons une tendresse particulière pour les éditions du Mont-Blanc, qui ont réussi à se faire une niche pointue avec des récitspour tout ce qui touche la montagne. Et ils ne se sont pas trompés, car ce ne sont pas les sujets qui manquent. A preuve ce Voyage sans retour de la cinéaste Micheline Rambaud qui a été de la première expédition d’une équipe féminine en Himalaya. Il s’agissait de gravir le mont Cho Oyu qui s’élève à 8201 mètres. L’équipage était une véritable ONU car les participantes venaient de provenances diverses, dont la regrettée Claude Kogan considérée comme la meilleure alpiniste française de son temps, qui hélas perdra la vie lors de ce périple en raison d’une avalanche. Elle ne sera pas la seule à y perdre la vie, trois autres également. Micheline Rambaud publie le journal de cette équipée à nulle autre pareille. Elle transmet très bien, par quoi tout ce petit monde à dû passer en termes d’épreuves pour affronter la montagne. Soulignons que cette escalade s’est effectuée en 1959. Et c’est le grand mérite de ce journal de raviver le souvenir de ces braves femmes qui ont fait preuve d’un rare dépassement.

Voyage sans retour Micheline Rambaud. Éditions du Mont-Blanc 333p.   www.leseditionsdumontblanc.com

 

 

 


La guerre du pemmican à travers le regard d’une jeune métisse

Comme on a bien des choses à se faire pardonner concernant le sort que nous avons réservé historiquement aux autochtones du Canada, tous les moyens sont bons pour racheter ses fautes et remettre historiquement à leur place le rôle qu’ont joué les Premières nations dans le pays. La bande dessinée jusqu’à présent n’a pas trop suivi cet élan artistique. C’est pourquoi Elle s’appelle Echo de la métisse Katherena Vermette sur des illustrations de Scott B. Henderson est suffisamment remarquable pour qu’on s’y arrête. Ça raconte le vécu d’une adolescente de 13 ans vivant à Winnipeg au Manitoba. Nous sommes en 1814. La jeune fille croisera la route de Marie et elles seront témoins de la guerre que se livrent deux grandes entreprises commerciales touchant au négoce de la fourrure. En même temps c’est la période que l’on a appelé la guerre du pemmican, une graisse réalisée à partir de viande séchée de bison. C’est une petite saga qui s’annonce car nous avons le tome 1 où Echo Desjardins prend conscience des enjeux qui l’entourent. C’est superbement réalisé. Cette BD devrait figurer dans les programmes de cours, car c’est une façon dynamique d’enseigner l’histoire.

Elle s’appelle Echo Tome 1 La guerre du pemmican. Katherena Vermette, Scott B. Henderson et Donovan Yaciuk. Glénat 48p.   

 

 


De l’inutilité des réseaux sociaux pour les mauvais motifs

A croire que con versations du sieur Jorge Bernstein a été bien accueilli lors de sa première parution, voici qu’on le réédite. Car c’est un livre document qui en dit long sur notre époque et que dans des générations futures on regardera celà sans doute avec curiosité, pour savoir comment nous communiquions autrefois. Et ce n’est pas à l’honneur de l’humanité. Car qu’est-ce qui s’en écrit de sottises sur les textos. Car le livre est fait de ça, les textos que l’auteur reçoit et envoie. Tout un panorama où on se rend compte que malgré les avertissements, les gens se racontent plus qu’il ne faudrait, dévoilant des pans entiers de leur intimité. Ce livre sera le classique du sottisier du XXIème siècle. En parcourant ces reproductions de textos absolument authentiques souligne Bernstein, même les fautes d’orthographes laissées comme telles qui en disent long aussi sur la dégradation de notre pauvre langue française.  Il y a des passages absolument désopilants et rien que pour celà, ça vaut le détour. Le rire est toujours le bienvenu, et plus que jamais par les temps qui courent.

con versations Jorge Bernstein. Rouquemoute 192p.    www.rouquemoute.lol

 

 

 


Une vieille maison ravive des souvenirs de famille

Il était une fois un homme qui s’est décidé à mettre la main sur la maison de son enfance, bien qu’elle eût été à l’abandon depuis fort longtemps. C’est le point de départ de La vieille maison, le roman de Louise Simard. Jérémie, notre homme, traîne un regret. Il se culpabilise de ne pas avoir consacré suffisamment de temps à sa fille Rosalie. Cette dernière a un fils, Raphaël, qui fouinant sur les terrains avoisinants va faire des découvertes qui font faire ressurgir à la surface des secrets de famille. Que le grand-père aura fort à faire à expliquer. Ce qui confirme ce que Malraux disait de l’homme, le définissant comme un tas de petits secrets. L’histoire est bien racontée. On a le goût d’en savoir plus en poursuivant ces pages, sur ce qu’il en ait de ces secrets d’antan. L’écrivaine a la qualité de privilégier la narration plutôt que des effets de style et c’est tout à son honneur. Un vrai bon roman, c’est d’abord une chose, une bonne histoire, et c’en est une.

La vieille maison  Louise Simard. Éditions Goélette 206p.     www.boutiquegoelette.com

 

 

 


Une autofiction sur une époque de soi-disante libération sexuelle

A l’heure actuelle, la parole des femmes se libère. Virginie Jortay aujourd’hui gestionnaire de la formation dans le monde du cirque, et bien avant que ne survienne le déclenchement du mouvement MeToo, avait le goût de dénoncer la soi-disante libération sexuelle des années soixante, qui confondait le mot libération avec pédophilie, déviations sexuelles en tout genre. Elle a donc puisé dans son vécu pour accoucher d’une autofiction à travers la narratrice qui, s’exprimant à la première personne, revit ce qu’a été son enfance dans une famille totalement singulière. Une famille juive, avec un père animateur télé et humoriste et une mère qui ne vit que pour son homme et le paraître. On se donne l’idée d’être décomplexé sexuellement en se baignant nus autour de la piscine, invités inclus. La fille en vacances au Club Med est invitée à se mettre nue par sa mère qui veut exciter les regards torves des hommes tout près. Une mère qui occupe tout le champ, cleptomane à ses heures, contrôlante pour tout ce qui touche sa fille qu’elle veut façonner à son image. Un des amis de la famille va même violer l’adolescente, se confondant en pleurs pour son geste, mais voulant recommencer aussitôt. Bref, une famille tordue. L’adolescente finira par se dresser devant les injonctions de maman. Bref, Ces enfants-là est en même temps un livre coup de poing qui déboulonne les idées reçues touchant à la libération sexuelle, surtout quand elle implique des enfants qui n’ont rien demandé.

Ces enfants-là Virginie Jortay. Les impressions nouvelles 265p.    www.lesimpressionsnouvelles.com

 

 

 


Suite de L’ère de l’Expansion

Preuve que le public amateur d’anticipation a fait bon accueil à L’ère de l’Expansion de Mathieu Muir celui-ci persiste et signe avec la suite Les héritiers de l’Expansion. Dans cette saga de style fantasy, l’auteur nous avait laissé avec la conquête de Mori par le Soleil d’Orient. Il reste trois autres pôles sur cette chère bonne Terre. Et il arrivera que des délégations des trois entités vont se retrouver pour voir à des lendemains qui chantent à la suite de ces guerres de territoire qui ont tant décimé. Bien que ce soit une fiction dans l’acceptation la plus totale de la définition, il n’en reste pas moins qu’au-delà de la mise en place des protagonistes, notre écrivain nous laisse le message que l’humain quel que soit la période de l’histoire, est souvent devancé par les technologies certes et le mouvement de la vie, il demeure avec son bagage de grandeurs et de petitesses. C’est aussi une fine analyse de ce qui met en rapport les uns aux autres. Dans le genre, Muir tutoie l’excellence.

Les héritiers de l’Expansion Mathieu Muir. David collection 14/18  261p.   www.editionsdavid.com

 

 

 


L’ABC de la délinquance

Sur la couverture de Ne t’arrête pas de courir de Mathieu Palain, le graphiste qui l’a conçu a eu la bonne idée de représenter un mec vu de trois-quarts, la tête surmontée d’une capuche. Le genre de petit calibre que l’on croise quotidiennement sur nos trottoirs, souvent petits dealers ou receleurs ou inversement, voire simple désoeuvrés. Mais que se cache t-il derrière ces silhouettes anonymes ? Le journaliste dont on dit “ qu’il affirme son goût pour une littérature du réel, ancrée dans l’époque”, nous arrive avec une histoire vraie. Avec la rencontre improbable de ce scribe qui  décide un jour d’en savoir plus long sur ce jeune d’origine malienne, Toumany Coulibaly qui croupit en prison, Ce dernier, était le jour un athlète du 400m. faisant partie de l’équipe de France, et le soir se muait en cambrioleur en série. Mais comment peut-on en arriver à une telle dualité dans la personnalité ? Mathieu écrit au prisonnier une lettre demandant à le rencontrer. La réponse positive viendra...qu’un an plus tard. Et tous les mercredis, et ce durant deux ans, ils vont échanger. Les deux interlocuteurs ont en commun d’avoir été élevés dans le même milieu. Ils parleront donc le même langage. C’est un fabuleux portrait d’une dérive que l’auteur tente de décortiquer.

Ne t’arrête pas de courir Mathieu Palain. L’iconoclaste 423p.    www.editions-iconoclaste.fr

 

 

 


L’invitation à vivre d’une poète

Parmi les recueils de poésie qui occupent l’actualité de cette rentrée, autorisez-nous à vous souligner celui de Marie-Belle Ouellet avec un joli titre La nappe étoilée des anges. C’est une coach en écriture à la ville qui soutient des femmes qui ont envie de s’exprimer. Tout en sachant que la vie ici-bas est souvent un cortège de choses contraignantes, elle regarde haut et loin. Et nous exhorte à dévorer cette existence. Extrait “Les jours de tempête et de grand vertige la chaleur d’un ange glisse sur nos lèvres. La noirceur vive des adieux”.  La poète a un très grand sens de l’image et nous, d’en bénéficier. Pourquoi nous priverions-nous de cette lecture qui nous fait décoller du terre à terre.

 La nappe étoilée des anges Marie-Belle Ouellet. Éditions David 93p.    www.editionsdavid.com

 

 


Pédophilie dans l’Église, la vérité rend libre

Le 5 octobre 2021, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église dévoilait publiquement son rapport sur les scandales recensés depuis les années cinquante. Avec un chiffre stupéfiant, plus de 3000 prêtres et religieux ont abusé d’enfants. Le professeur Henri Quantin publie de son côté le tableau de ce qu’il en est dans son essai L’église des pédophiles aux éditions du Cerf, une maison d’édition qui sans être à vocation catholique a tout de même un assez large catalogue chrétien. C’est donc tout à son honneur d’avoir laissé notre auteur faire la part des choses. Dans ces chapitres il tente de donner une explication à comment on en est arrivé là. Comment les autorités ecclésiales ont-elles pu laisser perpétrer ces ignominies sur les jeunes âmes qui leur étaient confiées ? En somme, il met en scène la culture qui était celle de l’Église catholique au fil du temps. Il cite beaucoup Mauriac qui comme Bernanos ont déploré que des clercs aient pu leur faire du mal. En conclusion, il se réjouit que l’Église adhère maintenant au concept de tolérance zéro et que les brebis galeuses soient dénoncés aux autorités de justice civile. Et que le fondement de l’Église, ses belles valeurs, la place au-delà de ses horreurs, de par les belles figures qui ont fait et font encore, la transmission du message d’amour du Christ.

L’église des pédophiles Henri Quantin. Cerf 371p.     www.editionsducerf.fr

 

 


Un émule de Romain Gary

Claudine Desmarteau a mis son cynisme en décryptant le “merveilleux” monde de la littérature dans La vie d’Andrés Mora. Son “héros” Benoît Cardin connaît la déconvenue. C’est que son talent d’écrivain ne rejoint pas le public escompté, du moins c’est que commente son éditeur qui refuse de publier sa dernière ponte. Que fera alors Benoît ? De reprendre la recette de Romain Gay lorsqu’il créa son double, Émile Ajar, qui goûetra comme on sait au succès qui était refusé à son écrvain fantôme.  L’Émile Ajar de Cardin se nomme Andrés Mora, dont le roman va décoller dans les ventes. Mais auparavant notre infortuné écrivain contraint à cette stratégie, doit se débattre avec des puces de nuit qui ont envahi sa demeure, sa fille qui lui fait la gueule et sa femme qui prend ses distances. L’incarnation vivante de l’adage qu’un malheur ne vient pas seul. Mais maintenant, comment Cardin va t-il gérer sa nouvelle identité, lui qui en plus découvre une disposition pour le troisième sexe. Avec moins d’ingrédients que ça, on a de quoi offrir une belle histoire. Imaginez avec tout ce qui précède comment l’écrivaine a atteint le jubilatoire. On a plus qu’aimé, adoré.

La vie d’Andrés Mora Claudine Desmarteau. Gallimard 337p.  

 

 


Un petit florilège de femmes à l’aise dans le combat

Il y a peu, l’actrice Angelina Jolie a déclaré, véritable sottise, que ce distinguait les femmes, leur force en somme, c’était leur douceur. Rien de moins que de la discrimination positive. En matière de violence les femmes ne donnent pas leur place. Et on voit bien que l’ex de Brad Pitt n’a pas eu connaissance du petit pamphlet, sous forme de BD, révélateur de Louise Dekeuleneer d’après le livre de Louise Depuydt “Guerrières” avec pour sous-titre “quand les femmes prennent les armes”. Elle a retenu huit figures de femmes qui, au cours de l’Histoire, n’ont pas eu froid aux yeux.  Des noms qui pour la majorité ne sont pas connues, pour cause, car un certain masculinisme des historiens, les avaient reléguées dans l’ombre: l’archère Itagaki, la cantatrice La Maupin et Victoria Monpou, tante du premier empereur d’Haïti. C’est une belle initiative de réhabilitation et de beaux modèles de femmes.

Guerrières Louise Dekeuleneer d’après le livre de Louise Depuydt. Éditions Jourdan 84p.     www.editionsjourdan.com

 

 


La grippe espagnole à....Saint-François-de-Beauce

L’ex correspondant parlementaire de Radio-Canada Daniel Lessard a pleinement réussi sa reconversion comme retraité, à titre d’écrivain. Depuis quelques années, il nous gratifie aux éditions Pierre Tisseyre de plusieurs beaux titres. Et son dernier bébé littéraire ne manque pas de sel. Et pour cause. Jugez vous-même qu’il n’a pas été confronté au drame de la page blanche. En effet, étant donné que virus et pandémie sont dans l’air du temps, il s’est attardé à concevoir une histoire sur fond réel, de comment la grippe espagnole a eu des répercussions sur le petit village de Saint-François-de-Beauce, le lieu où son personnage central, le jeune médecin Laurent Cliche a décidé de s’établir avec sa douce moitié, infirmière de son état. Les deux se sont connus à l’Hôtel-Dieu de Québec. Il croyait pouvoir bénéficier de la quiétude champêtre de la campagne. Mais c’est sans compter cette terrible grippe venue d’Europe qui a fait tant de ravages. Quand on pense que la dernière sortie en date du cinéma québécois est une énième réédition de Maria Chapdelaine, franchement les producteurs et scénaristes, allez faire connaissance avec Lessard. Lui, ne manque pas de créativité. Pour l’instant c’est le lecteur qui en est le total bénéficiaire.

Le p’tit docteur de Saint-François-de-Beauce Daniel Lessard. Éditions Pierre Tisseyre 402p.

 

 


L’autre Michel Brunet

 La vie est généreuse. Elle nous a donné par le passé le regretté historien Michel Brunet et voilà que nous en avons un deuxième, homonyme du premier. Le Michel Brunet nouveau diffère du premier en ce sens qu’il a la visée de répandre de manière dynamique la connaissance de notre Histoire qui fait si défaut dans l’enseignement scolaire au Québec. Notre devise ne nous reflète tellement peu avec “Je me souviens” où on ne se souvient de rien. Ce préambule pour vous signaler la sortie de L’Angleterre impériale et les canadiens 173-1841 qui est la continuité de “La France impériale et la Nouvelle-France, un regard neuf sur 1759” qui a été remarqué et dont un des lecteurs et appréciateur de l’historien est nul autre que le premier ministre du Québec, François Legault. L’idée maîtresse qui sous-tend le travail de ce diplomate de carrière est qu’il n’y a aucun empire bienveillant et que les anglais avec la Conquête n’avaient en tête rien d’autre que de nous assimiler. Et la beauté de la chose, c’est comment les nôtres ont résisté à l’anéantissement. Vivement des professeurs de la trempe de Brunet dans nos écoles. Il y aurait de quoi raviver notre fierté nationale.

L’Angleterre impériale et les canadiens 1763-1841 Michel Brunet. Éditions Pierre Tisseyre 410p.  

 

 


Le livre sur une fiction à la source d’un grand succès sur Netflix

Netflix est aujourd’hui ce que fut en son temps la Metro-Goldwyn-Mayer, un découvreur de talent. Et qui encourage la créativité sous toutes ses formes. Un exemple, cette Leigh Bardugo d’origine juive, qui vit maintenant à Hollywood et qui a procuré un grand succès comme télésérie La saga Grisha à partir de son roman Shadow Bone dont nous avons enfin la traduction française sous les mains. Qui met en vedette le personnage de Alina Starkov cartographe à la ville et qui dispose de tout un pouvoir dont elle ne mesure elle-même toute l’étendue. Nous sommes dans une époque non définie dans le temps où s’affrontent des entités qui combattent à Ravka, nom de l’ancien royaume, divisé en deux par un espace effrayant de ténèbres, le Shadow Fold. Les Grishas, qui sont une caste finissent par apprendre l’existence de la jeune femme. Un des leaders de ce groupe, Darkling va devenir en quelque sorte son mentor et lui enseigner comment disposer de ce fameux pouvoir qui fait intervenir la lumière.  Pour les amateurs du genre, c’est l’équivalent pour un glouton d’entrer dans une bonbonnière. Et pour ceux qui déploreraient que c’est trop court,  sachez que le tome 2 “Le dragon de glace” est déjà en librairie.

Shadow Bone, la saga Grisha Leigh Bardugo. Milan 340p.   www.pageturners-romans.com

 

 


La Bible de l’auto cuvée 2022

Déjà 21 ans que se publie L’annuel de l’automobile dont paraît l’édition 2022. Qui rend service à tellement de futurs acheteurs de voitures tant ce gros pavé regorge de conseils. Et dans cette cuvée, on met beaucoup l’accent sur les voitures électriques. Les coauteurs principaux Benoit Charette, Carl Nadeau et Éric Lefrançois entouré de leurs collaborateurs Vincent Aubé, Alexandre Crépault, Alain McKenna et Daniel Rufiange avec la participation de l’animateur et humoriste José Gaudet n’ont pas lésiné sur les détails pour offrir une vue complète de ce que représente le marché. Avec ce qui le distingue de la compétition dans le genre, sa fameuse 2ème opinion. Qui confirme l’adage que deux têtes valent mieux qu’une. Ce qui est amusant c’est qu’en quatrième de couverture, mais alors en très petits caractères, les auteurs pour se dédouaner et se donner des vertus écologiques soulignent tout de même qu’ils sont adeptes du vélo et de la marche. Ah les coquins qui nous arrivent avec tellement de propositions de bagnoles dont de sacrés rutilantes. A moins qu’elles soient totalement électriques dans leur locomotion, alors ils sont tous excusés. Ce guide à nul autre pareil est aussi un bon moyen de faire un cadeau de Noël aux hommes comme aux femmes (qui représentent maintenant 50% du marché) à qui on ne sait pas quoi offrir. Quel merveilleux dépannage et utile.

L’annuel de l’automobile 2022 Collectif. Éditions La Presse 704p.   

 

 


Rencontre improbable entre une cleptomane et un forcené du travail

Marie Potvin est Avec toi à son cinquantième opus, elle qui a surtout été connue dans l’univers du livre jeunesse débarque avec une romance improbable, celle de  Bobbie Grandmaison une comédienne, qui, totalement désoeuvrée dans ce bas monde, ne trouve de challenge qu’à voler. C’est une cleptomane de haut vol. Par ailleurs vous avez Christophe Leclerc qui est un bosseur et qui va hériter d’une propriété. Qu’il veut vendre au plus pressé car elle lui ravive de très mauvais souvenirs. C’est à cette occasion que ces deux êtres vont se croiser. C’est l’illustration parfaite de l’adage qui veut que les contraires s’attirent. Pour cette incursion dans les affaires de coeur, la romancière sans tire avec brio.  A leur façon, les personnages sont deux paumés qui vont trouver leur rédemption dans l’amour.

Avec toi Marie Potvin 447p.    

 

 


Créer sa propre bière maison

Même si au Canada les ventes de bières ont régressé d’une dizaine de point de pourcentage au profit des “coolers”, il n’en reste pas moins que leur consommation gagne des adeptes surtout du côté des microbrasseries, notamment au Québec où on en compte quelques centaines. Mais mieux encore, certains amateurs éclairés voudront avoir le privilège de goûter leur propre bière maison. Alors voici pour ces créateurs en devenir un guide tout trouvé Faire sa bière à la maison de Jérôme Martinez. Qui est en même temps un véritable cours d’identification sur les catégories de bières et comment les réaliser. Pour chaque sorte une fiche signalétique détaillée et le mode de production. C’est d’une simplicité déconcertante et ne s’embarrasse pas de détails hyper techniques. Dans le genre c’est l’outil pédagogique parfait.

Faire sa bière à la maison Jérôme Martinez 239p.    www.editionsfirst.fr

 

 


Deux BD du tonnerre chez Rouquemoute

Aux éditions Rouquemoute on trouve vraiment le moyen d’être la récréation pour nos esprits, l’humour étant tellement tonique par les temps qui courent. Et justement on a trouvé le moyen de rigoler avec ce sujet “si sérieux” de la pandémie du Coronavirus-19 Postillons journal d’une pandémie du bédéiste Félix. Ici il se moque allègrement d’un autre virus le Sars-Cov-2. Et vous verrez que sous l’emploi de la BD l’ironie fuse à chaque page. Que ça fait du bien de sentir qu’un auteur trouve le moyen de prendre ses distances avec notre époque troublée où toute cohérence est absente. Chapeau l’artiste. A lire impérativement si vous avez le blues de la présente Covid. Il n’y a pas meilleure prescription.

Puis dans un registre totalement différent vous avez Hroshiman le surhomme atomique de Rifo. Retour en arrière tandis qu’en 1945 les américains découvrent un être humain aux pouvoir surnaturels et qui suscite la convoitise de l’Union soviétique. Tout ça sur fond de décor de la course à l’armement nucléaire. Et comme si ce n’était pas assez, des extraterrestres sont dans le décor animés d’autres intentions, dont nous prévenir du pire. Dynamique du dessin et du scénario fait en sorte que nous sommes en face d’un vrai divertissement.

 

 


Des grandes routes autour du monde évocatrices

Les éditions Ulysse, à défaut de pouvoir voyager comme on le voudrait because la pandémie, nous offrent une évasion virtuelle de première avec ce bel album consacré aux Route légendaires autour de la planète. Encore là dans ce genre d’exercice, la rédaction a fait des choix arbitraires, car de belles routes, ce n’est pas ce qui manque. Mais ici on a retenu des routes qui ont une sacrée histoire. Eh oui la fameuse route 66 américaine qui va de Chicago à Santa Monica est de la partie. Et chez nous, on fait une fine fleur à notre chère Transcanadienne. En attendant de pouvoir se déplacer pour vrai, ce sont des itinéraires qui peuvent enflammer notre imagination et prédestiner de futurs voyages. Et comme pour toutes les éditions semblables chez l’éditeur, des photos superbes.

Routes légendaires Collectif. Ulysse 207p.     www.guidesulysses.com

 



 


Le coin santé physique et psychique

Le cancer cette sale bête, lorsqu’on vous annonce qu’elle est en vous, règle générale c’est une nouvelle très mal accueillie et pour cause, On préfigure les séances éprouvantes de chimiothérapie, les conditions en yoyo avec rémissions et rechutes. On comprend que ce puisse être décourageant. Voici en tout cas un livre-témoignage qui pourra vous accompagner positivement dans l’épreuve. Il est écrit par Delphine Remy. Femme hyper active qui voyageait beaucoup entre la Belgique et les Étas-Unis, voici qu’on lui annonce qu’elle a un cancer du sein. Cancer ? Je gère! est son journal de guerre. Car elle a entrepris de ne pas se laisser abattre par l’adversité et de faire face. Elle s’est même investie, altruiste qu’elle est, pour la cause du cancer du sein. Une partie du fruit de la vente du livre est consacrée à sa cause. C’est publié chez Mardaga. Ceux qui vivent dans l’entourage d’une personne atteinte trouveront dans ces pages des notes d’optimisme.

Chez le même éditeur, voici de quoi apaiser les tourments de propriétaires d’animaux de compagnie qui souffrent de diverses maladies. Car c’est un fait, le voisinage de l’humain n’est pas très bon, car la petite bête va composer avec les pathologies de son maître. Tout cela nous est bien raconté dans La maladie de mon animal a-t-elle un sens ? coécrit par Alain Christen et Sandra Rohrbach. Le premier est vétérinaire et gagné aux pratiques holistiques tandis que la seconde, kinésiologue et communicatrice animalière est créatrice d’un concept inédit de séance d’âme à âme avec guérison. L’ouvrage est émaillé de cas vécu, un peu comme dans les méthodes à l’américaine. Beaucoup qui possèdent toutous et minous se reconnaîtront dans les situations décrites.

De même chez Mardaga Le binge drinking chez les jeunes de Pierre Maurage et Salvatore Campanella. Si ces mots binge drinking ne vous disent rien, sachez que c’est une pratique très tendance chez les jeunes actuellement, qui consiste à boire immodérément jusqu’à en perdre totalement la boule. On voyait cela lors des fameuses séances collectives de débordement à l’occasion du “spring break” en Floride, tandis que des jeunes collégiens se saoulent dangereusement. Et on ne compte plus les circonstances où des jeunes filles totalement en perte de contrôle ont subi des viols. Il n’y a pas que des agressions de ce genre qui sont dangereuses dans ces cas-là. Les auteurs parlent de conséquences à long terme sur les facultés cognitives. Les deux psychologues formulent dans ces chapitres des conseils en prévention, qui seront précieux pour d’éventuels consommateurs tentés par ces expériences de défoulement et les parents soucieux d’apporter un soutien à leurs enfants et les prévenir des enjeux liés à ces déboires alcoolisés.

Aux éditions du Dauphin Blanc Laura Lopez Coto présente Seitai une technique en 5 mouvements combinant tension et relaxation et découverte par un sage japonais Haruchika Noguchi. La journaliste espagnole a pris sur elle de transmettre cet enseignement qui permet d’allonger notablement sa durée de vie. Ce n’est pas un énième ouvrage de croissance personnelle fait de légèreté. Au contraire, on appréciera la densité du message. L’ouvrage nous fait prendre conscience qu’il y a des notions de vie que nous avons totalement occultées et qui nous permettent de vivre plus sereinement et durablement.